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Full text of "L'ordre de Malte dans la ville d'Arles"

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L 'Ordre de Malte dans 
la ville d 'Arles 

Marcelin Chailan 



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L'abbé M. CHAILAN 
Curé d'AlbaroD 



L'ORDRE DE MALTE 



DANS LA 



VILLE D'ARLES^ 



BERGERAC 

fMrPlMERIF GÉNéRAT.F. DU SuD-OcF.ST (]. CASTANF.r 

Place des Deux-Conils 
1908 



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L'ORDRE DE MALTE 

DANS LA 

VILLE D'ARLES 



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NIHIL OBSTAT 

Michel, 

Super ior majoris Semtnarii aquensts. 



IMPRIMATUR 

Aquis, die ly Augusti 1^08 

Th. Van Gaver, 

V.g. 



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L^abbé M. CHAILAN 

Curé d'AlbaroD 



L'ORDRE DE MALTE 



DANS LA 



VILLE D'ARLES 



BERGERAC 
Imprimerie GÉNéRALE du Sud-Ouest (J. Castanet) 

Place des Deux-Conils 
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C.-o.-â T30. /^ 
/ 



HARVARD^ 

[universityI 

LIBRARY 
iUL 2 1963 



A Monsieur le Marquis de Villefranche 
Humble et respectueux hommage. 



Albaron, 13 août 1908. 

M. Chailan, curé. 



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ADDITIONS ET CORRECTIONS 



P»ge» 

I. ligne lo, au lieu de : arènes, lise^ : arènes. 

6. ligne 22, au lieu de : Premeyran, lise:^: Primeyran. 

13. note I, ligne 3, au lieu de: establissement, /ij^^ ; 
Establissemens. 

— note I, ligne 5, au lieu de : et, lise:^: est. 

15. ligne 21, a« lieu de: consut, lise^ : consul. 

19. note 3, — Villeneuve, lise^: Villemurs, et 

ajoutei: Il eut, de Catherine Maurrique, un fils Gas- 
pard de Grasse, qui a fait la branche des seigneurs 
de Thorenc (note de M. le baron du Roure). 

24. ligne 24, au lieu de : Roquelaire, lise^ : Roquelaure. 

40. ligne II, — 1934, li5e:{ : 1634. 

43. lignée, — Henri, /w{ : Honoré. 

65. ligne 31, — Buons, /w^^ ; Buous. 

73. ligne 23, après Rhône, ajoute^ : relatif à Tordre de 
Malte. 

83. Après la ligne 20, ajoute^: La veille de ce jour, le 
chevalier novice, Marc-Antoine de Puget-Barbentane 
fit profession, dans la chapelle prieurale d'Arles, 
entre les mains de François de Bausset, comman- 
deur de Condat, vicaire du Grand-Prieur, à la messe 
dite à sept heures du matin par Pierre Simon, prêtre- 
commandeur de Bayonne, et à laquelle assistèrent 
les chevaliers Jean-Philippe de Soubiran-Arifat, Ber- 
nard de Castellane Jreyssinouse, Joseph de Cays, 
Pierre de Thibaud*Sanes (not. Raybaud). 



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— VI — 

P«gei 

8«s. ligne ao, ajoute^ : Ce fut «on neveUf Georges- 
Joseph de Baroncellî, marquis de Javon, qui, en 
son nom, fut installé, dans sa charge, dans la 
chapelle Saint-Jean d'Arles, par le chevalier Jean- 
Baptiste de Donis-Goult, en présence des Artésiens 
Claude Pichot et Sébastien Reynaud (not. Raybaud). 

86. après la ligne 19, ajoutcj^ : On afait songé aupara- 
vant à la bâtisse. Elle fut préparée par les maçons 
Laurent Sauve, Michel et Thomas Fabre, père et fils. 
Ils démolirent le haut des vieilles murailles au-dessus 
de la chapelle et les rebâtirent à neuf, de la même 
épaisseur que les anciennes. Le couvert fut également 
refait. Les contreforts de la chapelle furent exhaus- 
sés de façon à pouvoir supporter une voûte. C'est à 
ce moment que Ton sculpta les belles gargouilles que 
l'on voit encore aujourd'hui et dont le but est de 
rejeter les eaux pluviales loin de la muraille. Un pavé 
à petits carreaux, en forme de parquetage, fut posé. Il 
fut fait en pierres de Barbentane. Le clocher fut 
reconstruit sur le toit de la maison de la même hau- 
teur que l'ancien, c'est-à-dire de dix pans d'élévation. 
A l'entrée des archives, avec les pierres provenant 
de la démolition on organisa un petit cabinet de tra- 
vail. Les dépenses s'élevèrent à i6|)0 livres (not. Ray- 
baud)* 

91. ligne 19, snpprtme{ : dé, devant dignité. 

95. note )f au lieu de : Saves, lise^ : Sanes. 

96. note 2, ligne 3, au lieu de: 1731, lise:(: 1731. 
99. ligne aS, au lieu de : 19, lise^ : 17, 

110. ligne 34, ^- Arnonville, lise{ : Arnouville. 

11^. dernière lig. — Saini, /ij^{; Saint 

119. note 3, — 1740, lise:^: 1749. 

131 . note 3, après : Joseph était fils, ajoute^ : d'autre Jo- 
seph. 

134. ligne 33, au lieu de : Granas, lise^ : Grands. 

134. ligne 18, — Henri, /iJ^-î ; Honoré. 

— note I, ligne 2, au lieu de : 1755, lise{ : 1775. 

139. note 3, — Raoussst, /w^.- Raousset. 



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— vu — 

P»gei 

141 . note ly lignç 6, au liiu de ; SartooSf lisi^ : Sirtous. 
144. ligne i6y lis$i / Alexis Jourdan, sans la particule. 
181. note 1, lignes, au lieu de: Saint-Trophine^ lise^: 

Saint-Trophime . 
189 1 dernière ligne, «ii /iVm d!? / perierunt^ /îf#{ ; periere. 
190. ligne flS, après Arles, ajouiijç i Le ^9 mars 1688, par 

bulle du Grand Maitre^ il eut en jouissance la partie 

des biens qui venaient d'être détachés de la corn- 

manderie d'Arsins. 
-^ ligne ^O) au liêu de: 17311 lisH{ : 1730. 

193. ligne II f au lieu de: Saint-Trophine, lise^ : Saint- 
Trophime. 

— ligne 24, ajoute^ uni sa: ancienne. 

194. ligne 2^, au lieu de : il, lise^ : et. 

195. ligne 34, — Grosse, lise^ : Grasse. 

204. ligne 39| au lieu de : Birret/, lise^ : Pireti, et ajoute^ : 
Cette prise de possession, assez mouvementée, a été 
racontée en détail par Monsieur Emile Fassin, dans 
son Musée^ iv (1878)1 ppi no et lu. 

a 14. note â« ligne 8| au lieu de : voulant, lise{ : voulant. 

fl9fl. ligne 199 au lieu de : pedibur, lisej{ : pedibus. 

236. ligne 2% — janvier, /w-f.* janvier. 

228. ligne i^y — Montméjean^/w^: Montmeyan. 

23;) « dernière ligi — janvier, lise\ s janvier* 

341. ligne 93, — Calvisson, lise^^ : Castillon. 

249. ligne 191 après 1709, ajoute^ : Peu avant cette date, le 
19 mai, ses parents € désirant [lui] donner moyen de 
s'instruire en Texercice des armes » et de « subsister 
honorablement dans Tordre de Malte » lui accorddnt 
une pension annuelle de 1^4 livres^ payable le jour 
de sa profession et qui cessera le jour où il sera com- 
mandeur. Dana le cas où leur fils serait fait esclave, 
ils veulent qu'alors il soit pris sur le capital de la 
pension l'argent nécessaire pour le racheter jusqu'à 
concurrence de sa portion héréditaire (not< Antoine 
Raybaud). 

336* ligne 13, au lieu de : 164;, lisé^ : 1749. 

997. lignes 17^199 lise){: Cette famille est connue deptiis 



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— vm — 

Vincent Privât, grenetier à sel de Tarascon, qui y 
épousa, le 22 février 1530, Baptistine de Pomerols 
(note de M. le Baron du Roure). 

257. ligne 25, après 1656, ajoniei : Au moment de la 
guerre des Camisards, il était commandeur de Petite- 
Argence, et les insurgés brûlèrent les bâtiments de 
son bénéfice. Aussi faisait-il à son fermier, Pierre 
Michel, par l'entremise de son frère, Louis-Joseph, 
le ^ mai 1704, la remise de 4300 livres de rente parce 
qu'il n'avait pas pu semer les terres de la commande- 
rie « à cause des désordres des rebelles fanatiques de 
la province du Languedoc » (not. A. Raybaud). 

2^8. ligne ]o, an lieu de: 1^49, Itie^ : 1649. 

259. ligne 2, — 1540. 7/5^-^.- 1440. 

261 . note 3, — H, lise^ : X. 

26^. note I, ligne 2, au lieu de : manuscriste, Use^ : ma- 
nuscrite. 

— ligne 18, ajouiei:l\ avait été baptisé à Tarascon le 
20 avril 1574. Son parrain fut Aymon de Trot, guidon 
de la compagnie des gens d'armes de Pic-Mirande, et 
sa marraine Marthe de Poitevin (note de M. le Baron 
du Roure). 

266. ligne i*"*, an lieu de : neveu, lise^ : petit-neveu. 

— ligne 4, après 1625, ajouiei : Il fut baptisé à Arles, 
dans l'église de Saint-Julien, le 10 avril 163 1. Son 
parrain fut son oncle, Gilles de Piquet, sa marraine, 
Madeleine de Meyran, veuve d'Antoine de Romieu 
(note de M. le Baron du Roure). 

267 . ligne 19, après 1691, ajonie^ : De bonne heure il jouit 
d'une pension de 300 livres qui lui fut accordée par 
ses parents. Elle devait cesser le jour où il serait 
commandeur (not. Raybaud, 1685, 2 novembre, 1696, 
27 avril). 

— ligne 20, après Félix, ajoute:^ : Après avoir possédé 
celle d'Avignon . 

271. Vigne 10^ an lien de : 15 juin 1571 (not. Escoffier), 

lisej^: 13 juillet 1574, et supprime ^ : (jioi. Escoffier). 
a8i. ligne 18, après 1686, ajoute^: Par disposition testa- 



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— IX — 



Pages 



mentaire du ) avril de cette année (not. Derbesy, à 
Malte) il laissa à son frère Melchior, la moitié de ses 
biens patrimoniaux. 

281. ligne 22, après Arles, afouiei: Il ne jouissait pas 
d'une bonne santé. Malade, il fit son « dépropre- 
ment » le 22 février 1701, dans lequel il déclare qu'il 
possède une croix d'or à huit pointes, une épée et 
quelques vêtements et du linge à son usage, mais que 
le tout ne pourra suffire au payement des frais de sa 
dernière maladie et de ses funérailles dont il laisse le 
soin à ses supérieurf, « n'ayant peu faire des espar- 
gnes pour n'avoir aucun bien de la religion et n'avoir 
qu'une pension modique de sa maison. » Il laissa 
néanmoins les biens qui lui revenaient de sa mère à 
un des fils de son frère Gaspard, à condition que ce 
neveu payerait une pension annuelle et viagère de 
100 livres, à Marguerite de Varadier, sa fîReule, fille 
du même Gaspard. Ce fut un autre Gaspard, officier 
dans le régiment de Saint-Chaumont, qui fut désigné 
par son père, le 21 janvier 1709, pour posséder cet 
héritage (not. Raybaud, 1701, 1709). 

282. ligne 20, après 17 14, ajoutai : Peu avant, le 13 décem- 
bre 1713, ses parents, afin de lui donner le moyen de 
s'instruire dans l'exercice des armes et de vivre hono- 
rablement dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem lui 
promirent une pension annuelle de 400 livres, à par- 
tir du jour où il ferait profession jusqu'à celui où 
il serait commandeur (not. Raybaud), 

283. ligne 15, après Arles, ajoute^ : Il en avait pris 
l'habit le 20 février 1724, et il avait prononcé ses 
vœux le 22 février 1725. La veille de ce dernier jour 
il fit son testament (not. Jean Vaugier fils), dans 
lequel il se réserve une pension annuelle de 100 livres, 
y compris celle de 50 livres que lui a léguée Blanche 
de Forbin, sa tante, veuve du Port, une somme de 
200 livres pour achat de linge à son usage, et une 
autre de 300 livres pour frais de voyage à Paris dans 
le but d'y faire ses études théologiques, et au cas ou 



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— X — 



Page» 



il ne s'y rendrait pas, cet argent sera employé à Ta* 
tneublement d'une chambre. Il institue héritière de 
ses biens, d'abord sa mère, et, après sa mort, son 
frère Jacques (not. Vau^ier). 

38;, ligne i8, après mourut, ^y^ii/^^: à Arles.le ^3 août 1737 
et fut enseveli dans la chapelle prieurale, k laquelle 
il fit un don de 30 livres. Il avait fait son testament, 
à Toulouse, le a; mai 170; (not. Carbonel), deux 
jours avant de faire profession, dans lequel il fait 
inention de son neveu, Jacques de Village d'Adal- 
bert et institue héritier, son propre frère, Balthazar 
de Village, prêtre, qui devait le précéder dans la 
tombe. 

«89. k la fin de l'article Galoutaire, aJouUi : Ses parents 
lui avaient constitué, le 8 mai 1704, une pension 
annuelle de 100 livres qui devait lui être payée 
depuis le jour de sa profession jusqu^au moment où il 
serait commandeur ou au'il posséderait ua béné- 
fice (not. Raybaud). 

«90. ligne 19, après I7a9, ajoute^ / Le 17 juin 17*1, il avait 
pris possession de la charge prieurale, dans la cha- 
pelle d'Arles, au nom du Grand-Prieur Félix de Gri- 
maldy, en présence d'Antoine Auj^arde, prêtre, et 
de Jean-François Raybaud (not. Raybaud). 

301. ligne aa, au Heu de : Ambroise, Use^ : Amboise. 

30;. ligne 17, après : Frignan, ajoute^: commandeur de 
la Selve, François-Louis de Varadier, commandeur 
de Millau. 

310. note I, lij^ne a, au Hêu de : Mérilan, li$€^ : Méritan. 

3«i. ligne a, -»- 1765, /w-j /lôij. 

3a6. ligne 19, ajouU\ [pourvu en 1736]. 

387. ligne 18, supprime^le moi : MicheU 

389. ligne la, supprimai : Joseph de Valabre, pourvu 
en 1737. • 

— ligne a6, au iieu de : Raymonde, iiseï : Raymond. 

333. ligne I, au lieu de : née, lise^ : né. 

334. ligne f, — chevaliar, /w-ç ; chevalier. 

— ligne 6, api4s .* reçu, a/euU^ : en I7a3. 



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— XI — 



Piges 



— ligne 8, ajoute^ : [M. d*Albert du Chaîne était com- 
mandeur en 1756]. 

335. ligne 5, au lieu Je : pourou, Use{ : pourvu. 

— ligne 7, — 2819, liseï : 2829. 

338. ligne 21, après Garros, a/oufej^: [commandeur de 
Sainte-Marguerite]. 

339. après la ligne 4, ajouie^^ en note : On remarquera 
dans les deux listes, ci-dessus citées, l'omission de 
plusieurs commanderies, dans la première, Toubli de 
Garidech, revenu en mai 1760 à Paul-Antoine de 
Viguier, Goulfech, attribua en mai 1753 au bailli 
Gaspard Hyacinthe de Grille-Robiac, Plaignez, de 
juspatronat, dont était commandeur, en 1755, le che- 
valier de Béon-Casaux, Thorencla Gaule, de juspa- 
tronat, dont était commandeur, à la même époque, 
Joseph de Raymond d'Eoulx ; et dans la seconde, 
d'Espinas. cédé en mai 175S au servant d'armes Louis 
Turc de Vauroux, Roquerbune, accordé au servant 
d'armes, Mathieu Beaume, et Valdrôme, cédé en 
mai 174S au servant d'armes Joseph Colomb. 



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BIBLIOGRAPHIE 



Archives municipales d'Arles : 

Fonds de Malte non classé. Plusieurs volumes des collec- 
tions Mège et Véran. 

Correspondances du Conseil municipal (1790-1793). 
BB. — Livre des Conseils de 1494. 
BB. 28. — Délibérations du Conseil (1639-1644). 
ce. 253. — Comptes des années 1 503-1 504. 
ce. 273. — Comptes de Tannée 1521. 
ce. 660. — Comptes de 1642. 
GG. 70. — Sacristie A, 
GG. 71. — Sacristie B. 
GG. — Sainte- Anne : Naissances, mariages, décès (1632 

à 1749). 
GG. — _ — _ (1750 

à 1765. 
GG. — Saint-Julien: Naissances, mariages, décès (1732 

à 1745). 
GG. — Saint-Julien : Décès de 1747 à 1770. 
II. — Miscellanea. Tomes I et II. 

Fonds Louis Mège, — Mémorial de Jean-Baptiste Vallière. 

Fonds Pierre Véran. — Journal historique de la Révolu- 
tion dans Arles. Nombreux volumes. 



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— XIV — 
AjlCHIViî« HO^PITALlètS; p'AbIB». 

Fonds Je la Charité. — Vol. E a. Délibérations. — Liasse H 
14: Mémoires domestiques de François de Qtiiqueran 
de Ventabren. 

Archives départementales des Bouches>du-Rhone. 

Fonds de Malte. — Inventaire de St-Gilles, tome V et VIII. 
Inventaire de la Commanderie de Saliers. 
Chapitres et Assemblées (1623 à 1637). Vol. XII. 

— (1638-1653). Vol. XIII. 

— (1654-1673). Vol. XIV. 

- (,674-»686). Vol. XV. 

— (1687-1700). Vol. XVI. 
^ (I70i-i7»4). Vol. XVII. 

— (1725-1756). Vol. xvin. 

"" (l75i'»775) Vç»l. XIX, 

- (1776.1785). Vol. XX. 

- 0784.i79i),Vol. XXI. 
Assemblées extraordjaiirci (1778-1789). Vol. XXIV. 
Chapitres, collations et profession? (i668-i774). Vol. XXV. 
Dossiers généalogiques : N" 2, 66, 81, laa, 151, SU» '44. 

3«', 3'9. 325. 35a> 584. 385, 468, 469, 486, 487, 514, 515, 
525-537, 535. 536, 554. 560, 563, 569-57«. 581. 586. 
Visites. 1612. Vol. VII. 

1669. Vol. XXI. 

1674. Vol. XXV. 

1696. Vol. XXXVI . 

1702. Vol. XXXIX. 

1707. Vol. XL. 

1729. Vol. XLII. 

i75J.Vol,XLV. 

1776. Vol. xLvn. 

Fênii dts Trinitêim (T^r/M,— Porohi8r(R. P. Fran^oU)! 
Lt «bronelsgig dt teus lu ministreR ds U ffi«i«OR dn 

Trinitaires d'Arles, 



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— XV — 

Archives DéPARTEMVNTAïc^ DU Gaid* 
C. I196. 
E. 873. Notariat de Saint-Gilles. Minutes d'Antpine 

Qiraud. 

ArçhivbS PéPAllTEM|ïîT4I«K§ DK VAUCtusp. 

H. Papiers non classés relatifs nu Grand-Prieuré de Saint- 
Gilles. 

Archives Communales qb SaintwGilles-du-Ga^d 
DD. 17. 

Archiver particulières 

De Monsieur Beuf, de Nfmes! Visites de 1761, et Comp- 
tes de diverses années. 

De M. PabbéChailan : Le livre de Saint-Honorat. 

De Monsieur Emile Fassin: M9'. Félix Pomme ; Annules 
delà ville d'Arles. 

De Monsieur GautierrDescottes, notaire à Arles : Le 
livre de raison de Pierre Qtti^uerpq 4@ Peaujeu . 

Mahusciut? 

Bibliothèque communale t Arles : 

N^ lOi. «^ « Sta^li990man9 de Tordre de la chevalerie des 
Hospitaliers de Sainct-Jehan-B^ptiste de Jhérusalem». 

N^ I03. — « Règle de Tordre d§a chevaliers d9 Saint- 
Jean dQ Jérusalem»' 

N* III. — « Miscellanea, ou mémoiras relatifs ^ Tbis- 
toire civile et ecclésifmtique 4'Ar)99 »# -» i6<> « Rglle 
des chevaliers de la v^Défibld langue de Provepce, 
contenant le jour %\ TanP^e df \%v^\ réception, de 1 J13 

» 1734 ». 
N^ 144. — « Consultations, décision^, r^gl^s ⧠conduite, 

eto., m m%\ dt U Rév^lutinn «eoléiUstique arrivée 

en France en 1 789 et années suivantes ». 
N« 151. — « Parroisses, églises et chappelles séculières 
de M vUie et du diaeèsf d'Arles i»« 



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— XVI — 

N** i6o. — « Communautés séculières et régulières de la 

ville et du diocès d'Arles ». 
N* 189. — « Actes et mémoires pour servir à l'histoire 

de Provence ». 
N<> 215. — «Analecta, tum latina tum gallica, ex codi- 

cibus manuscriptis Arelatensibus exarata, cura Lau- 

rentii Bonnemant, presbyteri arelatensis ». 
N<» 217-219. — « Annales de la ville d'Arles...» 
N° 230. — « Mémoires politiques composés par Charles 

de Barras-la-Penne, citoien de la ville d'Arles». 
N<> 242. — « Recueil d'antiquités, formé par M' Laurent 

Bonnemant, promoteur du chapitre de Téglise d'Arles» 
N° 244. — « Médailles, monnoies, sceaux de Provence 

et de la ville d'Arles en particulier ». 
N® 246. — Armoriai des Consuls d'Arles, du XI* siècle 

jusqu'en 1781. 
N<>« 299-300. — « Le nobiliaire de la ville d'Arles »... 
N*3o4. — « Mémoires généaolgiques de la maison de 

Parade-de-Lestang, dressés sur les actes originaux par 

L. Bonnemant, prêtre de la ville d'Arles. 1772. 

Bibliothèque Mé fanes à Aix-en-Provence, 

N« 753. 

N<> 806. — « Annales de la ville d'Arles ». 

N* S13. — Bouquier. 

N* 932. — Abrégé historique et chronologique des hom- 
mes illustres d'Arles. 
Musée Calvety à Avignon . 

N® 2158. — Documents concernant diverses familles de 
l'Etat d'Avignon. 

N<» 2256, — Archives de Javon. 

N*> 2362. — Correspondance. 

N*» 2829. — Recueil sur Avignon. 

N" 3050. — Correspondance adressée à Esprit-Claude- 
François Calvet. 

N** 3429. — Archives des familles Cambis et Vidaud. 

Bibliothèque communale de luîmes, 
N* 205. — Mélanges historiques et archéologiques. 



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xvn — 



IMPRIMÉS 



Anibert. — Mémoires historiques et critiques sur Tan- 
cienne République d'Arles. — Yverdon, 1781 . 

Agnel (L'abbé A.)* — Une famille Marseillaise. Les Gros- 
. son. Valence, 1905. 

Andrieu (L'abbé). — Histoire religieuse et hagiologique du 
diocèse de Digne. 

— Les reliques de saint Gérard Tenque, à Manos- 
que. Digne, 188^. 

[Artefeuil]. — Histoire héroïque et universelle de la 
noblesse de Provence. Tome i et 11. — Avi- 
gnon, 1776. 

Action héroïque de Jacques de Quiqueran de 
Beaujeu, chevalier de Malte. — Arles, 1808. 

Bourg (A. du). — Histoire du Grand-Prieuré de Toulouse. 
Paris 1882. 

Bulletin archéologique d'Arles. Années 1889, 1890, 1891. 

Chérest. — L'Archiprètre.— Paris, 1879. 

Chronologie des cours souveraines de Provence. — Edi- 
tion en cours de la Société d'Etudes provençales. 

Dcniâe fR. P. Henri). — La désolation des églises, mo- 
nastères et hôpitaux en France pendant la guerre 
de Cent Ans. T. i etii. — Paris, 1897, 1899. 

Descottes (François). — Les émigrés en Savoie, à Aoste et 
dans le pays de Vaud. — Chambéry, 1903. 

Féraud (J. J. M.). — Histoire de Manosque. Digne, 1848. 

— Les saintes reliques de la chapelle du château 
de Manosque. — Digne, 1885. 

Forbin (comte de) . — Inventaire des documents concer- 
nant la maison de Forbin. — Paris, 1902. 

Gallia christiana novissima (Arles). — Valence, 1901. 

[Godefroy C. B.]. — Etude sur une famille de Provence : 
Les de TEstang-Parade. — Paris, 1883. 

Grasset (Le comte Emmanuel-Ferdinand de). — Essai sur 
le Grand-Prieuré de Saint-Gilles de Tordre de 
Saint-Jean de Jérusalem. — Paris, 1869. 



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— XVJII — 

Haitze fde). — Histoire de la vîe et du culte du B. Gé- 
rard Tenque. — Aîx, 1730. 

Hirschfeld. — Corpus inscriptionum latinarum, t. xii. — 
Berlin^ i888« 

[Isnard M.]. •*- Les oomtnâfideurs «t l«s baillis de Manos- 
quoi dans Annales des Basses-Alpes, t. vi(iB9j>^ 
1894). — Digne. 

Jdcqufmin (Louis). — Mémoire sur les hôpitaux de la ville 
d'Arles. 

Labande (L.oH.). -« Les Doria de France, Paris, 1899. 

La Lauzière . — Abrégé chronologique de Thlstoire d'Ar- 
les. «» Arles, i8o8* 

Le Portefeuille du éhevalief de Romieu. -^ Arles, 1726. 

Luppé (comte de) — Mémoires et carâVades de Jean-Bap- 
tiste de Guafrsné,6heva]ief de Saint-'Jean-de-Jéru- 
salem, Grand-Prieur de Saint-(jilles<->- Paris, 1869. 

Mas-Lastrie (de). ^ Archives des Missions, i8;6é 

Musée (Le), revue Arlésienne, 1868, 1874-1885* 

« Ordo > (La collection entière du diocèse d'Aix). 

Pélissier(Léon-G.). —Papiers de Jean-Baptiste Vâllière, 
arlésien. -^ Paris, 1900. 

Pef fier (Emile). — Les bibliophiles et les collectionneurs 
provençaux, anciens et modernes (Arrondisse* 
ment de Marseille). — Mardeille^ 1897. 

— Les bibliophiles arlésiens des xv«, xvi% xvn« et 
xvni» siècles. — Mâcon, 1900. 

Pithon-Curt. — Histoire de la noblesse du comté Venais- 
sin, d'Avignon et de la principauté d'Orange. ^ 
Paris, 4 vol. 1743, 1750. 

Rance (L'abbé A.-J.). *- L'Académie d'Arles au xvu« siè- 
cle, 3 vol. — Paris, 1890. 

— Le R. P. Albert d'Augières (1634M709). — Mar- 
seille, 1889. 

Raybaud (Jean). — Histoire des Grands*Prieurs et du 
Prieuré de âaint-Gilles (édition de Tabbé G. Nico-* 
las), 3 vol. — Nîmes, 1904, 1906. 

[Rey de Foresta E,]. — Notice généalogique de la maison 
de Foresta « 



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— XIX — 

Robert de Briançon. — L'Etat et le nobiliaire de la Pro- 
vence, 3 vol. — Paris, 1693. 

Robinet (Docteur). — Dictionnaire historique et biogra- 
phique de la Révolution. 

Roque (Louis de la). — Catalogue des chevaliers de Malte. 
Paris, 1891. 

Roure (Baron du). — Inventaire analytique de titres et 
documents originaux tirés des archives du châ- 
teau de Barbegal. — Paris, 1907. 
— Les Meyran et leurs alliances. — Paris, 1907. 

Selectœ christiani orbis Deliciœ ex urbibus, templis, 
bibliothecis et aliundeper Franciscum Swertium. 
— Cologne, 1608. 

Teyssonnier (chanoine). — Trois inscriptions du xvii* siè- 
cle, dans Bulletin du Comité de l'Art chrétien 
(Diocèse de Nîmes), t. m. — Nîmes, 1885. 



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L'Ordre de Malte dans la ville d'Arles 
PREMIÈRE PARTIE 



L'HOTEL 

des Grands-Prieurs de Saint-Gilles 



Avilie d'Arles est pleine de vieux souve- 
nirs. Il est peu d'endroits, dans le Midi 
de la France, qui renferment autant de 
monuments antiques. C'est bien la cité 
romaine avec son forum, ses temples 
païens, ses arènes et son théâtre en plein air. C'est 
aussi la ville chrétienne du moyen-âge avec son ar- 
chevêché, sa basilique, ses églises et ses nombreux 
couvents aujourd'hui déserts. Il n'est presque pas 
de rues qui ne laissent voir quelques vestiges de 
ce passé glorieux. En la traversant, on rencontre 
sur les bords du Rhône, baigné par les eaux, près 
du palais Constantin, un vieil hôtel qui malgré son 
état de vétusté mérite encore d'attirer le regard. 
Il est dénommé le Grand-Prieuré. Il rappelle à 
notre mémoire les Hospitaliers de Saint-Jean de 
Jérusalem, plus connus sous l'appellation de che- 



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— 5 



valiersde Malte, si fameux dans Thistoire. Pendant 
longtemps des dignitaires de cet Ordre, les com- 
mandeurs de Trinquetaille en firent leur résidence, 
et, après eux, les Grands-Prieurs les remplacè- 
rent lorsque, au xvn® siècle, les guerres de reli- 
gion si meurtrières dans notre région, les eurent 
laissés sans abri, en brûlant et en dévastant, dans 
Saint-Gilles, le siège de leur demeure. Cet Hôtel, 
édifié peu à peu donnait, au nord, sur le Rhône, 
au couchant sur la porte de la ville appelée Saint- 
Jean du nom de ces religieux, au midi, sur la voie 
publique. Il comprenait plusieurs corps de bâti- 
ment formant un tout assez homogène, avec une 
petite cour intérieure de forme carrée. La chapelle 
voûtée, simple dans son architecture mais riche 
dans son ornementation comme il convenait à 
d'opulents seigneurs, communiquaitavec le Grand- 
Prieuré par deux portes, Tune latérale débouchant 
sur un ciel ouvert, Tautre méridionale prenant 
accès dans le vestibule d'entrée de THôtel. Elle était 
dédiée à Saint-Jean-Baptiste, le patron des Hospi- 
taliers, et renfermait un caveau central où l'on 
enterrait les religieux de l'Ordre qui décédaient 
dans la ville ou les environs. Raconter les origines 
et la formation de cet Hôtel, parler des événements 
dont il a été le théâtre, indiquer les nombreuses 
réunions des chevaliers qui s'y assemblèrent pério- 
diquement pendant deux siècles, saluer, en passant, 
les religieux qui y dorment leur dernier sommeil, 
tel est l'objet de cette première étude. 




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CHAPITRE I 



SOMMAIRE : Commencement des Hospitaliers à Trinque- 
taille. — Leur église détruite se relève de ses ruines. — 
Destruction nouvelle des bâtiments par Arnaud de Gcr- 
vole. — Les Hospitaliers s'établissent dans Arles. — 
Premières réunions des chevaliers dans la ville. — Le 
commandeur Gossa ; nouvelles constructions, la chapelle 
est bâtie. — Réunion de i5o9. — Mort de Gossa, son tom- 
beau, son épitaphe. — Deux Grands-Maîtres s'arrêtent 
dans Arles. — Le commandeur Robert Albe de Roquemar- 
line, achèvement de la maison, tombeau et épitaphe du 
commandeur de Roquemartine, dans l'église du Temple, 
à Paris. 

ES Hospitaliers furent fondés à Jérusalem, 
au XI* siècle, par le bienheureux Géraud 
ou Gérard, pour le soin des pèlerins 
pauvres et malades. De là l'Ordre se 
répandit en France et particulièrement à Saint- 
Gilles. L'archevêque d'Arles, Aton, • donna vers 
iiiSaux Hospitaliers Téglise de Saint-Thomas, au 
faubourg de Trinquetaille. Etienne Raymond, prê- 
tre, originaire de Gap, fut établi commandeur 
de cette nouvelle maison. Elle fut favorisée, dès 
sou établissement, de diverses donations, et elle 
devint bientôt Tune des principales de l'Ordre. 
En 1144, le comte de Provence, Béranger Ray- 




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mond, tué au combat naval de Melgueil, livré aux 
Génois qui soutenaient les seigneurs des Baux, 
fut enseveli dans réglise Saint-Thomas, et plus tard 
en août 1192, Hugues des Baux, demandait à être 
admis, comme confrère, et promettait à la commu- 
nauté une saumée de blé chaque année et élisait 
sépulture en son cimetière (i). 

Quelques années auparavant, vers 1146, se tint à 
Arles un chapitre où étaient assemblés les frères de 
Saint-Gilles et de Trinquetaille. L'achevêque Ray- 
mond de Montredon et les consuls y assistèrent. 
Arnaud de Messages, Grand-Prieur, y reçut, comme 
donnée, Adélaïde femme de Bertrand de la Vérune, 
qui finit ses jours au service de l'Ordre dans l'hô- 
pital de Jérusalem (2). 

Dans la suite, les Hospitaliers de Trinquetaille 
reçurent nombre de privilèges des comtes de 
Provence et des grands qui, en outre, leur donnèrent 
des terres et des bénéfices. Peu à peu ils se trouvèrent 
possesseurs de grands biens. Ils excitèrent con- 
tre eux la haine populaire. Les Arlésiens les suppo- 



t. Jean Raybaud. Histoire des Grands-Prieurs et du Prieuré de Saini" 
Gilles, éditée par l'abbé C, Nicolas, curé-doyen de Saint-Gilles-du-Gard, 
t If PP« ^o-^?. Donnons, k propos de ce bel ouvrage auquel nous ferons 
de larges extraits, un détail ignoré jusqu'à ce jour, nous le croyons, du 
moins. L'exemplaire manuscrit que possède la bibliothèque Méjanes 
d'Aix, le seul existant et dont s*est servi le chanoine Nicolas pour son 
édition, fut fait sur l'original, rempli de ratures et de renvois, en 
1765 et en 1766, et appartenait à un Arlésien bien connu, Guil- 
laume de Nicolay (1716-1788) membre de rAcadémie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres. Le patient chercheur, l'abbé Laurent fionnemant 
eut à sa disposition ce précieux manuscrit et en a extrait bien des notes 
insérées dans ses nombreux manuscrits sur l'histoire civile et religieuse 
d'Arles déposés à la bibliothèque publique de cette ville. C'est en nous 
reportant aux références que ne manque jamais d'indiquer Térudit abbé 
que nous avons acquis la certitude que l'exemplaire de la bibliothèque 
Méjanes est bien celui de Guillaume de Nicolay mais d*une écriture 
autre que la sienne. 

2. Id. Ihid, t. I, p. ^4. 



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sèrent d'intelligence avec leur ennemi, le comte 
Charles d'Anjou qui en voulait à leurs prérogati- 
ves, trop onéreuses pour lui. Il était parti en 1248 
pour la croisade avec le roi saint Louis, son frère, 
et il était dangereusement malade en Chypre, 
impuissant et inactif. A cette nouvelle, les factieux 
s'ameutèrent contre les chevaliers, la foule se 
précipita vers Téglise Saint-Thomas de Trinque- 
taille et la livra au pillage ; plusieurs religieux qui 
s'y étaient réfugiés furent massacrés au pied de 
l'autel. Pourtant l'église se releva de ses ruines, et, 
en 1326, le Grand Maître Hélion de Villeneuve, 
dans un chapitre général tenu à Montpellier, 
donna un règlement à ses frères d'Arles afin de 
leur permettre de vaquer avec plus de vigilance 
aux soins des pauvres de Thôpital de Saint-Tho- 
mas. Tous les dimanches, le prieur, accompagné 
de ses prêtres, devait visiter les malades et observer 
si les religieux accomplissaient leurs fonctions 
avec zèle et fidélité. Les Hospitaliers s'acquittèrent 
pendant longtemps avec exactitude de ce pieux 
devoir (i). 

Après la bataille de Poitiers (1356), où le roi 
Jean fut fait prisonnier par les Anglais, les trou- 
pes, n'étant plus payées, se débandèrent et pillè- 
rent la France, sous différents chefs. Un des prin- 
cipaux, l'ancien archiprêtre Arnaud de Cervole, 
passa le Rhône et vint en Provence en juillet 1357. 
Les Arlésiens, pour se défendre contre les pirate- 
ries de cette soldatesque, détruisirent tous les 



I, AviBimT. Mémoires historiques et critiques sur V ancienne Répuhîi que 
d'Arles, y partie, p. 167. L. Jacquemim. Mémoire sur les hôpitaux de la 
ville (t Arles, 

Pierre Véran dit que ce fut à la suite de cette émeute que .Je chef des 
Hospitaliers dans le Midi aUa fixer sa résidence à Saint-Gilles. 



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— 6 — 

bâtiments considérables des faubourgs de leur 
ville. L'église et l'hôpital de Trînquetaille ne furent 
pas épargnés (i). Enfin le calme étant revenu, 
frère Raymond de Plainchamp, commandeur de 
Saint-Thomas (2), acheta dans la ville, le 20 janvier 
1358, une maison de Jacques Pujade. Elle était 
située, sur la paroisse actuelle de Saint-Julien et 
confrontait d'une part, à la maison de Jeanne 
Laget, femme de Jean d'Aramon, d'autre part, à la 
maison de noble Pierre Trabustol, et le fleuve du 
Rhône, et finalement à la rue publique (not. Pons 
Rodelly, d'Arles). 

Le 2 avril 136 1, Jeanne Laget vendit pour le 
prix de deux cent cinquante florins (même notai- 
re), au même personnage, une nouvelle maison, 
située dans la même paroisse, confrontant, d'une 
part, avec le Rhône, d'autre part, avec la maison 
du commandeur, d'autre, avec la porte de la 
Trouille, et enfin la rue publique. 

Une troisième maison fut achetée, le 14 mars 
1392, pour la somme de dix florins d'or. Elle 
appartenait à Laurent Premeyran, elle confrontait 
de deux parts, à la maison du Commandeur, d'au- 
tre, au grenier neuf, autrefois de Guillaumette 
Noir, et d'autre, à la rue publique (not. Bernard 
de Podio, d'Arles) (3). 

Ce sont ces trois maisons qui ont formé, en par- 



I. CHiftisT. VArchiprêire, p. 41-74. — Dbwipli. La désolation des 
églises, monastères et hôpitaux en France pendant la sruerre de Cent Ans, 

9. Les commanderies étaient des agrégations de biens possédés par des 
commandeurs, lesquels avaient la jouissance de tous les revenus, déduc- 
tion faite des charges, taxes, contribution^ qui leur étaient imposées par 
les supérieurs majeurs. 

3. Archives des Bouches -du-Rhône» Fonds de Malte, Inventaire de 
Saint-Gilles, t. v et vm. 



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^ 7 — 

tie, le Grand-Prieuré tel que nous le voyons 
encore aujourd'hui. Il devint important, presque 
dès le début, alors qu'il n'était que la résidence 
des commandeurs de Trinquetaille. A plusieurs 
reprises, les chevaliers de Saint-Jean de Jéru- 
salem y tinrent leurs assemblées annuelles, 
notamment le 17 février 1439. Parmi les comman- 
deurs présents à cette réunion, il faut citer ceux de 
Marseille, de Valence, du Temple d'Arles (i), de 
Manosque, de Beaulieu, de Valdrôme, de Puimois- 
son, de Saliers, etc. Le procès-verbal de cette 
assemblée tut rédigé par le notaire arlésien Michel 
Grimaudi et se trouvait dans ses écritures (2)* 

Le pape, à la recommandation du roi René, 
avait donné en 1475 ^ Melchior Cossa, la comman- 
derie de Trinquetaille pour récompenser les ser- 
vices que ce dernier avait rendus au prince. En 
1484, la ville d'Arles donna permission au com- 
mandeur de couvrir un coin de sa maison. 

Die 4 aprilis... Et premierament, car Monsenhor lo 
coramandadour de sant Thoumas de Trencatalha, Mon- 
senhor Melchion Cossa, a demandât licencia de poder 
cubrir ung petit canton, que es touchant sa meson, sur lo 
portalh de la Truelha ; et car segon la relation de mes- 
senhors los consols, et auhres del présent conselh, lo 
dîch quanton non es en préjudice ni domage de la villa, 
per tant lo présent conselh es content que lo puesca 
bastir et cubrir, réservât que en cas de guerra ou altra 
nécessitât, la ville sen puesca ajudar (3). 



1. Le Temple d*Arles fut plus tard appelé com ma nderie de Sainto 
Lace. Il s'y était tenu, au mois d'octobre 1330, le premier chapitre géné- 
ral qui ait eu lieu en Europe. Ratbaud : Op, cit., 1, a66. 

2. Archives municipaUs d'Arles, Fonds Véran. Liasse, 

3. Bibliothèque communale et Arles, Boxnimaut : Annales de la ville 
cT Arles.,. Manuscrit m a 17. 



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— 8 — 
Un jardin était nécessaire, il fut acheté non loin 
de là. Afin de s'y rendre plus facilement, sans sor- 
tir de chez lui, le commandeur conçut le projet de 
faire une galerie lui permettant de communiquer 
directement de la maison avec ce jardin. Le Con- 
seil de ville ne s'était pas opposé à cette construc- 
tion ; il ne restait plus que l'agrément du gouver- 
neur de la province; il fut accordé le 31 octobre 
1492 (i). 

En 1494 la municipalité d'Arles, à cause de la 
peste qui sévissait avec intensité, tint séance le 
3 août « in viridario preceptorie Sancti Thome de 
Trencataliis, scito prope portale Sancti Johannis », 
preuve nouvelle que la maison n'était pas encore 
habitable (2). • ^ ^ 

En 1505, nouvel agrandissement. Le 28 juin de 
cette année, Pierre Sallezaty, teinturier, vendit, 
moyennant quarante écus, au commandeur une 
cour (paroisse Saint-Martin), confrontant, d'une 
part, à la maison des héritiers de Martin d'Uzane, 
d'autre part, à la rue publique, d'autre, à la cour 
de noble Colette Tropin, et d'autre à la tour des 
hoirs de Louis Clavel. Cette cour payait annuelle- 
ment une redevance d'un tournois d'argent à la 
chapelle de Saint-Sauveur établie dans le palais 
de Constantin ou de la Trouille (3). 

Le commandeur Cossa fit aussi bâtir, en 1503, la 
chapelle où il fut enseveli ; on peut donc lui attri- 
buer, en grande partie, la construction de ce vaste 



I. Archivas des Bouches^u Rhône. Fonds de Malte. Inventaire de Saint- 
Gilles, tom. v et vin. 

a. Archives municipales d'Arles. Livre des Conseils. Année 1494, 
fol. 133. 

3. Arch. des B.-du-R. Fonds de Malte, Invenf. de St-Gtlles, t. v 
et VIII. ' 



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— 9 — 

édifice, sî agréable par la beauté et la variété des 
points de vue qu'il présente, surtout par sa situa- 
tion sur le Rhône. En 1504, il reçut dans son hôtel 
Emeric d'Amboise, frère du cardinal Georges. Il 
avait été élu, Tannée précédente, Grand-Maître de 
Rhodes. Parti de Paris au commencement de mai, 
il arriva à Arles le 16 juin. La ville, pour lui té- 
moigner sa reconnaissance, décida de le recevoir 
avec honneur et lui fit un présent en nature, sui- 
vant l'usage de Tépoque, c'est-à-dire un don de 
deux veaux. Pendant son séjour, il vénéra les 
reliques de saint Antoine, puis se rendit à Mar- 
seille où il s'embarqua pour aller prendre la direc- 
tion de rOrdre (i). 

Quelques années après, en 1509, se tint dans la 
maison, le chapitre des Hospitaliers. 11 fut présidé 
par le Grand-Prieur, Charles Alleman de Roche- 
chinard. II avait fait fait faire quinze grandes 
médailles d'or représentant « les quinze joyes » 
de la sainte Vierge; elles pesaient mille ducats 
chacune et coûtaient plus de 15.000 écus d'or. Il 
les destinait à orner le maître-autel de l'église de 
Rhodes. Il manifesta son intention à l'assemblée 
qui comprenait, outre Melchior Cossa, Je bailli de 
Manosque, François de Flotte et Jacques Gâtineau, 
de la langue d'Auvergne. Ce fut ce dernier, capi- 
taine d'une carraque, qui fut chargé de porter ces 
médailles à Rhodes en 151 1 (2). 



X. ArcA, munie, éT Arles, CC, a^j : Comptes des années i ^0^1^04, 
Ua Grand-Maître de Tordre était aussi venu dans la ville d*Ârles au 
mois d'avril 1319. Ratbaud : Op, cit,^ 1, a6o. 

9. François de Flotte était originaire de Nice. Il était commandeur de 
Condat lorsqu'U obtint le bailliage de Manosque en 1^0^ Le 36 avril 
z^xo il fut nommé grand commandeur et le 4 juillet 1^14, Grand-Prieur 
de Toulouse. Il mourut à Rhodes en i^so. Raybaoo : Op, cit., u, 4^69. 



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— 10 -*- 

Le commandeur de Trinqùetaille était mort peu 
de temps auparavant, le 17 janvier içio. Il fut en- 
seveli dans la chapelle qu'il avait construite ; son 
tombeau faisait face à la porte extérieure. « Il est 
représenté étendu sur son sépulcre, dit le chevalier 
de Gaillard (i), le corps nud, les reins entourés 
d'une draperie, le tout en plâtre, assez grossière- 
ment peint, et passablement exécuté pour le temps. 
Le mausolée est fermé par une grille de fer qui 
occupe toute la face où il est placé, et au fond de 
laquelle on lit ce qui suit en caractères dorés : 

QUIDVE BONI MAUVE IN ISTO CONDIDERIM ORBE, 
OMNIA MORS CLAUDir ET CUNCTIS ULHMA RES EST ; 
MELCHIOR EX STIRPE COSSA FRATERQUE VOCABAR : 
NUNC ME TERRA TENET ET SAXO CLAUDOR IN ISTO. 
VIXI ANNOS LXXVIII. MENS. VU. D. XVI (2). 

« La mort qui estle terme de tout, met fin au bien 
et au mal que j'ai fait en ce monde. Mon nom était 
Melchior, de la maison de Cossa, et Ton m'appe- 
lait frère. Maintenant je suis enfermé sous cette 
pierre, apiès une vie de 78 ans, 7 mois, 16 jours. > 

Un service pour le repos de son âme fut célébré 



I. Chrysostcme de Gaillard d'Agonlt était fils d'Auguste, coostiller 
à la Cour des Comptes. Il naquit k A ix- en-Provence en 1734 ; en 1736 il 
fat reçu chevalier, et en mai 1743» il fat pourvu par grâce prieuraie de 
la commanderie de Poët- Laval près de Montélimar qu'il {$arda jusqu'à 
sa mort arrivée en janvier 1797. Il a étudié et relevé avec beaucoup.de 
goût les antiquités d'Arles pendant les séjours qu'il avait faits an Grand- 
Prieuré, à l'époque des réunions périodiques des chevaliers. Le Bulletin 
de la Société des Amis du Vieil Arles a commencé de publier en octo- 
bre 1906 ses Lettres archéologiques, 

a. Bibliothèque municipale d'Arles. Bonnemamt : Recueil d^ antiquités ; 
ir« lettre du chevalier de Gaillard. Ms. 343, Cette inscription païenne 
sur une tombe de religieux est restée intacte jusqu'en 2793, époque de la 
dévastation du Grand-Prieuré. Elle manque au manuscrit de l'abbé 
Bonnemant, nous l'empruntons aux Etudes archéologiques et statistiques 
de J.-J. Estrangin, p. 150, 



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— II — 

dans réglisç Sàint-Trophime le 24 janvier sui- 
vant (i). 

Il était fils de Jean Cossa et de Jeanne d'Andréa, 
du royaume de Naples, célèbres par leur attache- 
ment au roi René qui les récompensa, en leur don- 
nant de grands biens. Melchior fut employé avec 
succès dans diverses commissions importantes et 
dans plusieurs ambassades, ce qui atteste son mé- 
rite et la faveur dont il devait jouir dans Arles. Il 
fut aussi conseiller et chambellan ordinaire de 
Louis XII (2). 

La maison était loin d'être achevée. Les consuls 
d'Arles prirent, à ce sujet, plusieurs délibérations 
en 1513 : 

€ Die 14 augusti... Item, venu à la notice du présent 
conseilh que Mgr le Grand Maistre de Roddes vient icy, 
pourtant ha ordonné le présent conseilh que Messieurs les 
Consuls et Assesseur, en compagnie de beaucoup de nota- 
bles personnes de la présente cité, luy ailhent au devant, 
en luy offrant les biens de la ville, et ce faict, ha ordonné 
luy estre bailhé une pipe de vin blanc et une de rouge, et 
le acompaigner jusques à la Tour du Boulevard. 

Item si est cas que led. Mgr le Grand Maistre ne vienne 
icy; ha esleu le présent conseilh, pour luy aller fere la 
révérence, comme dessus, et lui notiffier la maison de 
saint Jehan estre imparfaicte à Tocaison de la murailhe de 
la présente cité, et luy supplier que son bon plaisir soit de 
la fere réparer, et le édiffice commencé achever pour la 
fortification de la présente cité, ces nobles et honorables 
messieurs les consuls Anthoine Romyeu et Tropheme 
Bernard » (3). 



I. Arch, (T Arles, GG. 70. Sacristie A, fol. 334. 

3. Raybaud : Op. cii,, n, p. 40 et 49. 

3. Bihîioth, d'Arles, Bovvsmakt : Annales de la ville d'Arles,,, Vis 317. 



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— la — 

Ce Grand-Maître était Guy de Blanchefort. Il 
avait été élu, étant Grand -Prieur d'Auvergne, en 

1 512. A son départ pour Rhodes, il s'embarqua 
sur le Rhône à Lyon, au commencement d'août 

1513, dut s'arrêter à Arles, et se rendit ensuite par 
mer à Marseille. 

Son successeur, Philippe Villiers de Tlsle Adam 
se trouvait en Bourgogne lorsqu'il fut élevé à la 
première dignité de l'Ordre. En se rendant à Rho- 
des, en 1521, il passa par Arles. La ville, pour lui 
rendre honneur, comme elle avait fait pour ses 
prédécesseurs, lui offrit, en présent, un esturgeon 
de lait du poids de 61 livres (i). 

Cest un arlésien, frère Robert Albe qui termina 
la maison de Saint-Jean. Il était fils de Jean Albe 
et d'Alix d'Oraison. Dès 1515, il avait été pourvu de 
la commancerie d'Avignon ; en 1521, il eut celle de 
Saint-Thomas deTrinquetaille en partage. Jusqu'à 
cette époque, il avait résidé à Rhodes, où il avait 
servi sur les galères de son Ordre ; en 1523, ayant 
été nommé receveur du prieuré de Saint-Gilles, il 
vint demeurer au siège de sa commanderie, situé 
dans Arles. Cest sans doute à ce moment qu'il 
acheva la construction de sa demeure- Plus tard, 
le 30 décembre 1545, il devint Grand-Prieur de 
Saint-Gilles, et 3 ans après, en mai 1548, il se ren- 
dit à Malte, devenu le siège de l'Ordre, pour 
assister au chapitre général. Il y fut nommé am- 
bassadeur auprès du roi Henri II, pour le 
féliciter de son avènement à la couronne et lui 
demander la confirmation des privilèges des Hos- 
pitaliers. Il mourut à Paris, le 5 octobre 1549, à 
rage de 70 ans, et il fut enseveli dans le chœur de 



I. Arch, et Arles, CC. 273. Comptes de ijai. 



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— 13 — 

réglise prieurale du Temple (i). Nous ne résistons 
pas au désir de donner Tépitaphe qui se lisait sur 
son tombeau. 

€ Frater Robertus Daube, vulgo Rupe martina cognomi 
natus, in nobili ad Rhodanum oppido Arelate insigni fa- 
milia natus, per omnes hospitalis militiae gradus inter suos 
multa cum laude evectus, ad magnam tandem sancti i^gi- 
dii pfiefecturaai devenit, ia provincia Narbonensi, demum 
per universam Galliam promagister creatus (honos a magno 
militum magistro secundus) ad regecn publica nomine le- 
gatus, rem sape tentatam, peneque desperatam, sua pru- 
dentia perfecît^ ordini suo scilicet à priscis quodam regî- 
bus irrogatorum privilegiorum specialem modo confirma- 
tionem, novorumque concessionem ab Henrico nunc rege 
consecutus, quum vero multis et gravibus exantlatis labo- 
ribus ad quietem se temporariam pararet, vocatus est ad 
œternam. Vixit ann. LXX, militavit XL, praefuit ann. IV. 
Obiit in legatione Lutetiae in œdibus templi, die sabbati V 
octobris, anno Christi MDXLIV. Commilitones et amici 
fratres defuncto posuerunt ». (2) 

La superbe résidence de TOrdre, sur les bords 
du Rhône, si bien préparée par les derniers com- 
mandeurs de Trinquetaille, allait devenir le siège 
du Grand-Prieuré à la suite des guerres de reli- 
gion. 



I. Raybaud : O/. ci'L, 11, pp. 98-100. La bibliothèque publique d'Arles 
possède un manuscrit (n* xoi) ayant appartenu à notre Grand-Prieur. On 
lit au folio I (écriture du XVI* siècle) : c Le présent livre d'establissement 
|de Tordre de la chevalerie des Hospitaliers de Sainct-J eau -Baptiste de 
Jhérusalem] et à frère Robert Âlbe de Roquemartine, commandeur de 
Trlnquetaille et de Montpellier >. 

3. Selectœ christiani orhts Déliciœ ex urhibus, tempîis, btblioikects, et 
aîiunde per Franciscum Sweriium, Un exemplaire de ce livre curieux, 
imprimé à Cologne en z6o8, se trouve à la bibliothèque d'Arles. 



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CHAPITRE II 



SOMMAIRE : La maison des Hospitaliers à Saint-GiUes, 
détruite. — Nouvelles assemblées à A/les. — Quelques 
chevaliers se font protestants. — Le Grand-Prieur Claude 
de Glandevès, sa mort, sa sépulture. — François de Pa- 
nisse lui succède. — Le commandeur Antoine de Flotte 
aux États de Blois. — Chevaliers présents au Chapitre de 
1577. — Visite du cardinal d'Armagnac. — Nouvelles 
réunions. — Projet de bâtir un local pour les archives. — 
Les Espagnols logés dans la maison des chevaliers. — Mal 
vus ils quittent la ville. — L'Hôtel occupé par des soldats 
artésiens. — Mort de Panisse; ses successeurs : Puget, Saint- 
Aubin, Lussan. — Le local des archives. — Le Grand- 
Prieur de Lussan assiste à une course de bague. — Vol à 
la maison Saint-Jean. — Visite canonique de i6i3. 

I E dimanche, 27 septembre 1562, eut lieu la 
grande bataille de Saint-Gilles entre ca- 
tholiques et protestants où plus de deux 
mille hommes périrent, entre autres 
deux chevaliers : Giraud de la Tour, dit Cogolin, 
commandeur de Jalès, et Jacques de la Tour, dit 
du Brau. Ils étaient de même maison. Giraud était 
fils de Jean-Antoine de la Tour, seigneur de 
Cogolin en Provence, et Jacques était fils de 
Louis de la Tour, citoyen d'Arles et d'Antoinette 
de Glandevès-Gréoux. Après ce combat, les sol- 



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— 15 - 

dats huguenots pillèrent Téglise de Saint-Jean, 
démolirent les autels, brisèrent les tombeaux 
et enlevèrent toutes les richesses de la maison 
prieurale. Heureusement un arlésien, le chevalier 
Bertrand de Varadier de Saint- Andiol, avait fait 
porter à Arles, au mois de mai précédent, les va- 
ses sacrés et les archives du Grand-Prieuré (i). La 
maison de Saint-Gilles, étant détruite, les Grands- 
Prieurs se réfugièrent à Arles. Déjà cette même 
année, le 23 mars, le Chapitre au lieu de se tenir à 
Montpellier, s'était réuni dans la maison d'Arles, 
à cause des dangers d'un séjour à Saint-Gilles, sous 
la présidence d'Antoine de Thésan, commandeur 
de Morlas et de Garidech, qui prit possession du 
Grand-Prieuré au nom de Louis du Pont, dont il 
était le lieutenant. 

L'hérésie protestante trouva des adhérents jusque 
parmi les chevaliers de Malte. Nous n'en citerons 
que deux, originaires d'Arles : Robert de Porcellet 
dit Maillane et Antoine de la Tour. Robert était 
fils d'Honoré, seigneur de Maillane, ancien consut 
de Beaucaire et de Marguerite de Pontevès. Il fut 
reçu chevalier le 7 mai 1548. Il se trouvait à Tri- 
poli au moment de la prise de la ville par les Turcs 
en 1551, il fut fait prisonnier et ne recouvra sa li- 
berté que grâce au crédit de Gabriel de Luetz, ba- 
ron d'Aramon, ambassadeur à Constantinople, qui 
fit délivrer aussi les autres chevaliers détenus en 
même temps que lui. Il quitta l'ordre, se fit hugue- 
not et se retira à Genève où il épousa, en 1555, 



I. Bertrand était fils de Jérôme de Varadier et de Catherine de la 
Tour. Il posséda les commander tes de Ga«-Francës et de Saint -Pierre de 
Campnblic-lès- Beaucaire. U ent deux enfants naturels .d*Angéline Tur^ 
patola : Antoine et Catherine, légitimés dans la suite. Bertrand mourut 
à Malte en x^i. Bakon ou Rourb ; Les Meyran et leurs alliances, p. 89s. 



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— i6 — 



Barbe de Bouc qui avait été religieuse dans le pays 
de Beauce, de laquelle il eut deux enfants, et, le 
4 juillet 1568, aaudine de Taulignan qui le laissa 
sans postérité. Robert mourut à Beaucaire, le 29 

juin 1605 (1). ^ , 

Antoine de la Tour n'imita pas ses aines dans 
la défense de la foi cathoUque. Il était fils de 
François de la Tour et de Guimette Bérenguier. 
Il fut baptisé à la paroisse Saint-Martin d'Arles 
le 27 janvier 1555. U fit profession dans l'ordre 
de Malte le 24 juin 1574 mais bientôt il se laissa 
gagner aux idées de la Réforme, et, malgré ses 
vœux, quitta la religion, embrassa le protes- 
tantisme et se retira à Nîmes où il se maria une 
première fois avec Catherine d'Amphoux qui fut 
mère de deux enfants, et une deuxième avec Jeanne 
de la Beaume, dame de Sauzet, décédée sans pos- 
térité (2). 

Le Grand-Maître apprit ces défections avec beau- 
coup de chagrin et il s'en plaignit dans deux lettres 
qui furent lues au chapitre tenu à Avignon en 

1563 (3)- 

Une nouvelle assemblée eut lieu à Arles, le 7 mai 
1567, par les soins du chevalier Antoine du Pont, 
neveu du Grand-Prieur, dans laquelle on s'occupa 
du temporel de l'ordre qui avait eu beaucoup à 
souffrir de déprédations dans ces temps trou- 
blés (4). 



t. Raybaud : Op, cit,f ii, pp. i8o, lao, lai, — BAmox do Rourb : 
Op» cit., p. 1083. 

3. Bibliothèque d'Arles. Ms. 300 : Abbé L, Bowmeuant : Le Nobi- 
liaire de la •aille d'Arles, verbo la Tour, Barost du Rourb : Op, cil,, 
pp. 8>6-857. 

}, Raybaud : Op. cil., ii, p. 133. 

4. Raybaud : Op. cit,, xi, p. 136. 



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— 17 — 

Le Grand-Prieur Louis du Pont mourut le 17 jan- 
vier 1569, sans avoir paru à Arles ; il eut pour suc- 
cesseur, quatre jours après, Jacques-Claude de 
Glandevès Cuges qui se trouvait alors à Malte. Il 
quitta cette ville, dans Tété, et, le 6 septembre sui- 
vant, il prenait possession en personne de l'Hôtel 
Saint-Jean d'Arles, où il demeura dans l'impossibi- 
lité d'aller habiter Saint-Gilles. Il était fils d'An- 
toine de Glandevès, seigneur de Cuges, viguier de 
Marseille en 1525, et de Marguerite de Villemurs. Il 
fut reçu chevalier le 30 mai 1541, devint ensuite 
commandeur de Condat, de Puimoisson de 1548 à 
1570 et gouverneur de Sisteron. Sa conduite privée 
fut loin d'être exemplaire. « Il eut de Françoise 
de Boniface, pour lors mariée à Pierre de Saint- 
Marc, trois bâtards : Claude-Durand-Gaspard, Mar- 
guerite et Jules. Les deux premiers furent légiti- 
més par lettres patentes, données à Paris en février 
1576 >. Il mourut au Mas-Thibert, membre dépen- 
dant de Trinquetaille, le 16 janvier 1573 ; il fut 
porté dans la ville d'Arles et inhumé dans la cha- 
pelle où reposaient déjà Melchior Cossa, et, sans 
doute, plusieurs autres chevaliers (i). 

Il fut remplacé, le 2 mars suivant, par François 
de Panisse, fils de Jean, viguier perpétuel de la 
ville d'Avignon et de Elisabeth de Pazzis. Il de- 
meura à Malte. Le chevalier Jean de Mars-Liviers 
prit possession pour lui du Grand-Prieuré, le 3 mai 
1573. Pendant qu'il était Grand-Prieur eut lieu une 
élection d'un député spécial de la langue de Pro- 



I. Raybaud : O/. «7., II, pp. 140, 143. Cet auteor a confondu ce 
Graad-Priear avec Claude Glandevès, fils d'Hélion, seigneur de Gréoux et 
de Jeanne de Justas, qui ne fut mémr pas chevalier. Cf. : Baron do 
RousB : Les Meyran et leurs alliances ^ pp. 936, 968, 



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— i8 — 

vence. Le roi Henri III avait décidé de convoquer 
à Blois les États-Généraux au mois de novembre 
1576. Le prince François d'Angoulême, Grand- 
Prieur de France, en fit part à tous les Grands- 
Prieurés. Gaspard de Barras la-Penne, lieutenant 
du Grand-Prieur, réunit le 17 de ce mois une assem- 
blée à Arles, On y dressa des mémoires pour les 
affaires du prieuré et pour la conservation de ses 
privilèges et on chargea Antoine de Flotte, com- 
mandeur de Puimoisson, qui se trouvait à la Cour, 
de les soumettre aux États (i). 

La paix était loin d'être faite ; les commandeurs 
convoqués au Chapitre de 1577 qui devait se réu- 
nir à Arles s'abstinrent en grand nombre d'y paraî- 
tre « à occasion de Tinflammation des troubles ré- 
gnant dans ces quartiers » (2) et crainte d'être pris 
et tués par les gens de guerre. Il n'y assista que 
François du Broc, commandeur de Sainte-Luce, 
Charles de Grasse-Briançon, commandeur de Sa- 
liers, et le chevalier de Barras (3). 

A ce moment THôtel de Saint-Jean fut visité par 
le cardinal d'Armagnac, légat du Pape à Avignon. 
Arrivé le mercredi matin 8 avril 1579, il logea chez 
les religieux hospitaliers, et partit d'Arles le sa- 
medi suivant pour se rendre à Aix. Il était chargé 
par le roi de France de prendre certaines informa- 
tions relatives aux troubles de la ville d'Arles (4). 

Deux nouvelles réunions eurent lieu à Arles, 
Tune le 15 octobre 1582, présidée par Charles de 
Grasse-Briançon, et l'autre le 28 novembre 1583, 



I. Raybaod : Op. cit,, n, pp. 144-149. 

â. Expression du not. Vincent Aubert, dans an acte de 1577. 

3. RATfiAUD : Op, cil,, II, pp. 14 5- 146. 

4. Le Musé«, 1877 ; Mémoires de D ami an Inique ^ptestre^ p, X89. 



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— 19 - 

sous la direction du Commandeur Gaspard de Bar- 
ras la Penne. 

« Le commandeur frère [Bertrand de Varadier 
de Saint-]Andiol, receveur, y donna part d'une let- 
tre qu'il avait reçue du grand-maître, où il ap- 
prenait que le commandant des galères des Véni- 
tiens de la garde de Candie s'était emparé, par la 
trahison, de deux galères de l'ordre qui étaient au 
port de cette île, et que, par un excès d'insulte, il 
avait donné la liberté aux esclaves turcs,qui y étaient 
dessus. Il exhorta ceux qui étaient présents de 
contribuer à la dépense que l'ordre était obligé de 
faire pour réparer cette perte. Il offrit de donner 
cent écus d'or. Frère Claude Aube (i), dit Torret, 
commandeur d'Homps et Comps, offrit d'en don- 
ner autant. Antoine de Lalande, commandeur de 
Jalès, déclara que, quoiqu'il ne pût pas jouir de sa 
commanderie à cause des guerres civiles, il donne- 
rait pourtant 50 écus. Jean Nicolas, commandeur 
de Joucas, déclara aussi que, quoique sa comman- 
derie eût été ruinée par les Huguenots, et qu'il eût 
fait beaucoup de grandes dépenses pour rétablir 
le château, il en donnerait vingt > (2). 

L'Assemblée de 1586 eut une certaine impor- 
tance pour la maison d'Arles. Le bailli de Manos- 
que, Charles de Grasse-Briançon (3) qui la prési- 
dait, comme lieutenant du Grand-Prieur, repré- 
senta que les troubles dont le royaume était agité 



t . Claude était fils d'Honoré et de Catheriae de Villeneuve, Bakou 
DU RouKB : Op, cit. y p. 676. 

d. R^TBACD : Op. Cit., ii, p. 150. 

3. Cliarles de Grasse, fils de Jean et de Catherine de VilleneuYe, corn-* 
mandeur de Saliers, lieutenant et receveur du Prieuré, général de galè- 
res, bailli de Manosque, mourut dans cette ville le I4 août 1603 et fut 
enievell dans l'église des Pères Cocdeliefs. Raybaud : Op. cit.,u, pp. i^l- 
174- 



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^20 — 



étaient cause que la plupart des titres des com- 
manderies du Midi avaient été pillés ou brûlés, 
faute d'avoir un lieu commode pour les garder, il 
ajouta que le Grand-Maître et son Conseil, en 
ayant été informés, lui avaient donné commission 
de faire construire un appartement convenable 
pour les recevoir. En conséquence, on prit la déli- 
bération de bâtir des archives sur la chapelle Saint- 
Jean d'Arles, mais ce vœu n'eut pas alors son plein 
effet à cause des guerres civiles qui continuaient à 
désoler la contrée (i). 

Pendant cette agitation, Thôtel de Malte fut le 
théâtre de plusieurs événements graves. Le duc de 
Savoie se trouvait à Arles en 1592 pour maintenir 
cette ville dans la foi catholique. Le consul Nicolas 
de la Rivière avait le commandement de la ville ; 
quatre compagnies de cent espagnols chacune, 
sous les ordres de Rides, lui furent présentées. 11 
s'agissait de leur donner abri, sans être à charge 
aux habitants. Le duc de Savoie, très bien reçu 
par la municipalité, obtint de les loger dans les 
maisons des religieux hospitaliers. Cette petite 
troupe, entrée dans la ville vers la fin de février, 
prit cantonnement dans les dépendances de Thôtel 
Saint-Jean et des commanderies de Sainte-Luce (2) 
et de Saliers (3). Elle ne fut pas très bien vue par 



I. Ratbauo : Op, cit , ii, p. x$3. 

3. Vers 1370, Isnard de Villemnrs, commandeur de Sainte-Lucei 
acheti, sur la paroisse actuelle de Saint-Julieni une maison à noble Jean 
Gantelmi pour lui servir de logement. l\ fit Tacquisition d'une autre le 
39 septembre 1373 pour agrandir la précMente, dans le voisinage de 
celle qui est devenue le Grand-Prieuré. Elles sont aujourd'hui la pro- 
priété à€ M. Bizalion, négociant. 

3. La maison du commandeur de Saliers joignait la maison de Saint- 
Jean à l'est. Elle avait été achetée par Bertrand Monge, le 3 décembre 
1383. C'est aujourd'hui le musée Réattu. 



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— al- 



la population. « Durant le sesjour que les compa- 
gnies firent dans la ville, n'arbourèrent jamais les 
enseignes et tindrent tousjours les portes de leur 
logis fermées ; quelquefois la nuict, lorsque les 
rondes passoient, demandèrent le mot des fenestres 
de la maison de Sainct-Jehan ; personne ne vouleut 
leur rendre cest hommage. Us étoient haïs et om- 
bragés et n'estoient fréquentés que de fort peu de 
gens > (1). Le bruit courut que le consul la Rivière 
voulait livrer la ville au duc de Savoie ; il fut tué 
à la porte de la Cavalerie, ainsi que le comman- 
dant de la petite troupe espagnole, de Rides, le 
vendredi au soir 13 mars 1592. La ville, qui avait 
pris les armes se porta aussi à la maison de Saint- 
Jean pour massacrer les espsgnols, mais on put les 
arrêter à temps. Les capitaines de la petite troupe 
demandèrent alors au consul François du Port la 
permission de sortir : ce qui leur fut accordé. Le 
lendemain, les Espagnols quittèrent la ville par la 
porte 4: Marcanou » sans armes, excepté leurs offi- 
ciers qui avaient une épée au côté. Ils passèrent au 
milieu de la foule, sans recevoir aucune injure. 
Les consuls firent porter leurs armes et leurs 
bagages, près des Aliscamps, 

L'année suivante (1593), l'Hôtel de Malte servit 
de corps de garde à quelques soldats de la ville ; 
le premier consul Quiqueran de Ventabren pensa 
même s'y établir pendant cette période agitée mais 
il dut renoncer à son projet, après un essai infruc- 
tueux (2). 



X. Le Musée, 1878 : Mémoires tt Etienne de Chiavari Cahassole, p. 83. 

3. Le Musée, 1875 : Mémoires de Louis Romany, p. xx. 

Le Masée, 1878 : Mémoires d'Etienne de Chiavari Cabassole, p. X48. 

La LAUZiiu : Abrégé chronologique de Vhistoire cCArles^ p. 39^-395. 



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— 32 — 



Le Grand-Prieur de Panisse ne fut pas témoin 
de ces troubles. Il était toujours à Malte où il 
mourut, le 9 juillet 1595, après avoir résigné sa 
charge, le 23 mai 1591. C'était un homme savant, 
pieux et de beaucoup de vertu, ^pietate^ castitate 
ac probitate morutn insignis >, comme porte son 
épitaphe. François de Puget, fils d'Auban et d'An- 
toinette de Flotte, qui le remplaça, ne vint pas non 
plus demeurer à Arles, mais fixa sa résidence à 
Avignon, où la mort le surprit le 22 septembre 
i6oo. Par contre, son successeur, Pierre de Roque- 
laure Saint-Aubin, passa les dernières années de sa 
vie dans la maison de Saint -Jean. C'était un capi- 
taine renommé et un grand homme de men II 
était fils de Jean de Roquelaure, seigneur de Saint- 
Aubin et de Bertrande de Besoles. Il combattit 
avec grand succès les Turcs, surtout de 1565 à 
1571, leur enleva plusieurs vaisseaux et délivra 
quantité d'esclaves chrétiens. Il se trouva à la 
bataille de Lépante, où il se montra héroïque. En 
1600 au mariage de Henri IV, roi de France, avec 
Marie de Médicis, il fut chargé d'aller complimenter 
les souverains au nom de l'Ordre en qualité d'am- 
bassadeur. Sa mission terminée il vint prendre 
possession de THôtel Saint-Jean. Il y resta à peine 
quelques mois et y mourut le 6 février 1602. Il fut 
enseveli dans la chapelle de la maison (i). 

Pierre d'Esparbès-Lussan, homme de grand 
mérite, le remplaça le 8 mars 1602. Il était fils de 
Bertrand, seigneur de Lussan, et de Louise de Saint- 
Félix. Il combattit avec gloire sur les vaisseaux de 
la religion. Il prit part à plusieurs batailles dans 
lesquelles il fut blessé. Au siège de Malte, en 1565, 



X. Raybaud: Op. cit, ii, p. 143-167 • 



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— 2} — 

OÙ ce malheur lui arriva, il opéra des prodiges de 
valeur. De 1583 à 1588, il fut ambassadeur auprès 
du roi de France. Lors de sa nomination au Grand- 
Prieuré, il vint résider dans Arles. Il y tint pour 
la première fois le chapitre le 25 mai 1603. On y 
délibéra que le Grand-Prieur disposerait la maison 
pour pouvoir y loger les archives, ainsi qu'il avait 
été décidé auparavant ; ce qui eut lieu presque 
aussitôt après. Elles furent placées au-dessus de la 
chapelle, dans une salle voûtée dans laquelle on 
pénétrait par une porte en fer. Les titres du bail- 
liage de Manosque et des commanderies de Pui- 
moisson et de Saliers y furent portées de Manos- 
que par le chevalier Gaspard de Barras. Lussan 
présida aussi le chapitre de 1607 où il exposa la 
perte que l'Ordre venait de faire de deux galères 
près des côtes de Tunis, en avril 1606, par suite 
d'un naufrage. Les commandeurs présents s'em- 
pressèrent de souscrire une forte somme pour 
réparer ce malheur (i). 

Esparbès de Lussan ne dédaignait pas de prendre 
part aux fêtes de la ville d'Arles. Il assista, le 28 
février 1609, dans la rue du Saint-Esprit, à une 
course de bague, donnée par Mademoiselle de 
Beynes. Le Grand-Prieur fut un des juges ; plu- 
sieurs chevaliers de Malte étaient présents : la 
bague lut gagnée par le cadet de Beaujeu (2). 

Au mois de septembre de cette année 1609, un 
vol de 7.000 écus d'or fut commis dans la maison 
de Saint-Jean. Le chevalier Ferdinand de Mont- 
calm accusé fut reconnu coupable, privé de l'habit 
de rOrdre, emprisonné à Aix et condamné à res- 



I. Ratbaod : O/. cH,, ii, p. 168-176. 
9. Le Musée, z8j^, p. 185 et snivantes. 



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— 34 — 



tituer. Animé de mauvaises dispositions contre ses 
anciens confrères, il composa un petit livre qu'il 
fit imprimer à mille exemplaires par l'imprimeur 
Martin, de Paris, et qui ne tendait rien moins qu'a 
suggérer au roi de France Tidée de s'emparer des 
biens des Hospitaliers. Il avait pour titre : r abrégé 
des mémoires donnés au roy sur la réunion de 
r Ordre ei Grand Maistre de Sainct-Jean de Hie- 
rusalem à sa couronne. Ce pamphlet eut un certain 
succès et on tenta même, après la mort de son 
auteur, de le réimprimer (i). 

Le chapitre général, réuni à Malte en avril 
1612, avait ordonné que les Grands-Prieurs visite- 
raient les commanderies qui étaient sous leur 
dépendance. Lussan, trop âgé, ne put s'acquitter de 
ce devoir : il en chargea Anne de Naberat, prieur 
de Saint-Jean d'Aix, et Marion de Tressemanes, 
commandeur de Renneville (2). Ils usèrent d'une 
méthode si excellente qu'elle servit de modèle aux 
visites qui se firent dans la suite. Ils remplirent 
leur mission, dans Arles, le 5 septembre 16 13. 
Dans la chapelle du Grand-Prieuré, ils remarquè- 
rent le tombeau de Melchior Cossa et l'étendard 
de combat du Grand-Prieur de Roquelaire 
Saint-Aubin. Il était de damas bleu. On y 
voyait, avec l'image de la sainte Vierge, les 
armoiries de la religion, celle du Grand-Maître et 
les siennes et, brochant sur le tout, un semis 
d'étoiles d'or. Deux tableaux, représentant l'un le 



'x. Bibliothèque Méjanes. Ms. 8x3, intitulé âu dos : Bouquier. 

a. Anne de Naberat qui était aussi aumônier de la reine, mourat pen- 
dant la peste de 1630. Marion de Tressemanes était fils de Raymond» 
ConseiUerau Parlement et d'Anne Doria. Il mourut le 6 juin i6aa. Voir 
aux Pièces justificatives, soaépiUph^, NohiUaire (tArhfeuil, 11, 46a. 



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— 35 - 

Grand-Prieur défunt, l'autre, le nouveau, étaient 
appendus aux murs. C'était Jean de Six, prêtre et 
religieux de l'Ordre, qui était sacristain et aumô- 
nier du Grand-Prieur de Lussan (i). 



z. Archiv, dit B.'du'R, Fonds de Tordre de Malte. Visitts de i6ij. 
Vol. vu. 




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CHAPITRE III 



SOMMAIRE : Les Grands-Prieurs se fixent à Aries. — L'é- 
glise et la maison Saint-Jean de Saint-Gilles sont rebâties. 
Ce quVtait qu'un Grand-Prieur. — Fondation d'une ga- 
lère par Lussan. — Un de ses jugements. — Mort de Lus- 
san, de Vaqueyras, Grand-Prieur de Toulouse, et de Gas- 
pard de Barras, commandeur de Saliers. — L'Hôtel Saint- 
Jean d'Aries, siège du Grand-Prieuré. — Balthazar d'A- 
gout-Moriès, Grand-Prieur, sa mort. — Quelques réunions 
de chevaliers de Malle. — Classement des archives. 

|epuis quelque temps déjà les Grands- 
Prieurs habitaient Arles. Le 15 janvier 
1615, parut le décret de l'Ordre qui sanc- 
tionna cet état de choses (i). La maison 
de la commanderie de Trinquetaille, assise sur les 
bords du Rhône, dans la ville, fut unie avec tous 
ses meubles au Grand-Prieuré ; elle devint la de- 
meure propre des titulaires. Néanmoins Esparbès 




X. D'après ce même décret, après la mort de Lussan le nouveau com- 
mandeur de Trinquetaille devait acheter un logement dans Arles, pour 
lui et ses successeurs. Cest la raison pour laquelle François de Vinti- 
mille OUioule, nouveau titulaire, fit l'acquisition, le 15 janvier 1627 de 
la maison d'Armentaire Barracan, à l'angle de la me Balze et de la me 
du Collège (aujourd'hui maison Canton) ; si quelques-uns des derniers 
Grands-Prieurs ont habité THôtel devenu le Grand-Prieuré, appartenant 
alors à la commanderie de Trinquetaille, c'est qu'ils possédaient en même 
temps ce bénéfice. 



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— 57 — 

de Lussan avait fait rebâtir l'église Saint-Jean à 
Saint-Gilles, profanée depuis 1562. La réconcilia- 
tion fut faite par Tévêque de Nîmes, Pierre de Va- 
lernod, le 10 février 1609, assisté de l'archevêque 
d'Arles^ Gaspard du Laurens, du sénéchal et de 
quelques^ chevaliers. Il avait aussi fait reconstruire 
l'ancienne maison prieurale (i). Mais on jugea plus 
digne du Grand -Prieur d'habiter Arles, ville beau- 
coup plus importante, car ce n'était pas un person- 
nage ordinaire que ce dignitaire de l'Ordre de 
Malte, ainsi qu'on a pu le remarquer déjà. Il tenait 
le premier rang parmi ses égaux. — primus inter 
pares — non seulement dans le Midi mais dans 
toute la France. Après lui, venaient les baillis, les 
grands croix, et les autres dignitaires de l'Ordre. Il 
était élu par le Grand-Maître et choisi parmi les com- 
mandeurs les plus anciens et les plus recommanda- 
blés par leurs services. Il portait la robe noire, le 
grand manteau et la croix octogonale. Lorsqu'il était 
sur les vaisseaux de la religion ou au service du roi, 
il quittait Thabit religieux pour se revêtir de l'ar- 
mure des chevaliers. Il devait, chaque jour, réciter 
l'office de la sainte Vierge, et il était astreint à 
certains jeûnes particuliers, outre ceux prescrits 
par l'Église. Inutile de dire qu'il devait être profès. 
Aux quatre principales fêtes de l'année, il devait 
s'approcher des sacrements dans la chapelle de son 
hôtel prieural. Il avait à son service un aumônier, 
un notaire pour secrétaire et plusieurs autres do- 
mestiques. Un certain nombre de commanderies, 
variables, suivant les époques, et disséminées dans 
la région du sud de la France, étaient sous sa dé- 



I. Ratbaud : Op, cit., ii, pp. 176, 177, 179. Voir aux Pièce» justifi- 
catives : Réconciliation de VEglise de Saint' Jean à Saint-Gilles» 



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— 38 — 

pendance ; il devait les visiter tous les cinq ans, 
et, pour ce faire, il avait droit à une douzaine de 
chevaux. Les procès-verbaux des visites des 
Grands-Prieurs signés de leur main et scellés de 
leur sceau existent encore et la plus grande partie 
en est déposée aux archives départementales, à 
Marseille. Il n'était pas rare que le Grand-Prieur 
fût absent d'Arles, car, outre les hauts emplois 
qu'il pouvait remplir, soit auprès du Grand-Maî- 
tre, soit auprès du Roi de France, trois prieurs de 
l'Ordre devaient toujours se trouver à Malte, cha- 
cun au moins pendant deux ans. Il devait alors se 
faire remplacer par un chevalier des plus anciens 
qu'il nommait son lieutenant ou son vicaire. 

Il devait punir les frères sous sa dépendance, ou- 
blieux de leurs obligations religieuses, car les per- 
sonnes de l'Ordre étaient exemptes de la juridic- 
tion séculière pour les fautes personnelles. Les pei- 
nes variaient de la privation de l'habit jusqu'à la 
prison perpétuelle. Il y avait dans le prieuré de 
Saint-Gilles des châteaux où l'on enfermait les cou- 
pables, citons pour la Provence, ceux de Rue et 
de Vinon (i). 

Les bénéfices du Grand- Prieur et des comman- 
deurs étaient, en général, considérables, mais ces 
dignitaires étaient tenus, suivant la quantité de 
leurs ressources, de servir une pension à un certain 
nombre de chevaliers car ceux-ci n'avaient pas pro- 
prement de revenus et ils habitaient où ils vou- 
laient. Primitivement il n'en était pas ainsi : la 
vie de communauté était rigoureusement obser- 
vée ; mais après la peste de 1349, les ressources 
ayant considérablement diminué, une nouvelle or- 



I. Rue (Alpes-Maritimes), Vinon (Var). 



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— 29 - 

ganisation moins dispendieuse et, il faut bien le 
dire, moins régulière, remplaça l'ancienne (i). 

Esparbès de Lussan n'avait eu en vue pendant 
toute sa vie que le bien de son Ordre. Sur ses vieux 
jours, il donna un nouveau témoignage de son af- 
fection à ses confrères. Il fonda, le 7 octobre 1614, 
l'entretien d'une galère qui devait être /efaite tous 
les cinq ans, et versa, pour cet objet, soixante mille 
livres. Le roi l'autorisa à faire construire ce vais- 
seau dans le port de Marseille et lui permit d'ache- 
ter tout le bois qui serait nécessaire sans payer de 
droit. Le premier bâtiment fut achevé en 1619, il 
coûta dix mille livres (2). 

Le 29 avril 1615 Lussan eut à juger le chevalier 
Henri de Boyer Sorgue, de la ville de Béziers, qui 
avait tué dans un duel le gentilhomme Pierre del 
Causse. Comme la gravité du fait méritait une 
peine afflictive^ il le renvoya au Grand-Maître, 
avec les pièces de la procédure, pour statuer défi- 
nitivement (3). 

Lussan mourut à Arles, le 5 novembre 162 1 ; on 
le porta dans l'église Saint-Jean de Saint-Gilles, où 
il fut enseveli dans le sanctuaire, du côté de l'épî-' 
tre. Sur son tombeau, se lisait une épitaphe dont 
le texte a été conservé (4). 

Deux ans auparavant le 17 août 1619, Jean de 
Vassadel-Vaqueyras, Grand-Prieur de Toulouse, 
mourut dans la maison de sa commanderie de 



I. Bjblioth. muDicip. d*Ârles. Ms. loi : Elablissemens de Tordre de 
la chevalerie des Hospitaliers de Sainci'Jhean- Baptiste de Jhèrusa'em, 
Ms. 103. R^gle de V ordre des chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem, 

a. Raybaud : Op, cit., ii, pp. 178, i8i. 

3. Raybaud : Op. cit,, 11, pp. 179-180. 

4. Baybaod : Op. cit., 11, p. 18^. 



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— 30 — 

Sainte-Luce, en face de l'Hôtel prieural et fut ense- 
veli dans la chapelle Saint-Jean. Il était fils de Jean 
de Vassadel, seigneur de Vaqueyras, au diocèse de 
Carpentras, et de Madeleine de Thésan. Il était 
présent au chapitre de 1607 et offrit 1500 livres 
pour la réfection des galères de TOrdre. Il était com- 
mandeur de Peyriès et Pézenas lorsqu'il fut nommé 
grand commandeur en février 1610. « Peu de temps 
après sa promotion il fut fait général des galères. 
Il avait servi pendant longtemps sur mer et s'était 
acquis une grande expérience dans la marine >. 
Le 22 juin 16 13 il fut nommé receveur général de 
l'Ordre en France, et enfin le 20 janvier 1619, 
Grand-Prieur de Toulouse (i). 

Quatre ans plus tard, on ensevelissait dans la 
chapelle Saint-Jean, Gaspard de Barras-la-Pênne, 
commandeur de Salliers. Sur son tombeau se lisait 
cette inscriptiion : 

HIC JACET SPECTABILIS EQUES SANCTI JOAN. HIEROS. 
GASPARD DE BARRAS QUI TRIENNALI TOTIUS TRIBUNATUS 
iERARII, ET DECENNALI PRIORATUS SANCTI iïGIDII REDI- 
TUUM EXIGENDORUM FUNCTIONIBUS IMPLEnS, SALEGUQyB 
PRiCCEPTORIA XIX ANN. INTEGRE GESTA BONORUM AUENA- 
TIONIBUS REVOCATIS, i«DIBUSQ.UE RENOVATIS, DEMUM SPA- 
TIO LVII IN SACRA MILITIA LAUDABIUS EMENSO ANIMUM 
CCELO REDOroiT ANNO ^«TAT. LXXIX, CHRIST! MDCXXm, 
XVlî KALEND. KOVEMBRIS. 

Le chevalier de Gaillard (2) qui nous a laissé 
cette épitaphe la fait suivre des réflexions suivan- 
tes : 

« Que Ton se fie aux inscriptions funèbres I Cet 



t. Ratbaud : O/. «:/., n, pp. 176-181. 

». BiUioth. Moûcîp. d'Arles. Ms. u* : Abbé Laiu«nt Boiiseaaiit : 
Mj^met: Jjmtifuitrst du» la pnaùire Uttre du dMvalier d« G«£lljud4 



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— 31 — 

honnête homme détruisit entièrement les bois de 
Saliers où il fit frauduleusement une couppe im- 
mense qu'on évalue à la somme de 300.000 livres 
dont il ne donna qu'une indemnité modique à son 
Ordre. Et ce n'est pas le seul reproche auquel il ait 
donné lieu. Sa conduite fut très déréglée et fort 
scandaleuse. 11 eut des enfants qu'il établit aux dé- 
pens de la Religion et dont la postérité existe en- 
core à Arles >(i). 

Les immenses richesses du Commandeur de Sa- 
liers expliquent peut-être ses désordres, sans les 
excuser. Elles lui permirent en tout cas de tenir un 
rang princier et de recevoir dans ses maisons, et 
à ses dépens, les plus grands du royaume. Il laissa 
plus de 40.000 livres de dépouilles que l'Ordre 
retira à sa mort. 

Les guerres de religion continuaient. Une se- 
conde fois, en 1622, le couvent et l'église prieurale 
de Saint-Gilles furent abattus par les Calvinistes. 
Depuis lors les Grands-Prieurs qui ne restèrent pas 
à Malte vinrent habiter la maison Saint-Jean d'Ar- 
les. Ainsi le décret de 161 5 avait son accomplisse- 
ment. Le Grand-Prieuré, tel est désormais le nom 
que prendra l'Hôtel de l'Ordre de Malte. Les che- 
valiers s'y réuniront périodiquement jusqu'à la Ré- 
volution, sous la présidence du Grand-Prieur, ou, 
à son défaut, de son lieutenant ou du religieux le 
plus ancien. Us y tiendront en mai le chapitre pro- 
vincial auquel tous les commandeurs dépendant du 
prieuré étaient obligés d'assister, à moins de raison 
légitime, et dans lequel on s'occupait des intérêts 



I. Le Commandeur de Saliers eut deux garçons et cinq filles des rela^ 
tions coupables qu'il entretint avec la demoiselle Catherine de Farget. 
Abbé L. Bomxbmaivt : Nobiliaire de la ville et Arles, Ms. JI99 au mot 
Barras* 



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spirituels et matériels des membres de l'Ordre dans 
le Midi ; on y recevait aussi communication des 
avis du Grand-Maître. Il y aura pareillement 
rassemblée de novembre et une ou plusieurs réu- 
nions extraordinaires annuelles pour la nomina- 
tion des commissaires chargés de préparer les preu- 
ves de noblesse des nouveaux aspirants chevaliers 
car l'admission dans TOrdre a toujours été un pri- 
vilège réservé à la noblesse. Avant le xvr siècle 
les preuves des qualités requises se faisaient par 
enquête ou notoriété. Après rétablissement à Malte, 
les preuves par titres ont été exigées. Elles étaient 
de huit quartiers dont quatre du côté paternel et 
quatre du côté maternel, ce qui portait la preuve 
généralement au-delà de cent ans, mais on pouvait 
obtenir des dispenses pour la noblesse de quel- 
ques aïeules, ou pour la mère du présenté en 
sollicitant du pape cette faveur qui devait être 
agréée par le Grand-Maître. Pour faire ces preuves 
deux chevaliers délégués se transportaient sur les 
lieux de naissance et de domicile du récipiendaire 
et procédaient à une enquête publique et à une 
contre-enquête secrète (i) auprès de huit gentils- 
hommes du pays sur là noblesse de sa famille : ils 
examinaient ensuite les documents originaux que 
le candidat présentait et dressaient un procès-ver- 
bal avec leurs conclusions soumises d'abord à l'a- 
grément du Chapitre et ensuite à celui du Grand- 
Maître. Dans aucun cas on ne pouvait admettre des 



I. Le manuscrit 330 de la Biblioth. mnnicip. d'Arles, iotitalé : « Mé* 
moires politiqaes composés par Cliarles de Barras la Penne, citoïen 
de la ville d'Arles >, contient à la page ^7, les preuves de noblesse 
du chevalier Charles de Barras la Penne, et à la page 9^, les prea- 
ves secrttes du même, faites pour son admission dans l'ordre en 1636. 
Quelques autres preuves se trouvent aux archives du département des 
Bonches-du-Rhône, à Marseille, dans le fonds de Tordre de Malte. 



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— }) — 

candidats dont les ascendants auraient été néo- 
phytes juifs, païens ou musulmans. Une expédi- 
tion de ce rapport restait dans les archives du 
Grand-Prieuré et une seconde était envoyée à 
Malte (I). 

Le premier Chapitre tenu après la mort de Lus- 
san fut celui du i" mai 1622. Il fut présidé par 
Gaspard de Barras-la-Penne, commandeur de Sa- 
liers et de Montfrin, comme religieux plus ancien. 
Il avait autour de lui huit commandeurs, douze 
chevaliers et un servant d'armes. C'était Antoine 
de Paule qui était Grand-Prieur, mais il résidait à 
Malte. 

Jean-Jacques de Mauléon la Bastide, comman- 
deur d'Espalion et de Saint-Christol, présida, 
comme plus ancien, les réunions suivantes : celle 
du 8 mai 1623 où furent présents neuf comman- 
deurs, treize chevaliers, un servant d'armes ; celles 
des 10 et 19 juin, i et 6 juillet de la même année. 
A la première de ces deux dernières assemblées 
assistèrent douze chevaliers. 

Balthazar-Vincent d'Agout-Moriès, d'une famille 
provençale, obtint la charge de Grand-Prieur le 
II mars 1623, à la place d'Antoine de Paule nommé 
Grand-Maître ; il ne la garda pas longtemps, il ré- 
signa au bout de quelques mois et vint habiter le 
château de Saint-Jurs dans les Alpes. Il mourut 
peu de temps après, le 8 juillet 1625 (2). 

Les assemblées des 28 juillet et 3 novembre 1624 
avaient été présidées par Honoré de Quiqueran de 



I. Ratbaud : Op. ciLy ii, pp. 187, 189. — Louis de la Roque : Cata^ 
logue des chevaliers de Maltty pp. viii et ix. — Le Comte £. F. de Gras« 
set : E%sai sur le Grand-Prieuré de Saini-Cilles, p. 9, 

a. Raybaud : O/. cit., 11, pp. 194-195. 



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— 34 — 

Beaujeu, commandeur de Durbans et de Condat, 
comme plus ancien. Celles du commencement de 
Tannée suivante furent tenues par Jean-Pierre de 
Ruynat, commandeur de Valence, savoir celles des 
4 janvier, 6 mai et 9 septembre 1624, quant à celles 
de la fin de Tannée, c'est-à-dire celles des 8 novem- 
bre, 12 et 30 décembre, et même celle du 14 jan- 
vier 1625, elles furent présidées de nouveau par 
Quiqueran de Beaujeu. Le Chapitre suivant réuni 
le 4 mai 1625 fut tenu par Claude de Gérente la 
Bruyère, commandeur d'Avignon. Il était fils de 
Jean-Baptiste et de Suzanne de Gérente, dame de 
Cabane. Il fut élu grand commandeur (i) le 4 sep- 
tembre 163 1 et mourut au mois d'août 1636 (2). 

François de Boniface la Molle qui fut comman- 
deur de Puimoisson de 1616 à 1636, présida la réu- 
nion extraordinaire du 31 juillet 1625 dans laquelle 
Jacques de Glandevès-Cuges, commandeur de Saint- 
Félix, fut nommé lieutenant par suite du décès du 
Grand-Prieur (3). Claude de Gérente tint Tassem- 
blée du 3 novembre suivant et Honoré de Quique- 
ran-Beaujeu, celle du 7 janvier 1626. 

Les archives ont toujours été Tobjet de préoccu- 
pations dans Tordre de Malte. Au Chapitre du 3 mai 
1626, présidé par Claude de Gérente, on chargea 
le chevalier Paul-Antoine de Robin-Graveson {4) 



t. Le grand commandeur était an dignitaire important. Il prenait 
rang après le Grand-Prieur. Il était chargé de Tauberge de la Lang^ue 
de Provence, à Malte, c'est-à-dire de l'entretien, à ses frais, des cheva- 
liers da Midi de passage dans l'Ile. Il avait le plas de chance d*étre 
nommé Grand-Prieur. 

a. Raybauo : Oj>, cit., ii, pp. 199 et 303. 

3. Jacques était âls de François de Glandevès et de Diane de Forbin. 
Il avait été reça le 2» décembre 1593. Il fut aussi commandeur de la 
Selve et de Montpellier. Barom du Roukb : O/. «7., pp. 970-97X. 

4. Paul'Ântoine était fils d'autre Paul- Antoine et de Françoise de 



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— 35 — 

de les classer, conîmanderie par commanderie et 
de les mettre en ordre. Il fut aidé par un employé 
auxiliaire auquel le Grand-Prieur donna dix écus, 
chaque commandeur deux et les prêtres et ser- 
vants d'armes possédant commanderie, chacun, un 
écu. A ce Chapitre furent présents vingt-deux che- 
valiers et deux servants d'armes (i). 



Romiea. Après aToir été commandenr de Sainte-Eulalie il devint Grand- 
Priear de Toulouse le 9 septembre- x666. Il mourut à Malte où l'on voit 
son tombeau, le xo mars 1674, âgé de 87 ans. Voir aux Pièces Jmstifica' 
tives son épitaphe. Ra.tbaud : Op, cit., ix, pp. 937-930. 

X. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. Chapitres et assemblées, 
(i6aa à i6jj). Vol. XIX. 




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CHAPITRE IV 



SOMMMUE : Jean-Jacques de Mauléon, Grand-Prieur. — 
Ix nrèlre Vitalis est envoyé à Manosque pour y rece\oir 
Louis \1H. - Réunions de chevaliers à Draguignan, a 
Manosque. — Les reliques du bienheureux Gérard. — 
Mort de Mauléon, Venlerol lui succinle. — Sa mort, ses 
fondalions. - Invenlaire des archives. - Quelques reu- 
nions au Grand-Prieuré. — Quiqueran de Beauj eu, Grand- 
Prieur. — Si>n arrivée à Arles. - 11 répare rilùtel prieu- 
ral et v tient les assemblées annuelles. — Les Juifs con- 
vertis ou leurs descendans inhabiles à devenir chevaliers. 
— Découvertes dun tombeau de marbre. — Réunion du 
Chapitre de 16^0 à Marseille, — Mort du Grand-Prieur, 
son tombeau, son épitaphe, ses funérailles. 

X conféra, le 31 juillet 1625, le Grand- 
Prieuré à Jean-Jacques de Mauléon, fils 
de Denis de Mauléon, seigneur de la Bas- 
tide, près de Lombez et de Marguerite 
d Fsparbcs, Le chevalier arlésien Honoré de Qui- 
queran-lVauieu, nommé son lieutenant, prit en 
son non^., possession de IHotel Saint-Jean le 30 
ao:.: suivant, l-ui-ir.vir.o quitta Malte, en 1027, et 




\ '^ 



< V. v« « V 



f .^ 



vUns Ar.es, li y tint le Chapitre de 
".t:ee. Oa d^eiJa viu'à l'avenir rassemblée 



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-37 — 

provinciale d'automne aurait ses assises le lundi 
après le i^' dimanche de novembre (i). 

L'assemblée du premier septembre 1626 fut te- 
nue par François de Boniface la Molle, comme 
étant le commandeur le plus ancien, et celle du 
2 novembre suivant par Honoré de Quiqueran de 
Beaujeu, vicaire général. Les réunions suivantes, 
c'est-à-dire celles des 2 mai et 8 novembre 1627, 
7 mai 1628, 14 avril et 6 mai 1629 eurent lieu sous 
la présidence du Grand-Prieur, Jacques de Mau- 
léon. A celle du 14 avril de cette dernière année, 
Philippe Vitalis, prêtre collégial (2) de Saint-Gilles, 
fut chargé d'aller à Manosque afin de disposer con- 
venablement le château pour recevoir le roi Louis 
XIII, et aussi pour célébrer la sainte messe dans la 
chapelle pendant tout le temps que Sa Majesté res- 
terait dans la ville. Vitalis arriva à Manosque qua- 
tre jours après, c'est-à-dire le 18 avril. A son retour 
il emporta les clefs des reliques du bienheureux 
Gérard Tenque, confiées aux bons soins des Pères 
Observantins et les remit au Grand-Prieur au Cha- 
pitre du 6 mai 1629 « pour la conservation d'ung 
thel thrésor» (3). 

La peste s'étant déclarée à Arles au mois de 
juillet 1629, le Grand-Prieur se réfugia à Saint- 
Gilles. De là, il écrivit à François de Boniface la 



1. Raybaud : Op, cii.f ii, pp. 195-196. 

3. Ce fat le Graad-Priear, Charles Âlleman de la Rochechinard qui 
fonda, le 3 mai 1506^ la collégiale de Saint-Gilles, composée de quatre 
religieux et de deux clercs, à la nomination de ses successeurs. Logés et 
nourris dans la maison prîeurale, à Saint-Gilles, ils devaient avec Tinfir- 
roier et le sacristain, déjà établis, chanter tous les jours les heures cano- 
niales et célébrer Toffice divin. Raybaud : Op, cit., 11, p. 46, 

5. Féraud (J. J. M.). Les saintes reliques de la chapelle dû château de 
Manosque. (In-8» de 36 p. — Digne 1885). 



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- 38 - 

Mollèy commandeur de Puimoisson, comme plus 
ancien, et le pria de convoquer l'assemblée dans 
Tendroit le plus opportun. Elle se tint le i8 janvier 
1630, à Draguignan, dans le couvent des Corde- 
liers. Pierre de Forbin-Gardanne, commandeur de 
Renneville (i), fut choisi comme député pour aller 
assister au chapitre général qui devait avoir lieu à 
Malte le 14 avril suivant (2). Quant à la réunion de 
mai, elle eut lieu dans le château de Manosque, 
réparé tout récemment, et fut présidée par le même 
Fr. de Boniface la Molle. Une délibération assez 
importante y fut prise touchant les reliques du 
bienheureux Gérard. On décida la confection d'un 
buste en argent du saint destiné à être porté en 
procession et à être vénéré plus commodément 
par les fidèles, ainsi que celle d'un treillis en fer à 
poser devant l'armoire des reliques, conservées 
dans un coffre en forme d'arche, pour les préser- 
ver de tout vol ultérieur, car on s'était aperçu que 
les pères Carmes et les pères Observantins, à qui 
on confiait alternativement la garde de ce trésor, 
avaient soustrait pour leur dévotion particulière 
quelques ossements (3). L'état sanitaire de la ville 
d'Arles étant devenu bon, le Grand-Prieur Jean- 
Jacques de Mauléon y tint, le 9 septembre 1630, 
une nouvelle assemblée ainsi que plusieurs réu- 
nions en 1631 notamment les 29 mars, 4 et 13 mai. 



X. Pierre était fils de Jean-Bdptiste de Forbin et de Désirée de Lea- 
che. n fat admis dans l'Ordre le 5 septembre 1388. Un de ses frères, 
Henri, chevalier de Malte comme lui, tua en dael Antoine de Forbin, 
leur frère aîné. Pour ce crime, Henri eat la tète trancliée â Venise, 
Baron du Rourb : O/. cit, pp. 916-319. 

a. Raybaud : Op, cti,, 11, pp. xçy-içS. 

3. Arch. des B.-du-R. — Fonds de l'Ordre de Malte. Ckapitres ci 
assemblées (262a à lé^yj. K. xii. 



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— 39 — 

Il mourut peu après, le 13 août 1631 et fut enseveli 
dans la chapelle de sa maison (i). 

Claude d'Urre Venterol prit sa succession en 
vertu de lettres d'expectative et Charles de Four- 
nier d'Autane, son procureur, fut mis en posses- 
sion du Grand-Prieuré le 18 août suivant. Il était 
fils de Georges, seigneur de Venterol, et d'Anne 
de Brotin. 11 donna en plusieurs circonstances des 
marques de son courage, principalement en 1633, 
à la prise de Patras et de Lépante sur les Turcs, et 
fut plus tard capitaine de galères. Venterol vint 
hafbiter Arles en 1633, ^^ un de ses principaux 
soins fut de préserver ses vassaux de Terreur pro- 
testante et de rétablir dans ses domaines Iç service 
divin. Il mourut à Arles le 27 juillet 1637. Son 
corps fut porté à Saint-Gilles, comme il Tavait 
ordonné. Son neveu, noble Laurent d'Urre ^de 
Brotin, lui fit dresser une pompeuse épitaphe. Son 
testament contenait plusieurs dispositions pieuses, 
Outre plusieurs messes à dire à perpétuité, au lieu 
de. son tombeau, dans la chapelle Saint-Jean de 
Saint-Gilles, il fonda encore un service annuel, 
dans réglise prieuriale d'Arles, le lundi après le 
premier dimanche de mai, jour de la tenue du 
chapitre (2). 

En 1635, il avait fait faire par Etienne Mazery, 
chanoine de Saint-Agricol d'Avignon, un inven- 
taire général de toutes les archives déposées dans 
la maison d'Arles. 

Voici les réunions qui s'étaient tenues à Thôtel 
Saint-Jean, en attendant l'arrivée du Grand-Prieur 
Claude d'Urre Venterol : celle du 14 novembre 



î . Ratbaud : Op, eiC^ ii, p. 198. 

2. Ratbaud : O/. ff/., II, pp. 198-203. 



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— 40 — 

1631, présidée par François de Boniface la Molle 
qui mourut peu à près et à laquelle assistèrent neuf 
chevaliers et deux prêtres ; celle du 31 janvier 1632 
où furent présents six chevaliers, tenue par Ho- 
noré de Quiqueran de Beaujeu ; enfin le chapitre 
du 4 mai suivant dirigé par Jean-Paul de Lascaris- 
Castelar, commandeur de Saint-Aulaire qui devait 
mourir Grand-Maître le 14 août 1657. Quant au 
Grand-Prieur il tint les assemblées suivantes: 
I" mai et 7 novembre 1633, 6 avril, 23 mai et 
6 novembre 1934, 5 mai et 5 novembre 1635, 
4 mai et 3 novembre 1636, 3 mai 1637. 

Deux jours après la mort de Claude d'Urre- 
Venterol, une réunion extraordinaire eut lieu pour 
l'élection de son lieutenant. Ce fut Antoine de 
Puget-Saint-Marc qui fut nommé, et présida ces 
comices. Il était fils d'autre Antoine et de Philip- 
pine de Renaud. Il fut commandeur d'Aix, grand 
commandeur et bailli de Manosque en 1659. Sa 
mort arriva au mois de mars 1664. 

En attendant la nomination et l'arrivée du nou- 
veau Grand-Prieur Jacques de Châteauneuf-Mol- 
légès, commmandeur d'Avignon, présida en sa 
qualité de plus ancien, les assemblées des 7 août, 
10 septembre et 2 novembre 1637. Il était fils de 
Trophime et de Pierrette d'Autric et avait été 
reçu chevalier le 18 mai 1595 (i). 

Le Grand-Prieuré fut dévolu à Honoré de Qui- 
queran-Beaujeu. Il était fils de Robert de Quique- 
ran de la ville d'Arles et d'Alix de Meyran, naquit 
le 14 juin 1572 et fut baptisé le lendemain à la 
paroisse Saint-Laurent. Il était commandeur de 



X. Ârch. des B.-da-R. — Ordre de Malte, — Chapitres et assemblées 
(1622 à i6jyj. Vol. XII. — Ratbaud : O/. cit,,n, pp. a33-ss6. 



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— 41 — 

Condat près de Périgueux et de Saliers quand sa 
nomination le surprit à Malte le ii août 1637. 
Quelques jours après, le 10 septembre, son lieute- 
nant Paul- Antoine de Robin-Graveson prit, en son 
nom, possession de l'Hôtel prieural et fit diffé- 
rentes réparations, comme dorer les plafonds, 
ainsi que cela se pratiquait à cette époque. Qui- 
queran partit le 5 décembre suivant pour venir 
résider dans son prieuré. Une tempête obligea le 
vaisseau qui le portait à débarquer en Sicile. Il 
passa à Messine les premiers mois de 1638, puis fit 
voile vers Marseille, où il arriva le 25 avril, et 
trois jours après il était à Saint-Martin de Grau, 
« où le sieur François de Quiqueran Beaujeu, son 
frère et premier consul de la ville, ayant aupara- 
vant consulté avec messieurs ses collègues et 
aucuns de la noblesse de la ville des honneurs 
qu'ils luy dévoient rendre à son entrée, eu esgard 
tant à son rang et charge qu'à ce qu'il estoit origi- 
naire et natif de la ville, chose quy de longs siè- 
cles auparavant n'avoit esté veue, il feust par eux 
trouvé bon qu'il s'arresteroit pour y dîner, que 
ledit sieur consul, en qualité de frère seulement 
riroit trouver, accompagné de Messieurs ses fils et 
quelques deux ou trois amis seulement, pour luy 
rendre les honneurs et bienvenue particulière de 
leur maison, et qu'incontinent après leur disner il 
s'en reviendroit à la ville seul ou accompagné 
comme bon lui sembleroit pour y faire sa fonction 
en qualité de consul ensemble avec Messieurs ses 
collègues, que dans cet intervalle toute la troupe 
restante de ses amis, l'iroit accueillir à cheval 
audit lieu de Saint-Martin ou moins avant, selon 
qu'ils trouveroient bon, et qu'après ledit sieur 
Grand-Prieur, arrivant à la porte de Marché Neuf; 



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— 43 - 

y seroit de nouveau accueilly tant par ledit sieur 
premier consul, son frère, que par les sieurs ses 
collègues, le chaperon sur le dos, les uns et les 
autres, et du corps de la communauté, les trom- 
pètes sonant pardessus les murs du portail, où il 
seroit receu, là où arrivé les sieurs consuls luy 
protesteroient des ressentiments qu'eux et tous les 
habitans de la ville avoient de son heureuse arri- 
vée, et de sa promotion en son Prieuré, et après 
l'accompagnèrent ainsi en chaperon jusques en 
son logis, toutes lesquelles choses feurent par eux 
ponctuellement exécutées :> (i). 

Honoré de Quiqueran s'occupa activement du 
perfectionnement du palais prieural, et y dépensa 
soixante mille livres, au dire de son neveu et bio- 
graphe, Pierre de Quiqueran (2). Le 8 septembre 
1639, il acheta à la ville une plateforme contigué 
au Grand-Prieuré, en dehors de la porte Saint- 
Jean, pour la somme de 530 livres 12 sols. C'est là 
<ju il fit construire cette aile du bâtiment faisant 
face à l'ouest, démolie en 1864, pour Texécution 
des travaux de défense contre les intumescences 
du Rhône (3). 

Il tint régulièrement, dans son hôtel, les réu- 
nions ordinaires des chevaliers de Malte. Voici 
celles qui eurent lieu sous son règne : les assem- 
blées des 2 mai, 4 juin et 8 novembre 1638, des 



I. Biblioth. muDicip. d'Arles. Abbé L. Bosnhmant : Annales de la 
ztlU et Arles, Ms. 319, f» xo8. 

a. Nous avons écrit, avec les notes laissées par Pierre de Qaiqueran, 
la biographie plus complète du Grand-Prieur de Quiqueran. Elle fait 
suite à celte étude dans un travail relatif aux chevalicri de Malte 
d Arles. 

3. Arch. municîp. d'Arles. Délibérations du Conseil. BB. 38 (1610- 



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— 45 — 

i«' mai et 7 novembre 1639, présidées par le Grande 
Prieur; celle du 20 novembre 1639 présidée par 
Guillaume de Vincens Savoillan, commandeur de 
Sainte-Luce, mort Grand-Prieur. L'assemblée du 
mois de novembre 1640 et le chapitre du 4 mai 
1641 furent de nouveau dirigés par Henri de Qui- 
queran ; enfin la réunion d'automne de la même 
année fut présidée par Jacques de Châteauneuf- 
Mollégès, commandeur d'Avignon, 

Les réunions de l'automne de 1639, à cause de 
leur intérêt, méritent d'être mentionnées : 

On sait que par un édit de Charles VIII, roi de 
France, rendu en 1489, les Israélites étaient obligés 
sous des peines très rigoureuses, de quitter la 
Provence ou d'embrasser le christianisme et que 
plusieurs d'entre eux, à la suite de cette ordon- 
nance, se convertirent à la religion catholique. Le 
roi Louis XII avait, en outre, en 1513, établi une 
imposition de 5.000 livres sur ces néophytes. En 
1633 la liste de ces nouveaux chrétiens fut envoyée 
de Malte par les chevaliers de Vieu et Merieu de 
la langue d'Auvergne, au Grand-Prieuré de Saint- 
Gilles, avec ordre du Grand-Maître de l'inscrire 
dans les registres capitulaires. En conséquence à 
rassemblée du 7 novembre 1639, Denis de Polas- 
tron de la Hillière (i), « commandeur de la Cava- 
lerie et de BourdeUes >, et le chevalier Louis d'As- 
toaud Bezaure furent nommés commissaires pour 
examiner cette liste, écrite en français et en ita- 
lien, et quelques jours plus tard, à la réunion pré- 



I. Denis de Polaitron aprëi avoir exercé plosieors charges dans l'Or- 
dre moniift à Malte le i*' septembre 1663, à l'âge de 86 ans. Son neveu, 
Jean-Denis-Gabriel de Polastron lui fit élever nn tombeau à ses dépens, 
dans l'église Saint-Jean, à Malte. Nous relevons, aux Pièces justifiea- 
iiws, l'épitaphe qui l'ornait. 



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— 44 - 

sidée par le commandeur de Sainte-Luce, Guil- 
laume de Viiicent-Savoillan, ils déposèrent leur 
rapport où ils disaient : « Nous dits commissaires 
sommes d'avis premièrement que les susdites listes 
sive roUes seront enregistrés en ce présent libre 
de mot à mot, comme sont escrittes une en 
français et l'autre en itallien ; secondement qu'il 
plaise aussi à la vénérable langue de tacher dé 
recouvrer d'autres roUes ouvériffications sy point 
en y a, des autres familles qui sont de race judaï- 
que, et qui ne sout point compiises dans les susdits 
deux rolles ; en troisième lieu qu'il plaise aussi à 
la langue envoyer coppie d'iceulx rolles aux deux 
prieurés de Saint-Gilles, de Tholose, affin qu'ils y 
soient enregistrés; et que Ihorsque quelqu'ung 
présentera sa requeste pour estre receu en nostre 
ordre et vénérable langue, en quel degré que ce 
soyt, l'on doibve leur reffuser commission, sans 
escandaliser personne, et finalement sommes d'avis 
de dépputer des commissaires in partibus pour 
servir laditte langue en ceste aflfaire sy impor- 
tante. » Les conclusions de ce rapport furent adop- 
tées ncmine discrepantc^ et on nomma commissai- 
res in />ar/i7>w5 Jacques de Châteauneuf-MoUégès, 
commandeur d'Avignon, François de Mars-Liviers, 
commandeur de Millau, Bertrand de Luppé-Guar- 
rane, commandeur do Valence, et le chevalier 
Paul Antoine de Robin-Graveson, « aux deux pre- 
mis requis et en l'absence les uns des autres >. 
Par suite de cette délibération les descendants des 
juus convertis ne pouvaient aspirer à être chevaliers 
et cette prescription fut généralement obsen-ée (H. 



^^^:^:^;:T^:i:^- ^^"^^^ ^ a^^^^.^^ 



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— 45 — 

En cette année 1639, année de très grande séche- 
resse, on découvrit touchant les murailles du 
Grand-Prieuré, dans le Rhône, en cet endroit pour- 
tant bien profond, sortant à moitié de Teau, un 
tombeau de marbre qui, depuis 1838, a été retiré 
du fleuve et a été déposé au Musée lapidaire d'Ar- 
les. Il porte cette inscription en caractères ro- 
mains : 

LICINIiE MAGN^QUE MATRO 
N^. LUCIUS SEVERUS. T. JULIUS 
VALENTINUS. T. JULIA VALENTINA 
FRATRES T. LICINIUS RUSTICUS, 
C. LEG. III AUG MARITUS (l). 

Le Chapitre provincial de 1640 se tint à Marseille 
le 24 juin « attendu la contagion dont la ville d'Ar- 
les était affligée », dans la maison de la comman- 
derie possédée par le bailli Paul-Albert de Forbin, 
ce fut même lui qui eut la présidence de la réu- 
nion (2). 

Honoré de Quiqueran fit aussi réparer l'église 
prieurale de Saint-Gilles presque détruite par les 
Calvinistes en 1622. 11 mourut à Arles, après qua- 
tre ans de séjour, le 25 avril 1642 à minuit. Dans 
son testament il avait déclaré qu'il voulait être 
enseveli dans Téglise des Augustins (3), dans la 
chapelle Saint-Nicolas qu'il avait édifiée en recon- 
naissance de ce qu'il avait échappé au naufrage 



X . Corpus inscrip. ht., tome xii, n* 684. 

3. Arch. des B.-du-R. — Foods de l'Ordre de Malte. Chapitres et 
assemblées fi6jS'Z6^jJ. Vol. xiii. 

^. Honoré de Quiqueran n'est pas le seul chevalier arlésien qui ait 
désiré d'être enseveli dans une église de la ville,hors du tombeau commun du 
Grand Prieuré. Pierre de Barras, dans son testament du 34 mai 1639 (no- 
taire François Monicr), demandait à reposer, après sa mort, dans Téglise 
des Frères Prêcheurs, au tombeau de ses ancêtres. 



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-46- 

lorsqu'il était venu prendre possession de sa 
charge, mais Bertrand de Luppé-Guarrané, rece- 
veur de rOrdre et les autres commandeurs qui se 
trouvaient à Arles lors de la mort du Grand-Prieur 
ne voulurent point exécuter sa dernière volonté 
et inhumèrent son corps dans la chapelle de Saint- 
Jean. Ils consentirent pourtant à ce qu'on mit son 
cœur dans le tombeau qu'il s'était préparé à l'église 
des Augustins, devenue paroisse de Saint-Césai- 
re (I). Ce sépulcre existe toujours dans l'enfonce- 
ment du mur de gauche de la chapelle du Christ. 
Il porte répitaphe ci-après, composée par le propre 
neveu du Grand-Prieur, Pierre de Quiqueran. La 
profusion des nominatifs la rend peu élégante. Elle 
est précédée de ces mots, placés au haut du fron- 
ton : Et in tenebris stravi lectulum meum. 

D. O. M. 

^TERNITATIQ.. SACRUM. 

luusTRissiMus D. Fr. Honoratus de Quiqeran Beau- 

JRU KQlîKS IIlBROSOLIMITANUS ET EX MaGNI MagISTRI De 
\'UiNANCOURT DOMUI PRŒFECTO, CONDATI PR^CEPTOR, 

APrn Thctcïsages q.uœstor Ordinis ac dein Melft^ 
coNSHRVATOR AniHCTrs, Magnates inter magnus m 

I^KINCIPK Ci^NVEXTU COMMENDATARIUS, MaGNI MaGISTRI 
nn l An A UHU'M TEXENS, ECXiCE DE MORTUO PRO MAGIS- 
I^K. V\H O RATOQ.rE JURE SaNCTIPeTRI SaLEGIARUM 

j^K^v inoR FT Aivo Heracuam Anatiuorum magnus 

t KK^K AC IN irvR^viE OONSISTORIO ReGI CHRISTIANISS. A 
JVNSUU>; HIMAN.1^ MORTAUTATIS PIE COXSCIUS NE QinD 
tN M Mv^KVbM A SClS EXIGAT HIC SIBI VIVEXS TUMULUM SUB 
VM tV l^UnOAVlT MiVXXXlX ID^ XOV. 

Rwtt^^i.'^t .t:^^^"* K\-^i\v<roBîTu>i PROPosrro relccta- 

K. U K. Av U H bsr Vr l^I vX\^ RblIUIO^SEETAMTCR, COR- 



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Cliclu- M.. relu- 1. MU. .-. Arles. 

MMSOLÉE Dl (:HAM)-l»IUElK IIONOBE Di: niIOli:U\N Di: HEAIJII 

(Iniis réjflisc artiirllc do Saiiil-drsairc (r\rl('s, où fui (Irposé 
son ((ïMir aprrs sa nioii 



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— 47 — 

PUS AUT£M IN ARELATENSI SACELLO PALATII S. JOANN. 
HiEROSOUM. QUIESCERET. AnNO ChRISTI MDCXXXXII 
APR. 35 (l). 

Une autre inscription sur la muraille qui fait face 
à l'autel de la même chapelle, rappelle une fonda- 
tion de messe faite par le Grand-Prieur : 

Illustriss. D. Fr. Hon. de Quiqjjeran Beaujeu, 

EQUES HIEROSOL. SaLEGIAR. ET CoNDATI PR^BCEPTOR, 
MAGNUS PRIOR SaN-^GIDIANUS, AC IN UTROQUE CON- 

CEssu Régis consiuarius, novissimor. et sui memor 

MISSAM in DIES SINGULOS HOC IN SACELLO FUNDAVIT AN. 

Christi 1638, xvn kal. novemb.. 

Nota sumpta per Hon. Veran. 

Les obsèques du Grand-Prieur eurent lieu, le 
même jour 25 avril, à 4 heures du soir « par toute 
la ville honorablement ». Le deuil fut conduit par 
le frère du défunt, François de Quiqueran, qui mar- 
chait entre deux consuls ; après lui venait son fils 
Pierre accompagné des deux autres consuls, quatre 
chevaliers de Malte portaient le drap de velours des 
pénitents blancs. Le clergé de Saint-Trophime, les 
musiciens de cette église, tous les couvents de la 
ville et même cent pauvres habillés de robe grise 
assistèrent à l'enterrement. Toute la noblesse était 
représentée à ce convoi ; la seconde cloche de 
Saint-Trophime sonna depuis midi jusqu'à 4 heures. 
Le corps d'Honoré de Quiqueran fut donc enseveli 
dans la tombe commune de la chapelle du Grand- 
Prieuré (2). 



I. Da vivant da Graad-Priear le marbre, au lieu de ces derniers mots, 
portait : Expicto domec veniat immutatio mba. 

3 . D'après le livre de raison de Pierre de Quiqaeran de BeaujeU| con- 
servé par M* Gautier-DescotteS) notaire d'Arles. 



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CHAPITRE V 



SOMMAIRE : Guillaume de Vincens-Savoillan, Grand-Prieur. 
— Jean-François de Verdelin, son lieutenant. — Le bailli 
Jean de Flotte la Bastie. — Richelieu au Grand-Prieuré. — 
Mort du Grand-Prieur, avènement de Paul-Albert de For- 
bin-Bonneval. — Réunions au Grand-Prieuré. — Le Cha- 
pitre de i65o. — Le Prieur de Forbin se retire h Valbon- 
nclte. — Louis de Vendôme reçu au Grand-Prieuré. — 
Assemblée à Marseille, en iGd5. — Visite canonique de 
1657. — Mazarin est logé au Grand-Prieuré, en 1660. — 
Mort du Grand-Prieur, Bertrand de Luppé-Guarrané 
lui succède. — Il reçoit la profession de Melchior de For- 
bin-Janson. — Cérémonie de la profession. — Louis de 
Renaud d*Alieins n'est pas reçu chevalier. — Quelques réu- 
nions de chevaliers. — Mort de Luppé. 




E lendemain de la moit d'Honoré de 
Quiqueran, 26 avril, Jean-François de 
Verdelin, procureur du grand comman- 
deur, Guillaume de Vincens-Savoillan, 
prit pour lui possession du Grand-Prieuré, « en 
vertu de l'expectative qu'on lui avait aupara- 
vant accordée; et la nouvelle de la mort de 
Beaujeu étant arrivée à Malte, on le lui conféra, le 
20 de mai. Il était fils de François de Vincens, sei- 
gneur de Savoillan, au comté de Venaissin, et de 
Marguerite de Rainoard, qui était sortie d'une 
branchette cadette des seigneurs de Caussans dans 



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— 49 — 

la principauté d'Orange. Il avait été reçu dans 
rOrdre le 2 juin 1584 ; il résolut de rester à Malte, 
et nomma son lieutenant le même chevalier de 
Verdelin » (i). Ce dernier était fils de Paul et de 
Gillette du Guast. Trois de ses frères, Antoine, 
Jean-Jacques (2) et Michel furent chevaliers de 
Malte comme lui. Reçu chevalier en 1645, il fut 
successivement commandeur de Marseille et bailli 
de Manosque en 1683. Il mourut le i" avril 1685 (3). 
Peu de jours après la prise de possession du 
Grand-Prieuré eut lieu, le 4 mai, la réunion du 
chapitre annuel présidé par Jean de Flotte la Bastie, 
commandeur de Eeaulieu. Il était fils d'Antoine et 
de Honorée de Castellane. Le 10 mai 1655 il devint 
grand commandeur et le 18 novembre suivant, 
bailli de Manosque. Il mourut en 1659 (4). 

En 1642 le Grand-Prieuré reçut dans ses murs 
un personnage célèbre, le cardinal ministre, duc 
de Richelieu, qui revenait malade du siège de Per- 
pignan. Parti de Narbonne en litière le 27 mai il 
était allé prendre la mer à Agde le 4 juin. De 
Tarascon les consuls lui envoyèrent à Aigues- 
Mortes 18 chevaux pour faire remonter le petit 
Rhône aux bateaux qui le portaient avec sa suite. 
Une première nuit, le 7 juin, il coucha au mas de 
• Liviers, sur la rive droite de la petite branche du 
fleuve et où se lit encore l'inscription relative à son 



I. Ratbaud : Op, r<V., n, pp. 309-3x0. 

3. Nous donnons ans Pièces justificatives l'épitaphe qui se lisait sur 
son tombeau à Malte. 

3. IsHASD : Les commandeurs et les baillis de Manosque, dans Annales 
des Basses-Alpes, tome vi, (1893-1894), pp. 313-214. — Raybauo ; Op* 
cii, II, p. 336. 

4. Ratbaud : Op, cit., n, pp. 331-333. 



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— re- 
passage (i), et le lendemaio, au château de la 
Motte, en face d'Albaron, et arriva à Fourques, le 
9 juin, sans autre arrêt (2). Le gouverneur de la 
Provence, venu pour le recevoir, alla à son devant 
avec les consuls de la ville. On le pria de permettre 
qu'il fût logé au Grand-Prieuré où il serait mieux 
soigné qu'au château de Fourques- Il acquiesça à 
cette demande, entra par la porte Saint-Jean et 
demeura deux jours dans la ville d'Arles. Le 12 juin 
il était à Tarascon (3). 

L'assemblée suivante des chevaliers de Malte eut 
lieu le 4 novembre 1642 et fut présidée par Jacques 
de Châteauneuf-MoUégès. Le chapitre du 3 mai 
1643 fut tenu par Jean de Flotte, commandeur de 
Beaulieu, et la réunion du 3 novembre de la même 
année par Roland d'Agoult- Angles, fils de Baltha- 
zar et d'Anne d'Aguillery de Lespeau. 

Le Grand-Prieur Guillaume de Vincens-Savoil- 
lan ne vécut que peu de temps après sa promotion. 



X. Chanoine Teissoxkibk: Trois imtcn'ptioms du XVII* siècle. Tome m 
du BuUet'.H du Comité de TArt ckrétieu, de Kimes, pp. 13^-141. 

9. Le chanoine Teissonnier dms son étude intéressante de Tinscription 
da mas de Liviers paraeen 1885, se demandait quelles étapes avait dû four- 
nir le cardinal Richelieu arant d'arrirer à Tarascon. 11 en présumait ou 
bien une seule c un peu forcée à Saint-Gilles dans le Grand-Prieuré de 
Saint-Jean >, ou même deux ordinaires : < l'une dans la commanderie 
de Saliers, l'antre dans celle d<: Trinquetaille > (p. 141). Le boa cha- 
noine se trompait. Go trouve dans les Comptes de 164^ la trace da pas- 
sage de Richelieu âi Albaron et à l'Hôtel prieural d'Arles. Voici en effet 
ce qu'on lit dans Vluveutaire manuscrit de TarcbiTiste Antoine RoboUy : 
« Arrivée du gouverneur le 7 juin venant recevoir le cardinal duc de 
Richelieu, retournant malade de Narbonne. Le cardinal ayant couché à 
la Motte (vis à vis Albaroo) le 8 juin arriva à Fourques le 9 où cmig^nant 
d'être mal logé au château de ce lieu fut prié par le gouverneur de 
venir à Arles. S. £. fut portée à l'hôtel Saint-Jean de Malte et y de- 
meura deux jours. Etape fournie à ses gardes (infanterie et moasque» 
taires). > CC 660. 

3. Cf. : Annales de la ville d'Arles par J. Didibk Vésan, parues dans 
le Musée, revue arlésienne, u« série, p. 279, où l'on dit faussemeot que 
le cardinal se rendait an siège de Perpignan. 



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— 51 — 

Il mourut le 12 février 1644 et fut enterré dans la 
chapelle Saint-Clément de l'église Saint-Jean, à 
Malte. Un de ses parents, Jeanjacques de Verde- 
lin, commandeur de la Capelle, lui fit faire un tom- 
beau décoré d'une épitaphe où Ton voit qu'ayant 
été comblé de biens par le Grand-Maître Paul de 
Lascaris, il dut en recevoir de bien plus grands par 
Dieu à sa mort « pro laboribus, pro fide, pro sui 
denique virtutibus ». 11 n'avait jamais paru à 
Arles pendant son « priorat » (i). 

Paul-Albert de Forbin-Bonneval devint Grand- 
Prieur le 15 Février 1644. Il était fils de Bertrand 
de Forbin, seigneur de Bonneval, commissaire gé- 
néral de la marine du Levant, et de Jeanne d'Ivray. 
Il est connu par ses exploits guerriers. Il se signala 
notamment au combat livré aux Anglais par la 
flotte française en 1621 devant l'île de Ré. Son mé- 
rite le fit nommer en 1638, ambassadeur extraordi- 
naire auprès du roi Louis XIII, pour le complimen- 
ter, au nom de l'Ordre, sur la naissance du Dau- 
phin. Un cadeau qu'il fit à la reine d'une relique de 
sainte Anne lui valut le portrait du roi, enrichi de 
diamants. C'est lui qui présida le Chapitre de 1640 
tenu à Marseille, à cause de la peste qui sévissait 
dans Arles. Le ao mai 1642 il avait été nommé 
grand commandeur. Il avait pris possession du 
Grand-Prieuré, par procureur, le 19 mars 1644 {2). 
En 1644 et 1645, il ne put pas tenir le Chapitre 
du mois de mai, à cause de la peste. L'Assem- 
blée du 7 novembre 1644 fut présidée par François 
de Mars-Liviers, alors commandeur de Millau ; par 



I. Voir répitaphe du Grand-Prieur Gailiaume de ViQcens-Savoillaa 
dant : Ratbaud : Op, cit., u, p aïo. 

i. Ratbauo : O/. cit., n, pp. tii-styi 



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_ 52 — 

contre, celles du 6 novembre 1645 et du 7 mai 1646 
furent tenues par le Grand-Prieur lui-même, celle 
du 5 novembre 1646 par Roland d'Agoult- Angles, 
commandeur de Jalès, celle du 7 mai 1647 par le 
Grand-Prieur qui fut nommé en cette année Gou- 
verneur des lies d'Hyères ; celle du 4 novembre 
1647 par François de Mars-Liviers, commandeur 
d'Avignon ; celle du 3 mai 164S par le Grand-Prieur; 
celle du 9 novembre 1648 par Jean-Bertrand de 
Luppé-Guarrané, commandeur de Valence ; celle 
du 2 mai 1649 par le Grand-Prieur (i). 

Pendant la tenue de ce Chapitre, le 5 mai 1649, 
la maison prieurale fut visitée par François de 
Mars-Liviers, mort commandeur d'Avignon, le 17 
février 1656, et Bernard Mingaud, prêtre conven- 
tuel d'Aix. Le rapport de ces religieux atteste que 
le Grand- Prieur de Forbin avait fait refaire les 
couverts de l'Hôtel, rompus par une gelée extra- 
ordinaire qui brisa la plus grande partie des tuiles 
puisque quatre mille furent employées à cette ré- 
paration. Bernardin Martin, maître maçon, reçut 
pour ce travail 855 livres. Les reliques et l'argen- 
terie de la chapelle, déposées jusque-là dans un 
coffre, furent mises à la sacristie dans une très 
belle armoire. On paya à Antoine Vitalis, menui- 
sier, et à Bernardin Tourre, serrurier, pour ce 
meuble, la somme de cent livres. Le même procès- 
verbal constate que le Grand-Prieur de" Forbin 
avait fait « revestir et peindre les trois rétables 
lesquels par leur antiquité le chancre avait gâtés »• 
L'étendard de bataille du Grand-Prieur de Saint- 
Aubin Roquelaure qui était dans la nef fut 



I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. Chapitres et assemblées 
(1638-1653), Vol. XIII • 



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— 53 - 

placé dans le sanctuaire pour sa décoration (i). 

Le Grand-Prieur tint pareillement l'assemblée du 
5 novembre 1649, le Chapitre du 5 juin 1650, qui eut 
lieu le dimanche de la Pentecôte, « à cause de la 
sarrade faicte par les sieurs Consuls sur la fin d'a- 
vril et commencement demay dernier, à raison du 
soubçoD de la malladie contagieuse », comme aussi 
la réunion du 7 novembre de cette même année. 
Pour les assemblées suivantes, celle du 7 mai 163 1 
fut présidée par le Grand-Prieur, celles des 6 no- 
vembre 165 1 et 5 mai 1652 par François de Mars- 
Liviers, commandeur d'Avignon, celles des 4 no- 
vembre 1652 et 4 mai 1653 par le Grand-Prieur 
devenu «commandant des galères de France ». 

En 1653, Paul de Forbin, accablé d'infirmités, 
céda le commandement des galères dont il était 
pourvu et se retira au château de Valbonnette près 
de Lambesc, et y passa les derniers jours de sa 
vie. 

Cette année-là, un autre personnage important 
fut logé au Grand-Prieuré. Le duc de Mercœur, 
Louis de Vendôme, nouvellement nommé gouver- 
neur de Provence, fit son entrée dans la ville d'Ar- 
les, accompagné de son épouse Mancini, le lundi 
3 novembre 1653. C'était l'époque de la réunion 
d'automne des chevaliers de Malte. L'Hôtel étant 
occupé par le duc, l'assemblée se tint dans la mai- 
son avoisinante du commandeur de Saliers. Le 
Grand-Prieur était absent ; ce fut le plus ancien 
chevalier, Jean-Gilles de Fougasse la Barthelasse 
qui présida les réunions. 11 était fils de Joseph et 
de Laurence de Féléon. Il avait été reçu chevalier 
en 1603 et se trouvait commandeur d'Arcins depuis 



1. Arch. des B.-dti-R. — Ordre de Malte. Visites de 164^, Vol. xiv. 



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— 54 — 

1636(1). Les assemblées des 3 mai, 9 novembre 

1654, 2 mai 1655 se tinrent sous la direction du 
Grand-Prieur mais la réunion de novembre, en 

1655, n'eut pas lieu à Arles. Elle se tint à Marseille, 
le 10 de ce mois, dans la maison de Jean-Fraoçois 
de Verdelin, avec l'assistance de quinze chevaliers 
ou commandeurs et deux prêtres présidés par le 
Grand-Prieur de Forbin. L'arrivée des galères de 
rOrdre, dans ce port, fut la cause de ce transfert (a). 

Le Grand-Prieur tint aussi les assemblées des 
7 mai, 6 novembre 1656. Le 13 mai 1657, Louis de 
Berre-Collongue, commandeur de Gap, et Jean de 
Thezan, prêtre conventuel, commandeur de Val- 
drôme, visitèrent l'Hôtel prieural. Le Grand-Prieur 
était présent mais indisposé. 11 résidait à Arles 
une bonne partie de Tannée et le reste du temps il 
habitait Marseille, dans une maison de l'Ordre fort 
bien meublée(3).La visite nous apprend qu'il y avait 
une tribune au fond de la chapelle et qu'elle était 
l'œuvre du Grand-Prieur, Honoré de Quiqueran- 
Beaujeu (4). 

Le chapitre de cette année s'était ouvert le 6 mai 
sous la présidence du Grand-Prieur qui tint aussi 
rassemblée du 5 novembre 1657 et celle du 5 mai 



I. Arch, des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Chapitres et assemblées 
(1638-1653). Vol. XIII. — Nobiliaire du Comiat, vol. i, pp. 76-77. 

s. Arch. des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Chapitres et assemblées 
(1654-1673). Vol. XIV. 

3. Cependant nous le trouvons, le 9 février 1657, au château de Val- 
bonnette où il assiste avec son neveu, Henri de Thomas de la Valette, 
commandeur de Montpellier, au contrat de mariage de sa petite nièce, 
Marie d<' Thomas de la Valette, fille de François et de feue Jeanne de 
Forbin, avec Paul-Albert de Colin de Jannet. \ï fait don à sa petite 
nièce, en cette circonstance, de 11.000 livres. Baron du Rourb : Inventaire 
analytique de titres et documents orif[inaux tirés des archives du château 
de Barbegaly n» 615. 

4. Arch. des B.-dn-R. — Ordre de Malte. Visites de 16^ y. Vol. xvii. 



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— 55 - 

1658, mais celle du 4 novembre suivant fut dirigée 
par Antoine de Blacas-Vérignon, commandeur de 
Golfech ; celle du 4 mai 1659, par le Grand-Prieur; 
celle du 10 novembre 1659, par Paul-Antoine de 
Robin-Graveson, commandeur d'Avignon. Quel- 
ques jours après cette réunion le Grand-Prieuré 
reçut un autre grand personnage. Louis XIV, la 
reine-mère et plusieurs seigneurs de la Cour arri- 
vèrent à Arles le 13 janvier 1660. Le cardinal Ma- 
zarin, premier ministre, qui avait accompagné son 
souverain, fut logé à THôtel prieural. Il n y était 
pas étranger, ayant suivi le cardinal Richelieu en 
1^42, à son retour du siège de Perpignan. Cette 
fois il y demeura jusqu'au 16 janvier, jour du 
départ du roi (i). 

Ce fut encore le Grand-Prieur qui dirigea les 
assemblées de cette année qui se tinrent les 2 mai 
et 8 novembre 1660, mais ce furent les dernières. 
Malade depuis quelque temps il se retira de nou- 
veau au château de Valbonnette, chez sa nièce, 
Renée de Forbin, épouse d'Emeric de Lauris, sei- 
gneur des Taillades. Au chapitre du i"mai 1661, 
présidé par Antoine de Blacas-Vérignon (2), on 
reçut une lettre datée du 28 avril, des domestiques 
qui le soignaient. Ils se plaignaient de manquer 
du nécessaire, assurant que l'entourage du Grand - 
Prieur ne voulait rien fournir pour leur entretien. 
Ils n'avaient même pas de pain pour leur nourri- 
ture. Ils informaient l'assemblée qu'à moins de 



I. La LAUZiiis : Abrégé chronologique de thistoire éC Arles ^ p. 478. 

3. Antoine était fils de Gaspard de Blacas et de Blanche de Castel- 
laoe. Il était né le 13 novembre 1593 et fat reçu chevalier le 13 mars 
1603. n devint aussi commaodear de Capette près de Saint-Gilles le 
15 juillet i66x. Il mourut à Âix en 1670. Raybai^) : O/. cit,^ 11, p. 33$. 
— Nobiliaire étArtefeuil^ i, 151. 



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-56- 

secours ils seraient obligés, à grand regret, il est 
vrai, de quitter leur maître. Le chapitre envoya à 
Valbonnette le chevalier François de Biord, non 
seulement pour prendre soin des officiers et do- 
mestiques du Grand-Prieur, mais aussi pour s'inté- 
resser au malade. Il fera en outre, dit à peu près 
le chapitre, que la dépense soit modique, de ma- 
nière que si le Grand-Prieur revient à le santé il 
n'ait pas lieu de se plaindre de même que les Supé- 
rieurs s'il vient à mourir. Il n'oubliera pas de faire 
mettre en sûreté tout ce qui appartient au Grand- 
Prieur et qui n'est pas déjà sous les scellés, comme 
« un carosse à quatre chevaux, une litière à deux 
mulets, un cheval de selle, une montre d'horloge 
et sa boîte en argent, une croix de Malte avec 
diamants », etc. (i). Malheureusement le Grand- 
Prieur mourut le 12 juillet 1661 et il fut porté, cinq 
jours après, à Arles, comme il l'avait demandé le 
15 mai 1659, dans son testament, recueilli par son 
secrétaire Augarde : « Et particulièrement pour ma 
sépulture, y lit-on, je veux et désire qu'elle soit 
dans la chapelle de Saint-Jean de la maison prieu- 
rale en Arles au-dessous de la petite voulte de 
Notre-Dame à main gauche du maistre autel et 
proche de la grande grille de fer et pour les hon- 
neurs funèbres je me remets à M. de la Goy, doyen 
de Tharascon, et de Honoré de CouUin, mon nep- 
veu, (prêtre) de l'Oratoire les suppliant de nommer 
pour gagiers de mes funérailles telles personnes 
que bon leur semblera, les priant de n'y apporter 
aucun faste, mais bien des prières à Dieu et quan- 
tité de messes » (2). 



X. Archives des Bonches-da-Rhône. — Ordre de Malte. — Chapitres 
it atstmhîies (i6$4-i6y^). Vol, xiv. 
9. Bibliothèque Méjanes. Ms, 8ij,p. 938. 



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— 57 — 

Le lendemain de Tenterrement du Grand-Prieur, 
Paul-Antoine de Robin-Graveson, commandeur 
d'Avignon, prit possession de l'Hôtel Saint-Jean, 
au nom de Jean-Bertrand de Luppé-Guarrané, 
alors à Marseille, qui avait été nommé quelque 
temps auparavant (procuration du 15 juillet, not. 
Lebon, à Marseille.) 

11 était né, comme il nous l'apprend lui-même 
dans ses Mémoires^ au mois de septembre 1586, de 
Carbonnel de Luppé, seigneur de Guarrané, et de 
Jeanne deVésins. Reçu chevalier en 1598,11 occupa 
dans rOrdre divers emplois importants, entre 
autres, la place d'intendant-lieutenant de la galère 
c la Réale :^ jusqu'à 1635. Ce n'est que dans un 
âge fort avancé qu'il fut gratifié du « prieurat » de 
Saint-Gilles. Voici en quels termes il se disposait 
à venir prendre possession de sa charge : « Dieu 
me fasse ceste grâce de pouvoir bien user du béné- 
fice qu'il luy plaira que ian retyre et que ie serve 
ma relligion avec l'amour et l'affection que ie suis 
obligé, et avec les mesmes tendresses que i'ay tou- 
siours eues pour elles despuys soixante troys ans 
qu'il y a que ie la professe » (i). 

Le 3 mai 1663 il reçut la profession de Melchior 
de Forbin-Janson dans la chapelle prieurale « or- 
née avec toute la décence possible ». La messe fut 
dite par Claude Vitalis, prêtre-sacristain de Saint- 
Gilles ; les commandeurs Balthazar de Demandols 
et Thomas de Villages (2) étaient présents. Mel- 



i. Mémoires et caravanes d* J,'B. Guarrané^ chevalier de Saint- Jean 
de Jérusalem, Grand-Prieur de Saint-Gilles, publiés par le comte db 
LuppB en x86^. 

d. Thomas de Villages, fils de César, premier consul de Marseille en 
1^98 et de Madeleine de Covet, fut commandeur de Trioquetaille, capi- 
taine de galères, grand commandeur le as Janvier 1684, bailli de Ma- 



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-58- 

chior était fils de Gaspard de Forbin- Janson et de 
Claire de Libertat. Il obtint, comme d'ailleurs, 
tous ses pareils, bien des dignités dans l'Ordre de 
Malte. Il fut notamment lieutenant du roi à An- 
tibes, commandeur de Bordères, bailli de Manos- 
que le lo février 1689. Il mourut le 8 septembre 
1691 (I). 

Voici quel était le cérémonial abrégé de la pro- 
fession d'un chevalier, fête qui s'est déroulée bien 
des fois dans la ville d'Arles. 

Le novice ayant une épée dorée au côté et un 
flambeau allumé à la main, se rendait à l'église en 
même temps que le célébrant. Il se mettait à genoux, 
dans le sanctuaire, et avant que la messene commen- 
çât, il présentait son épée au prêtre pour qu'il la bé- 
nît. Celui-ci, après l'avoir aspergée d'eau bénite, lui 
recommandait de ne s'en servir que pour la des- 
truction des ennemis de la foi et pour l'augmen- 
tation de l'Eglise, puis il la lui mettait au côté en 
disant : Ace ingère, N.N., gladîo tuo super fémur 
tuum potentissimey in nomine Domini nostri Jcsu 
Christif attende quod sancti non gladio sed per 
fidem vicerunt regna^ et lui donnait l'accolade. La 
messe commençait ensuite; avant Tévangile le 
gentilhomme s'approchait du Grand-Prieur qui 
restait assis, tandis que lui se mettait à genoux. 
Après avoir appris de l'aspirant qu'il voulait être 
chevalier, il lui disait : « C'est une belle action et 



Dosque le 33 avril i68^. Il mourut à Malte le 39 janvier 1689. Il avait 
trois fières, Charles, Louis et Nicolas, commandeurs comme lui. Un de 
ses neveux, Gaspard, lui fit élever un tombeau dans l'église Saint- Jean, 
à Malte. Voir l'inscription qui le décorait aux Ptèces justificatives» Ray- 
lAUD : Op, cit., Il, pp. 335-339.— |Artefeuil] : Histoire kéroYquf et 
universelle delà noblesse de Provence, 11, 498. 

X. Ratbaud : O/. cit., ii, pp. 338-340. 



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— 59 

d'un grand mérite de servir les pauvres de jésus- 
Christ, de pratiquer les œuvres de miséricorde et 
de se consacrer à son service et à la défense de la 
foi, cependant vous demandez une grâce que beau- 
coup d'autres ont recherchée sans l'avoir pu obte- 
nir, puisque cet ordre ne se donne qu'à ceux qui 
par l'ancienneté de leur noblesse le méritent ou 
qui s'en sont rendus dignes par leurs belles actions. 
C'est pourquoi reconnaissant en vous ces deux 
qualités nous consentons à votre demande vous 
faisant ressouvenir que ceux qui reçoivent cet 
ordre doivent être desservants de l'Eglise, des pau- 
vres, des veuves et des orphelins. > 

L'interrogatoire se poursuivait, puis le président 
mettait l'épée au côté du nouveau frère, en lui 
disant : « Je vous ceins de cette épée au nom de 
Dieu tout-puissant, de la glorieuse Vierge Marie, 
de saint Jean-Baptiste, notre patron, de saint 
Georges, en l'honneur duquel je vous donne cet 
ordre, afin qu'imitant sa patience et sa loi, il vous 
obtienne du ciel la grâce de ne vous point servir 
de ce fer que comme il s'en est toujours servi lui- 
même. > Il se levait alors, agitait trois fois en l'air 
l'épée nue, en frappait trois coups avec le plat 
l'épaule de l'aspirant, en lui disant : « Je vous fais 
chevalier au nom de la Vierge Marie, de saint 
Jean-Baptiste et de saint Georges... > Le chevalier 
recevait ensuite un petit soufflet symbolique signi- 
fiant qu'il devait être vaillant et savoir supporter 
un affront pour le nom de Jésus-Christ. 

Cela fait un chevalier profès présent lui mettait 
les éperons d'or. La messe se poursuivait, l'aspi- 
rant recevait la sainte communion et les dernières 
prières étant terminées le Grand-Prieur procédait à 
la cérémonie de l'émission des vœux. Après un collo- 



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— 6o — 

que pieux et une touchante exhortation du Grand- 
Prieur, le nouveau frère, la main sur le canon du 
Missel, prononçait la formule suivante : 

N.N. fe jure, promets et fais vœu à Dieu tout- 
puissant, à l Immaculée Vierge Marie^ et à saint 
Jean-Baptiste notre patron^ d observer et garder 
moyennant la grâce divine une vraie obéiesance à 
celui qui me sera donné de la part de Dieu et de 
ma religion, de vivre sans propre et de garder la 
chasteté comme doivent faire les religieux catho- 
liques. 

La cérémonie se terminait par la prise de Thabit 
et l'imposition de la croix octogonale (t). 

Le 4 mai 1664, un mois avant sa mort, le Grand- 
Prieur, Jean-Bertrand de Luppé présida encore une 
fois le chapitre. On s'y occupa de la réception, 
comme chevalier, de Louis de Renaud, fils d'An- 
dré, seigneur d'Alleins, et de Thérèse de Cadenet- 
Tamarlet, mais parce que sa mère était issue de 
Thomas ou de Philibert de Cadenet qui sont nom- 
més dans la liste des néophytes de 1512, il ne fut 
point reçu, suivant les prescriptions données le 
39 novembre 1639. On décida, en outre, d'inscrire 
cette liste dans les registres du chapitre (2). 

Là vie de Jean-Bertrand de Luppé-Guarrané 
avait été exemplaire par son « innocence et son 



X. D*après le cérémonial de l'Ordre de 1675. — Une des plus brillantes 
professions qui aient eu lien est celle d'Antoine Scipion de Joyense, 
Grand-Prienr de Toulouse. Elle se fit en 1383 dans la chapelle du châ- 
teau de Fontainebleau, entre les mains du Grand-Prieur de Champagne, 
en présence du roi et de toute sa cour. Henri III donna à cette occasion 
une grande fôte. Raybaud: Op. cit., 11^ pp. 149-150. 

a. Biblioth. municip. d*Arles. Bonnemaiït : Actes et mémoires pour ser- 
vi'r à rhistoire de Provence. Ms. 189. D'autres présentations de chevaliers 
ont été contestées et même rejetées ; on peut en voir la liste dans VEssai 
sur h Grand-Prieuré de Saint-Gilles, du comte db Grasset^ pp. laa- 
124. 



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— 6i — 

désintéressement > au dire de son petit-neveu qui 
le pleura amèrement (i). 

La Grand-Prieur était mort le lo juin 1664, à 
deux heures trois quarts de Taprès-roidi, après 
avoir reçu avec dévotion et toute sa connaissance 
les derniers sacrements qui lui furent administrés 
par son frère Tristan de Guarrané avec l'autorisa- 
tion de Tabbé du Molin (2), grand vicaire d'Arles. 
Il fut enterré le lendemain dans la chapelle prieu- 
raie. Il y avait à peine trois ans qu'il était Grand- 
Prieur. 

Il s'était tenu au Grand-Prieuré, sous son règne, 
les réunions suivantes : celle du 7 novembre 1661, 
présidée par Antoine de Blacas-Vérignon, celle du 
7 mai 1662 par le Grand-Prieur, celle du 6 novem- 
bre par Balthazar de Demandols, et celles des 
6 mai, 5 novembre 1663, 4 mai 1664 par le Grand- 
Prieur. 



1. J.-B. de Larrocan d'Âiguebère, commandeur de Bordères. Ses mé- 
moires ont été publiés avec ceux de son oncle et font partie du même 
volume cité plus haut. 

2. Louis du Molin, né et mort à Arles (i6oi-x68i), auteur de plusieurs 
livres liturgiques. 




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CHAPITRE VI 



SOMMAIRE : Le Grand-Prieur, Jean d'Arpajon, réside à 
Sévcrac ; il vient à Arles pour présider les assemblées. — 
Liste do ces réunions, — Délaissement de la chapelle 
prieurale. — Visite canonique de 1669. — Profession de 
Thomas de Riquetty-Mirabeau. — Mort du chevalier Louis 
de Hoche. — Visite canonique de 1674. — Mort du bailli 
Balthazar de Dcmandols, en 1675. — Mort du Grand- 
Prieur à Millau, Bertrand de Moreton-Chabrillan le rem- 
place. — Réunions au Grand-Prieuré. — Mgr de Maria 
logé au Grand-Prieuré. — Profession religieuse du curé 
Begaudy. — François d*Agoult-Seillons, Grand-Prieur. — 
Réunions au Grand-Prieuré. — Jacques d'Ancczune, 
Grand-Prieur. — Profession de Gaspard de Glandevès. — 
L'Hôtel prieural réparé. — Professions en 1686 et 1687. — 
Antoine Raybaud, notaire du Grand-Prieuré. — Assem- 
blée extraordinaire à Avignon. — Mort du chevalier Gas- 
pard de Romieu. — Profession des prêtres Brachet et de 
Brès. — Projet d'acquisition du château de la Motte. — Pro- 
fession de Michel Taillcfer. — Don de Henri de Thomas 
la Valette. — Mort du Grand-Prieur. — Réunions au 
Grand-Prieuré. 

EAN d'Arpajon qui succéda le 14 juillet 
1664 à Jean-Bertrand de Luppé se trouvait 
à Malte lors de sa nomination. Il prit pos- 
session de l'Hôtel prieural, par procura- 
tion, à l'assemblée du 3 novembre 1664 qui fut pré- 
sidée par Balthazar de Demandols, commandeur 




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-63- 

de Saliers et de Petite-Argence. A cette réunion 
« à cause de la maladie contagieuse qui est de pré- 
sent à la ville de ThoUon et lieux circonvoisins 
veu mesme qu'il se trouve présantement assez grand 
nombre de sieurs commandeurs qui sont venus 
exprès en ceste dicte ville > on n'attend pas le jour 
réglementaire qui est le lundi après la fête des 
morts. Jean d'Arpajon était fils de Jean, baron 
d'Arpajon et de Sévérac en Rouergue et de Jac- 
quette de Castelnau de Clermont. £n attendant sou 
arrivée en Provence, Antoine de Blacas-Vérignon, 
commandeur de Capette, présida le Chapitre du 
3 mai 1665 et Balthazar de Demandols, comman- 
deur de Saliers la réunion du 2 novembre de cette 
même année. Le nouveau Grand-Prieur quitta 
Malte au commencement de 1666, il arriva à Arles 
le 30 avril, y présida le Chapitre, ouvert le 2 mai, 
et alla demeurer au château de Sévérac, auprès du 
duc, son frère. 11 ne venait en Provence que pour 
la tenue des Chapitres. Il était aussi commandeur 
de Trinquetaille. Il n'assista pas aux assemblées 
suivantes des chevaliers dans Arles, celle du 8 no- 
vembre 1666 fut dirigée par fialthazar de Deman- 
dols, celle du i*^' mai 1667 par Antoine de Blacas- 
Vérignon, celle du 7 novembre 1667 de nouveau 
par B. de Demandols ; par contre il assista au Cha-, 
pitre du 6 mai 1668, et la réunion du 5 novembre 
1668 fut tenue par le même Antoine de Blacas- 
Vérignon. Il fut présent au Chapitre qui commença 
ses séances le 3 mai 1669 et auquel assistèrent une 
cinquantaine de chevaliers et une dizaine de prê- 
tres de rOrdre. A cette époque la chapelle prieu- 
rale était bien délaissée, l'office divin n'y était pas 
célébré de sorte que les chevaliers de Malte de sé- 
jour à Arles ne pouvaient, dans leur propre église, 



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-64- 

ni entendre la sainte messe, ni recevoir les sacre- 
ments aux quatre principales fêtes de Tannée, ainsi 
qu'ils y étaient obligés par leurs règles. Par suite 
les privilèges que l'Archevêque et le Chapitre d'Ar- 
les leur avaient accordés, comme de pouvoir faire 
prêcher, assister aux processions avec la croix, en- 
sevelir les morts chez eux, demeuraient nuls. Pour 
remédier à ce mal, le Chapitre demanda à ce que 
les prêtres collégiaux établis par le Grand-Prieur 
Charles Alleman de Rochechinard vinssent, au 
moins quelques-uns, demeurer à Arles. Il donna 
pour raison que la ville de Saint Gilles, autrefois 
des plus considérables du Languedoc, était mainte- 
nant « réduite à un pauvre chétif village par la déso- 
lation de l'hérésie >. Le Grand-Prieur n'y habitait 
plus, et l'ancienne maison prieurale servait d'éta- 
ble pour le bétail du fermier. Il approuva le projet 
et promit de Tappuyer auprès des supérieurs ma- 
jeurs de l'Ordre. En attendant il ordonna que « des 
messes que les dits collégiats doivent faire dire à 
cause de l'absance ou inhabilité de quelques-uns 
desdits collégiats qu'il en soit continuellement dict 
une en la dite église de sa maison prieuralle, et 
que en icelle les dits collégiats soyent tenus d'y 
administrer les sacrements aux dits relligieux les 
dites quatre festes principales de l'année » (i). 

Malgré cette délibération, l'ordonnance du 
Grand-Prieur demeura sans effet, et les prêtres 
collégiaux ne se rendaient à Arles qu'à l'époque 
des réunions des chevaliers. 

Le 12 mai 1669 André de Clémens, commandeur 
de Saint-Christol, près de Lunel, et Jacques Mère, 



t. Arch. das B.-du-R. — Fonds de TOrdre de Malte. Chapitres it 
AssemhUes (i6^4 à i6yjj. Vol. xlv. 



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-65- 

prêtre conventuel, commandeur de Bayonne, vin- 
rent constater Tétat de la maison prieurale. Le 
Grand-Prieur Arpajon était parti après la tenue du 
Chapitre pour continuer la visite de quelques corn- 
manderies dépendant de sa juridiction. Ils certifiè- 
rent que le tabernacle du maître-autel de la cha- 
pelle avait été refait en bois de noyer « tournoyé 
et fassonné y en ayant la moitié de blanchi où le 
Saint-Sacrement repose la fête de saint Jean-Bap- 
tiste, la semaine sainte et autres temps selon les 
occurrences t^. Ils n'aperçurent plus les portraits 
des Grands-Prieurs Roquelaure, Lussan, Venterol, 
Beaujeu et Forbin ; ils avaient été enlevés d'abord 
de la chapelle et placés ensuite dans la tribune ; 
ils étaient maintenant dans l'Hôtel prieural. A la 
sacristie ils virent deux tableaux : Tun de Notre- 
Dame, sur marbre, à Tantique, l'autre du Rosaire, 
sur toile, mais leurs cadres de bois étaient en mau- 
vais état (I). 

L'assemblée du i*' novembre 1669 fut présidée 
par B. de Demandols, commandeur de Saliers et 
de Petite- Argen ce ; celle du 4 mai 1670 par le 
Grand-Prieur lui-même, celle du 4 novembre sui- 
vant par le même Demandols, et le chapitre du 3 
mai 1671 par Jean d' Arpajon. 

Le 2b avril précédent avait été jour de cérémonie 
au Grand-Prieuré. Jean 'd' Arpajon, à la messe celé* 
brée à 8 heures du matin par Jean Dou, prêtre col- 
légial, reçut la profession du chevalier novice Tho- 
mas de Riquetty-Mirabeau, fils d'autre Thomas, 
brillant officier, et d'Anne de Pontevès-Buons et 
qui mourut commandeur et capitaine de vaisseau. 
Quelques jours plus tard on enterrait dans la cha- 



X. Arch. def B.-dn-R. — Ordre de Malte. Vitttes. Vol. zxi. 



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— 66 — 

pelle Saint-Jean le chevalier artésien Louis de Bo- 
che. Il était fils de François et de Sibille de Porcel- 
let et était né le i8 octobre 1648, sur la paroisse 
Notre-Dame-la-Major. Il avait été reçu dans TOr- 
dre de Malte le 24 juillet 1654. Dans les derniers 
temps de sa vie, il fut administrateur de ThospiCe 
de la charité d'Arles, sa ville natale. Il mourut le 
6 juin 1671, « à la fleur de son âge aussi saintement 
qu'il avait vécu, il a été un grand exmple de piété 
dans cette religion >. Les autres recteurs, ses collè- 
gues, assistèrent à ses obsèques, portant six flam- 
beaux aux armes de la charité, et de plus, le lundi 
suivant, ils firent célébrer dans l'église de leur mai- 
son hospitalière un service funèbre pour le repos 
de son âme (i). 

Les assemblées suivantes n'ont rien de remar- 
quable : celle du 2 novembre 1671 fut présidée par 
B. de Demandols, celle du 13 mai 1672 par Jean- 
Paul de Lascaris Castelar, commandeur de Saint- 
Félix; celles des 7 novembre 1672, 7 mai 1673 par 
le Grand-Prieur ; celles des 6 novembre 1673 et 
6 mai 1674 par B. de Demandols, commandeur de 
Saliers, Pézénas et Petite- Argence. Quatre jours 
après l'ouverture de ce Chapitre, le 10 mai 1674, 
Vincent de Forbin-la-Fare (2), commandeur du 



t. Ârch. hosplt. d'Arles. — Fonds de la Charité. Vol. E 2, 

â. Vincent de Forbin était fils de François-Anne et de Lucrèce de 
Barthélémy. 1\ tut baptisé à Aix-en-Pfovence le 23 novembre x6iz. 
Il fut admis dans l'Ordre le as novembre i6ftx. Sa mère lai donna le is 
mai 1633 (not. Antoine Angier, à Aix) une pension de 500 livres avec 
jouissance jusqu'à ce qu'il fût pourvu d'une commanderie et lui assigna 
tne somme de 600 livres pour son rachat au cas qu'il fût fait esclave. 
Le Grand-Prieur de Forbin» son parent» lui céda le 31 mars 1643, sur les 
revenus du prieuré, (not. Claude Piat, k Marseille) une pension de 114 
écus d'or dont il jouit jusqu'au 11 mai x666. A la veille sans doute de 
prononcer ses vœux il fut autorisé par bulle du Grand-Maître du xo juin 
16^4 à disposer de ses biens héréditaires, à la condition expresse d'en 



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-67- 

Plan de la Peyre, et Jean Viany, prêtre conventuel 
et prieur de Saint- Jean d'Aix, descendus « au logis 
de l'Aigle d'Or » après avoir prêté serment sur la 
croix de l'Ordre, dans la maison de Saliers, devant 
le commandeur Balthazar de Demandols, firent 
l'inspection de l'Hôtel prieural. Dans la chapelle, 
ils remarquèrent trois tableaux : l'un du Baptême 
de N.'S.y l'autre des On^e mille Vierges^ et le troi- 
sième de Saint-Thomas^ sans compter celui du 
Sauveur du Monde du côté où se trouve le tombeau 
de Melchior Cossa (i). 

Les assemblées des 5 novembre 1674 et 4 mai 1675 
furent présidées par le commandeur de Saliers, 
Balthazar de Demandols. C'étaient les dernières 
auxquelles il devait assister. Le 12 septembre 1675, 
en eflfet, il mourait dans sa maison de Saliers, joi- 
gnant le Grand-Prieuré. Le lendemain il fut ense- 
veli dans la chapelle prieurale. Le Chapitre de Saint- 
Trophime fit sonner extraordinairement pour lui 
la grosse cloche appelée Almaric, comme pour une 
personne de distinction. « Il réunit en sa personne, 
dit Jean Raybaud dans son Histoire du Grand- 



tésetret une partie^ selon fla conscience et sa dévotion en ûiyeur de 
l'Ordre. Le 8 janvier 't66o, une pension de i6o livras sur la commande- 
fie de Trinquetaille lui fut accordée par le Grand-Maître. Elle lui fat 
servie jusqu'au xx mai x666. Le 35 jniUet x66f, il fut nommé comman- 
deur des Trois Cabanes du Plan de la Peyre, commanderie distraite du 
Grand-Prieuré de Saint-Gilles, vacante par la mort récente du Grand- 
Prieur de Forbin. Le 16 février 1671, il fut nommé procureur 
de l'Ordre en remplacement de François d'Âgoult-Seillons. Plus tard 
(avant X683) il obtint la commanderie de Saint-Jean d'Avignon. 
Grand-Prieur de Toulouse le 17 mai x688, il meurut au bout de quel- 
ques mois et fat enseveli k Aix, dans l'église des chevaliers, le 4 novem- 
bre, sans doute dans la chapelle de Kotre^Dame-de-Bon-Voyage qu'il 
avait fondée en 1682. Baron do Rouab : Op, cii,, pp. 383-384. — Comtb 
DM FoRBiM. Inventaire des documents concernant la maison de Forbin^ 
PP- 53-55- 
X, Arch, des B.-du.R. <^ Ordre de Malte* — Visites^ Vol. zxv» 



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— 68 — 

Prieuré de Saint-Gilles, toutes les vertus qui fout 
un parfait chevalier. L'Histoire de l'Ordre rappelle 
les belles actions qu^il accomplit pendant les deux 
différentes fois qu'il exerça la charge de général 
des galères ; mais ce qui le rendit plus recomman- 
dable, c'est le grand zèle qu'il eut pour les intérêts 
de son Ordre qu'il soutint avec une ardeur incroya- 
ble >. Il était fils de Samuel de Demandols et de 
Antoinette de Blacas-Carros (i). 

Les réunions suivantes au Grand-Prieuré furent 
dirigées : celle du 4 novembre 1675 par Jean- Au- 
gustin de Garnier-Rousset (2), commandeur de 
Montfrin, celle du 3 mai 1676 par le Grand-Prieur, 
celle du 9 novembre suivant par Vincent- Anne de 
Forbin la Fare, commandeur d'Avignon, et celle 
du a mai 1677 par le Grand-Prieur. Trois mois 
après la tenue de ce chapitre Jean d'Arpajon mou- 
rut des suites d'un accident. « Pendant qu'il était 
en voyage, ayant voulu mettre la tête hors de la li- 
tière, il reçut, par mégarde, un coup de fouet du 
postillon qui, lui ayant crevé l'œil, fut la cause de 
sa mort >. Elle arriva à Millau le 10 août. Son corps 
fut porté à Sévérac, et enseveli dans un tombeau de 
famille (3). 

Le 4 septembre suivant, Bertrand de Moreton- 
Chabrillan le remplaça. Il était fils de Jacques de 
Moreton, seigneur de Chabrillan en Dauphiné, et de 
Guigono d'Urre. En 1650 il avait été capitaine de 
la galère capitane. 11 était commandeur d'Avignon 

I. R4YEAC0 : Op, cit, n, pp. i^o-a^t. 

a. Jean.Augustia était fils de MaroAntoÎQ* de Garnier-Rousset et 
aisaNîau dAstouaud. Il tut aussi lieutenant du Grand-Prieuré, et rece- 
».m,i i f \^''*'^^ ^* mourut il était commandeur de Nice. [Arte- 
«uiij . Histoire A<roï^u^ et mmiverselU de la mMess4 dé Pnmtj^t, i, 453- 

3- IUtbavd : Op. dt., n, pp. a^i.,^^. 



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-69- 

lorsqu'il fut pourvu de la grande commanderie le 
17 février 1674. Ce fut le commandeur de Mont- 
frin, Jean-Augustin de Garnier-Rousset, nommé 
son lieutenant, qui prit possession pour lui du 
Grand-Prieuré le 16 novembre 1677 car il avait ré- 
solu de rester à Malte. Néanmoins les réunions 
habituelles se tinrent régulièrement au Grand- 
Prieuré : celle du 8 novembre 1677 fut présidée par 
Vincent-Anne de Forbin la Fare, commandeur 
d'Avignon, celle du i*^' mai 1678 par Jean-François 
de Verdelin, commandeur de Durbans pendant 
laquelle Jean-Baptiste et Michel Bougerel (i) furent 
reçus chapelains conventuels ; celle du 7 novem- 
bre 1678 par Vincent- Anne de Forbin la Fare, celle 
du 8 mai 1679 par François de Morges-Ventavon, 
commandeur d'Homps, celle du 6 novembre 1679 
par Jean-Augustin de Garnier-Rousset, comman- 
deur de Montfrin, celle du 5 mai 1680 par François 
de Montfaucon-Roquetaillade, commandeur de 
Saint-Christol et de la Selve, celle du 4 novembre 
suivant par Jean de Mottet(2), commandeur de Va- 
lence et de Bordeaux, celle du 4 mai 1681 par Jean- 
Augustin de Garnier-Rousset, celle du 3 novembre 
1681 par Frédéric de Berre-CoUongue, commandeur 
de Cavales (3), finalement celle du 3 mai 1682 



X. Les frères Jean-Baptiste et Michel Bougerel étaient fils de François 
et d'Aimare de Dignossy. Ils naquirent à Âiz et furent baptisés à la pa- 
roisse de la Madeleine, le premier le i8 avril 1667 et le second le 7 août 
1663. 

Ârch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Dossiers no« 530 et 531. 

3. Jean était fils de Rostan de Mottet et de Jeanne de Georges, mariés 
en 1609. Il était né àTarascon et fut reçu chevalier en 1638. Depuis 1665 
il était commandeur de Bordeaux. 

3. Frédéric était fils d'Honoré de Berre-Collong^e et de Marguerite de 
Castellane. Il fut Grand -Prieur de Toulouse le l'r décembre x688 et 
moamt en 1704. 



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— 70- 

par Françoîs de Morges-Ventavon, commandeur 
d'Homps (i). 

Ce fut sous le « priorat » de Bertrand de More- 
ton que « Mgr de Marin, premier président en Pro- 
vence, vint en cette ville [d'Arles], le 4 août [1680]. 
La communauté fit tirer le canon à son arrivée et 
le reçut avec tous les honneurs possibles parce 
qu'il n'étoit pas encore venu en cette ville depuis 
qu'il avoit été pourvu de sa charge. Il fut défrayé 
de toute dépense et ceux de sa suite ; la ville lui fit 
un présent de 12 flambeaux et de 12 boettes de con- 
fitures, et fit tirer le canon à sa sortie d'icelle. Il fut 
logé à Saint-Jean > (2). 

Un jour de fête pour le Grand-Prieuré fut celui 
du 5 mai 1682. L'abbé Begaudy, prêtre du diocèse 
de Die, curé de Sainte-Marie de la Bâtie, dépendant 
de la commanderie de Valdrôme, reçut l'habit de 
l'Ordre et fît profession entre les mains de Jean- 
Antoine Simon, prêtre conventuel, sacristain de 
Saint- Jean de Marseille. Le Chapitre était présidé, 
comme nous l'avons déjà dit, par F. de Morges- 
Ventavon (3). 

Le Grand-Prieur Bertrand de Moreton-Chabril- 
lan mourut à Malte le 18 juin 1682, et le lende- 
main sa charge fut conférée à François d'Agoult- 
Seillons, fils de Joseph, seigneur de Seillons, 
et de Digne de Villeneuve. Il avait été reçu le 
II octobre 1616. Il était commandeur de Trinque- 



X. La plupart de ces commandeurs avaient présidé ces réunions comme 
chevaliers plus anciens. A celle du 4 mai i68x étaient présents trente- 
trois chevaliers et neuf prêtres, à celle du 5 novembre suivant, onze che- 
valiers et quatre prêtres, et à celle du } mai x68a, vingt-quatre chevaliers 
et quatres prêtres. 

a. Bibliothèque Méjanes, à Âiz. Ms 806, 

3. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte, — Chapitres et Assemblées 
(1674-1686). Vol. XV. 



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— 71 — 

taille quand il obtint la grande commanderie le 
7 février 1678. Ayant résolu de rester à Malte il 
choisit pour son lieutenant Charles des Martins- 
Puylobier, commandeur de la Tronquière (i). 

De concert avec François de Bausset il prit pos- 
session de l'Hôtel prieural le 8 mai 1683 (2). Pen- 
dant le court « priorat > de François d'Agoult se 
tinrent au Grand-Prieuré les trois réunions suivan- 
tes : celle du 9 novembre 1682, présidée parle com- 
mandeur de la Tronquière déjà nommé, et à laquelle 
assistèrent douze chevaliers et quatre prêtres, celle 
du 2 mai 1683 présidée par César de Villeneuve la 
Napoule (3), commandeur de Valence et de Palliers 
comme plus ancien et où se trouvèrent trente-deux 
chevaliers et cinq prêtres, enfin celle du 8 novem- 
bre de la même année, présidée par Louis de For- 
bin-Gardane (4), commandeur de Peyriès et de Gap 
avec l'assistance de douze chevaliers et cinq prêtres. 

Le 2 janvier 1684 le Grand-Maître écrivit au che- 
valier de Bausset, lieutenant du Grand-Prieur, lui 
prescrivant de faire célébrer désormais dans la cha- 
pelle prieurale et dans les autres églises du Grand- 
Prieuré par un office double la fête de saint Jean 



I. Charles était fils de Jean-Baptiste des Martins-Puylobier et de Sibille 
de Pnget-Faveau. En 1650 il fut procnrenr de l'Ordre, k Âiz. Il fut 
aussi économe. [AaTXFiuiL]: Op, cit., 11, 113. 

3. François était fils d'Antoine, conseiller d'Etat et de Gabrielle de 
Pomier. Il fut commandeur de Condat et lieutenant du Grand-Prieur à 
plusieurs reprises. Il mourut au commencement de 17x3. Ratbaud : Op, 
cit., n, pp. 943, 348. — [Artefbuil] : Op, ciL, i, xi3. 

y. César était fils de Charles de Villeneuve et de Gabrielle de Deman- 
dois. Il mourut le } juillet 168^, à fàge de 73 ans et fut inhumé dans 
l'église de Fayence. E. db Juign^ db Lassignt : Histoire de la maison de 
Villeneuve en Provence , i, 193 et m, 114. 

4. Louis était fils d'Antoine de Forbin et de Lucrèce d'Adhémar de 
Monteil. Baptisé à Marseille le 3t novembre 1609, ^^ ^^^ commandeur 
de Raissac, capitaine de vaisseau le x^r janvier 1643 et capitaine de galè- 
res le 7 août 167X. € Il mourut en 1690, laissant la réputation d'un très 
grand homme de mer ». Baron du Roubb : Op, cit., p. 318, 



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-7a - 

et saint Paul « en mémoire de la victoire que les 
chrétiens remportèrent sur les Turcs près des Dar- 
danelles, le 25 juin 1656, et à laquelle les galères 
de la religion avaient beaucoup contribué > (i). 

Le Grand-Prieur mourut à Malte le 25 janvier 
suivant. 

Jacques d'Ancezune-Caderousse obtint le Grand- 
Prieuré le 22 janvier 1684. Il était fils de Jean-Vin- 
cent d'Ancezune et de Diane de Crussol. Le Duc 
de Savoie qu'il servait le fit maître de camp du ré- 
giment de la Croix-Blanche dont tous les officiers 
étaient chevaliers de Malte. Il fut plus tard colonel 
du régiment de Conti Cavalerie, et ensuite d'un 
autre régiment qui prit le nom d'Ancezune. Le roi 
Louis XIV le nomma gouverneur de Carcassonne. 
Il se trouvait à Malte lors de sa promotion, c'est 
pourquoi le chevalier de Bausset, son lieutenant, 
prit possession pour lui le 21 août 1684 (2). Le 
Grand-Prieur ne vint à Arles que l'année suivante 
et y présida le Chapitre qui s'ouvrit le 6 mai 1685. 
Quelques jours après, le 19 mai, il admit aux vœux 
de religion, dans la chapelle prieurale « ornée le 
plus modestement possible », noble Gaspard de 
Glandevès du Bignosc, chevalier depuis le 30 sep- 
tembre 1659 et qui était fils d'Henri et d'Anne de 
Voland. Ce fut François Laugeiret, prêtre conven- 
tuel, infirmier de Saint-Gilles, qui dit la messe à 
laquelle assistèrent, entre autres personnes le che- 
valier François de Bausset, qui avait été lieutenant 
du Grand-Prieur et Jean Augarde, bourgeois d'Ar- 
. les (3). 



z. Ratbaud : Op, cit., ii, p. 334. 
a, Ratbaud : Op, cit., n, pp. 134-336. 

3. Arch. des B.-du-R, — Ordre de Malte. — Chapitres, collations et 
professions, (x668'ijy4)n Vol. xxv. 



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-73- 

Le même jour, Domiqîjqù^ Pilleporte, Antoine 
Nogier et Laurent Sauve, maçons, accompagnés 
du Grand-Prieur, visitèrent les murailles de l'Hôtel 
Saint-Jean donnant sur le Rhône. Ils constatèrent 
que le tourillon sur la muraille de Tangle nord- 
ouest, par sontrop grand poids, l'avait endomma- 
gée. Us décidèrent de démolir la partie faible et de 
la refaire dans de meilleures conditions de solidité. 

Au Chapitre de Tannée suivante, le 5 mai, il y 
eut deux nouvelles professions : celle du prêtre 
François Reynier, nommé vicaire d'une paroisse 
dépendant de l'Ordre et celle du prêtre Laiirent 
Marguerier, docteur en théologie, originaire du dio- 
cèse de Sisteron et recteur de THospitalet, (com- 
manderie d'Avignon). Ce fut Claude Viany, prieur 
de Saint-Jean de Malte d'Aix qui présida cette cé- 
rémonie (i). 

Le 23 septembre 1686, Antoine Raybaud fut 
nommé notaire du Grand-Prieuré. C'était un homme 
de probité et ses ascendants avaient rempli cette 
même charge de père en fils. Il dressa un remar- 
quable inventaire des archives des Bouches-du- 
Rhône. Ce travail complété par Jean Raybaud, son 
fils et successeur, comprend une quarantaine de 
registres et rend tous les jours de précieux services 
aux travailleurs. Antoine Raybaud mourut en 
1722 (2). 

Pendant la tenue du Chapitre de 1687 présidé 
par le commandeur de Montpellier, Henri de Tho- 
mas de la Valette, eut lieu, le 7 mai, entre les mains 
de François Bec, prêtre collégial de Saint-Gilles, 



I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. Chapitres et Assemblées 
(1674-1686). Vol. XV. 

a. Note de Monsieur Joseph Foarnieri archiviste des Bonches-du- 
KhAne. 



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— 74 — 

la profession de Gaspard Espeaute, de Montfrin, 
pourvu de la sacristie de ce lieu. 

Comme assemblée extraordinaire des chevaliers 
tenue en dehors du Grand-Prieuré, signalons celle 
du 14 octobre 168S qui se réunit à Avignon dans la 
maison du duc Just-Joseph-François d'Ancezune, 
neveu du Grand-Prieur et qui fut présidée par ce 
dernier (i). 

Le 6 juillet 1689 fut enterré dans la chapelle des 
Hospitaliers le chevalier arlésien Gaspard de Ro- 
mieu. Il était né le 4 juillet 1643 et était le troisième 
fils de Charles de Romieu, sieur de Lirac, et de 
Pierrette de Grille. Il fut membre de l'Académie 
d'Arles, et il a traduit en vers français le célèbre 
morceau du père jésuite d'Augières : Diana arela- 
tensis régi (1683). A sa mort les Oratoriens sur la 
paroisse desquels il demeurait l'accompagnèrent 
jusqu'à la porte de la chapelle du Grand-Prieuré où, 
arrivés, ils s'arrêtèrent, sans entrer, et chantèrent 
le Libéra me. Les prêtres de l'Ordre achevèrent 
ensuite la cérémonie funèbre et l'ensevelirent (2). 

A rAssemblée du 8 novembre de cette année, 
Jean-Mathieu Brachet, docteur en théologie, pourvu 
depuis 1681 du rectorat de l'église Saint-Pierre de 
Châteauneuf de Mazenc, fit profession entre les 
mains de Jean-François Bec, prêtre-sacristain de 
Saint-Gilles. 

Cette cérémonie fut bientôt suivie de celle d'Ho- 
noré de Brès, curé de Pierlas, de la commanderie 
de Nice, faite par les soins d'Antoine Féraudy, 
prêtre de l'Ordre, au Chapitre de mai 1690. 

Le Grand-Prieur, qui présida cette réunion, 



T. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Chapitres et Assemblées 
(1687-1700). Vol. xvï. 
3 . L'abbé Rance. L'Académie d'Arles au XVII* siècle, i, p. a6, m, p. i8o. 



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- 75 - 

exposa que dans l'enclos qui se trouvait devant la 
maison prieurale de Saint-Gilles, il y avait une 
vieille église appartenant anciennement aux Tem- 
pliers, laquelle, profanée depuis longtemps, s'écrou- 
lait de jour en jour. Pour empêcher les habitants 
de prendre les pierres au fur et à mesure qu'elles 
tombaient, les chevaliers décidèrent la démolition 
du vieil édifice avec réserve d'employer les maté- 
riaux à la réparation de leur église collégiale de 
Saint-Gilles. 

A cette époque, le château et les terres de la 
Motte, sur la rive droite du petit Rhône, en face 
d'Albarbn, furent sur le point d'être acquis par 
l'Ordre de Malte. En eflfet, au Chapitre de mai 1691, 
le chevalier de Clermont, économe, exposa « que 
Sa Majesté avait fait mettre en vente le château et les 
terres de la Motte, que le château étant au mitan 
des terres dépendant duditprioré qui payent au roy 
comme seigneur dudit la Motte 18 livres d'al- 
bergue, et ayant encore jurisdiction sur les terres 
de Clairefarine, partie de la Fosse et Capette, il 
est à craindre que quelquesparticuliers ne faissent 
cette acquisition. Monsieur le marquisde Cavisson 
ayant déjà faict des offres, et que comme il ne se- 
roit guière séant que le bien de l'Ordre feut sujet 
à la justice et directe d'un autre seigneur que du 
roy, il croit qu'il seroit avantageux pour ledit Or- 
dre d'acquérir plutôt ladite terre et château :^. 
L'Assemblée décida d'écrire au Grand-Maître pour 
obtenir l'autorisation d'acheter ce domaine, et au 
bailli d'Hautefeuille, ambassadeur de TOrdre au- 
près du roy, pour surseoir aux enchères jusqu'à 
la réponse du supérieur majeur. Cette affaire n'a- 
boutit pas et le marquis de Calvisson ne tarda pas 
à devenir possesseur de la Motte. 



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-76- 

A ce même chapitre, le Grand-Prieur de Cade- 
rousse dit que le commissaire des poudres de sal- 
pêtre pour le roi dans le Languedoc lui avait écrit 
le 29 janvier de cette année et l'avait prié de laisser 
couper cinq ou six pins dans la Pinède d'Aigues- 
mortes pour la construction d'un moulin à poudre 
et qu'il avait autorisé le garde-terres François Colet 
de le satisfaire d'autant plus volontiers que le com- 
missaire n'avait pas voulu se servir du privilège 
qu'il avait de couper du bois partout où il voudrait. 

Le 19 mai 1691, Michel Taillefer, curé de Saint- 
Germain, paroisse de la commanderie de Millau, 
prit la croix d'obédience de l'Ordre et fit profession 
entre les mains de François Bec, prêtre-sacristain 
de Saint-Gilles. 

Au Chapitre du 4 mai 1692, le commandeur de 
Montpellier et Condat, Henri de Thomas la Valette 
fit don et remit « une chapelle d'argent composée 
d'une croix, six chandeliers, deux bras pour por- 
ter des flambeaux, un bassin et les burettes soubs ses 
armes desquelles il fait présent à l'église de Saint- 
Jean de Saint-Gilles soubs cette condition pour- 
tant que le sacristain du collège dudit Saint-Gilles 
seroit tenu de s'en charger et de la faire porter en 
cette ville au temps des chapitres, assemblées, le 
jour et feste sainct Jean Baptiste et autres f estes et 
services solemnelles qui ce fairont dans la chapelle 
de cette maison prioralle >. L'Assemblée accepta 
cette donation ; la chapelle fut pesée en présence 
des chevaliers André de Clémens et Sextius de 
Séguiran-Auribeau et remise ensuite au sacris- 
tain (i). 



I. Arch. des B.-da R. — Ordre de Malte. Chapitres et Assemblées 
(168 7- 1700). Vol. XTI. 



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— 77 — 

Peu de temps après le Grand-Prieur de Cade- 
rousse mourut à Arles, dans son Hôtel prieural, le 
24 juillet 1692. Il avait assisté à presque toutes les 
réunions de chevaliers de Malte qui s'étaient te- 
nues à Arles sous son règne et dont voici la liste : 
le Chapitre du 7 mai 1684 présidé par Jean- Augus- 
tin de Garnier-Rousset, commandeur de Saint- 
Christol où furent présents douze chevaliers et 
quatre prêtres ; l'assemblée du 6 novembre 1684 
par Jean-Baptiste du Mas de Castellane d'Allema- 
gne (i), commandeur du Plan de la Peyre, avec 
huit chevaliers et quatre prêtres présents ; celles 
des 6 mai, 21 mai, 5 novembre 1685 avec seize che- 
valiers, quatre prêtres et un servant d'armes (2), 
5 mai 1686 avec seize commandeurs, vingt-huit 
chevaliers, huit prêtres et un servant d'armes ; 
4 novembre 1686 avec treize chevaliers, un 
prêtre et un servant d'armes ; janvier 1687 
par le Grand-Prieur qui était aussi comman- 
deur de Saliers ; celles des 4 mai et 10 novem- 
bre 1687 par Henri de Thomas la Valette (3), com- 
mandeur de Montpellier, celle du 2 mai 1688 par 
Gaspard de Pontevès-Bargemont (4), commandeur 



X. Jean-Baptiste était fils de Jean-Loais da Mas de Castellane et de 
Françoise de Vieu. H mourut probablement à Toulouse le 7 août x686. 
Note de M, le baron du Roure, 

3. Les servants d*armes étaient les écuyers des chevaliers en temps de 
guerre et servaient dans les hôpitaux en temps de paix. Comtb E. F. db 
Grassbt : Essai sur le Grand-Prieur/ de Saint-Gilles, p. 9. 

3. Henri était fiJs d'autre Henri de Thomas la Valette et de Charlotte 
de Thomas. îl fut reçu chevalier à Manosque le 38 avril 1631. ïl mourut 
le 13 novembiC 1695. H fut enterré dans Téglise de la commanderie de 
Montpellier (Pctit-Saint-Jean), dans le sanctuaire, du côté de Tévangile. 
Ratbaud : Op. cit., u, p. 341. 

4. Gaspard était iils de Claude de Pontevès-Bargemont et de Margue- 
rite de Castellane. H fut grand commandeur, puis Grand-Prieur de Tou- 
louse le xd décembre 1704. Il mourut en Provence le 38 avril zjso. Nous 



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-78- 

dc Vaours ; celles des 8 et 9 novembre 1688, des 17 
janvier, 1*' mai, 7 novembre 1689, 7 mai, 5 novem- 
bre 1690, 18 janvier, 6 mai, 5 novembre 1691, 
14 janvier, 26 mars, i" avril, 4 mai 16912 par le 
Cîrand-Prieur, et celle du 2 juillet 1692 par Jean- 
Philippe de Soubiran-Arifat (i), commandeur de 
Capctte. 

Après la mort de Caderousse, les chevaliers qui 
avaient leur résidence dans la ville d'Arles élurent, 
le 7 août, lieutenant du Grand-Prieuré Philippe- 
Emmanuel de Renaud d'AUeins, commandeur de 
Durbans (2). 



rf prodiiiioni, aox Pièces justificatives, Tépitaphe qui se lisait dans l'église 
(le Malto lur ion cénotaphe. Ratbaud : Op. cit., ii, pp. 343-353 • 

I. Jcan-Phllippe était fils de Jacques de Soubiran-Arifat et d*Anne de 
Cfl«tclUne-Mazaugues. Il mouint à Arles en 1715. îl laissa 60 livres à la 
Charité d'Arlei. 

i» PhiUppe-Hinmanuel était fils de François de Renaud, seigneur d'Aï- 
lelns et autrei terres et de Jeanne de Porcelet. Il avait été reçu avec 
•on fr^ro Gilles en 1637. [Artbfbuil] : Op, cit., n, 307. 




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CHAPITRE VII 



SOMMAIRE : François de Morges-Venlavon, Grand-Prieur. 
— Mort de Jean de Quiqucran-Ventabren. — Visite cano- 
nique de 1690. — Profession de Jean-Louis Gai te. — Une 
partie des archives de Manosque à Arles. — Profes- 
sion d'Esprit Parret. — Les Martigues et les reliques du 
bienheureux Gérard. — Chevaliers morts sans sacrements. — 
Réunions au Grand-Prieuré. — Christophe de Baroncelli- 
Javon, Grand-Prieur. — Réparations au local des archi- 
ves. — Profession des prêtres Boissière et Dauthier. — 
Testament de ce dernier. — Visite canonique de 1703. — 
Profession du curé Roche et du chevalier Antoine de Sade. — 
Visite canonique de 1708. — Mort des chevaliers Melchior 
de Varadier et Pierre de TEstang-Parade. — Profession 
des curés Passeront, Espian et des chevaliers Charles 
de Clémens et Paul de Fortia. — Visite canoniquede 1713. — 
Profession du curé Ruât. — Mort du Grand-Prieur de 
Baroncelli et de son successeur César de Villeneuve. — 
Réunions au Grand-Prieuré. — Profession des curés Dau- 
phin et Rigordi. 




j^^^^RANçois de Morges-Ventavon, le nouveau 
Grand-Prieur, nommé le 1 1 août 1692, était 
fils de Jacques, seigneur de Ventavon et 
de Suzanne de Moustiers. Il avait été reçu 

le 24 avril 1625. Dans l'entreprise que fit le roi de 

France en 1661, contre Gigée, ville de Barbarie. 

alors que la religion lui fournit ses galères, il fut 



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— 8o - 

fait lieutenant du bataillon qui combattit sur terre. 
Plus tard il obtint la commanderie de Marseille. Il 
fut aussi receveur de l'Ordre pour la langue de 
Provence. Le 24 août 1691 il fut nommé grand com- 
mandeur. Comme il avait résolu de rester à Malte, 
Jean-Baptisite de Boffin-la-Saône, son petit-neveu, 
prit possession pour lui de THôtel Saint-Jean le 8 
novembre 1692 (i). 

Quelques mois plus tard, en octobre 1694, mou- 
rut au Grand-Prieuré où il demeurait le chevalier 
arlésien, Jean de Quiqueran de Ventabren, né le 
10 avril 1635, fils de Trophime et de Pierrette de 
Grille. Reçu chevalier le 29 novembre 1647, il de- 
vint commandeur de la Vernède (2). 

Le 10 mai 1696, François de Bausset, comman- 
deur de Condat, et François Bec, prêtre conven- 
tuel, sacristain de Saint-Jean de Saint-Gilles, visi- 
tèrent la maison prieurale. Ils remarquèrent du 
côté de la porte de la ville nommée Saint-Jean une 
grande galerie que le Grand-Prieur Jacques d'An- 
cezune-Caderousse avait fait bâtir sur un « relarg 
donné par la ville ayant vue sur le Rhône » (3). 
Cet emplacement de dix pans de largeur, joignant 
l'Hôtel au couchant, avait été cédé, sous certaines 
conditions, le 27 mai 1685, pour de nouvelles cons- 
tructions (4). 

Cette même année 1696, le 6 novembre, Jean- 
Louis Galte, prêtre de TOrdre, recteur de la Ro- 
quebillière, paroisse de la commanderie de Nice, 



I. Ratbaud : Op. cit, n, pp. 340-343. 

3. Archives hospitalières d'Arles : Mémoires domestiques de FratiçoiS 
de Quiqueran de Ventabren. Liasse 11 H 14, 

3. Arch. des B.-du-R. — Fonds de l'Ordre de Malte. Visites. VoU 

XXXVI. 

4. Arch, Munie. d'Arles. — Délibérations. BB. vol. 38, fol. 43 v*. 



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— :8i — 

prononça ses vœux pendant la tenue de l'assem- 
blée, présidée par le commandeur de Capette, Jean- 
Philippe de Soubiran-Arifat. 

On trouve quelquefois dans les délibérations 
trace des préoccupations des chevaliers pour leurs 
archives. En voici un autre exemple : 

Le commandeur de Renneville, Sauveur de 
Foresta-Collongue, délégué par ses confrères pour 
retirer de Manosque de vieux papiers, raconta au 
Chapitre du 5 mai 1697 le résultat de ses démar- 
ches. Il était allé dans cette ville, une première 
fois le 12 août 1693, une seconde le 22 mars 1697 et 
n'avait trouvé aucune altération aux scellés des 
cinq ballots d'archives qu'il avait préparés, mais 
n'ayant pas eu à sa disposition de charrette pour 
les faire parvenir à Arles, il était retourné à Ma- 
nosque quelques jours après, le 25 avril, et avait 
rapporté de son voyage six caisses de papier dont 
une contenait divers manuscrits des homélies des 
Pères et des Livres d'église. Les chevaliers décidè- 
rent de sceller cette dernière aux armes du Chapi- 
tre (i) et de renvoyer à Malte par les soins du che- 
valier Jean-Baptiste de Boffin-la-Saône ; quant aux 
cinq autres le Conseil porta d'en faire dresser Tin- 
ventaire par le secrétaire du Grand-Prieuré, en 
présence du chevalier Melchior de Varadier. 

A cette même réunion, Esprit Parret, prêtre de 
l'Ordre, recteur de la paroisse de Poét Laval, lit 
ses* vœux, le 7 mai 1697, entre les mains de François 



t . Ce sceau représentait TAgneau pascal et portait en exerp:ae : SigiU 
lum fratrum prioratus Sancti Egidii Sancti Johannis Hierosoîimitani, Il 
fut fait vers le milieu du xiv* siècle et servit jusqu'à la Révolution. 
Ra.TBAi3o : Op, cit,, ii, p. 364. H n'est pas rare de trouver l'Agneau pas- 
cal dans les sceaux ou les armoiries. C'est ainsi que le Chapitre métro- 
politain d'Aix porte : de gueules à VAgnus Dei d* argent » 



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— 8a- 

Laugeiret, infirmier de Saint-Jean de Saint-Gilles. 
A cette époque les habitants du Martigues dési- 
raient des reliques du fondateur de l'Ordre des 
Hospitaliers. Elles étaient déposées dans la cha- 
pelle du château de Manosque depuis que les che- 
valiers avaient été contraints de quitter Rhodes en 
1522 (i). Dans l'assemblée tenue au Grand-Prieuré, 
le 4 mai 1698, le commandeur de Condat, François 
de Bausset, qui était originaire de la petite Venise 
provençale, demanda et obtint pour ses concitoyens 
des ossements du bienheureux Gérard. 11 s'obligea, 
à cet effet, à faire confectionner une châsse et à 
établir une fête en son honneur. Mais cette faveur 
ne fut accordée aux Martigaux qu'en 1728 par le 
Grand Maître Antoine-Emmanuel de Vilhena sous 
le bailli arlésien Jean- Augustin de Grille. Un prêtre 
de rOrdre, Michel Fougasse, délégué par le bailli, 
se rendit à Manosque, accompagné des consuls et des 
notables du Martigues, le 1 1 avril de la même année. 
On tira de la caisse où ces reliques étaient dépo- 
sées, Tos du bras gauche que Ton remit aux dépu- 
tés. Les habitants de Tlle le reçurent en procession et 
au milieu de la joie et des acclamations publiques. 



t. < L'authenticité des reliques da Bienheureux Gérard a été contes- 
tée par Damase Ârbaud qui exprime ses doutes à la fin d'une notice sur 
Gérard Tenque, publiée dans le Plui arque provençal ^ (i, 337). M. le cha- 
noine Féraud, après avoir suivi l'opinion commune (Histoire de Manos^ 
que, p. 467 et sq.) s'est rallié à celle de l'crudit Manosquin dans une étude 
spéciale intitulée : Les saintes reliques de la chapelle du château de Manos-» 
que, (in-8« de 36 p. Digne 1885) >. Mais elle a été soutenue par Tabbc 
Ândrieu, dans son Histoire religieuse et hagiologique du diocèse de Digne, 
dans le chapitre intitulé : Les reliques de saint Gérard Tenque à Manos- 
que, paru tout d'abord dans le Bulletin de la Société scientifique et htté^ 
r aire des Basses- Alpes, \ome\ (1891-1892) p. 381. Avant eux Jean Ray- 
baud ^O/. cit,^ ^iJÇ-'foJ avait dit, en s'appuyant sur les Archives de 
l'Ordre, que ces reliques étaient celles d'un saint de même nom mais non 
pas celles du fondateur des Hospitaliers. Cette dernière opinion parait la 
plus probable. 



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-83- 

Ferrières et Jonquièresjaloux eux aussi de posséder 
quelques ossements de leur compatriote eurent en 
partage, le i8 décembre suivant, deux os considé- 
rables des côtes (i). 

A cette même assemblée du 4 mai 1698 le cheva- 
lier de Bausset qui présidait, comme plus ancien 
chevalier, transmit aux Religieux un ordre venu 
du Grand-Maître et qui enjoignait aux Comman- 
deurs de résider sur les terres de leur bénéfice. 

A la réunion du 10 novembre suivant, Joseph- 
Thomas de Merles-Beauchamp (2), bailli de Manos- 
que et commandeur d'Aix qui présidait, donna 
communication d'un avis arrivé de Malte. Le 
Grand-Maître, Raymond de Perellos avait appris 
que deux Religieux restés longtemps sans recevoir 
les sacrements étaient morts à Aix sans mettre or- 
dre à leurs consciences. Il déplorait ce malheur, 
accusait ce manque de charité et finalement exhor- 
tait les chevaliers à mener une vie vraiment chré- 
tienne (3). 

Le Grand-Prieur, François de Morges-Ventavon 
dont la vie avait été remarquable par la douceur 
des mœurs et par une grande foi, mourut à Malte 
le 22 février 1699 et fut enseveli dans la nef de 
réglise Saint-Jean où le chevalier Jean-Baptiste de 
Boffin la Saône, son petit neveu, lui fit dresser une 



£. Arch. des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Ckap. et Ass. (1687-1700). 
Vol. XVI. — De Haitzb : Histoire de la vie et du culte du B, Gérard 
Tendue, Aix, 1730. — L'abbé Fbraud : Histoire de Manosque, pp. 471-473. 

2. Joseph-Thomas était fils de Joseph-André de Merles-Beauchamp, 
citoyen d'Avignon, et de Catherine de Berton-Crillon. Le 16 janvier 
1696 il fat nommé bailli de Manosque. Il mourut en 170% Raybauo : 
O/. «A, n, pp. 343^^45. 

^ Arch. des B.-du-R, — Ordre de Malte. — Ckap, et Ass. (1687-1700) 
YoU xri. 



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-84- 

épitaphe que nous reproduisons aux Pièces justifia 
catives. 

Il s'était tenu au Grand-Prieuré, sous le dernier 
titulaire, les réunions suivantes : celle du 7 août 
.1692 présidée par Philippe-Emmanuel de Renaud 
d'Alleins, commandeur de Durbans, comme plus 
ancien, celle du 10 novembre 1692 par Jean-Phi- 
lippe de Soubiran-Arifat, celle du 3 mai 1693 par 
Charles de Glandevès-Cuges (i), commandeur de 
Puysubran et de Sainte-Luce, lieutenant du Grand- 
Prieur, celle du i^juin 1693 par Jean-Philippe de 
Soubiran-Arifat, celle du 9 novembre 1693 par 
Charles de Glandevès-Cuges, celle du 5 décembre 
1693 par Philippe-Emmanuel de Renaud d'Alleins, 
celle du 2 mai 1694 par Henri de Thomas la Va- 
lette, commandeur de Montpellier, comme plus 
ancien, celles des 8 novembre 1694, 31 janvier, 
I" mai, 7 novembre 1695 par Charles de Glandevès- 
Cuges, celle du 7 mai 1696 par Philippe-Emmanuel 
de Renaud d'Alleins, celle du 5 novembre 1696 par 
Jean-Philippe de Soubiran-Arifat, commandeur de 
Capette, celles des 5 mai, 4 novembre 1697, 4 ^^^ 
1698 par François de Bausset, celle du lo novem- 
bre 1698 par Joseph-Thomas de Merles-Bauchamp, 
bailli de Manosque, commandeur d'Aix. 

Le Grand-Prieuré fut conféré le 23 février 1697 à 
Christophe de Baroncelli-Javon. Il était fils de 
Georges de Baroncelli, seigneur de Javon, et de 
Marguerite de Fortia-Montréal et avait été reçu 



X. Charles était fils de Jean-Locis- Antoine de Glandevès-Cuges et de 
Marguerite de Félix la Reynarde. H fut mêlé à tous les troubles de la i 

Fronde à Marseille. Il fut lieutenant du Grand-Prieur de 1693 (39 jan- | 

vier) jusqu'en 1697, époque à laquelle il partît pour Malte. En 1704 il ; 
devint grand-commandeur. U mourut à Malte le 9 septembre 1708. ' 

Voir aux Pièces justificatives^ l'épitaphe qui décorait son tombeau. | 
Ratbaud : O/. eit.y 11, pp. 341-346. Baron du Roum : O/. cit,, p. 977» 1 



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-85- 

chevalier le 4 mai 1633. En 1648 il avait fini ses 
caravanes et se disposait à faire ses vœux. Dans 
une lettre à son père, à son frère et à son oncle, 
datée du 31 mars, il donne ces détails sur la famine 
qui guettait Malte à ce moment : « Je vous dirai 
comme nous sommes réduits à la faim et que nous 
n'avons pas du blé pour huit jours et que si Dieu 
ne nous en envoie de quelque endroit nous som- 
mes pour patir très tous et qu'on ne trouve pas 
seulement de la viande et que si vous voulez un 
poulet il vous coûte quarante ou cinquante soûls ; 
il n'y a plus moyen de vivre en ce pays et tout a 
renchéri de la moitié depuis que j'y suis (i). 

11 était commandeur de Sainte-Eulalie quand la 
grande commanderie lui fut donnée le n août 1692. 

Christophe de Baroncelli-Javon résolut de rester 
à Malte comme son prédécesseur ; il se contenta de 
prendre possession du Grand-Prieuré par procu- 
reur le 4 mai 1699, et il nomma pour son. lieutenant 
François de Bausset. 

Le dépôt des archives du Grand-Prieuré deman- 
dait à être complété, des réparations devenaient 
urgentes, les commandeurs François de Bausset, 
Sauveur de Foresta-Collongue et le chevalier An- 
dré de Clémens (2) dressèrent un devis qui fut ap- 
prouvé à Malte et exécuté. En conséquence, des 
armoires furent construites sur le modèle de celles 
de la sacristie de Saint-Trophime d'Arles, les dé- 
penses s'élevèrent à 1500 livres. Les Raybaud, père 
et fils, furent chargés du rangement de tous ces pa- 



X. Masée Calret, à Avignon — Ms. aa^6 : Archives de Javott, m. 

3. André était fils d'Antoine, capitaine d'infanterie, et de Marguerite 
de Vincens-Causans. Quatre de ses frères : Louis, Jean-Baptiste, Joseph 
et Charles furent aussi chevaliers de Malte. [Artifauil] : O/. cit., 
1,269. 



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-86 — 

pîers moyennant la somme de 1500 livres mais ils 
devaient hâter leur travail et on leur adjoignit 
deux écrivains pour qu'ils eussent terminé au moins 
avant le 15 novembre 1702. C'est à la réunion 
d'automne 1700 que cette délibération fut prise, on 
décida aussi qu'à l'avenir, afin d'éviter de nouvel- 
les dépenses, le Grand-Prieur confierait la garde 
des archives à un prêtre qui recevrait annuelle- 
ment pour ses peines, la somme de 466 livres, paya- 
ble par semestre et fournie, savoir : 16 livres par 
le Grand-Prieur, 12 par le bailli de Manosque, 9 
par chaque chevalier possédant commanderie, et 
6 par chaque prêtre ou frère servant d'armes. Le 
premier <c archivaire » choisi fut le prêtre conven- 
tuel, Jacques Grossy, docteur en droit canon, 
nommé le 30 mars 1700. Il était fils de Guillaume 
qui fut deux fois consul d'Arles et d'Anne Brise- 
pan. Il était né sur la paroisse Saint-Julien le 
29 février 1669 (i). 

En 1702 deux professions eurent lieu dans la 
chapelle du Grand-Prieuré : la première fut celle 
de Jean-Antoine Boissière, prêtre-sacristain de 
Montfrin, qui émit ses vœux le 9 mai entre les 
mains de Jean-Baptiste Baron, prêtre, infirmier de 
Saint-Gilles ; la seconde fut celle d'Etienne Dau- 
thier, prêtre du diocèse de Glandevès, qui résidait 
à Arles. Le commandeur de Sainte-Luce, Charles 
de Glandevès, Tavait nommé, le 15 avril 1702, au- 
mônier de sa chapelle. Il fit profession pendant la 
tenue de l'assemblée d'automne entre les mains de 
Jacques Grossy (2). Avant d'émettre ses vœux il 



X. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Ckap, et Ass, (1687-1700). 
Vol. XVI. — Dossier, n« 563 , 

a. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Chap, et Ass, (1701-1734). 
Vol. xvn. 



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-87- 

fit son testament qu'il écrivit de sa propre main. Il 
est conçu en ces termes : « Au nom de Dieu soit. 
L'an mille sept cents deux et le septième novembre 
je Estienne d'Authier, prêtre^ pourveu du service 
de la chapelle Sainte-Luce estant en santé en mes 
bons sens j'ay vouleu avant faire ma profession 
régulière dans Tordre de Saint iean de ierusalem 
en conformité de l'obligation qui m'a été imposée 
par provisions dudit service à moy accordées par 
Monsieur illustricime grand commandeur disposer 
de mes biens par ce présent testament solemnel 
que ie fais comme s'ensuit après m'estre muni du 
signe de la sainte croyx recommendé mon âme à 
Dieu, aux prières de la glorieuse vierge Marie, aux 
saincts et sainctes du paradis, je lesse la disposition 
de mes funérailles et sépulture à la volonté de mes 
supérieurs ». Il institue ensuite héritier Antoine 
Charbonnier, procureur au siège d'Arles, à condi- 
tion qu'il rendra son héritage après sa mort, à celui 
de ses parents qu'il lui désignera. A cet acte furent 
présents : Nicolas Gros Boussicaud, prêtre et cha- 
noine de la Major ; Barthélémy Guibert, diacre ; Jean 
Combe, avocat ; Gaspard Alivon, fils de Jean, avo- 
cat ; Charles Brocard, notaire ; Pierre Borel et Joseph 
Martin. Le testament fut reçu par Raybaud, notaire. 
Cette même année le Grand-Prieuré fut soumis à 
la visite réglementaire. Elle fut faite le ii décem- 
bre par François de Coriolis (i), commandeur de 
Millau, et Louis Jouvène, prêtre conventuel. Leur 
rapport indique que le sanctuaire de la^ chapelle 
était séparé de la nef par « un treillis de fer tra- 



I. François était fils d'Honoré de Coriolis et d'Elisabeth de Villeneuve. 
Il fat plos tard commandeur de Trinquetaille. Deux de ses frères, Lan* 
rent et Louis, forent chevaliers de Malte comme lui. [ârtefeuil] : Op, 
cit, 1, z86. 



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— 88 — 

vaille fort proprement :&. Une fenêtre du côté de 
répître donnait du jour dans le sanctuaire, deux 
autres du même côté éclairaient la nef. Au-dessus 
du tabernacle du maître-autel on voyait la Tête du 
Seigneur peinte dans un petit tableau à cadre doré 
et, plus haut, un autre grand tableau représentait 
la Décollation de saint Jean-Baptiste, reproduction 
d'une peinture de l'Oratoire de Malte. L'autel laté- 
ral n'avait ni pierre sacrée, ni nappes parce qu'on 
n'y disait jamais la messe. Toutefois au-dessus était 
une toile figurant la sainte Vierge et saint Jérôme. 
Le bénitier, en marbre, était près dé la porte. 
Trois « banques » de noyer se trouvaient Tune à 
côté du bénitier, les autres au fond de la nef. A 
cette époque on célébrait rarement la messe dans 
la chapelle. Les commissaires visiteurs notèrent 
aussi la bonne tenue des archives confiées aux bons 
soins de Jacques Grossy (i). 

Il faut aller jusqu'au Chapitre de 1705 pour trou- 
ver un fait digne d'être mentionné. Le 5 mai Jean- 
Baptiste Baron, sacristain de Saint-Gilles, admit aux 
vœux de religion Pierre-Jean Roche, nommé rec- 
teur de Lardiers, membre dépendant de la com- 
manderie d'Avignon. 

Une cérémonie du même genre eut lieu le 
4 mai 1706 au Grand-Prieuré. Le chevalier novice 
Antoine de Sade, d'Eyguières (2), fut reçu à la 
profession par Jean-Philippe de Soubiran-Arifat, 
commandeur de Capette, près de Saint-Gilles, à 
la messe dite par Antoine Augarde. Le notaire 
Antoine Raybaud dressa Tacte de cette consé- 



I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Visites. Vol. zzxix. 

a. Antoine était fils de Guillaume de Sade, seigneur d'Eyguières, bril- 
lant homme de guerre, et d'Isabeau d'Abeille. Il mourut commandeur de 
la CapeUe en Quercy. [Artbfbuil] : Op, cit., ii, 371, 



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-89- 

cration à laquelle assistèrent Jean Combe, avo- 
cat, et Jean Féraud. L'année suivante, le 8 no- 
vembre, cette fête se renouvela pour Jean Chastàn, 
prêtre de Thoard, recteur de Vinon, dépendant de 
la commanderie d'Aix, nommé depuis le 4 octo- 
bre 1703 par Joseph-Thomas de Merles de Beau- 
champ, ancien commandeur d'Aix. 11 émit ses 
vœux entre les mains d'Antoine Augarde (i). 

Des commissaires avaient été choisis le 5 mai 
1707 pour visiter le Grand-Prieuré : ils durent 
retarder leur venue à cause des inondations du 
Rhône. Lorsque les eaux se furent retirées et le 19 
octobre, Joseph de Laydet de Calissane (2), com- 
mandeur de Caubins, Morlas et Barbentane et Mi- 
chel Fougasse, prêtre conventuel, assistés du com- 
mandeur Joseph de Rolland-Réau ville (3), procu- 
reur du Grand-Prieur absent, et du notaire Joseph 
Segond, accomplirent leur mission. Voici quelques 
particularités de cette visite. Dans la chapelle, la 
niche au-dessus du maître-autel était dorée, et der- 
rière elle se trouvait un tableau représentant la 
sainte Vierge, plus deux autres plus petits dont l'un, 
à droite, figurait le Baptême de Notre-Seigneur par 
saint Jean et, le second, à gauche, saint Thomas. 
Au-dessus on voyait encore deux toiles : sur la 



X. Archives des Bouchcs-du-Rhône. — Ordre de Malte. — Chapitres 
et Assemblées (1701-1784). Vol. xvfl. — Dossiers n*« 514 et 515. — Antoine 
était fils de Jacques Augarde, bourgeois, et de Françoise Cannât. Il na- 
quit et fut baptisé à Arles le xx mai 1666. Son frère Jean Augarde, dont 
nous parlons plus loin^ fut aussi chapelain de l'Ordre. 

2. Joseph était fils de Pierre de Laydet, conseiller au Parlement et de 
Lucrèce de Chàteauneuf. Son frère Jacques fut également chevalier et 
commandeur. [AktbfsuilJ : Op. cit,, 11, ^3. 

3. Joseph de Rolland-Réauville était fils de Claude, président de la 
Chambre des Comptes au Parlement de Provence, et de Gabrielle de 
Tertulle, [A»tbfbuilJ : Op. cit., u, 336. 



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— 90 - 

première était peinte le Sauveur du Monde et sur 
l'autre la Décollation de saint Jean-Baptiste, 

Dans la nef, du côté de Tévangile, la chapelle, 
pratiquée dans la muraille, se composait d'un petit 
autel garni de sa pierre sacrée mais sans orne- 
ments, attendu son humidité, et d'un tableau for- 
mant rétable dont le sujet était « Notre-Dame et 
Saint Hierosme^. Plus bas, du même côté, toujours 
dans répaisseur de la muraille, se trouvait le tom- 
beau de Melchior Cossa, grillé de fer, avec l'ins- 
cription plutôt payenne que l'on sait. Cette cha- 
pelle était tapissée de toile peinte. Dans la nef du 
côté de l'évangile étaient placés quatre grands ta- 
bleaux à cadres dorés représentant des paysages, 
chose étrange pour une église. La fenêtre de la sa- 
cristie donnait dans une cour, elle était grillée et 
vitrée ; dans la muraille se trouvait une armoire 
pour les ornements et les vases sacrés. 

Quant à l'Hôtel lui-même, il embrassait deux 
« quartiers » : l'un sur le Rhône, pour Tété, et l'au- 
tre, sur la rue, pour l'hiver. Le prêtre-archiviste 
Jacques Grossy fit visiter aux commissaires la 
grande salle des archives, éclairée par cinq fenê- 
tres, au milieu de laquelle était posée une longue 
table. Les vieilles archives étaient en bas dans un 
petit cabinet. Parmi les meubles il y avait la grande 
chaire prieurale et parmi les tableaux celui repré- 
sentant le Grand-Maître Verdale (i). 

Peu de jours après le départ des inspecteurs, on 
enterrait au Grand-Prieuré Melchior de Varadier, 
fils de Louis et de Marguerite de Seitres, mort le 
28 octobre 1708 sur la paroisse Sainte-Croix, à 61 
ans. Il fut enseveli le lendemain à 3 heures du soir. 



I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Visites, Vol. XL. 



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— 91 — 

Lorsqu'il mourut il était recteur de la Charité 
d'Arles. A ses obsèques asssistèrent le clergé de sa 
paroisse et treize autres prêtres, 

L'année suivante décéda un autre chevalier de 
Malte arlésien, Pierre-Joseph de TEstang-Parade, 
fils de Jacques et d'Isabeau de Sade. Il mourut, sur 
la même paroisse, le 15 octobre 1709, à 7 heures du 
soir. Comme son corps était gangrené et exhalait 
une puanteur si horrible qu'on ne pouvait Tabor- 
der, on le porta secrètement et sans aucune solen- 
nité dans la chapelle Saint-Jean ; il n'était accom- 
pagné que de trois prêtres de la paroisse. Il n'avait 
jamais fait profession. Sa conduite privée fut loin 
d'être exemplaire. Il noua des relations adultères 
avec Thérèse de Meyran d'Ubaye, pour lors femme 
de Louis du Port. Il en eut un fils, élevé incognito 
sous le nom de Renoard, qui entra dans les Ordres 
avec dispense d'illégitimité et prit plus tard (1726) le 
nom de du Port. Il occupa la de dignité de primicier du 
Chapitre de Saint-Trophime (i). Peu après la mort 
de son père, il reçut une lettre de l'abbé Charles 
Véran, datée de Malte, le 3 décembre 1709, disant : 
« Monsieur, 

« Mon frère m'a fait sçavoir la mort de Monsieur 
le chevalier de Parade. J'en ay été véritablement 
afligé. J'ay perdu en luy un amy que j'estimois et 
par son mérite et par les bontés dont il m'avoit 
donné des marques bien sensibles dans le dernier 
voïage qu'il a fait icy il y a deux ans. Soumetons- 
nous à la volonté du Seigneur et prions pour le 
le repos de son âme » (2). 



I. Biblioth. municip. d'Arles. — Mss. 2^ et }oo: Nobiliaire de la ville 
d'Arles, de l'abbé Bonnemant. 

3 . Archives du château de Barbegal. — Lettre autographe de Vahhé Véran 
à Pahbé Duport. 



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— 9^ _ 

En 1710, le ic novembre, Antoine Augarde; 
prêtre, reçut dans la chapelle du Grand-Prieuré, 
rémission des vœux de Antoine-François Passeroni, 
nommé curé de la Roquebillière près de Nice, peu 
auparavant (24 juillet 1710, not. Seguin à Marseille) 
par Gaspard de Glande vès d'Aubignosc, comman- 
deur de Marseille. L'année suivante, le 9 novembre 
171 1, il admit à la profession religieuse François 
Espian, curé de Saint-Nazaire, dépendant de la 
commanderie de Grésans. 

Le !•' mai 171a, il célébra la messe à laquelle le 
chevalier novice Charles de Clémens Ventabren 
prononça ses vœux par devant Gaspard de Glan- 
devès d'Aubignosc. Le lendemain, 2 mai, un autre 
chevalier, Paul de Fortia-Montreal, émettait les 
siens par devant Jean-Charles de Lauris-Taillade, à 
la messe dite par Jean-François Raybaud. Paul de 
Fortia était né le 5 juillet 1670. Il était fils de Gas- 
pard et de Françoise de Nogaret de Calvisson (i). 

La visite de THôtel prieural eut lieu de nouveau 
en i7i3.Elle fut faite par Jean-Baptiste de Gombert 
de Saint-Geniès, commandeur de Gap (2), et par 
François Rebuffat, prêtre, commandeur de Roque- 
brune, qui étaient accompagnés du notaire Jean 
Raybaud, comme secrétaire. Après avoir couché à 
Montpellier, le 25 mai, ils allèrent à Aiguesmortes 
où se trouvait une maison appartenant au Grand- 
Prieuré. Ils y étaient attendus par le chevalier André 
de Grille, procureur du Grand-Prieur. Ensemble 
ils vinrent à Arles et, le 2 juin, ils visitèrent l'Hôtel 



I. Arch. des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Chap, et ass. ('lyoz- 
/7a-/). Vol. XVII. — Dossier généalogique, n' 151. 

a. Jean-Baptiste était fils de Scipion de Gombert et de Madeleine de 
CorioUs. n devint, en oatre, capitaine de frégate. Généalogie manuscrite 
de la famille. 



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— ^93- 

prieural. Ils furent reçus solennellement à la porte 
de la chapelle par Jacques Grossy, prêtre conven- 
tuel. Ils remarquèrent que le tabernacle du maître- 
autel était doré en dehors et orné de sculptures ; 
au dedans il était doublé de taffetas rouge. Au-des- 
sus était une niche pour l'exposition du Saint- 
Sacrement. Parmi les objets précieux qu'ils virent 
il faut citer un encensoir d'argent aux armes du 
Grand-Prieur de Forbin, deux petits reliquaires, 
une lampe d'argent avec sa chaîne de même métal, 
une chasuble et un devant d'autel de damas blanc 
aux armes du Grand-Prieur de Sellions, une cha- 
suble et un devant d'autel de taffetas cramoisi aux 
armes du Grand-Prieur de Guarrané, une chasuble 
et un devant d'autel de camelot violet aux armes du 
Grand-Prieur de Forbin. Dans l'Hôtel, parmi les 
meubles qu'ils mentionnèrent il n'y a à retenir que 
six tapis de Rhodes, la grande chaire du Prieur, 
une tapisserie, en dix pièces, représentant l'histoire 
d'Elie, une autre, en huit pièces, figurant le sacrifice 
d'Abraham, douze tableaux des empereurs romains, 
la plupart « rompus >, cinq du siège de Malte, un 
de la bataille de Lépante, et les six portraits déjà 
mentionnés du Grand Maître de Verdale et des 
derniers Grands-Prieurs (i). 

Vers la fin de cette année 1713, le 9 novembre, 
Jean Ruât, curé de Saint-Sauveur de Ginestous, de 
la commanderie de Gap Francès, près de Mende, 
fut admis à la profession, dans la chapelle prieu- 
rale, par Antoine Augarde. 

Le Grand-Prieur Christophe de Baroncelli mou- 
rut le 10 mai 1714, sans avoir résidé à Arles pen- 
dant la durée de sa haute charge. Les assemblées 



I. Ârch. munie. d'Arles.-^ Fonds d« Malte non classé. -> Visites de tjJ^t 



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— 94-^ 

des chevaliers s'étaient tenues néanmoins régu- 
lièrement au Grand-Prieuré, ce sont celles des 3 
mai 1699, 2 mai (i), 8 novembre 1700, i"*' mai, 7 
novembre 1701, 7 mai, 6 novembre 1702, 6 mai, 9 
novembre 1703, 4 mai, 10 novembre 1704, 3 mai, 9 
novembre 1705, 2 mai 1706, présidées par François 
de Bausset, commandeur de Condat ; celle du 8 
novembre 1706 par Jean-Philippe de Soubiran-Ari- 
fat, commandeur d'Aix, comme plus ancien ; celles 
des I" mai, 7 novembre 1707, 6 mai 170S par Fran- 
çois de Bausset, celle du 6 novembre 1708 par Jean- 
Philippe de Soubiran-Arifat, celle du 5 mai 1709 
par François de Bausset; celle du 4 novembre 1709 
par Marc-Antoine de Puget-Barbentane, comman- 
deur de Beaulieu, comme plus ancien (2) ; celle du 
4 mai 1710 par Jean-Philippe de Soubiran-Arifat, 
celle du 10 novembre 17 10 par César de Villeneuve- 
Beauregard (3), commandeur de Cavales, comme 
plus ancien, celle du 3 mai 1711 par Jean, des com- 
tes de Vintimille-Montpezat, commandeur de Gré- 
sans (4), celle du 9 novembre 1711 par Jacques de 
Quiqueran-Beaujeu, commandeur de la Favillane, 
comme plus ancien (5) ; celle du i*' mai 1712 par 



1. Le 16 juillet suivant une assemblée extraordinaire de chevaliers se 
réunit à Aix, sous la présidence de François de Bausset. 

a. Marc-Antoine était fils d'autre Marc-Antoine de Puget-Barbentane 
et de Charlotte de Mistral-Montdragon. 

3. César était fils de Barthélémy de ViUeneuve-Beantegard et de 
Catherine de Demandols. Il fut baptisé k Fayence (Var) le i6 mai 1645. 

£. DB JuiGNé DB LaSSIGNT .' O/. cit. I, I94. ^ ' ' ^^ 

haronîuRoure ^^' "^^ ^°^"^ '* ^"^ Françoise d'Arnaud, ^ote de M, le 

naaukrArî.t'i^''''^'î''f,° '*'^* ^^' d'Honoré et de Thérèse de Grille. Il 
PaKto^n! H n"- ^^'^^'' '^5^- ^ vingt.deux ans H délivra son oncle 
illu^é^X^^^ ^ Constantinople,en le 

îaisant évader. Il fut aussi, en 1712, commandeur d'Astros, commandant 



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— 95 — 

Annibal de Seguiran, commandeur du Plan de la 
Peyre (i). 

Le 12 mai 1714, le Grand-Prieuré fut conféré à 
César de Villeneuve-Thorenc qui prit possession, 
par procureur, le 30 août suivant. Il était fils de 
Claude et dlsabeau de Martin-Puilobier. Reçu 
chevalier en 1639, il avait fait profession en 1650. 
Dans la suite il devint commandeur de Saliers, de 
la Chapelle et de Montpellier. Le 17 janvier 1712 il 
avait fondé la commanderie de Thorenc et lui avait 
assigné 4000 livres de rente (2). 11 nomma pour son 
premier possesseur Pierre de Tibaud-Saves, com- 
mandeur de Canabières (3). César avait obtenu la 
grande commanderie le 26 avril 1713. Après sa pro- 
motion au Grand-Prieuré il nomma pour lieute- 
nant le commandeur Annibal de Seguiran qui exer- 
çait cette charge sous son prédécesseur. 11 resta à 
Malte où il mourut le 14 octobre 1716. Nous rap- 



des gardes de la mariae à Toulon et mournt dans cette ville le 31 mars 
1714. 

n a été publié à ce sujet ; Action héroïque de Jacques de Quigueran de 
Seaujeu, chevalier de Malle, fils d'Honoré et de Thérèse de Grille, — 
Récit en vers déclamé par M. André Bœuf, élève de l'école secondaire 
communale dans les exercices littéraires qui ont précédé la distribution 
solennelle des prix le 33 août x8o8. Dédié à M. de Grille, maire de la 
▼ille d'Arles. — Arles, de l'Imprimerie de Gaspard Mesnicr, place N.-D. 
la Major, n« 54, x8o8, n p. in-4». — Baron do Rocrb : Op, cit., p. 835. 

X. Annibal de Seguiran était fils d'Henri et d'Anne de Paget. Le xi 
avril 1713, il fut nommé lieutenant du Grand-Prieur. Il fut commandeur 
de Puimoisson de X712 à X7x8, et eut la charge de chef d'escadre des 
£^alères du roi. Il résidait à Marseille. Maurel (abbé) : Histoire de 
Puimoisson, p. 389. 

3. Les conditions de celte fondation sont très explicitement énumérces 
dans Ratbauo : Op. cit. y n, pp. 347-348. 

3. Pierre était fils d'autre Pierre de Tibaud de Tisati, seigneur de Sa- 
-ves, citoyen d'Aix^ et de Françoise de Martin Puilobier. Il était com^» 
mandeur d'Aix quand il fut nommé grand commandeur le i<' juin 1733. 
Il mourut à Toulouse le ^ octobre 1734. Raybauo : Op» cit., u, 
p. 257. 



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-96- 

portons, aux Pièces justificatives ^ Tépitaphe qui se 
lisait sur son tombeau (i). 

On vit au Grand-Prieuré, alors qu'il était en 
charge, les réunions des 7 novembre 1712, 7 mai, 
6 novembre 1713, 6 mai 1714, présidées par Annibal 
de Seguiran, devenu commandeur de Puimoisson, 
celle du 5 novembre 17 14 par Jacques de Georges- 
Taraut, commandeur de la Tronquière (2), celles 
des 5 mai, 4 novembre 1715 par Annibal de Segui- 
ran, et celle du 3 mai 1716 par Jacques de Georges- 
Taraut, devenu commandeur de Saliers. 

Pendant ces deux années deux professions eui'cnt 
lieu dans la chapelle Saint- Jean du Grand-Prieuré, 
par les soins de Jean-François Raybaud, prêtre 
conventuel, dont nous retrouverons, plus loin, le 
nom. La première fut celle de Jean-Baptiste Dau- 
phin, prêtre de Régusse, nommé le 5 février 17 16, 
curé de Vidauban par Gaspard de Glandevès d*Au- 
bignosc, commandeur de Marseille, la seconde, 
celle de Jean-Baptiste Rigordi, nommé curé de 
Régusse. 



I. Raybaud : Op. cif., ii, pp. 346-350. 

3. Jacques de Georges venait d'être nommé commandeur de Saliers. 
Le 10 mai 1719 il devint bailli de Manosque U était fils de Louis et de 
Blanche Varadier. Il mourut à Nimes en 1731. Raybaud : Op. cit., n, 
pp. 253.355. 



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CHAPITRE VIII 



SOMMAIRE : Les trois Grands-Prieurs Richard de Sade- 
Mazan, Joseph de Félix la Reynarde et Félix de Grimaldy. 

— Profession des curés Gleize et Julien. — Peste de 172 1. — 
Jean Raybaud. secrétaire. — Profession des deux prêtres 
Moutet et Seaume et de François-Louis de Varadier. — 
Règlement pour les obsèques des chevaliers. — Mort du 
prêtre Jouvène. — Incident à l'enterrement du prêtre 
Grossy. — Jean-François Raybaud nommé « archivaire ». 

— Visite canonique de 1739. — Profession du chevalier 
Claude de Lattier la Touche. — Mort de Jacques de Vi- 
guier. — Protestations contre la nomination de Jean 
Raybaud, — Profession du prêtre Bellon. — Rapport sur 
rétat des archives. — Mort du bailli Jean-Augustin de 
Grille — Profession de plusieurs prêtres et du chevalier 
Trophime de Romieu. — Mort de Joseph de Cays. — Pro- 
fession du prêtre Caries. — Réclamations au sujet de l'ad- 
ministration des derniers sacrements. — Profession des 
chevaliers Paul de Baroncelli et Laurent de Marcel. — 
Réunions de chevaliers.' — Mort du chevalier Charles de 
Romieu. 

ES trois Grands-Prieurs suivants sont 
morts à Malte sans venir à Arles. Nous 
les énumérons rapidement : 
Richard de Sade-Mazan fut pourvu du 
Grand-Prieuré le 16 octobre 17 16. Il était fils de Jean- 
Baptiste de Sade, seigneur de plusieurs terres, 

7 




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çitoyen d'Avignon, et de Diane de Simiane. Il avait 
été reçu le lo décembre 1639. Il fut capitaine, puis 
colonel des troupes du Pape. Il avait obtenu suc- 
cessivement les commanderies de Montfrin, de 
Puimoisson, de Jalès, enfin le bailliage de TAigle, 
en Angleterre. Il fut nommé grand-commandeur 
le- 12 mai 1714. Annibal de Seguiran continua d'être 
lieutenant du Grand-Prieuré ; à ce titre il prit pos- 
session, pour le Grand-Prieur, de l'Hôtel Saint- Jean 
le 27 novembre 1716, mais n'eut pas l'honneur de 
présider les réunions des chevaliers qui se tinrent 
à Arles jusqu'à la mort de Richard de Sade-Mazan, 
et dont voici Ténumération. L'Assemblée du 9 no- 
vembre 17 16 fut présidée par Jacques de Georges- 
Taraut, commandeur de Saliers, celle du 2 mai 1717 
par Félix de Grimaldy, commandeur de Montpel- 
lier, comme plus ancien, celle du 8 novembre 1717 
par Jacques de Georges-Taraut ; celle du i-' mai 
17 18 par Sextius de Seguiran- Auribeau, baron du 
Bastit, commandeur de Condat, celle du 7 novem- 
bre 17 18 par Marc-Antoine de Puget-Barbentane, 
commandeur de Beaulieu, comme plus ancien. 

Au Chapitre de 1718, le 3 mai, Pierre Gleize, 
nommé curé de Mirabel dont il était originaire par 
le chevalier Anne de Molettes-Morangiès, com- 
mandeur de Poët-Laval, fit profession entre les 
mains d'Antoine Augarde, prêtre conventuel, dont 
nous reparlerons plus loin (i). 

Richard de Sade-Mazan mourut le 7 mars 171 9, 
il fut remplacé, le 20 novembre suivant, par Joseph 
de Félix la Reynarde qui était fils de Philippe, 
citoyen de Marseille et de Jeanne d'Arène. Il avait 



I. Archives des D.-dU-R. -^ Ordre de Malte. •* Ckap, ii Ass. (1701- 
1724), Vol. xrvLi 



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— 99 — 

été reçu le 15 novembre 1641 et fut pendant long- 
temps capitaine d'une galère du roi. Le 16 octobre 
1716 il avait été pourvu de la grande commanderie. 
Sextius de Seguiran-Auribeau, receveur du Grand- 
Prieuré, nommé son lieutenant, prit possession, 
pour lui, le 5 mai 1720, de l'Hôtel Saint-Jean. Le 9 
mai précédent une cérémonie avait eu lieu dains la 
chapelle : Jacques Julien, prêtre de Sisteron, nommé 
curé des Omergues par Pierre Doria (i), comman- 
deur d'Avignon, fit profession à la messe dite par 
Antoine Augarde. 

Il s'était tenu au Grand-Prieuré la réunion du 
7 mai 1719 présidée par le lieutenant Sextius de 
Seguiran ; celle du 6 novembre 1719 par Marc- 
Antoine de Puget-Barbentane ; celle du 5 mai 1720 
par Pierre de Félix la Reynarde, commandeur de 
Burgaud ; celle du 4 novembre 1720 par Charles 
d'Aiguières-Frignan, commandeur de la Selve. 

Le Grand-Prieur Joseph de Félix la Reynarde 
mourut le 17 avril 1721. Il eut, pour successeur, 
Félix de Grimaldy, nommé deux jours plus tard. 
Il était fils d'André, citoyen de Nice, et de Béné- 
dicte de Malbec. Il avait été reçu le 13 mars 1658. 
11 servit longtemps dans les armées du roi de 
France. Il était commandeur de Montpellier lors- 
que la grande commanderie lui fut confiée le 8 juin 
1720. Il prit possession du Grand-Prieuré par pro- 
cureur le 19 juin 1721 et nomma pour son lieute- 
nant Pierre de Félix la Reynarde (2). 



1. Pierre Doria était fils d'André et de Louise de Sade. Ké vers 164^, 
reçu le 3 décembre i66x^ il mourut à Tarascon le 18 octobre 1719, à 70 
ans. Son frère François- Joseph» né et mort également à Tarascon (x8 mars 
164^-9 joillet '73^) ^°^ ^^^^^ chevalier de Malte. Labandb ! Les Doria d* 
France, pp. 163-4* 

9, Raybaud : O/. ciU, 11, pp. 351-354. 



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— lôO — 

En 1721, année de peste, il n'y eut pas de réu- 
nions au Grand-Prieuré, et en 1722 les assemblées 
se tinrent les 7 mai, 29 octobre et 9 novembre et 
furent présidées par Charles d'Aiguières-Frignan, 
commandeur de la Selve. A l'ouverture du chapi- 
tre de cette année, Jean Raybaud fut nommé secré- 
taire en remplacement de son père Antoine qui 
venait de mourir. En 1723 les réunions eurent lieu 
les 2 mai et 8 novembre et furent dirigées par le 
lieutenant du Grand-Prieur, Pierre de Félix, com- 
mandeur de Raissac et de Beaulieu, ainsi que celle 
du 7 mai 1724. Le 25 septembre 1724 fut jour de 
cérémonie au Grand-Prieuré. Le chevalier novice 
François-Louis de Varadier, fils de Laurent, mar- 
quis de Saint-Andiol et de Marguerite de Castellane- 
Adhémar de Grignan, fit profession devant Char- 
les d'Aiguières-Frignan, commandeur de la Selve, 
à la messe dite à 8 heures du matin par Jacques 
Grossy, prêtre conventuel. Le chevalier de Romieu, 
les prêtres de TOrdre, Antoine et Jean Augarde, 
Irères, Louis Jouvène et Etienne Dauthier ainsi que 
le secrétaire Jean Raybaud furent présents à cette 
fête. Il avait été baptisé à la paroisse Sainte-Anne 
d'Arles le 20 octobre 1668 et fut reçu chevalier de 
Malte le 19 mai 1674. Il avait servi pour le compte 
du roi de France et avait été capitaine dans le régi- 
ment de Grignan-cavalerie. Il s'était retiré dans sa 
ville natale depuis 1704. Il fut pourvu de la com- 
manderie de Millau et du bailliage de Manosque le 
8 juillet 1737, à titre d'ancienneté. Mais ce dernier 
bénéfice lui fut disputé par le chevalier Louis de 
Raymond-Modène sous prétexte que François-Louis 
de Varadier était incapax parce qu'il n'avait pas 
fait borner les terres de sa commandèrie. Il n'ob- 
tint pas gain de cause et le bailliage de Manosque 



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resta définitivement, le 14 août, au commandeur 
de Millau (i). 

Les assemblées des 6 novembre 1724 et 6 mai 
1725 furent présidées par Pierre de Félix la Rey- 
narde; celle du 5 novembre 1725 par Charles d'Ai- 
guières-Frignan ; celle du 5 mai 1726 par Pierre de 
Félix la Reynarde ; celle du 4 novembre 1726 par 
Charles d'Aiguières-Frignan, comme plus ancien ; 
ceUe du 4 mai 1727 par Pierre de Félix la Reynarde ; 
celle du 10 novembre 1727 par Charles d'Aiguières- 
Frignan (2). 

Au commencement de Tannée suivante on enterra 
dans la chapelle de THÔtel Saint-Jean un prêtre de 
rOrdre, Louis Jouvène, décédé le 5 février 1728, 
sur la paroisse Saint-Martin, aujourd'hui désaffec- 
tée. Il était fils de Marc-Jouvène, marchand, et de 
Marguerite Arène. Il naquit le 9 mars 1668 et fut 
baptisé le même jour. Un de ses frères Raymond, 
né le 6 avril 1664, fut également chapelain de Tor- 
dre. La place et la rue Jouvène à Arles rappellent 
le souvenir de cette ancienne famille de marchands 
qui habitait ce coin de la ville (3). 

Pierre de Félix la Reynarde ne présida plus, en 
qualité de lieutenant, que le chapitre ouvert le 2 



X. Ratbaud : O/. cit, ii, p. 358. — Arch. des B.-du-Rbône. — Ordre 
de Malte. — Ckap, et assemblées (1701-1784). Vol. xvn. — Arch. 
Mirmcfp. d'Arlvs. — II. Miseellanea, t. 11 : Etat de tons les officiers natifs 
et habitants d'Arles qui sesont retirés. — Barom du Rousb : Op. cit,, p. 896. 

3. L'alternance de ces présidences provenait sans donte de ce qne le 
lientenant Pierre de Félix la Reynarde n'habitait pas l'Hôtel prieural. 
Il Tenait an chapitre qui se tenait pendant la belle saison^ tandis que la 
rcnnion d'automne, moins nombreuse, était dirigée par le commandeur le 
plus ancien, lequel était pour lori Charles d'Aiguières qui demeurait 
dans sa rilie natale. 

3. Biblioth. municip. d'Arlei. — Abbé Bonnemant: c Parroisses, égli- 
ses et ckmppelUs séculières de la ville et du diocèse d'Arles », pp. i^x et 
sq. Ms. 151. — Arch. desB.-du-Rh. Ordre de Malte : Dossiers n* «5^9 
et ^jo. 



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— loa — 

mai 1728; le ^3 juillet suivant il était révoqué et 
remplacé par Pierre-Joseph de Forbin d'Oppède 
qui était commandeur de Caignac et receveur du 
prieuré. Le nouveau lieutenant dirigea rassemblée 
du 8 novembre 1728. Il était fils d'Henri, premier 
président au parlement de Provence et de Marie- 
Thérèse de Pontevès. Il avait été reçu chevalier le 
18 juin 1668. Il mourut, commandeur de Caignac, 
vers 173a (i). 

A cette même assemblée d'automne 1738, Antoine 
Augarde, prêtre conventuel devenu commandeur 
de Narbonne admit à la profession religieuse, le 8 
novembre, dans la chapelle prieurale d'Arles, en 
présence du lieutenant d'Oppède, Alexandre Mou- 
tet, prêtre collégial de Saint-Gilles et Joseph 
Seaume, prêtre -sacristain de Montfrin (a). 

Dans les premiers mois de 1729 THôtel Saint- 
Jean fut le théâtre d'un incident qu'il faut relater 
parce qu'il donne une idée des mœurs de l'époque. 

Voici d'abord le règlement en usage, dans la 
ville d'Arles, à la mort d'un religieux de l'ordre de 
Malte, dressé d'un commun accord avec l'autorité 
ecclésiastique et les chevaliers, et généralement 
observé ; l 

« Lorsqu'un commandeur ou chevalier de Tor- 
dre de Saint-Jean de Jérusalem vient à mourir, le 
curé de la paroisse est appelé pour faire l'enterre- 
ment, et à Theure assignée dans le jour il part de 
son église, accompagné de son clergé avec les 
solennités ordinaires, et s'en va à la maison où est 



^^i. Ratbaud : op. cit., n, p 155. - Baion du Roueb : Op. cit., pp. 374- 



I 



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— 103 — 

le défunt, où ayant fait la prière réglée, il s'en va 
en droiture suivi du convoi jusqu'à la porte de 
Saint-Jean, où étant arrivé il s'arrête avec son 
clergé, et le corps étant placé au milieu de la rue, 
on fait Tabsoute, laquelle finie on partage les cier- 
ges ou flambeaux, et M. le curé en prend la moitié, 
- après quoi il se retire et les Messieurs qui desser- 
vent la dite église de Saint-Jean y entrent, et 
achèvent la cérémonie. » 

Ce cérémonial ne fut point observé au décès du 
prêtre Jacques Grossy, arrivé le 19 mars 1729, dans 
l'Hôtel prieural qu'il occupait en qualité d' « archi- 
vaire », sans doute parce que l'Ordre de Malte se 
prétendait exempt de l'Ordinaire. 

L'enterrement se fit le lendemain, en présence 
du bailli Jean-Charles de Romieu, commandeur de 
Saint-Félix en Rouergue, de Charles d'Aiguières- 
Frignan, commandeur de la Selve, de François- 
Louis de Varadier-Saint-Andiol, commandeur de 
Millau, du chevalier Jacques de Viguier, des 
prêtres Marc-Antoine Blanc (i), commandeur de 
Joucas et Jean AUgarde. Au moment où le convoi 
funèbre sortait de THôtel pour entrer dans la cha- 
pelle qui est attenante survint messire Jean, « pres- 
tre secondaire de l'église paroissiale Saint- Julien, se 
disant promoteur du diocèse. » Il protesta de la 
part de l'archevêque parce qu'on était sorti pro- 
cessionnellement dans la rue et qu'on avait ainsi 
empiété sur sa juridiction. Cette intervention pro- 
duisit un certain émoi parmi les assistants, comme 
on le pense bien ; elle n'eut pas de suite sinon 
réchange de papiers timbrés. La conduite suivie 



I. Marc-Antoine était fils de Jean- Baptiste Blanc et de Anne de 
Boissely. H était né à Marseille en i66^. Dossier giniaîogtqut n^ ^a$. 



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— 104 "• 

par les chevaliers de Malte leur avait été tracée, 
dans cette circonstance, par le lieutenant Pierre- 
Joseph de Forbin d'Oppède. Il eût voulu que 
Jacques Grossy, dans sa maladie, eût été admi- 
nistré par un prêtre de Malte et non par le curé de 
la paroisse. En cas de mort, il avait ordonné de 
n'appeler aux obsèques aucun ecclésiastique de la 
ville, se basant sur une transaction de 1225 entre 
Tarchevêque et les religieux hospitaliers, transac- 
tion qui leur permettait d'ensevelir dans leur église 
les laïques qui y élisaient sépulture et d'aller cher- 
cher les corps, la croix levée, sans autre empêche- 
ment(i). 

Le 13 avril suivant Boniface de Castellane- 
Esparron (2), commandeur d'Avignon et Marc- 
Antoine Blanc, prêtre conventuel, commandeur 
d'Espinas, visitèrent THÔtel prieural. Depuis la 
mort de Jacques Grossy c'étaient les chevaliers 
d'Aiguières et de Romieu qui avaient provisoire- 
ment la garde des archives (3). 

Le Chapitre se tint le !•' mai et fut présidé par 
Jean-Charles de Romieu, commandeur de Saint- 
Félix. Le lendemain Jean-François Raybaud, prêtre 
conventuel, fut chargé des fonctions d' « archi- 
vaire ». Il était fils d'Antoine Raybaud et de Mar- 
guerite Quenin. Il était né le 9 octobre 1683 sur la 
paroisse Notre-Dame la Principale ou Sainte-Anne. 
Son père était le cinquième de la famille qui eût 
exercé le notariat dans la ville d'Arles (4). 



X. Bibl. munie. d'Arles. — Abbé Bomnemamt : c Parroisses, églises et 
ehappelUs séculières de la ville et du diocèse d'Arles ». Ms 151, pp. i^t et sq. 

3. Boniface était fils de Roland et de Marie de Raymond d'Eoulx. U 
était né le xo août 1680. Dossier généalogique, n« 8x. 

3. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. -^ Visites. Vol. xlii. 

4. Arch. des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Ckap, et Ass, {^^^yl^^o), 
Vol. zviix. — Dossier, n» 586. 



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-105- 

Le même jour, a mai» le chevalier Claude de 
Lattier la Touche fit profession devant le comman- 
deur de Saint-Félix, Jean-Charles de Romieu, à la 
messe dite par le prêtre Antoine Augarde, com- 
mandeur de Saint-Vincent la Beissière ou Nar- 
bonne. Le nouveau profès était né le 23 novembre 
1664. Il était fils de Pierre de Lattier et d'Isabeau 
de Blain (i). Les chevaliers Michel d'Albert de 
Sainte-Croix (2), commandeur de la Vernède, 
Charles-Jean-Baptiste de Raousset (3) et Jacques de 
Viguier étaient présents. Peu de jours après, le 22 
mai 1729, ce dernier mourait sur la paroisse N.^D. 
la Principale à Tâge de 47 ans. Il était né à Arles 
et fut baptisé à la même paroisse le 22 mars 1682. 
Il était fils de Pierre- Joseph et de Jeanne de Qui- 
queran de Beaujeu (4). 

Jean Raybaud, avocat et notaire, avait été nommé 
le 30 avril 1729 par le Grand-Prieur, Félix de Gri- 
maldy, secrétaire du Grand-Prieuré ; cette nomina- 
tion d'un laïque fut loin d'être agréable ; aussi les 
chevaliers portèrent leurs réclamations à Malte, et 
dirent leurs préférences pour un Religieux de l'Or- 
dre. A l'assemblée du 7 novembre 1729, le lieute* 



1. Arch. des B.-dn-R. — Ordre de Malte. — Chap, tt Ass, (1735-1750). 
Vol. zvni — Dossier n* 944 . 

2, Michel était fils de Balthazar d'Albert de Sainte-Croix et d'Aimare 
de Ferrier de Sanson. H naquit k Aiz le 36 septembre 1658 et fat reçu 
dans rOrdre arec son frère Joseph, en 1677. Il posséda aussi la comman- 
derie de Raissac. £n 1738 il fat lieatenantdu Grand- Prieur, Vincent* 
Sauveur de Gaillard. Id. lèid. Dossier n* s. 

^. Charles-Jean-Baptiste était fils de Charles- Antoine de Raousset et 
de Marguerite de Forbin-Mayuier. Il naqait le iS avril 1696 et fut bap- 
tisé le 7 mai suivant dans l'église du courent de Saint- Honorât. Il fut 
admis chevalier le 37 mars 1698. Il était commandeur de Raissac en 1753. 
Baaow du Rourb : O/. cit,, p. 773. 

4. Bibl. munie. d'Arles. — Abbé BowxBifAHT: Nobiliaire de la ville 
f Arles : Ms. 500.-^ Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. -* Dossier 
n* 486. 



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— io6 — 

nant d'Oppède qui présidait, fit connaître la déci- 
sion du Grand-Prieur, il maintenait Jean Raybaud 
dans sa charge, attendu les services rendus par sa 
famille dont les membres ont occupé cette place, 
sans interruption, pendant plus d'un siècle. Jean 
Raybaud était le frère du nouvel « archivaire >, 
Jean-François Raybaud. Le Chapitre du 7 mai 1730 
fut présidé par Jean-Charles de Romieu. 

A l'assemblée du 6 novembre 1730, Antoine Au- 
garde admit à la profession François Bellon, prêtre 
collégial de Saint-Gilles, qui, depuis un an, faisait 
son noviciat dans cette ville. Pendant cette même 
réunion, Jacques de Villages-la-Chassagne, com- 
mandeur de Cavales et François-Louis de Varadier- 
Saint-Andiol, commandeur de Millau, commissai- 
res nommés pour la vérification des titres qui se 
trouvaient dans les vieilles archives du Grand- 
Prieuré, lurent le rapport suivant : 

« Monsieur (André de Grille, commandeur 
de Golfech, président) et Messieurs, 

Le vénérable Chapitre du mois de may dernier nous 
ayant comis pour faire conjointement avec le sieur 
Raybaud, secrétaire de TOrdre, la vérification des titres 
qui sont aux vieilles archive^ et en faire ensuite des inven- 
taires nous raportons que le s' Raybaud a en nostre pre- 
sance leu touts lesdits titres et il en a ensuite faict la sépa- 
ration, ils consistent en premier lieu aux titres venus de la 
terre sainte et en plusieurs papiers qui regardent le corps 
de la religion tels que sont les comptes des receveurs gé- 
néraux de rOrdre et autres ; 

En second lieu en plusieurs titres d[ui concernent les 
langues étrangères ; 

En troisième lieu en des papiers de plusieurs comman- 
deries dont les titres sont dans les' archives de Toulouse et 
principalement de Sainte-Eulalie, Pésenas, Saint-Félix et 
autres ; 



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- I07 — 

En dernier lieu en plusieurs bulles des Papes, privilèges 
des Rois et titres des commanderies de ce prieuré dont les 
papiers sont dans les archives de la maison de Saint-Jean • 

Et il ne reste plus présantement qu'à faire les inventai- 
res de touts ces titres tant de ceux qui doivent estre en- 
voyés à Malte et à Toulouse que de ceux qui doivent être 
remis aux archives de ce prieuré (i) ». 

Le lendemain, 7 novembre, Marc-Antoine Blanc, 
commandeur d'Espinas, admit aux vœux trois no- 
vices. Le premier, François Eyssautier, prêtre col- 
légial de Saint-Gilles, avait fait sa probation d'un 
an dans l'église Saint-Jean de Malte d'Aix. Il fut 
assisté du commandeur-prêtre Antoine Augarde et 
de Antoine Laugier, « prêtre habitué du col- 
lège (2) ; le second, Pierre Tauriac, curé de Saint- 
Félix de Sorgues, chef de commanderie, avait fait 
son noviciat dans son église, ainsi que le troisième 
Jean-François Maurel, curé de Sainte-Mari e-Magde- 
leine de Prugnes, membre dépendant de la com- 
manderie de Saint-Félix. 

Au commencement de Tannée suivante, le 10 
janvier 1731, mourut à Arles Jean-Augustin de 
Grille et fut, sans doute, enterré dans la chapelle 
prieurale. Il était fils de Jacques de Grille et de 
Marguerite de Badet. Il fut baptisé à la paroisse 



X. Arch. des B.-do-R. — Ordre de Malte. — Chap. et Ass, (1735-1750). 
Vol. xviii. 

3. Antoine Laugier, fils de Brice Laugier, tourneur, mourut à Trinque- 
tiille, le samedi 33 août 1761» dans la maison Bonrdelon où il occupait 
nne chambre depuis dix ans. Les Trinitaires d'Arles auxquels il laissa 
ses ornements sacerdotaux fournirent une chasuble et une aube pour son 
suaire, et an lien de l'enterrer dans la nef de leur église dans la sépulture 
de sa famille, ils l'enseyelirent dans leur propre tombeau nouvellement 
constroit. Ils s'obligèrent de plus à chanter un service pour le repos de 
son âme le 33 de chaque mois. Aech. dbs B.-du-R. — Fonds des Trini- 
taires. — Ms. du Père Poichibe iZa chronologie de tous les ministres de la 
maison des Trinitaires tC Arles, 



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— io8 — 

Saint-Martin le 28 août 1643. Reçu chevalier le 
30 mars 1660, il fut dans la suite commandeur 
d'Homps de 1713 à 1717 ; de la Tronquière en 1720 ; 
d'Aix en 1721 ; grand-commandeur le 5 mai de la 
même année et bailli de Manosque le 10 juin sui- 
vant (1). 

La réunion du 5 novembre 1731 fut présidée par 
le lieutenant d'Oppède ainsi que le Chapitre du 4 
mai 1732, remarquable par la profession d'un che- 
valier, et, contrairement aux habitudes, cette céré- 
monie n'eut pas lieu au Grand-Prieuré mais dans 
la chapelle des religieuses de N.-D. de Miséricorde, 
située sur l'emplacement du Théâtre antique. Le 
récipiendaire se nommait Trophime-Elzéar de Ro- 
mieu. Il était fils de Paul-Antoine, lieutenant au 
siège d'Arles, et de Renée de Guillen de Monj us- 
tin, et était né à Arles, le 19 mai 1669, sur la paroisse 
Sainte-Anne où il fut baptisé le lendemain. Il fut 
reçu à rémission des vœux par son frère Jean- 
Charles, commandeur de Saint-Félix, plus jeune 
que lui de quelques années, étant né le 27 juillet 
1672. La messe, dite par Antoine Augarde, com- 
mença à huit heures, pendant laquelle Jacques de 
Villages-la-Chassagne, commandeur de Cavales, 
lui mit les éperons d'or aux pieds. De nombreuses 
personnes assistèrent à cette fête parmi lesquels 
les baillis d'Oppède et de Grille, les chevaliers 
d'Aiguières-Frignan, commandeur de Bordères, 
d'Albert Sainte -Croix, de Saint- Andiol, de la 
Touche, de Beauregard, de Vento des Pennes. 
Le procès -verbal fut rédigé par le secrétaire 
Jaubert. Trois ans après le nouveau profès 



I. Ratbaud : Op. cti,, n, pp. 154-156. — Baioii du Rourb : Op, cit., 
p. 385. 



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— 109 — 

était pourvu de la commanderie d*Homps (i). 

Le 13 juiUetsuivant, le Grand-Prieuré était attristé 
par la mort, à 78 ans, sur la paroisse N.-D. la Prin- 
cipale, de Joseph de Cays, commandeur de Condat. 
Son père Joseph de Cays était académicien de la 
ville d'Arles et il avait reçu en 1660, dans son Hô- 
tel (2), le duc d'Anjou. En 1685 le chevalier de 
Cays se trouvait dans les eaux de la Grèce, sur une 
galère de Malte, pour racheter des esclaves. Au 
lieu de Coron son équipage embarqua un jeune 
Grec de 12 à 13 ans. M. de Cays étant revenu à 
Arles, l'année suivante, emmena avec lui le jeune 
prisonnier. Il le tint sur les fonts baptismaux de 
Saint-Trophime, le 6 novembre 1686, avec sa mère 
Françoise de Castillon. Il l'appela de son nom et 
de celui de son pays, Joseph Coron ; en même 
temps il lui fit un don magnifique et lui fit appren- 
dre un métier (3). 

En 1706 et 1707 il était recteur de la Charité 
d'Arles, honneur qu'ont partagé avec lui quelques 
chevaliers de Malte. Les hospices de sa ville natale 
ont connu ses libéralités. Le 21 février 1728, il 
écrivait de Bordeaux aux Administrateurs de la 
Charité d'Arles qui l'avaient remercié d'un don de 
huit cents livres : 

€ Messieurs, la reconnaissance que vous me 
témoignez marque mieux votre zèle pour la maison 
que vous gouvernez que l'importance de la charité 



I. Afch. des B.-da-R. — Ordre de Malte. ^ Chapitres, collations éi 
professions (1668-1774). Vol. xxt. — Dossier n« 384. 

a. An haut de la me de la Calade, en face de l'ancien théâtre romain. 
Cette maison est aujourd'hui habitée par M. le £omte de Bouchaud de 
Bnssy et sa famUle. 

}. Le Musée j revue arlésienne, 1874, p. 96. 



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— IIO — 



que je viens de faire ; si mes souhaits sont jamais 
exaucés, j'aurai encore quelque occasion de dépo- 
ser dans d'aussi bonnes mains que les vôtres les 
biens dont le Seigneur me fait part. Jusqu'à cet 
heureux moment ne perdez pas la mémoire, je 
vous en supplie que j'ai l'honneur d'être avec un 
sincère et très respectueux attachement, Messieurs, 
« Votre très humble et très obéissant serviteur, 
« Le chevalier de Cays, commandeur de Con- 
dat»(i). 

Ses obsèques furent encore l'occasion d'un autre 
différend entre Tarchevêque d'Arles, les curés de 
la ville et le procureur général de l'Ordre de 
Malte sur la question de savoir si les sacrements 
devaient être administrés par les curés aux reli- 
gieux de Saint-Jean qui demeuraient sur leur 
paroisse et s'ils avaient seuls le droit de faire l'en- 
terrement en cas de décès. Le litige fut soumis au 
Parlement de Provence, finalement le Roi de 
France se réserva la connaissance de cette affaire 
en dernier ressort, et le 7 octobre 1737, étant à 
Fontainebleau, il nomma une commission de cinq 
membres pour l'examiner, entre autres, Machault 
d'ArnonvilJe, maître des requêtes (2). 

Les dernières assemblées présidées par le bailli 
d'Oppède furent celles des 10 novembre 1732, 3 
mai et 10 novembre 1733. A cette dernière une 
nouvelle profession fut émise mais avec cette par- 
ticularité qu'elle fut la récompense de l'honneur 
outragé. Antoine Caries, prêtre, prieur du Blanc, 



t . Ârch. hospit. d'Arles. ^ Fonds de la Charitâ. -^ Délibéfations, Vol. E. 4 . 

d. Biblioth. d'Arles. -^BoMNBMANt : ComtnundAiis iitulières et riguîiè^ 
tes de la ville et du diocèse d'Arles, Us 1^94 



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— III — 

de la commanderie de Saint-Félix, avait été con- 
damné à rester dix-huit mois dans un Séminaire 
parce qu'on Tavait faussement accusé de faute 
contre les bonnes mœurs. Quand, après un procès, 
son innocence eût été victorieusement constatée, 
Antoine Augarde, prêtre, commandeur de Saint- 
Vincent de Narbonne, reçut ses vœux de religion, 
pendant la tenue de rassemblée d'automne, le lo 
novembre 1733. 

A cette même réunion le bailli d'Oppède, com- 
mandeur de Caignac, près de Mirepoix, revint sur 
la question des derniers sacrements. « On ne peut, 
dit-il en substance, nous refuser le droit, en cette 
ville d'Arles, de nous faire administrer par un reli- 
gieux de notre ordre. Cet usage est très ancien, il 
ne faut pas le laisser perdre. En attendant que le 
Grand-Prieur ait attaché un prêtre à la chapelle 
Saint-Jean, il serait bon provisoirement de délé- 
guer un ou plusieurs religieux pour cet office ». 
Cette motion fut approuvée, et le procureur du 
Grand-Prieur, qui était son propre neveu, le com- 
mandeur Ignace-Louis-Félix de Grimaldy, offrit 
tout ce qui serait nécessaire mais surtout la rétri- 
bution du prêtre occupé à ce ministère. Et sur le 
champ Antoine Augarde, commandeur de Nar- 
bonne, Jean-François Raybaud, « archivaire » et 
Jean Augarde, prêtre conventuel, présentèrent 
leurs services qui furent agréés (i). 

Le bailli d'Oppède fut révoqué le 30 décembre de 
sa charge de lieutenant par le Grand-Prieur et 
remplacé par le bailli André de Grille qui com- 



î. Arch. desB.*da-R. — Ordre de Malte. — Ckap. et ass, (1735-1750), 
Vol. xvm. 



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— lia — 

mença d'en faire les fonctions, à la seconde séance 
du chapitre du 2 mai 1734. Le 17 avril précédent 
devant ce dernier qui était aussi commandeur de 
Golfech, eut lieu la profession du chevalier Joseph- 
Paul de Baroncelli, né le 30 juillet 1704, de Georges- 
Joseph et de Louise de Boffin-la-Saône. Cette céré- 
monie se fit à la messe célébrée par Antoine 
Augarde. En 1736 le nouveau profès tut nommé 
intendant de la marine de son ordre. Il fut com- 
mandeur d'Argence, près d'Arles, de 175 1 à 1758. 
Quand il mourut, en 1779, il était bailli de Manos- 
que depuis trois ans. 

Pendant la réunion du chapitre, le 3 mai, les 
mêmes personnes admirent aux vœux le chevalier 
Laurent de Marcel-Blain du Poët. Le procès-verbal 
dressé par Jean Raybaud, avocat et secrétaire men- 
tionne comme assistants à cette cérémonie les che- 
valiers de Saint-Andiol, d'Ampus, d'Albert de 
Sainte-Croix, de Tressemanes-Brunet, de Vento des 
Pennes et le commandeur de Villages-la-Chas- 
sagne (i). 

André de Grille présida aussi l'assemblée du 8 
novembre. Elle était terminée à peine depuis quel- 
ques jours quand on apprit la mort du Grand- 
Prieur, Félix de Grimaldy, arrivée .à Malte le 4 
décembre suivant, âgé de 94 ans. L'épitaphe qui se 
lit sur son tombeau et que nous reproduisons en 
Pièces justificatives parle longuement de ses 
mérites (2). 



î. Arch. des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Chap. collations et pro» 
fessions (i()^'i'j'j^). Vol. xxv. — [Isnard]: Les commandeurs et les 
baillis de Manosque, — Musée Calvet, à Avigaon. — Ms. 3839 : Recueil sur 
Avignon: Mélanges ecclésiastiques, fol. 109. 

a. Ratbauo: Op, cit., 11, p. 3^7. 



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Uannée ne se termina pas sans deuil. Le cheva- 
lier non profès Charles-Joseph de Romieu, fils de 
Paul-Antoine et de Renée de Guillen de Monjustin 
et frère des chevaliers Trophime-Elzéar et Jean- 
Charles de Romieu, dont nous avons déjà parlé, 
mourut le 29 décembre, à Tâge de 68 ans, et fut 
enterré dans l'église des Cordeliers, dans le tom- 
beau de sa famille. C'était un archéologue, un ora- 
teur et un poète. Il était membre de l'Académie de 
Marseille et avait fait les plus grands efforts pour 
ressusciter celle d'Arles. Outre plusieurs opuscules, 
il a encore écrit Le Portefeuille du chevalier de 
Romieu, en deux cahiers. Le premier, imprimé à 
Arles par Gaspard Mesnier, en 1726, est un abrégé 
en 64 pages, de ce qu'il y a de plus remarquable 
dans cette ville. On y trouve plusieurs notes sur le 
Grand-Prieuré et les chevaliers de Malte. Voici les 
plus importantes : 

« Les archives de cette maison (grand prieuré)sont entre- 
tenues et rangées avec un ordre qui fait honneur à Tarchi- 
vaire (Grossy, prêtre conventuel)... 

L'on fait chaque année dans la maison d'Arles l'ouver- 
ture du chapitre de l'Ordre^ au premier dimanche de may. 
Ce chapitre dure trois jours. Il y a encore à la Toussaint 
une seconde assemblée, où Ton traite des affaires de l'Or- 
dre ; on y donne des commissaires aux jeunes gentilshom- 
mes qui doivent s'y présenter en personne. Ce commis- 
saire travaille à leurs preuves de noblesse qui sont ensuite 
envoyées à Malte pour y être reçues ou rejetées. 

Quand M. le Grand Prieur est absent, son lieutenant 
préside à ces asssemblées, et si un Grand Croix de l'Ordre 
s'y rencontroit, ce Grand Croix y présideroit. Il y a dans 
le terroir d'Arles quatre Commanderies dont les adminis- 
trateurs, en latin preceptores^ et suivant le terme usité Com- 
mandeurs sont : pour Saini*Thomas de Trinquetaille, M. de 

8 



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— 114 — 

Belmont : pour Sainte-Lucie, M. de la Bâtie; pourSalîers, 
M. de Beaumette d'Autric ; pour la Favaillane, M. d'Ampus. 

11 y a aujourd'hui deux Grands Croix natifs de cette 
ville : M. de Grille (Jean-Augustin), commandeur d*Aix et 
bailli conventuel de Manosque ; le bailli de Romieu, com- 
mandeur de Saint-Félix, en Languedoc. 

M. le chevalier de Grille, neveu du bailli et aussi natif 
de cette ville est aujourd'hui commandant des vaisseaux 
de la Religion. 

Il y a eu autrefois jusqu'à 32 familles dans cette ville qui 
ont fourni des chevaliers à cet ordre : aujourd'hui plusieurs 
de ces anciennes ont manqué ou faute de postérité ou par 
mésalliance, et il en est survenu quelques nouvelles : ainsi 
l'un a' dételé le matin, l'autre l'après-dînée, mais tous nos 
premiers parents ont mené la charrue : réflexion que doit 
faire l'homme enflé de la noblesse de ses ayeuls, et peu 
soigneux d'ennoblir sa personne par la. vertu >. 

Le second cahier est plutôt relatif à la littérature : 
il n'a jamais été imprimé. L'original fait partie des 
manuscrits de la bibliothèque d'Arles. C'est l'abbé 
Bonnemant qui l'a sauvé d'une destruction cer- 
taine, après l'avoir trouvé en 1789, dans la pous- 
sière du cabinet d'un petit-neveu du chevalier de 
Romieu. « Il forme un petit in-4^ de 60 pages, tout 
prêt pour l'impression, ainsi que l'indique l'auteur 
dans la préface (i). 

Le chevalier de Romieu s'est dépeint lui-même 
d'une manière assez originale dans une lettre 
adressée, le 18 juillet 1730, à Chalamond de la Vis- 
clède, directeur de l'Académie de Marseille : 



1. L'abbé Rance, à la fin de son trofllèmé volame sur l'Académie 
d'Arles, p. 311, a consacré plusieurs pages très intéressantes au cho- 
valier de Romiea, et en appendice, à la p. lix, il donne la liste très 
détaiUée de ses œuvres^ elle comprend a^ numéros. 



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— 115 — 

« Mon caractère est d'être grand barbouilleur de papier, 
incommodé et incommode, séparé de tout ce qui s'appelle 
^rand et beau monde ; moineau solitaire, sous mon toit, 
n'écrivant que faute d'occupation, avec trop de facilité et 
trop peu de connaissance des règles, d'ailleurs sincère et 
fidèle ami » (i). 



I. L'abbé IUhcb : VAeaiémit d'Arles au XVII* siècle, t. m, p. 315* 




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CHAPITRE IX 



SOMMAIRE : Le Grand-Prieur de Foresta. — Jean Raybaud 
destitué. — Profession de Gaspard de Grille à Paris. — Réu- 
nions des chevaliers. — Mort du Grand-Prieur. — Avène- 
ment de Vincent de Gaillard. — Villars logé au Grand- 
Prieuré. — Profession du curé Martin. — Honoré de Qui- 
Queran reçu chevalier. — ^Mort du commandeur de Saliers. 
Ignace de Grimaldy. — Les chevaliers jansénistes. — Pro- 
fession des prêtres Richard et Favier. — Mort du prêtre 
Augarde et du Grand-Prieur de Toulouse Charles d'Ai- 
guières. — Visite canonique de 17^3. — Mort de Vincent 
de Gaillard. — Réunions au Grand-Pieuré. — Avènement 
d'Octave de Galéan. — Profession du curé Melîre et du 
chevalier Louis de l'Espine. — Mort de Jean-François 
Raybaud. — Profession des prêtres Aubéry, Martin, Dar- 
lach, Maurel. — Réunions de chevaliers. 

E 7 décembre 1734 le Grand-Prieuré 
avait été conféré à Sauveur de Foresta- 
Collongue. Il était fils de François, ci- 
toyen d'Aix et de Marguerite de Gail- 
lard. Il avait été reçu dans l'Ordre le 10 août 1667. 
Quand il fut pourvu de la grande commanderie le 
3 novembre 1734, il était commandeur de Renne- 
ville (Grand-Prieuré de Toulouse), depuis plus de 
trente ans. 
Le 4 avril 1735 il donna ordre à Jean-Baptiste 



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- 117 — 

Jaubert, ancien notaire de Marseille, de faire le 
nécessaire pour le mettre en charge, ce qui eut lieu 
le 21 avril 1735 par l'intermédiaire du bailli Jean- 
Charles de Romieu, en présence de Jean-François 
Raybaud et de Joseph Grégoire, prêtres conven- 
tuels, et du notaire Jean-Baptiste Bret, de Taras- 
con, qui dressa procès-verbal de cette installation. 
Un des premiers actes du nouveau Grand-Prieur 
fut de destituer, à Marseille, le 25 avril 1735, l'avo- 
cat Jean Raybaud, secrétaire de l'Ordre et de le 
remplacer par Jean-François Raybaud, prêtre con- 
ventuel, répondant ainsi à un vœu d'une des der- 
nières assemblées. 

Peu de jours après, le i*' mai, se tint le Chapitre 
présidé par Jean-Charles de Romieu, commandeur 
de Saint-Félix. On apprit pendant ces assises la 
profession de Gaspard Hyacinthe de Grille, faite 
à Paris dans l'église du Temple, le 20 avril précé- 
dent, entre les mains du commandeur de Tambon- 
neau, économe au Grand-Prieuré de France (i). 
Les réunions suivantes, c'est-à-dire celles des 7 
novembre 1735, ^ ^^h 5 novembre 1736, 5 mai, 4 
novembre 1737 furent dirigées par Charles d'Ai- 
guières, Grand-Prieur de Toulouse depuis le 3 juin 

1733- 

Sauveur de Foresta mourut à Marseille le 12 no- 
vembre 1737 ; il lut remplacé, le 12 décembre, par 
Vincent-Sauveur de Gaillard. Il était fils de Sau- 
veur de Gaillard, receveur général des décimes en 
Provence, et de Blanche de Boyer. Il était né le 7 
février 1663 et avait été reçu dans TOrdre le 26 
septembre 1668. Avant d'être Grand-Prieur il avait 



X. Ârch. des B.-dn-R. — Ordre de Malte. — Chap, et Ass. (1795-1750). 

ni ir-vni ^ 



Vol. xvni. 



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— ii8 — 

occupé la charge de commandeur d'Aix. Il était 
grand-commandeur depuis le 9 décembre 1735 (i). 
Dès le second mois de Tannée 1738, il prit posses- 
sion du Grand-Prieuré par procureur. C'était le 10 
février. Ce jour-là, en effet, le bailli Jean-Charles 
de Romieu, accompagné de Jean-François Raybaud, 
« archivaire >, commandeur d'Espinas, installa 
Pierre Blain, avocat, en présence de Paul-François 
Cloud, prêtre et curé de la Madeleine à Béziers et 
de Joseph Lefaure, fils, de la ville d'Arles (2). 

Ce fut encore le Grand-Prieur de Toulouse, 
Charles d'Aiguières, qui présida le Chapitre ouvert 
le 4 mai suivant. 

En cette même année le Grand-Prieuré reçut 
dans ses murs le duc de Villars, fils du célèbre vain- 
queur de Denain. Il fit son entrée dans la ville 
d'Arles, comme gouverneur de Provence, le 14 sep- 
tembre. De belles fêtes furent données en son hon- 
neur : courses diverses sur la Lice et sur la place 
du Marché-neuf, festins, bals, etc. Le Grand-Prieur 
n'étant pas dans la ville, on put loger Villars à 
l'Hôtel prieural (3). Les assemblées du 10 novem- 
bre suivant et du 3 mai 1739 se tinrent par les soins 
toujours du Grand-Prieur de Toulouse. A ce der- 
nier Chapitre Antoine Augarde, prêtre, admit à la 
'profession religieuse Joseph Martin, curé de Claret, 
dépendant de la commanderie de Gap. 

A cette mêmeréunion. Antoine-HonorédeQuique- 
ran de Beaujeu, né à Arles le 1 8 septembre 1706, filsde 
Paul-Antoine et de Louise de Portes, ne put se pré- 



X. Ratbaud : Op, cit., n, pp. a37-aj9. 

a. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Chap, et Ass, (1735-17)0). 

Vol. XYXII. 

3. J.-Didier. Vbkam : Annales de la ville ^ Arles. Musée, rerae arlé- 
sienne, 1877, p. 104. 



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- 119 — 

senter en personne pour demander à être reçu che- 
valier, obligé qu'il était d'aller rejoindre son régi- 
ment en Corse. Des commissaires lui furent don- 
nés pour rechercher les preuves de sa noblesse, 
sauf du côté maternel dont il avait été dispensé, 
et il fut admis à la session du 9 novembre suivant. 
Il devint plus tard sous-gouverneur du duc de 
Bourgogne et ensuite du comte de Provence 
(Louis XVIII). Il mourut à Malte (i). 

Cette assemblée fut tenue, ainsi que celles des 
i*^' mai et 7 novembre 1740 par le même Charles 
d'Aiguières. 

L'année suivante fut marquée par un double 
deuil. Le 12 février 1741 mourut à Arles, dans la 
maison de sa commanderie de Saliers, Ignace- 
Louis-Félix de Grimaldy, fils d'Honoré et de Louise- 
Marie de Trinquières, de Nice. Il fut inhumé dans 
la chapelle Saint-Jean. Le curé Simon, de Saint- 
Julien, paroisse du Grand-Prieuré, ne fut point ap- 
pelé aux obsèques, comme il le note soigneuse- 
ment dans l'acte de décès qu'il crut devoir dresser 
dans ses registres, preuve que l'ancienne querelle 
de juridiction n'était point terminée. 

Peu de jours après, le 29 avril, le bailli de Ma- 
nosque François-Louis de Varadier de Saînt-An- 
diol expirait à 72 ans, après avoir reçu les sacre- 
ments, sur la paroisse Sainte- Anne où il demeurait. 
Le lendemain il fut enseveli dans la chapelle du 
Grand-Prieuré (2). 

Le Grand-Prieur de Toulouse, Charles d'Aiguiè- 



I, Arch. des B.-du-R.— Ordre de Malte. — Chap, et Ass, (1725-1750). 
Vol. XYIIl. — BA.RON DU RouRB : O/. cit,^ p. 838. 

3. Arch. mnnicip. d'Arles. — GG. Sainte-Anne : Naissancts, mariages^ 
décès (1733 à 1740). •— Saint-Julien : Id, (1733 à 1745). 



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— lao — 



resFrignan, avait dirigé le Chapitre ouvert le 7 
mai et l'Assemblée d'automne, 6 novembre 1741. 
Au Chapitre suivant qui commença le 6 mai 1742, 
toujours présidé par le même personnage, on lut 
une lettre du Grand-Maître, datée de Malte et du 
20 décembre précédent, relative au jansénisme qui 
avait fait des adeptes parmi les Religieux hospita- 
liers. Elle disait notamment que des prêtres des- 
servants des églises de l'Ordre avaient fait appel 
de la bulle Unigenitus au futur concile. Il était 
enjoint aux délinquants de rétracter leur appel et 
d'accepter la bulle purement et simplement, sinon 
on nommerait à leur place « des prestres d'une 
bonne et saine doctrine > d'autant plus facilement 
que rOrdre s'était toujours distingué par sa parfaite 
soumission au Saint Siège. La session se clôtura 
par deux professions : la première fut celle de 
Pierre Richieud, prêtre de Riez, nommé « collé- 
giat > de Saint-Gilles. Elle fut reçue le 8 mai, dans 
la chapelle prieurale par Pierre Gleize, curé de Mi- 
rabel et recteur de Châteauneuf de Mazenc. La se- 
conde profession fut celle de Pierre Favier, curé 
de Sainte-Eulalie. Elle eut lieu, le lendemain, entre 
les mains de François Eyssautier, prêtre (i). 

Peu de jours après, le 18 mai 1742, un prêtre de 
l'Ordre, Jean Augarde, mourait au Grand-Prieuré et 
y était enseveli mais sans l'assistance de l'abbé 
Simon, curé de Saint-Julien, son propre pasteur. 
Il était fils de Jacques et de Françoise Cannât et 
avait été baptisé à Sainte-Anne, le 21 août 1672 (2), 



I. Arch. des B.-dn-R.— Ordre de Malte. — Chap. et Ass. (172^17^0). 
Vol. xvxn. 

a. Arch. manicip. d'Arles. ^ Ordre de Malte. — GG. Saint-Jalien : 
Naissances, mariages, décès (1732-1745). —Arch. des B.-da-Rh. — Ordre 
de Malte. — Dossier n* 5x5. 



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— laf — 

L'année suivante, le 24 mars, c'était le Grand-Prieur 
de Toulouse, Charles d'Aiguières, qui rendait son 
âme à Dieu. Il était fils de Gabriel, seigneur de Fri- 
gnan, et d'Anne de Chiavari. Il était né sur la pa- 
roisse Saint-Anne le 29 janvier 165 1. Il fut reçu 
chevalier de Malte le 10 janvier 1664, page du 
Grand-Maître le 29 avril 1662. Il servit pareille- 
ment le roi de France en qualité de capitaine. Il 
quitta l'armée en 1680 pour se retirer dans sa ville 
natale où les honneurs vinrent le trouver. Ainsi le 
17 mars 1733 il fut nommé grand-commandeur. II 
possédait déjà la commanderie de Bordères. Il fut 
pourvu du Grand-Prieuré de Toulouse le 3 juin 
1733. L'Ordre lui dut et lui témoigna beaucoup de 
reconnaissance, car il avait beaucoup fait pour 
améliorer son Grand-Prieuré. Un seul rapport in- 
dique qu'il y avait dépensé 80.000 livres. L'église 
Saint-Jean de Toulouse fut surtout l'objet de ses 
soins. Une lettre particulière dit de lui : « Il n'y a 
que Dieu qui puisse reconnaître de tels bienfaits >. 
A sa mort il laissa plus de 100.000 livres à l'Ordre ; 
il légua néanmoins une petite somme au fils de sa 
sœur Thérèse, le sieur Etienne de Giraud, sous- 
lieutenant au régiment des gardes françaises, en 
vue de son avancement. Charles d'Aiguières fut 
enseveli dans la chapelle Saint-Jean. Il fut le der- 
nier représentant de son nom en Provence (i). 

Au printemps de 1743, la visite de l'Hôtel prieu- 
ral fut faite par Joseph de Raymond d'Eoulx, com- 
mandeur de Thorenc (2), assisté de Joseph-François 



I. R^TBAUD : Op, cit., II, pp. 3^6-360. — AscH. MUN. d'arlbs. — 
Fonds non classé de T Ordre de Malte, — Barov du Rouu : Op, cit., 
p. 1056. 

3. Joseph était fils de Raymond d'Eoalz et d'Elisabeth de Pontevès de 
Bargèmes. II fat baptisé à Eoulx (Basses-Alpes) le 93 mars 166 x. Dossier 
n* 35a. 



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— Ï22 — 

Raybatid, prêtre conventuel, commandeur d'Espî- 
nas. Leur rapport donne de curieux détails. La 
chapelle de style ogival est à une seule nef ; à la 
clef de voûte sont les armes de TOrdre de Malte et 
du commandeur Cossa ; elle mesure à peu près 
huit mètres de long sur cinq de large. Elle est 
éclairée par trois fenêtres prenant du jour dans la 
rue publique et est tapissée de toile peinte. La 
tombe commune est au centre de la chapelle, celle 
de Melchior Cossa avec son épitaphe, du côté de 
l'évangile, en face de la porte d'entrée, sous un ar- 
ceau, contre la muraille. Au-devant de ce mauso- 
lée est une table de marbre qui couvre la sépul- 
ture de Gaspard de Barras. 

Le sanctuaire, séparé de la nef par une grande 
grille en fer, contient un autel avec son tabernacle 
doré, surmonté d'un crucifix en bois noir et de 
quatre chandeliers en laiton, paré d'un devant d'au- 
tel en cuir doré ; contre la muraille est un rétable 
représentant la Sainte-Vierge aux pieds de laquelle 
sont plusieurs personnes à genoux parmi lesquelles 
Melchior Cossa. Quatre colonnes de marbre noir 
d'ordre corinthien ornent et embellissent ce ta- 
bleau, au haut duquel on lit en grosses lettres : 
Opus F. Melchioris Cossa. En outre, quatre tableaux 
décorent la chapelle : le Baptême de Jésns-Christ^ 
saint Thomas^ apôtre^ le Sauveur du Monde et la 
Décollation de saint Jean-Baptiste. On pénètre dans 
la nef par deux portes s'ouvrant ] une dans la rue 
publique et l'autre dans la maison prieurale. Au- 
dessus de cette dernière porte est la tribune, et au 
dehors un petit clocher. 

A la sacristie les visiteurs trouvent : trois mis- 
sels dont un propre à Arles, une fontaine et un 
bénitier en cuivre ; un calice en vermeil ; un osten- 



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— 133 — 

soir ; un encensoir aux armes du Grand-Prieur de 
Forbin (i) ; une croix processionnale ; une lampe 
d'argent ; un petit ciboire de même métal ; une cré- 
mière pour les saintes huiles ; deux petits reliquai- 
res d'argent sur l'un desquels on lit : Saint-Gérard ; 
plusieurs petits coflfrets cachetés renfermant des 
reliques ; plusieurs chasubles dont quelques-unes 
aux armes des commandeurs ; des aubes, des fa- 
naux, des chandeliers en fer pour les morts ; un 
missel gothique, etc. 

La maison prieurale a deux portes d'entrée. Sur 
la porte principale sont les armes de l'Ordre de 
Malte, celles du Grand-Prieur de Beaujeu ornent 
les côtés, l'autre porte conduit aux bas offices : 
cuisine, buanderie, cellier, bûcher ; c'est celle qui 
est à Touest. Les caves de l'Hôtel étaient tellement 
humides qu'on ne pouvait s'en servir. Sur la porte 
qui du vestibule de la maison conduit à la chapelle 
il y a les armes du Grand-Prieur François de Mor- 
ges-Ventavon. Dans la cour ou ciel ouvert on voit 
contre les murs les armes de plusieurs Grands- 
Prieurs, de là on pénètre dans la salle capitulaire 
et le salon remarquables par leur ornementation. 
Au premier palier du grand escalier se trouvent 
les armes de l'Ordre et celles du Grand-Prieur de 
Beaujeu avec le millésime 1643. « L'archivaire >, 
Raybaud, loge au premier étage à droite. Sur une 
porte s'ouvrant sur le corridor du premier étage, 
il y a un ornement en plâtre représentant le buste 
du bienheureux Gérard (2). Au premier étage tou- 



X. D'or an chevron d'azur, accompagné de 3 têtes de léopard de sable. 

a. Le chevalier Chrysostome de Gaillard dit lui qne ce buste était en 
terre cuite et qu'il a servi de modèle à celui en argent que le bailli de 
Manosque, Jean- Jacques d'Esparbès-Lussan, commanda à Puget. Pen- 
dant la tourmente révolutionnaire le bnste, réquisitionné, fut jeté au 



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^ 



- 124 — 

jours et dans une chambre donnant sur la porte 
ancienne de Sain-Jean, se trouvent les vieilles ar- 
chives ainsi que le coffre-fort de la recette de l'Or- 
dre. Les archives modernes sont sur la voûte de la 
chapelle. 

Les écuries et remises du Grand-Prieuré sont à 
l'ouest de la porte Saint- Jean. Au milieu se trou- 
vait anciennement un jardin converti depuis en 
cour. Sur la porte d'jentrée on voit les armes du 
Grand-Prieur d'Urre Venterol. La maison Delhoste, 
lieutenant général au siège, joint à l'ouest ces dé- 
pendances. 

Le mobilier comprend, entre autres choses, une 
tapisserie de haute lisse représentant la Vie du 
prophète Elie ; une tapisserie ou tenture de haute 
lisse d'Auvergne figurant V Histoire d'Abraham ; 
deux portières aux armes du Grand-Prieur de 
Chabrillan (i) ; une tapisserie en cuir en grisaille, 
à la bordure dorée, donnée par un Grand-Prieur ; 
un tableau très grand représentant des fruits ; un 
autre, la Conversion de saint Paul ; cinq autres, le 
Siège de Malte ; six autres, le Grand-Maître Hugues 
de LouhenS'Verdale^ les Granas-Pr leurs de Lussan^ 
de Saint'Auhiny de Venteroly de Beaufeu (2) et de 



creaset. Une supercherie louable parvint toatefois à sauver la tète. Aa- 
joard'hui on peut encore admirer l'œavre dn grand artiste ; elle est con- 
servée k l'hôtel-de-ville dans la saUe dn conseil. On a en la malheureuse 
idée de la couvrir d'une ignoble couche de peinture. L'abbé âmdrivu : 
Les reliques de saint Gérard Tenque, à Manosque, Digne, 1885. 

I. D'azuf à une tour crénelée de cinq pièces, sommée de trois donjons, 
chacun crénelé de trois pièces, le tout d'argent maçonné de sable, à la 
patte d'ours d'or mouvant dn quartier gauche de la pointe, touchant à la 
porte. 

a. Le tableau représentant le Grand-Prieur de Beanjeu se voit encore 
au Musée Réattu d'Arles. Le collectionneur arlésien, Louis Mège, l'avait 
acquis en 1857 des héritiers Barras apparentés avec les Quiqueran de 
Beaujeu. En 1873 cette toile se trouvait an château de la Jansonne, 



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- 1^5 — 

Forbin ; un, la Nativité de N.-D.^ un dernier, le 
Siègig de Lépante (i). 

Les réunions des 5 mai, 4 novembre 1743, 3 mai, 
9 novembre 1744 furent présidées par le bailli An- 
dré de Grille, commandeur de Golfech. Le Grand- 
Prieur Vincent-Sauveur de Gaillard mourut à Aix, 
le 23 janvier 1745. Ses petits-neveux Dominique et 
Chrysostome de Gaillard lui firent élever un céno- 
taphe dans réglise Saint-Jean de Malte. Nous repro- 
duisons, dixxis. Pièces justificatives, l'inscription qui 
le décore. Il fut remplacé par Octave de Galéan, 
nommé le 17 mars 1745. Il était fils d'André de Ga- 
léan, citoyen de Nice, et de Suzanne de Grimaldy. Il 
naquit à Nice et y fut baptisé le 28 avril 1663. Il fut 
reçu chevalier le 15 décembre 1675. ^ ^^^^t com- 
mandeur de la Selve quand il fut nommé grand- 
commandeur le 15 avril 1743. Comme il se trouvait 
à Malte où il devait d'ailleurs mourir, il donna or- 
dre à Jean-Baptiste de Thaon de Revel (2) de pren- 
dre en son nom possession du Grand-Prieuré. Ce 



6& Cran. Le Grand-Priear est représenté debout en habit de religieux 
avec le grand cordon de l'Ordre de Malte, ouvrage compliqué de passe- 
menterie noire et blanche qui supporte des attributs très divers : instru- 
ments de la passion, médaillons, petits paniers qui rappelaient le devoir 
de quêter pour les pauvres, etc. 

. I. Arch. municip. d'Arles. -^FonJs Pibkeb VisAV : Visites de V Ordre 
de Malte. 

a. Le bailli Jean-Baptiste de Thaon de Revel naquit à Nice le 16 juil- 
let 1708 de Gaspard, capitaine au régiment de cette ville, et de Gertrude 
de Provana. Après un long séjour à Malte il fut nommé procureur géné- 
ral et receveur de l'Ordre à Marseille. Eu 177a il obtint la commanderie 
d'Arcins près de Bordeaux qui rapportait environ 6^00 livres. Il mourut 
à Marseille le 17 janvier 1784, dans de grands sentiments de piété et de 
religion. Il était membre de l'Académie de peinture de Marseille depuia 
1748. C'était un homme de bien et de vertu. Il possédait une bibliothè- 
que importante et il était grand amateur de peinture. Un de ses amis 
lai fit dresser un monument funèbre dans l'église de Malte. On peut 
voir aux Pièces justificatives Tinscription qui le décorait* E. Pbrrier : 
Les bibliophiles et les collectionneurs proveuf aux (Marseille) pp. 503-507. 



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— 196 — 

fut pendant la tenue du Chapitre, le 5 mai 1745 
qu'eut lieu cette installation. Le représentant du 
Grand-Prieur se rendit à la chapelle Saiot-Jean, 
accompagné de plusieurs chevaliers et de Guil- 
laume Beuf, un des secrétaires de l'Ordre. Là, le 
bailli André de Grille, commandeur de Golfech et 
de GrésanSy prit le chevalier de Revel par la main» 
le conduisit auprès du maître-autel, pria un instant 
avec lui, puis au moyen de divers actes, comme : 
couvrir, découvrir l'autel, sonner la clochette, ou- 
vrir et fermer la principale porte de la maison 
prieurale, le mit en possession du Grand-Prieuré. 
Parmi les personnes présentes citons : François- 
Louis de Porcellet, commandeur de Lugan ; Jo- 
seph-Paùl de Gautier de Valabres, commandeur de 
Cavales ; les chevaliers Henri-Augustin de Pio- 
lenc,de Sartoux, d'Auribeau ; Charles-Jean-Baptiste 
de Raousset, d'Albert du Chêne, de Beauregard, 
de Suarès d'Aulan(i). 

Au Chapitre de 1746, le 5 mai, Jean-François 
Meflfres, curé des Omergues, de la commanderie 
d'Avignon, fit ses vœux entre les mains de Pierre 
Richieud, prêtre collégial de Saint-Gilles (2). 

Le 21 juillet suivant fut également un jour de fête 
religieuse pour le Grand-Prieuré. Jacques-Nicolas, 
chanoine de l'église collégiale de Beaucaire, au dé- 
faut de Jean-François Raybaud, prêtre conventuel, 
vint dire la messe dans la chapelle Sain-Jean pour 
la profession du chevalier novice Louis-François 
de l'Espine. Elle fut faite entre les mains de Tro- 



I. Arch. dtfs B.-du-R. — Ordre de Malte. — Châp., eôlL et prof. (t6éS- 
1774). Vol. xxy. 

a. Arch. des B.-do-R* — Ordre de Ualtt, — Chàp, etAss. (lyaj-^TJo)* 
Vol. XVIII. 



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— 1*7 — 

phime-Elzéar de Romieu, commandeur de Millau ; 
ce fut Honoré-François-Xavier de Grille qui chaussa 
le nouveau profès des éperons d'or. Quelques gen- 
tilhommes arlésiens assistèrent à cette cérémonie 
parmi lesquels Messieurs de Cays, de TEstang- 
Parade, de Viguier et le marquis de Grille. Le no- 
taire Guillaume Beuf rédigea le procès-verbal de 
cette consécration (i). Le récipiendaire était fils de 
Joseph-Philibert et de Marguerite de Lopis la Fare. 
Il était né à Caromb, dans l'ancien diocèse de Car- 
pentras, et fut baptisé le 6 décembre 1688, dans 
réglise de cette locatité (2). 

Quelques mois après, le 8 décembre 1746, mourut 
à Arles Trophime-Elzéar de Romieu, commandeur 
de Millau (3). Son frère Jean-Charles l'avait précédé 
dans la tombe, étant décédé le 19 mars 1745. On 
voit encore à Malte Tépitaphe qui lui fut dédiée. 
Elle nous apprend, entre autres choses, qu'il fut 
receveur des deniers de son Ordre, qu'il commanda 
l'armée navale de Malte et qu'il fut préfet du palais 
du Grand-Maître. Elle nous parle de sa grande 
âme, secourable aux pauvres, fidèle à ses amis. 
Nous la reproduisons aux Pièces justificatives. 

L'année suivante, le 30 janvier 1747, un autre 
témoin de la profession du chevalier de TEspine, 
le commandeur-prêtre Jean-François Ràybaud était 
conduit à sa dernière demeure dans la chapelle 
prieurale par le curé Simon, de la paroisse Saint* 
Julien, qui l'avait assisté à ses derniers moments 



1* Arch. des B.-du*R* — Ordre de Malte, — Ckap., coll. et prof, (1668* 
1774). Vol. XXT. 

3. Ârch. des B.-du-Ri — Ordre de Maîti , — Dossier n" xaa. 

3. Archives du ch&teau de Barbegal. -^ Dossier généalogique de Î4 
famille de Rçmieu, 



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— ia8 — 

et lui avait donné le saint Viatique et l'Extrême- 
Onction (i). 

On apprit avec bonheur, à la réunion ordinaire 
d'automne de cette année, que le chevalier arlé- 
sien Honoré-François de Grille d'Estoublon avait 
fait profession, à Marseille, entre les mains du 
Grand-Prieur de France, Jean-Philippe d'Orléans. 

Contrairement à l'usage observé jusqu'en 1745, 
le prêtre-sacirstain de Saint-Gilles ne s'était pas 
rendu à la réunion d'automne de 1747 pour y célé- 
brer la sainte messe les jours de séance. Le prési- 
dent, le bailli Jacques-Armand de Vachon-BeL 
mont (2) fut chargé de l'avertir « de n'y faire faute 
à l'avenir >. 

Avant de se disperser les chevaliers assistèrent, 
le 8 novembre, à la profession de Jean-Baptiste 
Aubéry, curé de Brantes, faite entre les mains de 
Joseph Grégoire, commandeur de Narbonne. 

Cette profession fut suivie, le 6 mai 1749, de celle 
d'Antoine Darlach, sacristain de Montfrin dont il 
était originaire, reçue, comme la suivante, par 
Pierre Richieud, prêtre collégial ; le lendemain, de 
celle de Christophe-Louis Martin, curé de Chan- 
dolas, paroisse dépendant de la commanderie de 
Jalès, enfin, le 5 mai 1750, de celle de Barthélémy 



I. Arch. municip. d'Arles. —GG. Saint- Jalien : Naitsances, mariages ^ 
décès (1733 à 1745). 

9. Jacques- Armand était fils de Jean -Baptiste, capitaine de cavalerie 
au régiment d'Orléans et de Claire d' Agonit de Chanousse. Il naquit à 
Grenoble et fat baptisé à la paroisse Saiot-Hngnes le 35 férrier 1691. \\ 
fut pourvu de de la commanderie de Trinquetaille par grâce magistrale 
en mai 1719. Le Grand-Prieur, Octave de Galéan le choisit pour son 
lieutenant en 1745. Il venait d'être nommé Grand- Prieur de Toulouse 
lorsqu'il mourut à Aix-en-Provence le I3 novembre 1766. On peut voir 
aux Pièces justificatives Tépitaphe qui se lit sur son cénotaphe dans Té- 
glise de Malte. Akcbivbs dis Bouchb8>i>u-Rhovb« —Ordre de Malte. ~ 
Dossier n« 468. — Ratbauo : Op, cit., p. 960. 



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— ia9 — 

Maurel, curé de Saint-Laurent-ea-Royans, de la 
commanderie de Valence, admis au noviciat en 
1748 mais empêché jusqu'alors d'émettre ses vœux, 
à cause de ses indispositions. Ce fut le prêtre col- 
légial de Saint-Gilles, François Eyssautier, qui 
présida cette dernière consécration. 

Ce ne sont pas les seules réunions qui se soient 
tenues au Grand-Prieuré sous Octave de Galéan et 
par les soins du bailli Jacques- Armand de Vachon- 
Belmont. Il dirigea en effet, en qualité de lieute- 
nant, les assemblées des 8 novembre 1745, i" mai, 
7 novembre 1746, 7 mai, 6 novembre 1747, 5 mai, 
4 novembre 1748, 4 mai, 10 novembre 1749 (i). 

Le Grand-Prieur Octave de Galéan mourut à 
Malte le 7 avril 1750 et fut enseveli dans le sépulcre 
qu'il s'était préparé dans l'église Saint-Jean. Il était 
décoré d'une épitaphe qui énumère ses dignités en 
même temps que son grand mérite. Nous la repro- 
duisons aux Pièces justificatives. Le Grand-Prieur 
était âgé de plus de 80 ans (2). 



I. Ârch. des B.-du-R. «> Ordre de Malte. — Chapitres et Assemblées 
(1755-1750). Vol. xviii. 

s. Ratbaud : Op, cit., n, p. sôz. 







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CHAPITRE X 



SOMMAIRE : Nomination posthume de Pierre d*Alberlas- 
Saint-Maimc. — Le Grand-Prieur François de Piolenc. — 
Réunions de chevaliers. — État du Prieuré en 1751. — 
Profession du curé Maurel. — L'Ordre de Malte et les Ar- 
lésiens. — Mort du commandeur André de Grille. — Pro- 
fession du chevalier Charles de Galéan. — Mort de Jean 
Raybaud. — Visites canoniques de 1763 et de 1755. — 
Inventaire des vieilles archives. — Profession du curé 
Mège. — Réunions au Grand-Prieuré. — Mort à Paris du 
Grand-Prieur. — Son frère est son successeur. — Il visite 
la chapelle de Sainte-Luce. — Il assiste à des thèses de 
théologie. — Profession de Joseph de Porcelet. — Visite 
canonique de 1761. — Profession du prêtre Jourdan, des 
chevaliers de Caumont, de Pomerols et du chapelain con- 
ventuel Bniguicres. — Mort du bailli Gaspard-Hyacinthe 
de Grille. — Profession des chevaliers de Villefranche et 
de Préville. — Mort du Grand-Prieur de Piolenc. — Réu- 
nions au Grand-Prieuré. — Paul-Augustin de Rolland- 
Réauville, Grand-Prieur. — Le chevalier d'Olivary aux 
arrêts. — Le prêtre Gros (c archivaire ». — Visites canoni- 
ques de Sainte-Luce et de l'Hôtel pricural en 1775, 1776, 
1778. — Assemblées en dehors d'Arles. — Mort des com- 
mandeurs Honoré de Grille et de Joseph-Antoine Raybaud. 
— Mort du Grand-Prieur de Réauville et de son succes- 
seur Charles de Galéan. — Démission du bailli de Manos- 
que, Antoine de Chabrillan. — Réunions de chevaliers. — 
Joseph de l'Estang-Parade, Grand-Prieur. — Une de ses 
lettres. — Profession de son neveu. — Il visite les com- 
manderics en 1780 et 1786. — Sa mort. — Réunions au 
Grand-Prieuré. 



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— 131 -r- 

la mort d'Octave de Galéan il se produi- 
sit un fait assez curieux. Son successeur, 
suivant l'usage, devait être le grand com- 
mandeur qui était alors Pierre d'Albertas 
Saint-Maime. Il fut nommé, en effet, le 20 avril 
1750 par bulles du Grand-Maître, mais on ignorait 
à Malte qu'il était décédé à Marseille le 4 avril pré- 
cédent, avant même Octave de Galéan. C'est ainsi 
que Pierre d'Albertas n'eut que la gloire posthume 
de cette haute charge. Il était fils d'Antoine Alber- 
tas, baron de Dauphin, seigneur de Saint-Maime et 
de Marquise de Vento des Pennes. Il était né le 6 
septembre 1665 et fut reçu chevalier en 1682. Il de- 
vint commandeur de Saint-Christol, puis de Saint- 
Félix, en 1741 bailli de Manosque mais dont il ne 
prit possession que le 24 avril 1744 parce que cette 
charge lui fut disputée. Le 26 novembre 1748 il fut 
nommé grand-commandeur. On peut voir, dans 
réglise Saint-Jean, à Malte, l'épitaphe qui lui est 
dédiée. Nous la reproduisons aux Pièces justifica- 
tives. Elle parle surtout de ses grands dons à la 
Langue de Provence, tels qu'il n'en est pas 
d'exemple dans le passé. 

François-Joseph de Piolenc, fils de Joseph, con- 
seiller à la Cour de Provence, et de Madeleine- 
Marie de Forbin d'Oppède, né à Aix le 11 avril 1681, 
se trouvait à Paris quand il fut nommé Grand- 
Prieur, le 3 janvier 1751. Quelques semaines plus 
tard, le 9 mars, à 4 heures du soir, Bernard Reyne, 
secrétaire de l'Ordre, habitant Toulouse, fut mis, en 
son nom, en possession de l'Hôtel prieural par le 
bailli André de Grille qui en fit rédiger procès- 
verbal par Joseph- Antoine Raybaud, prêtre con- 
ventuel et secrétaire. Piolenc arriva à Arles pouf 
présider le Chapitre qui se tint le 2 mai ; il retourna 



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à Paris après la clôture mais se fit un devoir de re- 
paraître à Arles, à peu près tous les ans, aux réu- 
nions du printemps des chevaliers de Malte (i). 

A ce même chapitre un chevalier arlésien fut 
nommé commissaire pour vérifier l'état des murail- 
les de THôtel prieural visant au nord, sur le Rhône. 
Quelques mois plus tard, le 23 octobre 1751, il ré- 
digeait le rapport suivant : 

Nous frère Honoré-François-Xavier de Grille d'EstoUr 
blon... disons que le Rhône s'étant trouvé extrêmement bas 
le 2 1 courant nous aurions été en bateau avec François Chau- 
vel, maître maçon, et maître Guillaume Beuf, notaire et 
secrétaire de notre Ordre vérifier la dite muraille dans toute 
sa longueur au pied de laquelle il n'y avait qu'un pan et 
demi d'eau et après l'avoir duement et très attentivement 
examiné avec ledit Chauvel nous disons et notre avis est 
que la dite muraille est très bonne et qu'il n'y a aucun def- 
faut ny rien qui menace ruine, qu'au contraire elle promet 
une durée aussi longue qu'on peut s'atendre d'un bâtiment 
bâti le plus solidement qu'il n'y a par conséquent aucune 
crainte de danger pour les archives lesquelles étant bâties 
sur la chapelle dudit hôtel prieural qui est au midi ne ris- 
queroient rien quand même par impossible tout le corps du 
bâtiment qui est au nord visant dans le rone séparé de ce- 
luy du midy par la cour dud. hôtel viendrait à couler et 
qu'ainsi la Vénérable Langue peut être en toute surete 
pour ses archives à cet égard que neantmoins comme l'en- 
coule qui est au pied de lad. muraille dans toute sa lon- 
gueur est le plus souvent couverte d'eau et que nous ne 
1 avons vue a découvert que par l'abbaissement des eaux, 
nous avons aperçu qu'il y a quelques quairons de la 
cadete dégradés par les eaux et gelées que nous avons 
compté au nombre de vingt-sept lequel sera bon de faire 
cnangerpar des neuf quand les eaux le permetront ce qui 
— 

rt/« terÂi^Myi;"' *'^" '^^'*^'' ~ l'*"*»")- -£« commandeurs 



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est une petite réparation de simple entretien que ledit 
Chauvel a estimé et offert de faire pour quarante livres.... » 

L'Assemblée décida d'envoyer ce rapport à 
Malte. 

Quelques jours plus tard, le ii novembre 1751, 
Gaspard Morel, curé des Siaussayes, de la com- 
manderie de Valence, fît profession dans la cha- 
pelle de Saint-Jean par les soins de Joseph-Antoine 
Raybaud (i). 

L'Ordre des Hospitaliers a toujours tenu une 
place d'honneur parmi les préoccupations d'esprit 
des Arlésiens. En 1752 un Exercice littéraire fut 
donné par des quatrièmes au collège d'Arles en 
rhonneur des Grands-Prieurs, baillis, comman- 
deurs et chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem et 
dans lequel fut traitée l'histoinj de Malte. Il y avait 
à peine trois ans que Pierre Privât de Mollières 
Fontanilles avait composé à Madrid où il était se- 
crétaire d'ambassade un poème en dix chants, inti- 
tulé : Malte ou Vlsle Adam. Plus tard, en 1770, il 
donna une seconde édition de cet ouvrage avec un 
titre nouveau : La Maltiade ou Vlsle Adam^ der- 
nier grand maître de Rhodes et premier grand maî- 
tre de Malte dans lequel ce dernier est le héros du 
poème et la religion en est le sujet. Dans son en- 
semble, cette production est médiocre, mais cer- 
tains détails sont bien venus et sont à citer comme 
modèles. Elle fut dédiée aux consuls d'Arles, et 
sortit des presses de l'imprimeur arlésien Jacques 
Mesnier. Un siècle auparavant, en 1628, un autre 
arlésien, le P. Antoine de Saint-Michel, récollet, 
avait publié à Lyon : Le triomphe de Malte^ espèce 



, I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Chap., coll. etfrof, (x668. 
1774) Vol xxy. 



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de dialogue très développé entre un docteur et un 
chevalier sur les cérémonies, fêtes et prières en 
usage dans TOrdre. 

Au commencement de cette année 1752, le 28 fé- 
vrier, mourait frappé d'apoplexie, sur la paroisse 
N.-D. la Principale, après avoir reçu l'Extrême- 
Onction des mains de son curé Issautier, André de 
Grille, commandeur de Golfech. Il fut enterré le 
lendemain dans la chapelle du Grand-Prieuré. Il 
était né à Arles le 2 mars 1 681, de Charles de Grille 
et d'Isabeau de Coriolis ; il fut bailli et grand croix 
de rOrdre auquel il rendit de grands services, 
surtout en combattant sur les vaisseaux de la reli- 
gion (I). 

Une nouvelle profession, celle de Charles-Félix 
de Galéan-Gadagne, eut lieu dans le Grand-Prieuré, 
le 24 mars 1752, sous la présidence du cheva- 
lier Henri-François-Xavier de Grille d'Estoublon. 
« L'archivaire 2^ Joseph-Antoine Raybaud, prêtre 
conventuel, ne pouvant point, à cause de ses occu- 
pations, assister à la cérémonie, et comme nul au- 
tre prêtre de l'Ordre ne se trouvait à Arles, ce fut 
Louis Léonard, sous-chanoine de Saint-Trophime, 
qui vint dire la messe à laquelle assistèrent Joseph- 
Paul de Gautier- Valabres, commandeur de Cavales, 
le chevalier novice Joseph de l'Estang-Parade, 
Louis-Achille de Grille, marquis d'Estoublon, et 
Guillaume- Antoine, marquis de l'Espine. Il fut 
chaussé des éperons d'or par Guillaume-François 
de 1 Estang.Parade. L'avocat Pierre Blain, secrétaire 

de 1 Ordre, rédigea le procès-verbal de cette solen- 
nité. 



«'>M.;M.';AKi*«r """' "' ''•"•• - ''"^■'^" " ^«'"- 



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^ 135 — 

Peu avant le Chapitre de 1752, mourut sur la pa- 
roisse Sainte-Anne, après avoir reçu les derniers 
sacrements, Jean Raybaud,' avocat, ancien secré- 
taire de rOrdre. Il fut enterré au tombeau de ses 
ancêtres dans Téglise des Pères Cordeliers. 11 était 
fils d'Antoine et de Marguerite Quenin, et avait 
épousé en 1697 Marianne de Noyer. « Il a laissé 
plusieurs bons manuscrits (i) sur l'histoire de Malte, 
sur la noblesse ainsi que d'excellentes notes rela- 
tives à sa patrie >, dit un auteur anonyme. « Il avait 
beaucoup de goût pour la littérature et l'antiquité. 
Il avait un amas précieux de bons livres et de ri- 
ches manuscrits, ses enfants l'ont dissipé, pillé, 
vendu >, ajoute, à son tour, Tabbé Laurent Bonne- 
mant. C'est lui qui est l'auteur de 1' « Histoire 



I . c Parmi ceux-ci figurait la plas grande partie des papiers de Dom 
Polycarpe de la Rivièrci autear des Annales tT Avignon {•) vol. in-fol. 
Mss., cooservés à la bibliothèque de Carpentras). On trouve à la p. 688 
da recueil ms. de la correspondance de Remerville (même bibliothèque) 
une lettre adressée à cet érudit par Raybaud, le 34 juin 1709, au post' 
sertptum de laquelle on lit : Au reste pour ce qui est des Mss. du P. de 
la Rivière, ce sont les propres originaux que j'ay. J'en ai des preuves 
convaincantes, entr'autres des lettres du Général des Chartreux qui écri- 
voit à la personne de qui je les ay, pour tâcher de les avoir. U y a de 
très belles choses. H est dommage qu'elles restent dans l'obscurité. J'ay 
aussi des lettres que plusieurs savants lui escrivoient, et entr'autres trois 
ou quatre de M. de Peiresc >. £. Pekrier : Les Bibliophiles artésiens, 
p. 33, note 4. 

Il y avait dans le cabinet de Guillaume de Nicolay un manuscrit inti- 
tulé : Description de tous les monuments antiques^ des statues, bas-reliefs, 
tombeaux, inscriptions sépulchrales et autres qui se trouvent à Arles sous 
les Romains et les rois de France de la /r« et a« race, par Jean Ratbaud, 
avocat, agent de l'Ordre de Malte, à Arles >. Qu'est devenu ce précieux 
manuscrit ? \\ serait d'autant plus intéressant de le retrouver qu'on en 
faisait grand cas du vivant de Raybaud. Voici, en effet, ce que lui écri- 
vait de rOratoire de Marseille, le 7 avril 1734, le fameux Père Çougerel 
avec lequel il était en rapport pour des sujets d'archéologie et d'histoire : 
< Il me semble que vous m'avez marque dans quelqu'une de vos lettres 
que vous aviez commencé cet ouvrage (sur les antiquités d'Arles), n'en 
privez pas le public. C'est à vous que la gloire est réservée de nous don- ' 
ser un ouvrage excellent sur cette matière ». 

' Bibliothèque municipale d'Arles. Ms. 344. Médailles, monnoies, sceaux 
de Provence et de la ville d'Arles en particulier, < 



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- 1)6 - 

[manuscrite] des Grands-Prieurs et du Prieuré de 
Saint-Gilles j>, composée au moyen des archives de 
rOrdre de Malte qu'il avait à sa disposition ou qu'il 
^vait explorées à Toulouse, ainsi qu'il nous l'ap- 
prend lui-même. Tout ce qu'il raconte est appuyé 
sur des preuves authentiques. Aussi l'abbé C. Ni- 
colas, curé-doyen de Saint-Gilles, a rendu un im- 
mense service aux travailleurs en l'éditant et on 
ne saurait trop le remercier. Malheureusement l'ori- 
ginal, fruit d'un premier jet, était criblé de ratures, 
et la copie, faite pour Guillaume de Nicolay, a 
conservé des traces d'hésitation que la sagacité de 
l'éditeur n'a pu faire disparaître entièrement. Cette 
histoire était souvent consultée, elle le sera bien 
davantage maintenant. 11 est impossible, en effet, 
de rien écrire sur l'Ordre de Malte sans avoir à la 
citer. Elle est la quintessence des innombrables 
documents réunis par les chevaliers de la Langue 
de Provence. L'auteur était le propre frère du 
commandeur-prêtre Jean-François Raybaud dont 
nous avons parlé et avec lequel il ne faut pas le 
confondre (i). 

En 1753, le 5 mai, eut lieu la visite canonique de 
l'Hôtel prieural. Elle fut faite par Joseph-Gabriel 
de Thomas de Gignac (2), commandeur de Caignac, 
receveur et procureur général du Grand-Prieuré 
et par Joseph- Antoine Raybaud, < archivaire *»• 



I. Ârch. muncip. d'Arles. GG. SaiBte-Anne : Naissances, mariages, 
décès (1750 à 1765). — E. Pbrrier : Les Bibliophiles arlêsiens, p. 2}, 
— Bibliothèqne Méj«nes. Ms. 933 ; Abrégé historique et chronologique 
des hommes illustres d'Arles, 

a. Joseph-Gabriel était probablement fils de Jean-Baptiste de Thomas- 
Gignac et de Marguerite de Guérin. 11 naquit en 1700 et fut reçu cheva- 
lier en 171 5. 11 obtint la commanderie de Caignac par grâce magistrale 
en 1747. Elle rapportait à peu près zo.ooo livres. BiBLiOTHÀQPB-Masis 
Calybt D*AviGNOif. — Ms. 3839 : Mélanges ecclésiastiques, — > [Artb- 
fbuilJ : O/. cit,, n, 443. 



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- 137 - 

Ils remarquèrent dans la chapelle, du côté de l*évan- 
gile, sous un arceau pratiqué dans le mur, joignant 
le tombeau de Melchior Cossa, un autel latéral au- 
dessus duquel on voyait un tableau représentant 
IsL^Sainte- Vierge avec ï Enfant Jésus entre ses bras 
et à côté Sainte-Anne. Il remplaçait l'ancien placé 
à la sacristie et qui figurait Notre-Dame et Sainte* 
j\nne{i). 

A TAsssemblée d'automne de cette même année, 
deux chevaliers : Paul-Augustin de RoUand-de- 
Réauville et Honoré-François-Xavier de Grille fu- 
rent chargés de dresser l'inventaire des vieilles 
archives déposées dans une chambre du premier 
étage du Grand-Prieuré. Ils mirent quatre ans pour 
terminer ce travail et présentèrent leur rapport au 
mois de novembre 1757. 

Avant de se dissoudre, la réunion d'automne vit 
la profession religieuse de Jean- André Mège, curé 
de Dieulefit, qui eut lieu le 6 novembre entre les 
mains de André-François Raybaud (2). 

L'année suivante, le 27 octobre 1755, se fit la vi- 
site de l'Hôtel prieural par Charles-Jean-Baptiste 
de Raousset, commandeur de Raissac, et par le 
chevalier Honoré-François-Xavier de Grille d'Es- 
toublon qui s'adjoignirent, comme secrétaire, Jeân- 
BaptisteBret, notaire de Tarascon. Ils la commencè- 
rent en présence de Joseph-Paul de Gautier de Va- 
labres (3), commandeur de Cavales, près de Saint* 



X. Arch. des B.-dn-R. — Ordre de Malte. — Visites, Vol. xlv, 

a. Arch. des B.-dn-R. — Ordre de Malte. — Chap. et Ass. (1751- 
X775). Vol. XIX. 

3. Joseph-Paul était filsd*Antoine de Gautier de Valabre«, coofeiller à 
la Cour des Comptes et puis au Parlement de ProveDce, et d'Anne de 
Ricard. H fut baptisé dans l'église du Saint-Esprit à Aix, le 9 décembre 
1706. La commanderie de Cayalès qui lui rapportait à peu près 4000 



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~ 138 - 

Gilles, représentant du Grand-Prieur, et constatè- 
rent que les fenêtres de la chapelle avaient été re- 
faites, que la tapisserie entre chaque trumeau avait 
été réparée et que les bancs avaient été repeints en 
couleur de noyer. Ils remarquèrent que la chapelle 
latérale de Notre-Dame avait pour rétable un ta- 
bleau de \q. Sainte-Vierge avec T Enfant Jésus, Les 
ornements et vases sacrés confiés à la garde de 
Henri Cordeau, tapissier, étaient conservés dans 
un coffre plaqué de fer, placé à la sacristie, laquelle 
contenait aussi deux reliquaires dont l'un renfer- 
mait des ossements du bienheureux Gérard et une 
chapelle pontificale ayant appartenu à Mgr de For- 
bin-Janson, mort archevêque d'Arles, quelques 
années auparavant, le 14 janvier 1741. 

Ils constatèrent aussi que le Commandeur de 
Cavales habitait le Grand-Prieuré et y occupait 
trois chambres et que les deux chevaliers nommés 
plus haut travaillaient au rangement des vieilles 
archives, un peu négligées depuis quelque temps. 

Les visiteurs interrogèrent deux bourgeois d'Ar- 
les : Pierre-André Francony et Gilles Tonduty sur 
la conduite du Grand-Prieur. Ils répondirent qu'ils 
ignoraient s'il observait la résidence mais qu'ils 
l'avaient vu pendant deux ans tenir le Chapitre. 
C'est également à deux habitants d'Arles d'âge res- 
pectable, Antoine Lions et Trophime Baudesseau, 
bourgeois, qu'ils firent l'enquête secrète sur le 
Grand-Prieur. 



de Pioll^n/i k"""".^^ P" ^'^" prieurale en mai 1737. Le Grand-Prienr 

leur de be,-*'"'^^^ '"' ''"''"'°* '° ''^^'' "^'^^ '^^ «"°*^ *""*- 
ment L a bo'ur Vl "7T ^"^^ '^ '^^"^ ^« ^^^^^ '' »i^» P"---' 



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— 139 — 

Les commissaires écrivirent à la suite de leur 
procès-verbal de visite les dépenses de T Hôtel 
prieural. On y remarque : 12 livres, 10 sols pour 
le transport de Saint-Gilles à Arles des ornements 
d'église laissés pour la tenue du Chapitre, 120 livres 
pour le prêtre qui fait le service de la chapelle et 
60 livres au laïque sacristain (i). 

Le Grand-Prieur Joseph-François de Piolenc 
mourut à Paris le 17 juin 1757. 

Il s'était tenu au Grand-Prieuré, depuis huit ans, 
les réunions suivantes : celle du 3 mai 1750 prési- 
dée par le bailli Jacques-Armand de Vachon-Bel- 
mont, celle du 9 novembre 1750 par Chârles-Jean- 
Baptiste de Raousset (2), commandeur de Petite-^ 
Argence comme plus ancien, celle du 2 mai 1751 
par le nouveau Grand-Prieur Joseph-François de 
Piolenc, celle du 8 novembre 175 1 par André de 
Grille, commandeur de Golfech, Caubins et Mor- 
las, celles des 7 mai et 6 novembre 1752 par Joseph- 
Paul de Gautier- Valabres, commandeur de Cava- 
les, lieutenant du Grand-Prieur, celle du 6 mai 1753 
par le Grand-Prieur Joseph-François de Piolenc, 
celles des 5 novembre 1753 et 5 mai 1754 par le 
Commandeur de Cavales, celle du 4 novembre 1754 
par Charles- Jean-Baptiste de Raousset, comman- 
deur de Raissac, celle du 4 mai 1755 par Joseph- 
François de Piolenc, celle du 10 novembre 1755 
par Joseph-Paul de Gautier- Valabres, celle du 2 
'mai 1756 par Joseph-Gabriel de Thomas-Gignac, 
commandeur de Caignac, celles des 8 novembre 



I. Arch. municip. d'Arles. — Ordre de Malte. — Visites non classées, 

3. Charles-Jean-Baptiste de Raoussst était fils de Charles-Antoioe et 

de Marguerite de Forbin-Maynier. Il fut pourvu en mai 1751 de la corn- 

manderie de Raissac près d'Albi. — Baïon du Roure : Op. ci t. y p. 773, 

Mus£E*Caltbt, «> Ms. 3839 : Mélanges ecclésiastiques. 



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— 140 — 

175^ et I*' mai 1757 par Joseph-Paul de Gautier- 
Valabres (i). 

Le Grand-Prieur fut remplacé par son frère 
Henri-Augustin de Piolenc, né à Aix, le 6 avril 1687, 
reçu chevalier le 11 octobre 1691. Il fut mis en pos- 
session de la maison prieurale, le 7 novembre 1757, 
à dix heures du matin par Paul- Augustin de Rol- 
land-Réauville, commandeur de la Favillane en 
Camargue, mais il ne tarda pas à venir habiter son 
Hôtel et il ne le quitta jamais plus. Plusieurs che- 
valiers étaient présents à cette installation, Joseph- 
Charles de Tressemanes (2), commandeur d'Aix, 
économe et procureur général de l'Ordre pour le 
Grand-Prieuré, le chevalier de Grille d'Estoublon, 
le chevalier de Valabres, commandeur de Cavales, 
le chevalier de Gaillard, commandeur de Poët- 
Laval, le chevalier Joseph de TEstang-Parade ainsi 
que Joseph-Antoine Raybaud, « archivaire > du 
Grand-Prieuré (3). Le 2 mai 1759 à 9 heures du 
matin, il fit, en habit de cérémonie, la visite de la 
chapelle Sainte-Luce, voisine de son habitation. 
C'était un religieux capucin qui la desservait. Il le 
reçut au son de la cloche. Le Grand-Prieur était 
accompagné d'Antoine Raybaud, prêtre conven- 
tuel, du représentant de la commanderie apparte- 



1 . Arch. des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Chap, et Ass, Vol. xvni 
et XIX. 

3. Joseph-Charles était fils d'autre Joseph de Tressemanes, conseiller 
au Parlement de Provence et de Marianne de Glandevès. Il naquit en 
170X et fut pourvu de la commanderie d'Aix en mai 1753. Il fut Capitaine 
dans le régiment de Royal Vaisseau. Il mourut à Malte le 33 décembre 
1766, à l'âge de 65 ans. Les fils de son frère Gaspard lui érigèrent un 
monument dans l'église Saint-Jean avec épitaphe. C'était un homme de 
bon conseil, zélé pour ses devoirs, d'une grande candeur d'âme et de beau- 
coup de générosité. Voir aux Pièces Justificativf s. 

, 3. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Chap,, coll. et prof, (1668- 
Ï774)- Vol. XXV. 



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— 141 — 

nant à Jean-Baptiste de Durand-SartoUs (i), et du 
secrétaire Mathieu- Antoine Beuf. Il trouva la cha- 
pelle « en état à la réserve de quelques articles >. 
JL'abbé Bonnemant, qui vivait à cette époque, écri- 
vait, au contraire, dans ses précieux « Mémoires 
pour servir à Thistoire ecclésiastique d'Arles >, 
qu'elle était très indécemment et très pauvrement 
décorée, « ce qui est ordinaire, ajoutait-il, à celles qui 
sont possédées par ces trop riches religieux » (2). 

Quelques jours plus tard, le vendredi 25 mai 
1759, le Grand-Prieur assistait chez les Pères Récol- 
lets à des thèses de théologie qui lui furent dédiées 
et qui furent soutenues, dans leur église, à l'occa- 
sion de la réunion de leur Chapitre provincial (3). 

L'année suivante, le 21 avril, le Grand-Prieur 
recevait la profession de Joseph- Auguste de Por- 
celet, assisté de Paul-Augustin de Rolland-Réau- 
ville, de Nicolas de Cabre-Roquevaire, d'Honoré- 
François-Xavier de Grille d'Estoublon, comman- 
deur d'Argence, et de Joseph- Antoine Raybaud, 
prêtre conventuel. La messe fut dite par Tabbé 
Alexis Jourdan, aumônier du Grand-Prieur, pen- 
dant laquelle le chevalier Paul de Piolenc le revê- 
tit des éperons dorés (4). La principale noblesse 



I. Jean-Baptiste était fils d'Albert de Durand, seigneur de Sartons et 
d'Elisabeth de Gautier. U naquit en 1679, fut reçu chevalier en 1691. 
Il mourut le 94 mars 1760, après avoir occupé plusieurs emplois honora- 
bles dans son Ordre. C'était un homme cher à tous par la douceur de 
ses mœurs et sa bonté d*âme. Ses neveux Joseph, Jean-Baptiste et Jac- 
ques de Durand-Sartons, religieux de Malte comme lui, lui érigèrent un 
monument funéraire dans Téglise Saint- Jean. Voir aux Pihces justifica^ 
iivts l'épitaphe qui l'ornait. 

a. Ârch. municip. d'Arles. — Ordre de Malte. — Visites non classées* 

3. Arch. municip. d'Arles. — GG. Sacristie B, anno 1759. 

4. Pierre- Paul de Piolenc était fils d'Honoré-Henri, premier présidenl 
au Parlement, et de Françoise d'Yse de Saléon. H naquit le 10 juin 17 13 
et mourut à Avignon le }o décembre 1776. H eut un frère Joseph-Henri 



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d'Arles prit part à cette cérémonie : les de Grille, 
les de TEstang, les de Giraud, les de Perrin de Joa- 
quières,les de la Tour, les de Vernon y assistèrent. 
Le secrétaire Mathieu Beuf rédigea le procès-verbal 
de cette fête religieuse. 

Joseph-François-Auguste de Porcelet était fils 
de Paul- Joseph, marquis de Maillane. Il naquit le 
25 octobre 1702, signa à son acte de baptême du 
4 juillet 171 4, avec ses parrain et marraine François- 
Louis de Porcellet, chevalier de Malte, son oncle, 
et Jeanne de Mistrale, son aïeule. 11 fut présenté à 
Malte le 13 novembre 1714 et reçu le 6 mars 1715. 
Il servit dans le régiment de Conti-cavalerie. Après 
sa professsion (i), il obtint en 1763 la commanderie 
d'Astros, près de Fréjus, qu'il quitta ensuite en 
1773 pour régir celle de Trinquetaille. Il mourut à 
Beaucaire le 9 juillet 1786 et fut inhumé dans Téglise 
champêtre de Saint-Pierre de Campublic qui était 
une dépendance de son ancienne commanderie. 
L'abbé Bonnemant qui nous donne ces détails 



qui fut commandeur de Montfrin. Voici la curieuse lettre qu'il adressait 
à son médecin, le célèbre Esprit Calvet^ quelques mois avant sa mort. 

< Je vous serois, Monsieur, bien obligé si vous voulés me faire la grâce 
de venir manger ma soupe. Vous trouvères ici M. le baiJly de Gadagne 
et notre ami commun le commandeur de Poët-Laval. Le domestique qui 
vous remetra la présente a ordre de vous faire trouver un bateau tout 
prêt et vous porte un parasol pour que le soleil ne vous incommode pas 
en voyage. Pour votre retour à Avignon vous pouvës profiter de ma voiture 
qui conduira M. le bailly de Gadagne à Avignon sans quoy je vous Tau- 
rois envoyée. Je suis fâché de vous déranger peut être mais depuis plu- 
sieurs jours je suis fatigué par une humeur acre qui m'inquiète et me met 
en soucy. Vous me ferès un vray plaisir de me venir voir pour m'ordon- 
ner ce que vous croirez convenir le mieux pour ma plus prompte guéri-' 
son. 

J'ay l'honneur, etc. Le chevalier de Piolenc, commandeur d'Avignon. 
A Courtine le 17 août 177$ >. Mushh-Calvbt. — Ms. 3050: Correspondance 
adressée à Esprit-Claude- François Calvet. — Argh. dbs B-du-R. — Or- 
dre de Malte. — Dossier généalogique n« 3x1. 

I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Ghap.^ colL et prof, 
(1668- X774). Vol. XXV. 



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— H) — 

aj oute : « Le Trésor de TOrdre n'a pas gagné à sa 
mort. Le commandeur de Porcellet était d'une 
bonté peu commune ; Tesprit d'économie n'était 
pas son caractère. L'Ordre s'était saisi de son re- 
venu, et l'avait réduit à la pension ; il est mort 
sans avoir eu le temps de satisfaire ses créan- 
ciers i> (i). 

Une nouvelle visite de l'Hôtel prieural fut faite, 
le 23 mai 1761, par le commandeur de Puimoisson, 
Paul-Augustin de Rolland-Réauville, et Joseph- 
Antoine Raybaud, prêtre conventuel. Après s'être 
présentés devant le Grand-Prieur pour prêter ser- 
ment sur la Croix de l'Ordre, ils commencèrent 
leur office. Dans la chapelle ils ne signalèrent rien 
de spécial, si ce n'est un crucifix d'ivoire sur une 
croix de bois peinte posée sur le tabernacle du 
maître-autel. Détail assez surprenant, on ne conser- 
vait pas la Sainte Réserve. Les ornements nom- 
breux, riches et variés, étaient sous la garde 
d'Henri Cordeau, concierge et sacristain. Leur vi- 
site terminée, les commissaires s'adressèrent à 
Antoine Mauriset et à Trophime Baudesseau, bour- 
geois d'Arles, pour leur demander si le Grand- 
Prieur observait la résidence, s'il vivait en bon re- 
ligieux et s'il administrait en bon père de famille. 
Après avoir prêté serment sur les saints Évangiles 
de dire la vérité, les témoins appelés répondirent 
affirmativement à toutes ces questions. 

Les visiteurs, avant de se retirer, ordonnèrent 
quelques réparations, notamment « de placer les 
pierres qui manquent à la façade donnant sur le 
Rhône, et de jointer celles qui commencent à se 



1. Bibl. munie. d'Arles. — Abbé BonnëmaKt. Ms. 300 :* I^ûbiliaire de 
la ville cfArUa, — Baron du Roukb : Ofr, cit,^ pp. 11 14-1115,. 



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— m — 

détacher avec du bon ciment et des crochets de 
fer pour que les gens qui font remonter les bateaux 
dans la rivière puissent s'en servir pour se tirer 
avant et ne plus détacher les pierres comme ils 
l'ont fait par le passé ». 

A leur rapport est jointe la liste des dépenses 
annuelles du Grand-Prieuré, parmi lesquelles il 
faut citer celles pour la célébration du culte, pour 
les cérémonies du Jeudi-Saint, pour la fête de Saint- 
Jean, pour la rétribution du Clerc qui recevait i8o 
livres. La réunion du Chapitre nécessitait un dé- 
bours d'au moins 250 livres. Le concierge touchait 
36 livres (i). 

Les années suivantes le Grand-Prieur présida 
plusieurs cérémonies de profession : le 11 novem- 
bre 1762, celle d'Alexis de Jourdan, prêtre collégial 
de Saint-Gilles, faite entre les mains de Joseph- 
Antoine Raybaud (2), le 26 février 1763, celle du 
chevalier novice Joseph-François-Xavier de Seytres- 
Caumont, qui était fils du célèbre Joseph de Seytres, 
marquis de Caumont, académicien, et d'Elisabeth 
de Donis (3). L'aumônier Louis Raoux de la Tour 
dit la messe pendant laquelle Pierre-Paul de Pio- 
lenc, commandeur du Bastit et de Barbentane, mit 
les éperons d'or aux pieds du récipiendaire. A cette 
dernière fête assistèrent, avec le secrétaire Beuf, les 
chevaliers de Rolland de Réauville, de Porcelet, 
commandeur d'Astros, de Grille, commandeur 
d'Argence, de Giraud et plusieurs notables parmi 
lesquels un Varadier de Saint- Andiol, un Castillon 



t. Arch. particulières de Monsieur Beuf, de NîmcS. — Visites de ij6t^ 

2. Arch. desB.-du-R. — Ordre de Malte. — Ckap. ei Ass, (1751- 
1775). Vol. XIX.. 

3. [Artbmuil] : Ofio eit,, n, 396. 



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— 145 — 

dlcard, un de Giraud, un de Perrin, un Bouchaud 
de Bussy. 

Le Grand-Prieur présida pareillement, le 3 mai 
1764, celle de Pierre de Raymond Modène de Po- 
merols. Il fut chaussé des éperons d'or par son ne- 
veu François-Cirice de Raimond-Modène de Pome- 
rols, à la messe dite par Louis Raoux de la Tour. 
Les chevaliers de Rolland de Réauville, de Veynes, 
commandeur de Capette, de Piolenc, commandeur 
du Bastit, de Parade, de Grille d*Estoublon, les no- 
tables Florans de Saint-Estève, de Chiavari-Cabas- 
sole, et le secrétaire Beuf étaient présents. Ce fut 
encore le Grand-Prieur qui admit aux vœux, le 22 
avril 1766, Charles Secret Bruguières, chapelain 
conventuel, avec Taide de Taumônier Louis Raoux 
de la Tour. Il utait fils de Luuis-Joseph, marchand, 
et de Louise Giscard. 11 naquit à xMarvcjols le 10 
mai 1720 (I). Reçu diacot le 15 juillet 1732, il fut en 
1767 commandeur de Valdrôme. 

Parmi les assistants on remarquait Paul- Augustin 
de RoUand-Réauville, commandeur de Puimois- 
son, Nicolas de Cabre-Roquevaire (2), comman- 
deur de Millau, Joseph-Antoine Raybaud, prêtre 
conventuel, Pieire Brunet, chapelain conventuel 
novice, et Pierre-André Francony, notaire et secré- 
taire de rOrdre (3). 

Le 23 novembre 1767 mourut, dans la maison du 



I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Dossier n» 535. 

5. Xicolas de Cabre était fils de Pierre et de Gabrielle de Gautier la 
Molle. Il fot baptisé à Marseille le 33 mars 1709 et reça chevalier le x6 
décembre 1713. 11 fut bailli de Manosque de 1783 à 1784, année de sa 
mort laquelle arriva le 30 janvier. Dans Téglise de Malte on voit son 
monument funèbre. Il porte une inscription élogieuse que nous repro- 
duisons aux Pièces justificatives . AscH. des B.-du-R. — Ordre de Malte. 
Dossier n» 66. 

3. Arch. des B.-dn-R. • Ordre de Malle. ^Chap,^ colL et prof. (1668- 
1774). Vol, XXV. 



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— 146 — 

marquis d'Estoublon, le bailli Gaspard-Hyacinthe 
de Grille qui fut assisté à ses derniers moments 
par Tabbé Léonard, curé de Saint-Julien. Il fut en- 
terré, le lendemain, dans la chapelle du Grand- 
Prieuré, à 5 heures du soir. Le clergé de la paroisse 
sur laquelle il était décédé ne fut point appelé aux 
funérailles (i). 

Gaspard-Hyacinte de Grille était né le 12 novem- 
bre 1687, de Gaspard de Grille-Robiac et de Jeanne 
d'Antonelle. Il fut le dernier membre de sa famille 
qui compta pourtant seize enfants. Il embrassa le 
parti des armes, fut reçu chevalier de Malte le 10 
novembre 1702 et parvint aux plus hautes digni- 
tés. Il fit profession le 20 avril 1735. A la bataille 
de Fontenoy il était capitaine des grenadiers à che- 
val du roi, sa compagnie fut cruellement décimée, 
six seulement de ses soldats furent sauvés. Le roi 
Louis XV en faisait beaucoup de cas, il le nomma 
lieutenant-général de ses armées. Dans TOrdre de 
Malte il devint successivement page du grand maî- 
tre, commandeur, finalement il obtint le titre de 
bailli et de grand croix de TOrdre (2). 

La cérémonie de profession de Louis-Gaspard 
de Tulle- Villefranche qui sera un jour le dernier 
Grand-Prieur, eut lieu dans la chapelle prieurale le 
20 avril 1768 et fut présidée, cette fois, par Honoré- 
François-Xavier de Grille d'Estoublon, comman- 
deur de Beaulieu. L'aumônier Louis Raoux de la 
Tour dit la sainte messe pendant laquelle Joseph- 
Guillaume-François-Gabriel de TEstang-Parade, 
commandeur de Capette, mit les éperons d'of aux 
pieds du récipiendaire. Le célèbre marquis de Mé- 



I. Voir aux Pièces justificatives un acte relatif à cet incident. 
«• Baiok du Rourb 1 Op. cit., p. 593. 



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— 147 — 

janes, seigneur d'Albaron, et plusieurs autres gen- 
tilshommes assistaient à cette fête ainsi que les che- 
valiers de RoUand-Réauville, le chevalier de Pio- 
lenc, commandeur d'Avignon, Joseph-Antoine 
Raybaud et le secrétaire Beuf . 

Ce n'est pas non plus le Grand-Prieur qui pré- 
sida la consécration religieuse du chevalier novice 
Louis-Dominique de Gras de Préville qui eut lieu 
le 22 janvier 1771 mais bien Joseph-Guillaume- 
François-Gabriel de TEstang-Parade, commandeur 
de Palliers. Le nouveau proies fut chaussé des épe- 
rons d'or par son frère René, à la messe dite par 
Jacques Blain, prêtre conventuel, commandeur de 
Narbonne (i). Les chevaliers de Grille d Estoublon, 
de RoUand-Réauville, de Piolenc, commandeur 
d'Avignon, de Gaillard, commandeur de Poët- 
Laval, assistèrent à cette profession et l'honorèrent 
de leur présence ainsi que quelques gentilshommes 
parmi lesquels un Grille d'Estoublon et un Bouchaud 
de Bussy sans compter le prêtre Joseph-Antoine 
Raybaud et le notaire Beuf qui servit de secrétaire. 
Le nouveau profès était fils de Louis-Joseph de 
Gras, seigneur de Préville, et d'Angélique de 
Cambis-Velleron. Il fut reçu chevalier le 31 mars 
1724. Il était né à Tarascon le 19 février 1719 (2). 

Le Grand-Prieur Henri-Augustin de Piolenc 
mourut à l'Hôtel prieural d'Arles, le 5 mai 1773, à 
5 heures du matin, pendant la tenue du Chapitre. 
Ses obsèques furent l'occasion d'un incident qui 
n'était pas nouveau et que Ton devine déjà. Le 



t. Jacques Blain était iils de Barthélémy, procureur au siège d'ÂrleSi 
et de Jeanne Simon. Il fut baptisé à TégUse Sainte^Ânne le 9 juin 171 x. 
ÂRCB. DBS B.-Dil-R. — Ordre de Malte. Dossier n» ^36. 

a. Arch. des B.-du-R. —Ordre de Malte. — Chap.fCoU, et prof est ions 
(1668-1774). Vol. XXV. 



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— 148 — 

commandeur de Rolland-Réau ville, nommé lieute- 
nant du Grand-Prieuré en attendant Télection du 
nouveau titulaire, communiqua, pendant la réunion 
du même jour, aux chevaliers assemblés la lettre de 
messire Léonard, curé de Saint-Julien, qui se plai- 
gnait de n'avoir pas été appelé pour administrer 
les derniers sacrements au malade et faisait toutes 
ses réserves au sujet de l'enterrement. On décida 
de faire les obsèques, le lendemain matin, à huit 
heures, sans pompe extérieure, en portant simple- 
ment le corps du défunt de sa chambre à la cha- 
pelle, et on chargea Joseph-Antoine Raybaud, 
vicaire-général du Prieur de l'église conventuelle 
de l'Ordre, à Malte, de dresser Tacte de décès (i). 
Et on ne tint nul compte des protestations du curé 
Léonard attendu que le frère Alexis Jourdan, ayant 
des pouvoirs de son Ordre, avait administré le dé- 
funt. Henri de Piolenc ne fut probablement point 
enterré dans la chapelle prieurale. On commençait 
à cette époque à ne plus ensevelir dans les caveaux 
des églises. Il dut être porté à Saint-Gilles dans le 
cimetière dépendant de la maison prieurale de cette 
dernière ville. Les commissaires nommés en 1776 
pour la visite canonique, notent là son emplace- 
ment, ils . ajoutent même que son tombeau est 
recouvert de tuiles (2). 

Le Grand-Prieur de Piolenc avait grandement 
aiméles pauvres durant sa vie, dit l'annaliste arlésien 
Pierre Véran. Voici la liste des réunions de cheva- 
liers qu'il avait présidées, très régulièrement : celles 
des 7 novembre 1757, 7 mai, 6 novembre 1758, 



I . Le voir aux Pièces justificatives , 

». Arch. des B.-da-lt. — Ordre de Malte. -^ Chapitre et Assemblées 
C175X-1775). Vol. XIX, — Visites de 1776. 



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— 149 — 

6 mai, 5 novembre 1759, 4 mai, 10 novembre 1760, 
3 mai, 6 novembre 1761, 2 mai, 8 novembre 1762, 
i*^' mai, 7 novembre 1763, 6 mai, 5 novembre 1764, 
5 mai, 4 novembre 1765, 4 mai, 10 novembre 1766, 
3 mai, 9 novembre 1767, i" mai, 7 novembre 1768, 

7 mai, 6 novembre 1769, 6 mai, 5 novembre 1770, 
5 mai, 4 novembre 1771, 3 mai, 9 novembre 17712. 
Quand il mourut, le Chapitre réuni le 2 mai 1773, 
était dirigé par Dominique de Gaillard, comman* 
deur de Valence (i). 

Paul- Augustin de Rolland-Réauville lui succéda, 
le 19 juin 1773. Il était né à Aix, le 20 août 1699, 
de François, président de la Cour des Comptes de 
Provence, et de Thérèse de TEstang-Parade, avait 
été reçu chevalier le 25 janvier 1704 et avait fait 
profession à Aix, le 14 mars 1749, entre les mains 
du chevalier Antoine d'Albertas, commandeur de 
Renneville (2). Dans sa jeunesse il avait servi le 
roi de France et avait été capitaine au régiment de 
Champagne. 11 prit possession du Grand-Prieuré, le 
17 août 1773, à 4 heures du soir, et fut intronisé 
par Guillaume-François-Gabriel de TEstang-Parade, 
commandeur de Palliers, en présence du chevalier 



I. Dominique-Gaspard-Balthazar était frère de Chrysostome, comman- 
denr de Poët-Layal. Il naquit le la septembre 17x9. II fat reço chevalier 
le 6 mai 173a. La commaaderie de Valence lai échat en mai 1747, grâce 
an crédit de son oncle, le Grand-Prienr de Gaillard . Il obtint anssi la 
charge de général des galères de son Ordre. Il moamt à Marseille, où il 
résidait, en septembre 1789. C'était un homme froid, réservé et de con- 
naissances étendues, amateur de beaux tableaux, d'histoire naturelle 
et d'antiquités. Mosbe-Calvit. — Ms. 3362 : Correspondance» 

s. Antoine était fils de Marc-Ântoine d'Albertas, capitaine de vaisseau, 
et de Madeleine Seguiran. Il naquit en 1678 et présenta ses preuves le 
7 avril 1690, servit sur les vaisseaux du roi en qualité d'officier, fut fait 
bailli d'honneur le 17 avril 17^1. Il possédait la commanderie de Renne- 
ville qui rapportait environ ii^o livres, depuis mai 1748. Il fut Grand- 
Prieur de Toulouse au mois de janvier 17^^. 



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— 150 — 

Jacques- Joseph de TEstang-Parade (i), et de Joseph- 
Antoine Raybaud, prêtre conventuelet comman- 
deur de Joucas. Le notaire Jean-Daniel Aymard 
dressa procès-verbal de cette formalité. Il avait 
possédé, quand il parvint à cette dernière charge, 
diverses commanderies, entre autres celles de 
Sainte-Luce et de Puimoisson. 11 garda celle-ci 
de 1758 à 1766, mais il résidait à Arles où il fut oc- 
cupé notamment au classement des vieilles archives. 
Un des premiers actes du nouveau Grand-Prieur 
fut une mesure de rigueur et qui nous montre, en 
action, le pouvoir coercitif de ce haut dignitaire de 
rOrdre. Le 17 septembre 1773, il rendit l'ordon- 
nance suivante : 

« Sur les plaintes qui nous ont été portées contre trère 
Joseph-Gabriel Dolivaris, chevalier profès du même Ordre, 
administrateur à vie de la commanderie de Nice (a), pour 
obvier aux inconvénients qui pourraient résulter des dites 
plaintes ordonnons par les présentes en notre dite qualité 
et suivant Thauthorité à nous attribuée par nos statuts, et 
en vertu de la sainte obéissance, au dit sieur chevalier 
Dolivaris de se rendre sur l'intimation qui lui en sera faite 
par Tun des secrétaires de notre Ordre commis par nous à 
cet effet, dans la maison du prieuré de Saint-Jean d'Aix, 
située dans la dite ville, et d'y demeurer aux arrêts sans 
pouvoir en sortir sous quelque prétexte que ce soit, jus- 
ques à ce que par nos Supérieurs il en soit autrement 



I . Jacques- Joseph était fils d'Antoinc-Joseph de TEstang-Parade et 
d'Elisabeth d'Eymini de Tarascon. Son père fut premier coosnl d*Arles. 
11 naquit, dans cette ville, le 36 mars 1731 et fut reçu chevalier le ai mai 
1759. BiBLioTHèQUB MuwicipALH d'Arles. Ms. 304. — Abbé Bonhbmant : 
Mémoires généalogiques de la maison de Parade-de-Lesiangf etc., p. 53. 

a. Joseph-Gabriel était fils de Jean-Pierre d'Olivary, sieur de Campre- 
don, et de l'aiace des filles de Charles de Grimaldy. 11 naquit le 6 décem- 
bre 1713 et fut reçu chevalier le 3 décembre 1731. [AutifbuilJ : Op cit., 
II) 184. 



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— l^î — 

ordonné, voulant et entendant que notre présente ordon- 
nance soit mise à exécution par ledit sieur chevalier Doli- 
varis pour tout delay, 24 heures après Tintimation qui lujr 
en aura été faite... 

A Arles, à l'hôtel priedral » (i). 

Le 23 mars 1774, le Grand-Prieur nomma le prê- 
tre Jean-Baptiste Gros, dont « il connaissait toute 
l'intelligence et la capacité, archivaire », à la place 
de Joseph-Antoine Raybaud, commandeur de Jou- 
cas, « qui avait dignement rempli cette charge pen- 
dant plusieurs années mais à qui sa santé ne per- 
mettait plus de l'exercer ». Le nouveau secrétaire 
était fils de Joseph Gros, bon médecin d'Arles, et 
de Françoise Blain, mariés le 21 novembre 1725. Il 
naquit, paroisse Saint-Laurent, le 19 novembre 1739. 
Il avait un de ses frères religieux de Malte, 
comme lui. 

La chapelle Sainte-Luce fut visitée, à deux repri- 
ses différentes, par le nouveau Grand-Prieur, la 
première fois le i" mai 1775, à 4 heures du soir, 
après la mort du commandeur, Joseph d'Albert du 
Chaîne, qui était en même temps bailli de Manos- 
que. Il fut assisté dans sa tâche par Jean-Baptiste- 
Joseph Gros « archivaire » et par le notaire Joseph- 
Daniel Aymard, comme secrétaire ; la seconde fois, 
le i*^"" mai 1778, c'était le commandeur Antoine- 
Apollinaire de Moreton de Chabrillan qui possé- 
dait cette commanderie. La chapelle était en bon 
état et desservie par un Père capucin. Le Grand- 
Prieur fut aidé dans cette visite par les mêmes per- 
sonnes. Le commandeur était fils d'autre Antoine, 
lieutenant du roi en Dauphiné, et d'Antoinette de 



I. Arch. municip. d'Arles. — Foods Louis Mège. — Papiers relatifs 
à l'Ordre de ^alte non classés. 



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— ija — 

Groslée, de Viriville. Il était né le 5 juillet 1707 et 
fut reçu chevalier le 25 janvier 1709. Il avait fait 
profession à Paris le 11 janvier 1753 entre les mains 
du bailli de Saint-Simon. Il avait été nommé com- 
mandeur de la Favillane en mai 1758, en remplace- 
ment du chevalier Paul- Augustin de Rolland-Réau- 
ville. Il fut bailli Je Manosque de 1781 à 1782 (i). 
L'Hôtel prieural fut aussi inspecté, le 5 février 
1776, au nom de l'Ordre, par Louis-Dominique de 
Gras-Pré ville, commandeur de Millau et Jean- 
Baptiste Gros, prêtre conventuel, « archivaire >. 
Le procès- verbal de cette visite contient plusieurs 
détails intéressants. Le tabernacle du maître-autel 
de la chapelle était en bois doré avec une gloire 
supportée par deux colonnes également en bois 
doré. Le crucifix en ivoire sur une croix peinte en 
noir, se trouvait au milieu de cette gloire. L'ins- 
cription : Opus F. Melchioris Cossa était dans la 
frise formée par la plate-bande en pierre que sou- 
tenaient quatre pilastres en pierre sculptés et dorés 
dans la sculpture. Ces quatre pilastres séparaient 
le tableau principal dont le sujet est connu, des 
deux autres : celui du côté de l'épître représentant 
le Baptême de N.-S.-J.C., et celui de l'évangile 
Saint-Thomas, apôtre. Au-dessus du principal ta- 
bleau, dans la frise, s'en trouvait un autre sur toile 
avec cadre doré et sculpté et figurant le Sauveur 
du Monde, et plus haut encore, occupant entière- 
ment le fond de la chapelle, on voyait un grand 



I. Arch. desB.-dn-R. — Ordre de Malte. — Chap. et Ass. (175X- 
1775)- Vol. XIX. — Dossier n« 560. — Biblioth. municip. d*Ârles. — Abbé 
BoMNBMANT : Actes et mémoires pour servir à l'Histoire de Provence. 
Ms. 189. 

a. Arch. municip. d'Arles. — Ordre de Malte. — Visites non classées. 
— Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Dossier n* 390. 



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— 153 — 

tableau avec cadre doré et sculpté représentant la 
Décollation de saint Jean-Baptiste. 

Dans le trésor il y avait plusieurs pièces d'orfè- 
vrerie remarquables : une croix de vermeil avec 
piédestal en argent, aux armes du Grand-Prieur 
Préjean de Bidoux (i) contenant, assurait-on, une 
petite portion dû bois de la vraie croix, enchâssée 
dans une autre petite croix d'or ; une autre croix 
avec six chandeliers aussi en argent, aux armes de 
Thomas de la Valette, commandeur de Montpel- 
lier ; une lampe avec ses chaînes toujours en ar- 
gent aux armes de feu François Laugeiret, infir- 
mier à Saint- Gilles ; un encensoir avec sa navette 
et sa cueillère aussi en argent, aux armes du Grand- 
Prieur de Bidoux. 

Dans le Grand-Prieuré, au premier étage, il y 
avait, sur la porte du midi, outre le buste du bien- 
heureux Gérard signalé plus haut, celui du bien- 
heureux Raymond Dupuy avec des attributs mili- 
taires. On allait aux écuries, sans sortir, par un 
corridor construit sur la porte Saint-Jean. 

Un nommé Cordeau avait soin depuis de lon- 
gues années des ornements de la chapelle, il était 
en même temps concierge de l'Hôtel, 

Les visiteurs ne manquèrent pas, avant de termi- 
ner leur mission, de s'informer auprès de Jean 
Constant et de Joseph-César Villion, tous deux 
bourgeois de la ville d'Arles, de la conduite 
du Grand-Prieur et s'il gardait la résidence ; ils 
reçurent les meilleurs renseignements sur son 
compte (2). 



I. Préjean de Bidoux fut GraDd- Prieur de 15x4 à l'aS. Il porte ie 
sable à j fleurons d'or accompagnés d^un croissant (T argent à l'angle dextre 
de Vécu, 

3. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Visites. Vol. zlvu. 



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— 154 — 

Outre ies assemblées ordinaires qui se tenaient 
au Grand- Prieuré, il y avait, de temps en temps, 
des convocations extraordinaires. En général elles 
avaient pour objet l'examen des preuves de no- 
blesse de quelque nouveau chevalier. Plusieurs de 
ces réunions, faute d'un nombre suffisant de per- 
sonnes, durent se tenir ailleurs, soit à Aix, soit à 
Avignon, soit à Marseille. Ainsi le 22 novembre 
1780, le Grand-Prieur de Réauville écrivit d'Arles 
au bailli de Gaillard, commandeur de Valence 
pour le prier de tenir une assemblée à Marseille 
pour la présentation des preuves de discret de 
Jean-Baptiste-Bernard Grosson (i). « Pardon de 
tant de peines que je vous donne, ajoutait-il, mais 
la disette des religieux qui habitent cette ville 
m'oblige de recourir à vos bontés ». 

Le Grand-Prieur fut précédé dans la tombe par 
le commandeur Honoré-François-Xavier de Grille 
d'Estoublon qui mourut à Avignon le 18 juin 1779 
mais qui avait longtemps habité la ville d'Arles et 
avait été très assidu aux réunions officielles des 
chevaliers de Malte. Il était fils de François de 
Grille, seigneur de Robiàc, marquis d'Estoublon, 
et d'Eugénie de Riquetti. Il était né le 18 octobre et 
fut baptisé le 3 décembre 1705. Il fut présenté à 
Malte le 14 février 1719 et reçu le 6 mai suivant. 
Dans l'Ordre il avait été page du Grand-Maître, lieute 
nant de galères, commandeur d'Argence et de Beau- 
lieu en 1768. Avec le Grand-Prieur et le comman- 



I. Jean-Baptiste-Bernard Grosson était fils de Raphaël-Marius, notaire, 
et de Françoise Laurens. Il naquit à Marseille en 1733 et mourut à Mon- 
tefasco (Italie) le 20 décembre 1800. Il fat secrétaire de l'Ordre de Malte 
et a ce titre il eut besoin des preuves d'honorabilité dont il est ici ques- 
tion. 11 est auteur de VAlmanack historique de Marseille, paru de 1770 a 
1790 et du Recueil des antiquités et monuments marseiUais qui vit le 
jour en 1773. L'abbé A. Agnbl : Les Grosson, 



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— 155 ■- 

deur Raybaud il fut un des quarante recteurs char- 
gés de l'administration du Mont-de-Piété d'Arles (i). 

Cette mort fut suivie, deux ans après de celle du 
commandeur-prêtre Joseph- Antoine Raybaud qui 
décéda le 22 novembre J781 et fut enterré dans la 
chapelle prieurale d'Arles. 

Avant de mourir le Grand-Prieur fit refaire en 
1781, la porte d'entrée du Grand-Prieuré, telle 
qu'on la voit encore aujourd'hui, comme l'atteste 
rinscription suivante, sculptée dans la partie supé- 
rieure : 

Le hailly de Rolland Réauvile^ 

Grand-Prieur de Saint-Gilles^ 

MDCCLXXXI. 

La mort surprit le Grand-Prieur dans son Hôtel le 

6 janvier 1782. « Il fut tellement avare, dit l'anna- 
liste Pierre Véran, qu'on trouva dans ses coffres 
plus de 25000 livres en or ou en argent » (2). 

Il s'était tenu au Grand-Prieuré pendant qu'il 
était en charge les réunions suivantes : celle du 
8 novembre 1773 présidée par Dominique de Gail- 
lard, commandeur de Valence, celle du i" mai 1774 
par le bailli Jean-Baptiste de Thaon de Revel, com- 
mandeur d'Arcins, celles des 7 novembre 1774, 

7 mai, 6 novembre 1775, 5 mai, 4 novembre 1776, 
4 mai, 10 novembre 1777, 3 n^ai, 9 novembre 1778, 
2 mai, 8 novembre 1779, 7 ni^ii, 6 novembre 1780, 
10 juin, 5 novembre 1 781 par le Grand-Prieur lui- 
même. 



I. Baron du Roure: Op, eit,^ p. 374. — Bibliothèqoe muuicip. d'Arles. 
Abbé Bonnemant. Ms. 160 : Communautés du diocèse d'Arles^ à l'article 
Mont-de.Piét^. 

a. Archives municipales d'Arles. —Fonds Louis Mège. — Mémorial de 
Jean-Baptiste Vaîlière, 



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- 156 - 

Il eut pour successeur Charles-Félix de Galéan- 
Gadagne, nommé le 30 janvier 1782. Il était fils de 
François-Pierre, seigneur de Vedènes et autres 
places, et de Louise d'Amanzé. Il naquit le 6 
septembre 1709, fut reçu chevalier le 11 octobre 
1710. Il avait été enseigne le 15 avril 1730. Il mou- 
rut à Avignon, le 15 août 1783, à 6 heures du 
matin. Il n'avait jamais habité le Grand-Prieuré ; 
il y présida cependant les Chapitres des 4 mai 
1782 et 4 mai 17S3 et l'assemblée intermédiaire du 
4 novembre 1782 fut tenue par Jean-Martin de 
Trevey-Charmail, commandeur de Montpellier (r). 

Pendant le peu de temps qu'il fut Grand-Prieur, 
il fut amené à porter remède à une situation des 
plus onéreuses pour l'Ordre. Le bailliage de Ma- 
nosque était occupé depuis plusieurs années par 
des chevaliers qui non-seulement n'observaient pas 
la résidence mais de plus étaient avancés en âge, 
ce qui les empêchait d'avoir toute l'activité néces- 
saire pour la prospérité matérielle de ce bénéfice. A 
un des derniers chapitres de la vénérable Langue 
de Provence un vœu fut émis pour la nomination 
d'un biilli plus apte à gérer les intérêts du bail- 
liage. Antoine-Apollinaire de MoretonChabrillan 
dont nous avons parlé plus haut, qui était en fonc- 
tions, âgé de plus de 75 ans, n'hésita pas à donner 
sa démission pour hâter la réalisation de ce désir. 
La lettre par laquelle il notifie sa décision existe 
encore écrite, signée de sa main, scellée de ses ar- 
mes. Elle se trouve aux Archives municipales cTAr- 



I, Jean-Martin de Trevey de Charmail était né le 37 avril 171a et avait 
été reçu chevalier le 5 août 1736. Liste de Messieurs les chevaliers de la 
vénérable Langue de Provence faite par les commissaires nommés à cet 
effet, Malte, 1768. 



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— 157 — 

les^ dans le fonds Louis Mège. Elle est ainsi con- 
çue : 

« Nous, frère Antoine de Moreton de Chabrillan, bailli 
grand croix de notre ordre de Saint-Jean de Jérusalem, 
commandeur de Sainte-Luce et bailli de Manosque, consi- 
dérant que depuis très longtemps le baillage de Manosque 
n'est joui que par des baillis fort âgés qui n'ont pas le 
temps de procurer à ce balliage son ancienne splendeur, 
ni de faire les bonifications qui pourront en augmenter les 
revenus qui ont diminué depuis plusieurs années, voulant 
donner une marque de notre zèle, de notre attachement et 
de notre recognoissance pour tout ce qui peut intéresser 
notre Ordre et étant informé de la délibération prise par 
la vénérable langue au sujet dudit balliage de Manosque, 
par ces présentes signées de notre main, nous démettons 
en faveur de la vénérable Langue de Provence du balliage 
de Manosque pour qu'elle en dispose en faveur de qui elle 
voudra soit par un bail à vie, soit autrement à la charge 
de celui et par celui à qui on l'adjugera d'employer en 
amélieurissements la somme que la vénérable Langue lui 
préfixera dans un temps désigné et sous la réserve expresse 
et non autrement que nous faisons des revenus actuels et 
annuels dudit balliage sur le pied du bail passé par notre 
procureur le 28 d'aoust 1780 par devant M« Richard, no- 
taire de Manosque, et des autres droits et encore des hono- 
rifiques dudit balliage, droit de nomination à la judicature 
et autres charges délaissant à celui qui sera chargé par la 
vénérable Langue le droit de chasse, la jouissance du châ- 
teau lui rhabitant, l'entretenant, les meubles d'état à la 
charge par lui de les tenir pour son propre compte et de 
faire les amélieurissements qui peuvent rester à faire sui- 
vant l'ordonnance prieurale de 1776 qui n'avoint pas été 
faites par feu M. le bailli de Javon [Paul de Baroncelii] 
notre prédécesseur que nous nous proposions de faire 
dans le temps de droit et encore ceux qui pourront être or- 
donnés par la suite, si le présent acte n'a pas son effet, 
nous réservant un logement suffisamment meublé dans le 



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-158- 

château, soit pour nous, soit pour notre procureur si les 
circonstances exigent notre présence audit Manosque. 
A Paris ce 6 juillet mille sept cent quatre ving deux. 

Le bailli de Chabrillan bailli de Manosque ». 

Le successeur de Chabrillan fut Nicolas de Cabre- 
Roquevaire dont il est question plus haut. 11 n'était 
guère moins âgé que lui étant né en 1709. 

La nouvelle de la mort de Galéan parvint à 
Joseph-Guillaume-François-Gabriel de TEstang- 
Parade, quatre heures après, au château du Mas- 
Blanc près de Tarascon. Il devait être son rempla- 
çant, le 13 septembre 1783. Il était fils de Jacques- 
Joseph mort à Aix, doyen estimé et regretté du 
Parlement, et d'Elisabeth Albert du Chaîne, et 
était né, dans cette ville, le 14 janvier 17 15. Il ser- 
vit, comme enseigne, sur les galères du roi de 
France jusqu'à la suppression de ce corps en 1748. 
Il fit profession à Aix, dans Téglise Saint -Jean de 
Malte, entre les mains du commandeur Joseph 
Albert du Chaîne, le 17 octobre 1756, devint com- 
mandeur de Capette en 1766, de Palliers vers la fin 
de 1769, de Caubihs et de Morlas en 1776. Il prési- 
dait habituellement les réunions canoniques des 
chevaliers, cependant il fut suppléé à plusieurs repri- 
ses, notamment pour une assemblée extraordinaire, 
tenue le 14 décembre 17S5. Voici la lettre qu'il 
adressa, à cet effet, à Joseph-François-Auguste de 
Porcellet : 

« Au château de Mablan, le 12 décembre 1785. " 

Monsieur et très cher commandeur et confrère, 

Ma santé, les chemins impraticables m'empêchent de me 
rendre à Arles, je me flatte que vous voudrez bien avoir la 
bonté de me suppléer, et de tenir une assemblée extraor- 



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— 159 — 

dinaire pour y faire la révision des preuves de M. le cheva- 
lier de Barbentane de Beauregard. 

J'ay rhonneur d'être avec un respectueux attachement, 
Monsieur et cher confrère, votre très humble et très obéis- 
sant serviteur. 

Le bailli de Parade, grand prieur 

de Saint-Gilles » (i). 

U n des derniers actes, comme Grand-Prieur, de 
Guillaume de TEstang fut de présider la cérémonie 
de profession religieuse de son neveu, Gaspard- 
Joseph de TEstang-Parade (2) qui eut lieu, à Arles, 
le 5 juin 1786, dans la chapelle Saint-Jean. Le 
Grand-Prieur était assisté de Chrysostome de Gail- 
lard, commandeur de Poët-Laval et de Beaulieu, 
et de Jean-Baptiste Gros, prêtre conventueL Anne- 
Joseph-Louis-Marie de Grille, et Antoine de Billaut 
Sainte-Livière étaient présents (3). Attendu les 
grandes occupations du prêtre Gros, ce fut Taumô- 
nier de la maison, Gérard Pillier, qui célébra la 
messe et le chevalier de Gaillard mit les éperons 
dorés aux pieds du nouveau proies. 

Le Grand-Prieur de TEstang, malgré son âge et 
ses infirmités, entreprit en 1785 la visite générale 
des commanderies du Grand-Prieuré. Le 2 mai il 



I. [C. B. Godefroy]. Etude sur' une famille de Provence : Les deJ'Es* 
tang-Parade. Paris, 1883, in-8« de 73 pages. — Arch. des B.-du-R. — Ordre 
de Malte. Assemblées extraordinaires (1773-1789). Vol. xxiv. 

3. Né le 9 mars X747. Garde de la marine b Toulon en 1765 et, pins 
tard, commandeur de Grésans, était capitaine en 1793. \\ vivait encore 
en 1816. 

3. Ânne-Joseph'Louis*Marie de Grille, marquis d'E^toublon, né le 19 
mars 1746, maire d'Arles en 1808, mort le i*»" avril 1835, veuf de Marie- 
Rosalie de Castellane-Saint'Jeurs, et une seconde fois, de Françoise - 
Joséphine de Gratet du Bouchage. Baron du Rou&b : Op, cit., pp. 377- 
378. Antoine de Billaut, mort à Arles, dans sa maison de la place Jou- 
vène, le 13 fructidor an xii (30 août 1804}, ancien capitaine au régiment 
Barrois infanterie, veuf de Marie-Pierre Jouvëne* 



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— i6o — 

commença par la maison du commandeur de Sa- 
liers, à Arles, qui joignait THôtel prieural. Il était 
accompagné de Jean- Baptiste-Joseph Gros, « archi- 
vaire>; de Jean-Daniel-Joseph Beuf, avocat, comme 
secrétaire et de Louis Arnaud, représentant du com- 
mandeur, Toussaint de Vento des Pennes (i). 

L'année suivante, le 26 mai 1786, suivi de son 
aumônier Gérard Pillier, il visita la ferme de Sa- 
liers, le lendemain « les membres > de TAurisset 
et de la Vigne qui en dépendaient ; en retournant 
à Arles, il s'arrêta à Port-Arnaud, propriété de la 
commanderie de la Favillane appartenant au che- 
valier Bruno-Marie de Foresta (2). Le 29 mai il vint 
voir les Jasses du Baron, et le 6 juin, de nouveau, 
la maison de Saliers, à Arles. Le lendemain, la com- 
manderie de Trinquetaille, possédée par Joseph- 
François-Auguste de Porcellet, fut parcourue et, 
le 8 juin, la maison d'Arles de ce religieux. Le 12 
juin ce fut le tour du Mas-Thibert et le lendemain 
celui de la Favillane. Le Grand-Prieur n'avait pas 
perdu son temps (3). 

Deux mois après, le 14 août 1786. il expirait au 
château du Mas-Blanc et fut enterré dans l'église 



I. Toussaint était né le 6 mars 1721 d'Henri, chef d'escadres, et d'An- 
géliqae de Rolland-Réauville. U obtint la commanderie de Saliers 
par grâce magistrale le 6 juillet 1773. H fut jusqu'à la destruction de 
l'Ordre, secrétaire du Grand-Maitre. Sa correspondance dénote un homme 
instruit et de beaucoup de jugement. 

9. Bruno-Marie était fils de Jean-Paul de Foresta et d'Anne de Bmny 
d'Entrecasteaux. H naquit à Marseille le ; février 1735. Il fut reçu de 
minorité le 19 juin 1736, profès en 1770, devint capitaine de la galère 
capitane en 1773, commandeur de la Favillane, procureur du Trésor dans 
le prieuré de Saint-Gilles de 1781 à 1787. Le 33 avril 1793 il était nommé 
grand'croix de l'Ordre. Le 13 janvier 1793 il fut ambassadeur de la Reli- 
gion auprès du Gouvernement français, et a laissé nn récit émouvant et 
plein d'intérêt de cette ambassade. Il mournt à Paris le 37 novembre 18 18. 
Notice généalogique de la maison de Foresta (par E. Rey de Foresta |. 

^. Arch. municip. d'Arles. Ordre de Malte. Visites non classées. 



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— i6i — 

champêtre de Saînt-Estève, située dans les envi- 
rons (I). 

Il s'était tenu au Grand-Prieuré depuis Tavène- 
ment du Grand-Prieur do i'Estang-Parade les assem- 
blées suivantes : celles des lo novembre 1783, 
2 mai, 8 novembre 1784 présidées par le Grand- 
Prieur lui-même, celle du 17 avril 1785 par Tous- 
saint de Vento des Pennes, commandeur de Saliers 
et de Burgaud, celle du i" mai 1785 par le Grand- 
Prieur, celles des 23 juin, 7 novembre 1785, 25 fé- 
vrier, 1786 par Toussaint de Vento et celle du 7 mai 
1786 parle Grand-Prieur. 



I. Annales de la ville d'Arles. Ms. Félix Pomme au pouvoir de M. £. 
Fassin, conseiller à la cour d'appel d'Âiz. 



x^u>-. 




It 



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CHAPITRE XI 



SOMMAIRE : Le Grand-Prieur de Montgey. — Réunion du 
lo novembre 1788. — Saint-Gilles et le siège du Grand- 
Prieuré. — Les chevaliers et les assemblées électives. — 
Chapitre du 3 mai 1789. — Compte financier du Grand- 
Prieuré de 1 788-1789. — Mort du Grand-Prieur. — Avène- 
ment de Tulle-Villefranche. — Ses brillants états de ser- 
vice. — Il s'exile en Suisse. — Le Prieuré reste ouvert. — 
Libéralités de la Langue de Provence pour les pauvres. — 
Le i4 juillet 1790 à IMIôlel prieural. — Dernières réunions 
en 1790 et i79r. — Fermeture de la maison en 1791. — 
La ville d'Arles, dans le besoin, a recours au receveur de 
Foresta. — Premières destructions. — Fête du 1 3 mars 
1793. — Le Grand-Prieuré est vendu avec son mobilier. — 
Inventaire des archives. — Leur transport à Tarchevêché 
d'Arles, puis à la Préfecture de Marseille. — Vente des 
dernières épaves. — Le Grand-Prieuré en 1795. — Der- 
niers jours et mort du Grand-Prieur de Villefranche. — 
Réattu achète l'IIolel Saint-Jean. — Sa fille le vend à la 
ville. — Une école de dessin y est installée. — Conclusion, 

]i RANÇois-Louis de Franc-Montgey rem- 
plaça le Grand-Prieur de TEstang-Parade. 
Il était né le II août 171Û et avait été reçu 
chevalier le 21 novembre 1715. Il avait 
été commandeur de la Favillane d'assez bonne 
heure, en 1766. En 1772 il possédait la commande- 
rie d'Astros et résidait à Toulouse, en son hôtel, 




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situé rue des Chapeliers, où nous le voyons rem- 
plir en 1787 et 178S plusieurs actes de sa haute 
fonction. Il prit pour son lieutenant Louis-Domi- 
nique de Gras-PrévilJe. Pendant son court « prio- 
rat » il ne parut point aux assemblées annuel- 
les. Elles eurent lieu, savoir les 26 août et 3 octo- 
bre et furent présidées par Toussaint de Vento 
des Pennes ; celle du 17 octobre par Victor-Nico- 
las de Vachon-Belmpnt (i), commandeur de Con- 
dat; celle du 6 novembre 1786 par Jean-Antoine- 
Joseph-Charles-Elzéar de Riquetti-Mirabeau, com- 
mandeur de Sainte-Eulalie et de Béziers (2) ; celle 
du 17 février 1787 par le même de Vachon; celle 
du 6 mai suivant par le même Mirabeau ; celle du 
5 novembre par Louis-Dominique de Gras-Préville, 
commandeur de Millau, celle du 31 mars 1788 par 
Toussaint de Vento des Pennes, lieutenant du 
Grand-Prieur, enfin le Chapitre du 4 mai 1788 par 
le même Mirabeau. 

Les mauvais jours approchaient. Les événements 
allaient se précipiter et détruire sur le sol français 



I. Victor-Nicolas de Vachon-Belmont était fils de Nicolas et de Justine 
de la Porte TArtaudière. Il naqait à Grenoble (paroisse Saint-Louis) le 
18 novembre 1738. Il servit dès le plus âge, dans les armées du roi de 
France. Depuis 1768 il était commandeur de Condat. Il mourut à Malte 
le ao août 1807. Voir aux Pièces justificatives l'épitaphe qu'il dédia à 
son oncle le bailli Jean-Armand de Vachon-Belmont. Arch. des B.-du-R. 
Ordre de Malte. — Dossier n* 469. 

3. Jean-Antoine-Joseph-Charles-Elzéar de Riquetti-Mirabeau était iiU 
de Jean-Antoine et de Françoise de Castellanc. Il naquit à Pertuis le 
8 octobre 17x7. Il fut capitaine de vaisseau et gouverneur de la Guade« 
loupe pour le roi de France. Il reçut des blessures dans différents com- 
bats, les Anglais le firent même prisonnier. En 1766 il obtint la com- 
manderie de Sainte-Eulalie en Rouergue. C'était un homme sensé, ins- 
Iruit, bon, profondément religieux, mais d'une grande fierté. Il parvint 
à former à Pertuis, dans le château de son père, une bibliothèque de plus 
de 6000 volumes. Elle fut dilapidée pendant la Révolution. Il mourut le 
x8 avril 1794. On voit son épitaphe dans l'église Saint-Jean, à Malte* 
Nous la reproduisons aux Pihn justificatives^ 



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— i64 — 

les établissements des Hospitaliers de Saint-Jean 
de Jérusalem, Le Grand-Prieuré ne fut pas épar- 
gné ; il eut ses vicissitudes avant d'être totalement 
abandonné et couvert de ruines. 

Le lundi lo novembre 1788 se tint la réunion 
d'automne présidée par Louis-Gaspard de TuUe- 
Villefranche, commandeur. Etaient présents : Louis- 
Dominique de Xiras-Pré ville, lieutenant du Grand- 
Prieur, commandeur de Millau ; Bruno-Marie de 
Foresta, procureur général ; Chrysostome de Gail- 
lard, commandeur de Poët-Laval et de Beaulieu ; 
Louis-Charles-Régis de Coriolis d'Espinouse (i), 
commandeur de Lugan ; Pierre-Claude Secret de 
Gueydan (2), commandeur de la Vernède ; Jacques 
de Durand Sartoux, commandeur de la Favillane ; 
Charles-Antoine de Guignard de Saint-Priest, com- 
mandeur de Saint-Christol ; le chevalier Charles 
de Pontevès Maubousquet (3), et le prêtre Jean- 
Baptiste-Joseph Gros, « archivaire >. On nomma, 
pour représentants du Grand-Prieuré aux réunions 
préparatoires à l'élection des députés aux prochains 
Etats-Généraux : le bailli de Villefranche, le che- 
valier de Gaillard et le chevalier de Saint-Priest. 
€ A cet eflfet, dirent les capitulants, nous leur don- 
nons plein et entier pouvoir d y intervenir et préa- 
lablement se concerter avec les députés des autres 
grands prieurés de la nation française tant sur le 



I. Louis Charles -Régis de Coriolis d'Espinoose était fils de Pierre et de 
Renée-Charlotte-Félicité de Vintimille . 11 fat aussi lieatenant des vais- 
seaux du roi. 

3. Pierre-Claude était fils de Gaspard de Gueydan et d'Angélique 
de Simiane. Il naquit le s^ janvier 17^5. Arch. des D.-du-R. — Ordre de 
Malte. Dossier n* 233. 

3. Charles était fils de Melchior-Lazare de Pontevès et d'Ânne-Jnlie 
d'Olon. n fut baptisé à Ners (Gard), pays de sa mère, le 4 octobre 1739. 
Id. Id. Dossier n* 3x9. 



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-i65- 

rang à obtenir par l'Ordre dans cette assemblée que 
sur les autres objets qui Tintéressent ; les chargeant 
toutefois expressément d*y traiter, accepter et conr 
dure tout ce qu'ils aviseront de mieux pour le bien, 
l'honneur et l'utilité de notre Ordre » (i). Mais cette 
délibération ne fut point approuvée à Malte, et les 
chevaliers qui avaient fait acte de présence à Aix, 
aux premières réunions préparatoires, durent ren- 
trer dans leurs foyers quand la défense de Grand- 
Maître leur fût connue (2). 

Au commencement de l'année 1789 eurent lieu 
les assemblées des délégués des diverses corpora- 
tions pour la rédaction des cahiers de doléances à 
présenter aux États-Généraux. Le 12 mars les dépu- 
tés de la ville de Saint-Gilles réunis dans ce but 
émirent le vœu qu'à l'avenir le Grand-Prieur soit 
tenu de résider dans cette cité et non plus à Arles, 
et d y convoquer les chapitres et assemblées de 
son ordre et que jamais le Grand-Prieuré ne soit 
donné à une personne obligée, par sa place, de ré- 
sider ailleurs (3). 

Le Grand-Prieur lui-même, quoique absent, fut 
convoqué pour assister à l'assemblée des trois États 
qui devait se tenir dans la ville d'Arles le 30 mars, 
à huit heures du matin, concourir avec les autres 
chevaliers présents (4) à la rédaction du cahier de 
doléances et procéder à la nomination des députés 
qui seraient mandés aux États-Généraux, mais ni 



I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. Chap, et Ass. (i 784-1 791). 
Vol. XXI. 

a. La voir aux Pièces justificatives, 

3. Ârch. da Gard. C. 1196. 

4. Y OIT z.\xii Pièces Justificatives Iz citation ^dressée au Commandettr 
de Saliers. 



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- i66 - 

lui, ni aucun commandeur ne vint à cette réunion, 
ni à aucune autre de ce genre. Les chevaliers de 
Malte avaient reçu ordre, ainsi que nous Tavons dit, 
de n y point paraître ; cette défense fut confirmée 
par le chapitre du 3 mai suivant qui décida de n'en- 
voyer aucun commissaire aux assemblées des bal- 
liages et sénéchaussées pour élire les députés aux 
États-Généraux. 

Le chapitre du 3 mai 1789 fut présidé par Louis- 
Gaspard de TuUe-Villefranche et comprit seule- 
ment onze chevaliers et quatre prêtres conventuels. 
Il nous donne des détails sur les événements fâ- 
cheux qui venaient de se passer dans Arles. Le 
commandeur Bruno -Marie de Foresta prit la parole 
et dit : 

€ Vous n'ignorez pas les émeutes qui sont arri- 
vées en cette ville d'Arles, les diverses menaces qui 
ont été faites par le peuple, les placards affichés 
aux portes des riches habitants, l'incendie et le dé- 
gast qu'ils voulaient porter dans nos archives, 
l'hôtel prieural et nos domaines, situés dans le ter- 
roir de cette ville, vous scavès aussi que les particu- 
liers, les corps et tous les habitants aisés, et qui 
craignoient pour leurs possessions donnèrent gra- 
tuitement des sommes considérables pour soula- 
ger le peuple, mes procureurs m'instruisirent de 
tout, et j'ay cru qu'il étoit du devoir de notre Ordre, 
et pour préserver nos maisons et nos biens d'incen- 
die et de dévastation de faire compter au receveur 
de cette imposition libre et généreuse la somme de 
2400 livres ; mon exemple a été imité par Messieurs 
T'illustrissime Grand-Prieur de Saint-Gilles et le 
vénérable bailli des Pennes, commandeur de Sa- 
liers qui ont donné en leur particulier une somme 



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— 167 — f 

relative à leur générosité et je demande sur ce 
subjet votre approbation» 

« Le chapitre déclara qu'il ne pouvait trop ap- 
plaudir à la sage conduite du receveur, qui a été 
déterminée par les circonstances et a seule produit 
rheureux effet de préserver les archives, les mai- 
sons et les biens de Tordre, dans la ville d'Arles et 
son terroir, de l'incendie et de la dévastation dont 
ils étaient publiquement menacés par les membres 
de rémeute qui, pendant assez longtemps, a répandu 
la crainte et la terreur dans Tesprit de tous les hon- 
nêtes citoyens de la dite ville dont plusieurs ont 
été pareillement menacésdes mêmes violences ^ (i). 

Ces mesures préservatrices permirent aux che- 
valiers de Malte de ne pas trop ressentir les pre- 
miers effets de la Révolution. Ils continuèrent 
encore pendant quelque temps de louer les terres 
dépendant de TOrdre, d'en retirer les revenus, de 
se réunir comme à l'ordinaire dans le Grand- 
Prieuré ; toutefois les chevaliers se faisaient rares, 
quelques-uns avaient déjà quitté la France et gagné 
Malte. 

Avant la réunion de ce chapitre, Jean-Daniel- 
Joseph Beuf, procureur du Grand-Prieur de Mont- 
gey, rendit ses comptes au bailli de Foresta, rece- 
veur de Tordre. Parmi les recettes et les dépenses 
desagestiondu i"mai i78vSau3oavril i789(2),ilfaut 
relever les suivantes : 40,000 livres données par 
Delpuech, fermier général du Grand-Prieuré ; 300 
livres payées à Tabbé Pillier, pour une année de 



I. Arch. des B -da-R. Foods de l'Ordre de Malte. Chap, et Ass, 
(i 784-1791). Vol. XXI. 

3. Dans rOrdre de Malte l'année admînbtrative commençait le x«r 
mai. 



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^ i68 — 

service à la chapelle de l'Hôtel prieural ; 150 livres 
à chacun des quatre garde-terres et bois du Grand- 
Prieuré ; 18 livres à chacun des quatorze capitulants 
venus au chapitre de 1788 ; 54 livres à BonnefiUe, 
marbrier, pour les armoiries du Grand-Prieur de 
Montgey, apposées sur l'Hôtel prieural (i) ; 30 livres 
à Lion, puîné, pour frais de deux assemblées extra- 
ordinaires tenues à Marseille par le bailli de Gail- 
lard ; 440 livres 10 sols pour les différents dîners 
donnés au Grand-Prieuré à l'assemblée de novem- 
bre 1788, suivant le compte de Vignaud, traiteur ; 
1296 livres données en aumônes suivant les ordres 
du Grand-Prieur, savoir : 1200 livres à la Charité 
d'Aries et le reste à l'Hôpital de Saint-Gilles ; 56 
livres lo^ols à l'imprimeur Mesnier pour différen- 
tes affiches des arrentements du Grand-Prieuré ; 
elles furent placées à Nîmes, Montpellier, Saint- 
Gilles, Beaucaire, Fourques,. Générac, Vauvert ; 
192 livres pour prix d'une cafetière eji argent don- 
née au notaire Gautier, à Saint-Gilles, pour les 
peines et soins qu'il avait pris pour défendre l'Or- 
dre et 64 livres 3 sols au charcutier Orcel, pour 
deux envois de saucissons au Grand-Prieur (2). 

11 fut fortement question pendant cet exercice 
financier de refaire l'autel en marbre de la cha- 
pelle. BonnefiUe en avait fait le devis qui se mon- 
tait à plus de 1400 livres, il avait même commencé 
cet ouvrage ; sur les ordres du Grand-Prieur il dut 
s'arrêter. Le rétable aussi devait être renouvelé ; 
les nouvelles colonnes étaient estimées 300 livres 



I. Tous les nouveaux Grands-Prieurs faisaient mettre leurs armoiries 
sur le Grand- Prieuré. BonnefiUe toucha encore 54 livres, le 30 décembre 
1789, pour avoir placé celles de Villefranche, le dernier titulaire. 

a. ArcWves parUcuUères de M. Beuf, de Nîmes. Comptes annueU. 



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milrnilléi d'azur, j 



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*- 169 — 

et le reste 830 livres. Ce fut également Louis-Gas- 
pard de Tulle- Villefranche qui tint rassemblée du 
9 novembre 1789 et où furent présents cinq cheva- 
liers et un prêtre (1). 

Le Grand-Prieur de Montgey mourut le 8 sep- 
tembre 1789 et fut inhumé dans Téglise Saint-Jean 
du Grand-Prieuré de Toulouse ; il eut pour succes- 
seur Louis-Gaspard de Tulle- Villefranche (2) qui 
était né à Avignon le 6 janvier 1720, de Jean-Domi- 
nique de Tulle, marquis de Villefranche, qui fut reçu 
page du roi en sa petite écurie le 16 avril 1704, et de 
Marie-Madeleine de Pelletier de Gigondas, et avait 
été élu chevalier de Malte le 18 septembre 1737. 
Entré au service du roi de France en 1733, il assista 
aux campagnes de 1734 et de 1735 comme cornette 
dans le régiment de Gesvres, passa ensuite capi- 
taine dans le régiment de Clermont-Tonnerre, et 
prit part à la guerre de la succession d'Autriche et 
se trouva aux batailles de Dettingen (1743), de 
Fontenoy {1745), ^^ Raucoux (1746) et de Lawfeld 
(1747). Clermont d'Amboise qui commandait un 
escadron dans ce dernier combat ayant été blessé, 
il le remplaça et battit un détachement d'un régi- 
ment hessois. En 1757 il fut fait aide maréchal gé- 



X. Archives particulières de M. Bœuf, de Nîmes. Comptes annuels, 

3. La farniHe de Tulle de Villefranche originaire de Naples où elle 
possédait des fiefs en 1187, puis établie en Piémont, vint se fixer à Avi- 
gnon en 1389 sous le pape Clément VII qui retint h. sa c our, à son pas- 
S3ge> Jacques de Tulle accompagnant Amédée VII de Savoie auprès du 
roi de France. Cette famille a fourni des premiers Consuls^ des Viguicrs, 
des Primiciers d'Avignon, un Recteur (gouverneur) du Comtat Vénaissin» 
trois Évéques d'Orange et de Lavaur, six Abbés de Saint-Eusèbe et de 
Blanche-Lande, des Pages du Roi, des Maréchaux de camp, des Ambassa- 
deurs du Roi de France et de la ville d'Avignon, de nombreux Chevaliers 
de Malte dont deux Commandeurs. Le Marquis de Villefranche fut créé 
Pair de France sous le règne de Louis XVIII. (D'après Pitbon-Curt, le 
P, Fistoni, d'Hozier et autres généalogistes). 



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néral des logis de Tarmée, et en remplit toutes les 
fonctions pendant la guerre de Sept- Ans (1756- 
1763), sous les ordres des maréchaux de France 
d'Estrées, de Richelieu, du prince de Clermont et 
de Broglie. La bataille de Rosbach (1757) est la 
seule des affaires où il ne se soit pas trouvé pen- 
dant ces campagnes. En 1760 il devint colonel, 
en 1767 brigadier et le i**^ mars 1780 maréchal de 
camp. 11 passa au moins seize ans de sa carrière mi- 
litaire en campagne. Ces brillants états de service 
lui valurent une pension de plus de quatre mille 
livres (I). 

Il avait lait profession dans la chapelle prieurale 
d'Arles, comme nous l'avons dit plus haut, en 1768. Il 
était commandeur d'Aix et de Trinquetaille lors- 
qu'il obtint le Grand-Prieuré et il avait déjà présidé 
plusieurs réunions de chevaliers, notamment en 
1788 et 1789. Depuis le 8 mai 1787 il avait, de plus, 
la charge de l'auberge de Provence, à Malte (2), 
avec le titre de grand commandeur. Il prit posses- 
sion de sa fonction de Grand-Prieur le i®'mai 1790 et 
le lendemain il ouvrit les séances du chapitre qui 
ne compta que 12 chevaliers et 2 prêtres. Après la 
tenue de cette assemblée il se retira à Avignon 
d*où le 13 juin suivant il partit pour l'exil. 11 se 
r(?fugia quelque temps à Chambéry, puis à Lau- 
sanne où il passa les plus mauvais jours de la Révo- 
lution. Il y arriva le 24 septembre 1791. Les regis- 
tres de la paroisse d'Assens, dans le pays de Vaud, 
pour 1794, portent sa signature : « Louis-Gaspard 



X. Bibliothèque ou Musce-Calvet d'Avignon. Ms. 3158 : Documents 
concernant diverses familles de l'Etat éC Avignon, etc, fol, 107. 

3. En cette qualité il envoya d'Avignon son portrait à Malte pour être 
placé dais la salle de l'auberge. Il demanda à être représenté en costume 
militaire avec les insignes de sa dignité. 



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— 171 — 

de Tulle- Villefranche, Grand-Prieur de Saint-Gilles, 
de rOrdre de Malte, maréchal des camps et armées 
de sa Majesté très chrétienne ». Il était là avec plu- 
sieurs membres de sa famille (i). 

Cependant la vie ne s'éteignit pas au Grand- 
Prieuré. Après le départ du bailli de Villefranche, 
Jacques Archinard, associé avec son frère aîné, fit 
valoir les biens, en qualité de fermier général. Un 
jour il alla même trouver le Grand-Prieur dans son 
exil, à Lausanne, pour régler certaines affaires res- 
tées en souffrance. 

Jean-Daniel-Joseph Beuf, agent de l'Ordre, gérait 
les intérêts qui lui avaient été confiés par le Grand- 
Prieur par une lettre datée de Texil, le 17 février 
1791. 

La municipalité arlésienne avait décidé, le 12 mai 
1790, de faire une quête pour les pauvres d'Arles. 
Le receveur de TOrdre donna 1200 livres et le 21 
mai suivant il fut décidé que cette somme serait 
distribuée aux artisans ayant femme et enfants. 

L'abbé Pillier remplissait toujours sa charge 
d'aumônier de la chapelle. 11 y célébrait même 
avec une certaine solennité la fête de saint Jean- 
Baptiste en 1790 et 1 791, s'il faut en croire les comptes 
de ces deux années. Après le concierge Cordeau, 
un certain Bouchony le remplaça momentanément, 
puis Paul Cornet fut agréé. Les ouvriers de tout 
corps d'état travaillaient, comme auparavant, aux 
réparations urgentes. Voici le nom de quelques- 
uns : le menuisier Mure, le vitrier Vidal, le ferblan- 
tier Brunel, le tourneur Ménard, le maçon Gom- 



I. François Discottbs. Les émigrés en Saooie^ a Aoite et dans le pays 
de Vaud, Chambéry, 1903 ; pp. 9^8 et 536. 



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— 173 — 

bert, le serrurier Estivalet, le plâtrier Bébet, le pein- 
tre Nouveau (i). 

Les événements extérieurs trouvaient leur écho 
jusque dans le Grand-Prieuré. Le 14 juillet 1790 
fut un jour de grande fête pour Arles ; c'était Tan- 
niversaire de la prise de la Bastille, une grande ma- 
nifestation civique et religieuse se produisit dans la 
ville. Un autel fut dressé en plein air sur la place 
des Lices, deux prêtres : le chanoine de Castellet 
et le Père Venture, de l'Oratoire, y célébrèrent en 
môme temps la messe, à laquelle assista une foule 
immense. Après la prestation du serment, on se 
réunit à Saint-Trophime pour chanter un Te Deum^ 
et le reste de la journée se passa en réjouissances 
diverses. Le Grand-Prieuré prit part à l'allégresse 
générale et s'illumina dans cette nuit du 14 juillet. 
On donna même trois livres à l'homme chargé des 
préparatifs de décoration (2). 

Cependant les réunions des chevaliers au Grand- 
Prieuré touchaient à leur fin. Les dernières furent 
présidées par Louis-Dominique de Gras-Préville ; 
elles furent très peu nombreuses ; celle du 8 novem- 
bre 1790 ne compta que trois chevaliers et un prê- 
tre ; la suivante qui se tint le i®' mai 1791 ne vit 
présents que 5 chevaliers et 2 prêtres (3). Le lieu- 



X. Archives particulières il e M. Beaf, de Nîmes. Comptes de 2790 et 
de zyi^i» 

a. D'après le Journal historique de la Révolution dans Ar/», manuscrit 
de Pierre Vcran, aux arch. munie. d'Arles et les papiers de famUle de 
M. Beuf, de Nîmes. 

3. Dans ce nombre ne sont pas compris les coUégiats de Saint-Gilles 
qui étaient tenus de se rendre à Arles, pour la session de mai, suivant la 
déclaration de deux d'entre eux. Terras et Gontard, en février 1790, de- 
vant la municipalité de Saint-Gilles : « Le Grand-Prieur convoque tous 
les ans à Arles le premier dimanche de mai, nous sommes obligés d'y 
aller pour faire le service dans la chapelle prieurale pendant tout le 
temps du chapitre ; notre séjour à Arles et les deux jours qu'il faut pour 



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— m — 

tenant du Grand-Prieur annonça qu'il avait com- 
mencé les visites réglementaires par la maison de 
la commanderie de Saliers et de ses dépendances 
et qu'il était dans l'intention de continuer. Les évé- 
nements allaient lui donner un cruel démenti. Une 
assemblée eut encore lieu cependant le 7 novem- 
bre suivant. Avec le lieutenant du Grand-Prieur 
y assistèrent René-Charles de Gras Préville, 
commandeur de Millau, le chevalier Charles 
de Pontevès Maubousquet, et l\ archivaire -^ Jean- 
Baptiste -Joseph Gros, prêtre. C'était la fin de tou- 
tes ces inoubliables réunions tenues au cours des 
siècles dans cette vieille maison (i). Ce n'était pas 
encore la fermeture définitive de l'Hôtel et quel- 
ques événements allaient encore s'y passer. 

C'est ainsi que le 13 mars 1791 avait été un jour 
de fête pour le Grand-Prieuré. On avait inauguré, 
ce jour-là, dans la ville d'Arles, la place Antonelle ; 
les cloches avaient sonné à toute volée, le canon 
avait grondé, la légion, sous les armes, précédée de 
la musique, avait fait une promenade civique dans 
la ville, et le lieutenant-colonel, Daniel Francony, 
monté sur un échafaudage dressé pour poser le 
marbre de la dédicace à un des coins de THÔtel de 
Ville, avait crié pendant trois fois : Place Anto- 
nelle ! Vive Antonelle ! et la foule avait répété 
cette acclamation. La maison prieurale prit part à 
cette réjouissance et s'illumina ce soir-là. 



y aller ou revenir après ledit chapitre dont la durée est an moins de 
six jonrs y compris les fériés, ce qai fait huit jours pendant lesqnels nous 
sommes obligés de nous loger et de nous entretenir à nos dépens, ce 
qui fait pour un chacun une dépense de 48 livres >. Arch, munie, de St' 
Gilles. DD 17. 

I. Arch. des B.-dn-R. — Ordre de Malte. Chap» et Ass. (lyS^-T'jpiJ, 
Vol. XXI. 



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- 174- 

Un arrêté du Directoire du département des 
Bouches-du-Rhône du 28 juin 1791 ordonnait la fer- 
meture immédiate de la chapelle, « où le service 
divin ne pourra être fait publiquement, libre aux 
prêtres y desservans et frères de Tordre de le faire 
à huis clos, avec inhibition d'y laisser assister per- 
sonne >. C'était le coup fatal pour la vie religieuse 
de cette maison. Cependant la municipalité d'Arles 
appréciait les religieux de Malte, même dans ces 
temps troublés. Voici en effet la lettre que le rece- 
veur de Foresta recevait le 27 janvier 1792 ; 

Monsieur, 
Les malheurs qu'a éprouvés la ville d'Arles et qui sont 
l'effet de trois inondations consécutives, Tétat de détresse 
dans lequel se trouve le peuple et que sa bonne conduite 
depuis six mois rend toujours plus touchant, ont déter- 
miné le conseil municipal renforcé des principaux pro- 
priétaires du terrroir d'authoriser quatre commissaires qui 
sont MM. Pomme, médecin, l'abbé d'Icard, Ganteaume 
fils et Brunet fils aîné d'acheter 3000 charges de bled, de 
le revendre en assignats, d'emprunter pour cet achat toutes 
les sommes dont ils auront besoin, avec promesse delà part 
des propriétaires, de les relever et garantir des pertes que 
cette opération pourroit occasionner, les achats ont été 
faits au désir de nos habitants mais nous avons eu la dou- 
leur de voir qu'un emprunt ouvert dans la ville n'avait 
produit qu'une somme d'environ 61.000. Nous avons cher- 
ché inutilement dans les villes voisines, et nous voici à la 
veille de faire face à un payement très considérable sans 
savoir où le prendre. Nous nous sommes flatés, Monsieur, 
qu'en vous faisant part de notre situation, vous pourries 
venir à notre secours. Nous avons besoin d'une somme 
d'environ 60.000 livres en assignats, la sûreté du prêt qui 
est garanti par la majeure partie des propriétaires de cette 
ville, la nécessité de païer notre approvisionnement et plus 
que tout cela les témoignages d'attachement et d'inthéret 



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— 175 — 

que notre ville a toujours reçus de votre ordre sont les 
titres que nous employons auprès de vous, nous sommes 
sûrs par avance que vous ne sçaurés aucun mauvais gré de 
cette demande, à laquelle nous vous prions de faire la plus 
prompte réponse possible. 

A M. le bailli de Foresta receveur de TOrdre de 
Malte (i). 

Ce dernier recevait le 5 juillet suivant un ordre 
du Grand-Maître le priant de se rendre à Malte 
mais il ne crut pas devoir répondre à cette invita- 
tion, crainte d'être soupçonné d'émigration (2). 

Cependant la Révolution accomplissait peu à peu 
son œuvre de destruction. Ainsi le 9 avril 1792, les 
commissaires provisoires dû district d'Arles, déli- 
vrèrent à Jean Pascal, fils aîné de Simon, maître 
maçon, moyennant la somme de 300 livres, la des- 
cente de 30 cloches, parmi lesquelles celle du 
Grand-Prieuré et celle de Sainte-Luce. L'entrepre- 
neur devait les dégarnir de leurs bois et fers pour 
les transporter dans la cour de Fancien arche- 
vêché. 

L'événement qui se passa le 9 octobre suivant 
apporta un moment d'accalmie, mais il fut de 
courte durée. Il y avait, à cette époque, une grande 
division parmi les Arlésiens. Pour faire cesser ce 
mal, une adresse avait été rédigée par quelques 
membres de la Société des Amis de la Liberté et de 
r Egalité priant^an nom sacré de la religion tous ceux 
de leurs frères égarés que la crainte ou la méfiance 
avaient éloignés de la ville d'Arles de rentrer dans 



I. Arch. muaicip. d'Arles. Correspondance du conseil municipal (1790- 

3. Voir aux Pièces Justificatives la lettre du Grand-Maitre et la répons* 
d a bailli de Foresta. 



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- 176- 

leurs foyers où ils trouveraient sûreté personnelle 
et respect pour leurs propriétés, ils vouaient à 
Texécration publique tous les méchants qui les 
avaient séduits et qui, par des insinuations perfi- 
des voudraient les empêcher de se rendre à cette 
généreuse invitation ». Cette adresse fut signée 
de part et d*autre. On se rendit à Saint-Trophime 
pour en entendre lecture, puis proclamation solen- 
nelle en fut faite dans la ville, c'était la réconci- 
liation générale, le Grand-Prieuré s'illumina de 
nouveau pour prendre part à la joie commune. 

Mais la tranquillité ne revint pas, et à Arles, 
comme ailleurs, on vit les pires excès. Le Grand- 
Prieuré dans lequel toute vie religieuse avait cessé 
allait passer en des mains mercenaires. Un décret 
delà Convention du 19 septembre 1792 ayant pres- 
crit la vente comme biens nationaux de tous les 
domaines de TOrdre de Malte, l'estime en fut faite 
pour les biens situés au terroir d'Arles. Ils attei- 
gnaient, selon une note de Pierre Véran,le chiffre de 
1.217.568 livres et rapportaient plus dei40.ooo livres. 
Les scellés furent apposés sur toutes les portes de 
THôtel prieural ainsi qu'aux archives et l'agent de 
l'Ordre, Jean-Daniel-Joseph Beuf, avocat, remit le 
19 novembre 1792, les clefs de l'immeuble aux admi- 
nistrateurs du district. La vente commença pres- 
que aussitôt, les biens furentdonnésà vil prix pour 
la plupart. La vaste maison du Grand-Prieuré avec 
ses cheminées en marbre, ses rampes en fer, sa 
belle chapelle gothique, fut vendue le 17 mars 1793, 
13.600 livres en assignats, à André Cabissole, porte- 
faix. Le 19 février précédent, la basse-cour, les re- 
mises et écuries, estimées 3200 livres, furent déli- 
vrées au citoyen Evrard, fils aîné, pour 3850 livres, 
sans compter une petite cour isolée, cédée le 20 



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^ 177 — 

janvier 1793 à Gombert aîné, maçon, aux prix de 
200 livres. 

Le Grand-Prieur ne possédait dans Arles, outre 
son hôtel et sa chapelle, que deux coussous enCrau, 
dont l'un, appelé le Retour des Aires, fut adjugé 
le 17 septembre 1796 à Honoré Martin, avocat d'Ar- 
les pour 83.666 livres, et Tautre nommé Abondoux 
fut cédé le 8 août 1796 à Pierre Tinet, de Montpel- 
lier pour 77.500 livres. 

Restait le mobilier. Le 2 mars 1793 une commis- 
sion nommée par les administrateurs du district 
d'Arles et composée des citoyens Bebet, Bourget, 
Maquinet, Beaudesseau fils et Babandy, fit l'inven- 
taire des meubles et effets renfermés dans l'Hôtel 
prieural. La vente, commencée le 23 avril, fut finie 
le 3 mai 1793. Elle fut présidée par les administra- 
teurs du district qui s'en adjugèrent la meilleure par- 
tie à des prix dérisoires. Cette première adjudica- 
tion produisit 9470 livres en assignats, soit 4835 
livres en valeur réelle. Une seconde enchère faite, 
le 23 avril 1793, par Imbert, officiel ministériel, et 
finie, le lendemain, par Labrot, autre officier mi- 
nistériel, donna 1215 livres en assignats, soit comme 
valeur réelle 607 livres. Ce n'était même pas la 
moitié de la valeur à laquelle tous ces biens avaient 
été estimés. 

Mais qu'étaient devenues les archives? Un arrêté 
du département des Bouches-du-Rhône, du 9 dé- 
cembre 1792, avait nommé Claude Milhe, travail- 
leur, et Pierre Sicard, géomètre, pour procéder à 
la recherche des titres généalogiques et brûler tous 
les nobiliaires qui se trouveraient dans les dépôts 
publics. Ils eurent le bon goût de s'adjoindre An- 
toine Tinet, prêtre constitutionnel, qui avait fait 
des recherches autrefois à Barbentane, sa ville na- 



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-178- • 

taie, et qui sauva, grâce à ses atermoiements, la 
partie importante des immenses documents accu- 
mulés dans le Grand-Prieuré depuis des siècles. 

Ils commencèrent cet énorme travail de dépouil- 
lement le matin du 12 janvier 1793, après avoir 
visité la veille la bibliothèque des Frères des Eco- 
les chétiennes, où ils n'avaient rien trouvé. Un 
membre du Directoire, Michel Roquèl, leva les 
scellés. Le lendemain, dimanche, à 4 heures du 
soir, ils se rendirent sur la place Antonelle, trou- 
vèrent un bûcher tout préparé par la municipalité 
et brûlèrent les nobiliaires et autres menus papiers 
•conformément aux ordres qu'ils avaient reçus. Ils 
continuèrent leur besogne les jours suivants ; 
le 18 janvier, Pierre Sicard, appelé ailleurs, les 
quitta ; leur travail avançait lentement ; il ne se 
termina que le 22 mars au soir. <: Ensuite nous 
avons réunis ensemble, écrivaient-ils dans leur 
rapport, une certaine quantité de papiers imprimés 
et inutiles comme mémoires pour TOrdre, arrests 
des parlements et du conseil, lettres patentes que 
nous avons fait porter au district d'après l'avis du 
citoyen procureur général sindic (Maurin), pour 
être employés aux gargouces ou à tout autre objet 
que le département désignera » (i). 

L'abbé Tinet avait demandé de nouvelles ins- 
tructions à Marseille, et le 5 avril 1793, Maurin lui 
écrivait : 

« J'ai communiqué, mon cher Tinet, votre lettre à l'ad- 
ministration qui, après avoir rendu hommage à votre zèle, 
m'a chargé de vous autoriser à faire Tenlèvement de ces 
fatras théoîogiques, dont trop longtemps nous avons été 



t. Arch. des B.-du-R. Fonds de Tordfe de Malte. Inventaires t. 114 



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— 179 — 

ennuyés, ainsi que des ouvrages séraphiques, monuments 
éternels de honte et dlgnorance, à condition qu'il seront 
de nature par leur format et par leur qualité, à pouvoir être 
utiles au service. Vous voudrez bien par voie de mer, ce 
qui entraînera une petite dépense, les adresser le plutôt 
possible à Toulon, à l'adresse des administrateurs du 
Var... » (i). 

Mais cet ordre ne fut pas exécuté. Les archi- 
ves, on le sait, occupaient un vaste local au-dessus 
de la chapelle ; des armoires, qui se joignaient, 
étaient placées le long des murs. Les papiers de 
chaque commanderie étaient réunis dans un ou 
même deux de ces placards. Pas une pièce ne sor- 
tait qui ne fût délivrée par Tarchiviste. Le i6 avril 
1794 les administrateurs du district délibérèrent 
de mettre aux enchères l'enlèvement des armoires 
et des archives de TOrdre de Malte pour les 
transporter au siège de leurs assemblées. En 
conséquence les papiers de TOrdre de Malte 
allèrent prendre place dans l'ancien arche- 
vêché où Tabbé Tinet (2) les fit mettre dans un 
appartement donnant sur le jardin. Ce transfert ne 
se fit pas avec beaucoup d'ordre ; bien des pièces 
disparurent alors, principalement celles des com- 
manderies, vendues en même temps que le Grand- 
Prieuré, et situées à Arles ou dans les environs. 
En 1797, le citoyen Maréchal, un des membres de 
l'administration départementale des Bouches-du- 



I. Arch. muntcip. d'Arles. Pierre Véiak : Chartier relatif à la Révolu* 
luiioH. T. u, pièce 94. 

3. Peu après le s; avril 1794 il était arrêté comme modéré» condamné 
k mort par la commission d'Orange et exécuté le 38 juillet suivant. 
Antoine Tinet était né le 9 janvier I7^^i à Barbcntane où il avait d'a-« 
bord exercé le saint ministère avant de devenir curé constitutionnel de 
Saint-Jolien d'Arles. 



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— i8o — 

Rhône, étant venu à Arles au mois de mars fit 
enlever plusieurs caisses de documents, entre autres 
les inventaires de chaque commanderie ainsi qu'un 
inventaire général et fit transporter le tout à Mar- 
seille. Mais la plus grande partie de ces archives 
resta assez longtemps dans le palais des archevê- 
ques. On eut Tidée, un instant, de les distribuer 
entre les départements du Midi et d'attribuer à 
chacun les papiers les concernant ; on y renonça et 
avec raison. Pourtant les titres d'un certain nom- 
bre de commanderies sont épars dans les départe- 
ments du Gard, de l'Hérault, des Alpes-Maritimes, 
des Hautes-Alpes, de TAveyron et surtout de la 
Haute-Garonne (i). Une lettre de Charles Dela- 
croix, préfet de Marseille, datée du 30 messidor 
an X (19 juillet 1802) invitait le maire d'Arles à lui 
envoyer par mer tous les livres et objets déposés à 
larchevêché ; il lui expédiait en même temps qua- 
rante caisses pour emballer tous ces papiers ; elles 
ne purent en contenir que le tiers. L'ancien agent 
de l'Ordre Jean-Daniel Beuf fit de vains efforts, 
en 1808, pour pouvoir conserver à la ville d'Arles 
ce qui restait de ces dépouilles. En mai, il adressait 
un mémoire à Aix pour obtenir de faire un triage 
dans ce dépôt, et, peu après, il pressait le maire, 
Joseph de Grille, de garder dans la ville d'Arles 
ces archives précieuses et utiles à plus d'un titre, 
et qui allaient être déplacées puisque la gendarme- 
rie devait bientôt occuper l'archevêché. Ce fut en 
vain, et le dépôt principal des archives du Grand- 
Prieuré de Saint-Gilles se trouve aujourd'hui à 
Marseille, 
Il y avait encore au Grand-Prieuré quelques ob- 



1. Cornu d« Gmstt: O/, cit., p. 6, note 1. 



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LE GRAND-PHIEI H LOIIS CASrVHI) DE TL LLE-VILLEFUANCHE 

VU lia!)il ^ncrri(M\ craj)r(S un paslr! 



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— i8i - 

jets mobiliers qui n'avaient pas été vendus en 1793. 
Le citoyen Couston, administrateur du district s'y 
rendit le 12 février 1794, et enleva, entre autres 
choses, une tapisserie en damas satin jaune avec 
ses baguettes dorées, douze fauteuils et une otto- 
mane fourrés et garnis d'une belle étoffe, cinq 
tableaux représentant cinq paysages, une autre 
grande peinture figurai^t la Décollation de Saint- 
fean-Baptiste et le boisage de Tautel. C'étaient les 
dernières épaves. 

En mars 1795, ^^ témoignage de Pierre Véran, 
« l'Hôtel était jonché de débris et tout rempli de 
décombres :b et, l'année suivante, s'il faut ajouter 
foi à une lettre du 19 mars, du curé de Saint- 
Julien, Jacques Constant, alors en exil à Naples, 
les révolutionnaires y enfermaient même les fem- 
mes afin d'être plus à portée, disaient-ils, de les 
jeter dans le Rhône, si l'envie leur en prenait (i). 

Mais qu'était devenu le Grand-Prieur, à son re- 
tour de l'exil ? Il s'était retiré au château de la 
Nerlhe que son petit-neveu, le marquis de Ville- 
franche avait mis à sa disposition. Il dut y passer 
les dernières années de sa vie avant de se rendre à 
Châteauneuf-du-Pape où il mourut le 15 juin 1806 
et dans le cimetière duquel il fut enterré (2). 

En 1822, l'ancien Grand-Prieuré fut acheté par 



I. Bibliothèque municip. d* Arles. Ms. 144 de l'abbé Bonnemant : 
Consultai ions y décisions , rèfrUs de conduite^ etc, au sujet de la Révolution 
ecclésiastique arrivée en France en lySç et années suivantes, p, ^yr. 
L'abbé Jacques Constant, né à Arles, curé de Saint-Julien au moment de 
la Révolution, refusa le serment k la Constitution civile du clergé, émi- 
gra en Italie et ensuite en Angleterre. A l'époque du Concordat, il fut 
chargé de réorganiser le service religieux dans la ville d'Arles, tout en 
étant curé de Saint-Trophine. En 1893 il fut nommé chanoine titulaire 
d'Aix. n mourut dans cette ville en mars 182^, à l'Age de 70 ans. 

a. Voir aux Pièces justificatives l'acte de décès et l'épitaphe dn Grand- 
Prieur de ViUefranche. 



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— i8a — ' 

Jacques Réattu, peintre d'histoire artésien, avec le 
produit de son travail. Il y mourut le 7 septembre 
1833, à rage de 72 ans. Sa fille, Madame Grange, 
rhabita ensuite et y réunit une galerie de tableaux 
parmi lesquels les toiles de son père (i). En 1867 
Monsieur et Madame Grange vendirent à la ville 
d'Arles le « Grand et le Petit Prieuré » (maison de 
Salliers) avec ce qu'ils contenaient, meubles, ta- 
bleaux tapisseries, objets d'art pour 6000 francs de 
rente viagère annuelle payable par semestre et 
d'avance, sans diminution après le décès de l'un 
des deux époux, avec la clause néanmoins que, 
avec les œuvres du père, serait aussi conservée à 
perpétuité l'ancienne maison des Grands-Prieurs. 
L'acquisition ne devint définitive qu'après la mort 
du dernier survivant. Madame Grange, décédée en 
septembre 1872, à 76 ans. Tout en continuant de 
loger dans l'Hôtel, les anciens propriétaires de- 
vaient laisser visiter, une fois le mois, sous la sur- 
veillance d'un agent municipal, les richesses artis- 
tiques qu'il contenait. Le Musée Réattu occupe 
aujourd'hui la maison du commandeur de Salliers. 
Il paraît à l'étroit dans ces salles reculées et 
austères. En les parcourant on a trop l'impression 
d'une demeure d'ancien régime bien faite pour les 
religieux guerriers qui l'occupaient, et il semble 
toujours que le vieux commandeur de Salliers va 
apparaître dans son costume de religieux pour 
vous faire les honneurs de son hôtel, avec cette 



X. En 183^ et années suivantes il fut question de loger dans le Grand- 
Prieuré, moyennant une rente annuelle de mille francs, un dépôt d'un 
Régiment d'infanterie. En 184 1 la ville ofifrit aux époux Grange d'ache- 
ter leur immeuble, pour le même objet, moyennant une pension viagère 
de deux mille francs. En 1843 ce projet fut abandonné. Voir les registres 
des Conseils de Tépoque. 



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Arles Cliché Marciirtiau 

JACQUKS RÉATTt 

Dernier possesseur du Grand -Prieuré 



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- i83 - 

bonne grâce des anciens seigneurs d'autrefois ! 

La ville d'Arles a installé divers services ac- 
cessoires dans le Grand-Prieuré : le Mont-de-Piété 
a ses réserves dans ce vaste local et la chapelle, 
digne d'un meilleur sort, sert d'entrepôt de tabacs. 

11 y a aussi dans les salles du Grand-Prieuré une 
école municipale de dessin. Le statuaire arlésien, 
Guillaume Dieudonné en fut le premier directeur. 
Il y est mort le lundi 22 février 1897, à 70 ans. Au- 
jourd'hui les cours sont professés par Thonorable 
Monsieur Férigoule (i) qui a été son successeur 
immédiat. Les élèves de ce maître font ainsi revi- 
vre l'animation d'autrefois dans ce vieux - palais 
mais sans parvenir à faire oublier les souvenirs qu'il 
évoque. Car elle ne fut pas sans gloire, cette anti- 
que demeure, comme on a pu s'en convaincre, en 
lisant ces pages. Elle a participé aux joies comme 
aux malheurs de la cité. Elle a abrité, dans ses 
murs, à travers les siècles, ces chevaliers, cadets 
des plus nobles familles de Provence, formés, 
dans les eaux de la Méditerranée, sur les vaisseaux 
de rOrdre, au dur métier de marin au moyen des 
caravanes imposées à tous, comme une sorte de 
noviciat naval. Beaucoup se sont agenouillés sur 
les dalles froides de la chapelle et quelque-uns 
prosternés et dans l'attitude de la prière ont fait, 
en face de l'autel, leur pieuse consécration au 
Dieu des armées .par l'émission des vœux de reli- 
gion. 

Au milieu de la rfef, sous le pavé, reposent, dans 



I. Né à AvigDOD^ en 1863, Claude-André Férigoule saivit, à x6 «ns, 
les cours de TEcole des Beaux-Arts de sa ville natale. îl alla ensuite à 
Paris où il fut admis à TEcole nationale des Beaux-Arts avec le n* i. Il 
a produit quantité d'œuvres que l'on peut voir et admirer dans les 
musées de la région. Toutes font honneur & son talent et k son savoir. 



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-ï84- 

un tombeau commun, en attendant la résurrection, 
quelques-uns de ces guerriers dont nous n'avons 
pu relever que quelques noms, ceux que l'histoire 
n'a pas totalement oubliés ! Les personnages impor- 
tants de la France et d'ailleurs sont venus recevoir 
dans cet Hôtel la plus grande hospitalité. Mais sur- 
tout il a été la résidence des Grands-Prieurs, sol- 
dats ou marins renommés pour la plupart, ayant 
blanchi au service de la religion ou du roi. Leur 
nomination à la dignité de prieur était le noble 
couronnement d'une longue carrière. C'était pour 
eux une sorte de maréchalat. Ils ont fait bonne 
figure dans la ville d'Arles et ils y ont tenu digne- 
ment leur rang de grand seigneur. On n'a, pour 
s'en convaincre, qu'à voir la place qu'ils occupaient 
dans les cérémonies officielles et dans les fêtes 
organisées en leur honneur. La cité leur témoi- 
gnait ainsi sa reconnaissance pour les servies ren- 
dus au bien public. Notre armée française, en effet, 
a trouvé parmi ces religieux une élite de bons 
officiers tout préparés, sans dépense d'aucune sorte 
pour la nation. Ne se sont-ils pas montrés bienfai- 
sants pour les pauvres dans la mesure de leurs 
immenses ressources, et n'ont-ils pas protégé, 
hommes d'une haute culture, avec un égal intérêt 
les lettres, les sciences et les arts ? Leur conduite 
privée, sauf certaines défaillances regrettables que 
'nous n'avons pas cachées, a été en général ce que 
demandait le grand corps auquel ils appartenaient ; 
en un mot ils ont fait honneur à la religion et à la 
cité qui les abritait, L'hôtel Saint-Jean qu'ils occu- 
paient semble bien vide aujourd'hui sans ses 
anciens maîtres. La rue pourtant dans laquelle, il 
est situé porte toujours le nom de Grand-Prieuré, 
et quelques Arlésiens, d'un autre âge, en la traver- 



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-185- 

sant et en regardant les petits contreforts de la 
chapelle et les portes vermoulues de la maison 
peuvent dire encore qui Ta habitée. 

Les générations futures garderont-elles longtemps 
le souvenir ému et reconnaissant de ce long passé 
fait de vaillance et de vertus ? Pour tout dire, le 
Grand-Prieuré est-il destiné à une ruine prochaine 
ou bien intelligemment restauré verra-t-il luire 
encore de beaux jours ? C'est le secret de l'avenir. 
Mais combien seraient heureux les amis du Vieil- 
Arles — et ils sont nombreux — si ce palais pou- 
vait être classé parmi les monuments historiques. 
Ils font des vœux pour qu'il en soit ainsi. Puissent- 
ils être entendus et exaucés I Non, il ne faut pas 
que, sous prétexte d'alignement et d'embellissement 
ou pour tout autre motif, on puisse dire au sujet 
de cet immeuble : etiam perierunt ruinœ l 




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L'Ordre de Malte dans la ville d'Arles 

DEUXIÈME PARTIE 

LES 

CHEVALIERS ARLÉSIENS 



N rencontre encore aujourd'hui, mais dans 
quelques rares familles, appendus aux 
murs du vieux manoir des ancêtres des 
portraits où se dessine la figure de person- 
nages, soit en habit religieux, soit en costume mili- 
taire, avec une manque distinctive : la croix octo- 
gonale et un grand cordon historié ; la physionomie, 
en général, est rude et expressive, noble et martiale 
tout à la fois. On a reconnu, à ces traits, les cheva- 
liers de Malte. Ils sont un peu oubliés aujourd'hui 
par suite du recul du temps ; ils ont eu pourtant 
un passé glorieux, et bien des endroits, dans le 
territoire d'Arles, rappellent leur passage et même 
leur séjour dans ce pays. 

A Torigine ces religieux, appelés les Hospitaliers 
de Saint-Jean de Jérusalem, étaient chargés seule- 
ment de la desserte d'un hospice destiné vers Tan 
1000 à donner asile aux pèlerins qui visitaient la 




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-^187- 

Palestine. Plus tard, -la nécessité de défendre les 
Saints- Lieux contre les Musulmans les fit guerriers. 
Ils ont rempli admirablement ce double rôle de 
leur institution et ont concouru pendant sept siè- 
cles à la défense de la société européenne menacée 
par le mahométisme. Ils reçurent une forte organi- 
sation, des statuts excellents leur furent donnés, 
aussi malgré la diversité de leur origine, les cheva- 
liers de Malte, grâce à une forte discipline et aussi 
à leur esprit religieux, ont montré toujours beau- 
coup de vaillance. 

On était exigeant pour leur admission dans TOr- 
dre et ils devaient faire preuve de noblesse (i). A la 
guerre ils portaient la cuirasse et, en temps de 
paix, la robe noire des religieux. Une décoration 
les distinguait, la croix pattée dont les extrémités 
présentaient une échancrure triangulaire et don- 
naient la forme d'une croix à huit pointes appelée, 
depuis le xiv« siècle, la croix de Malte. Elle était en 
or, émaillée de blanc, et était suspendue à un ruban 
noir moiré. Les Français ajoutaient une fleur de lis 
d'or, à chaque angle. Les chevaliers seuls ayant 
fait leurs preuves de noblesse, avaient le droit de 
la porter. Les profès avaient en outre une croix 
de toile blanche à huit pointes au côté gauche de 
leur habit : c'était le véritable signe de l'Ordre ; la 
croix émaillée n'était qu'un ornement. 

Après avoir parlé de THôtel Saint- Jean, qui fut le 
centre de leurs réunions dans la ville d'Arles, il 
n est peut-être pas sans intérêt de relever les noms 
des chevaliers originaires de la cité qui leur fut si 
hospitalière, et de laisser à la postérité le souvenir 
de quelques-unes de leurs belles actions, la pénurie . 



I. Voir p. 3a pour plus de détails sur les preuves de noblesse. 



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— i88 — 

des documents ne permettant pas de donner une 
biographie complète de chacun d'eux. Ce n*est pas 
qu'il n'y ait quelques ombres dans ce tableau — et 
l'histoire a le droit de les connaître — mais ces 
taches font mieux ressortir la beauté de l'ensemble. 
La liste de ces preux est assez longue car la ville 
d'Arles a cédé plus d'une centaine de ses enfants 
aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, pris 
dans plus de vingt familles. C'est un honneur dont 
elle est justement fière, aucun autre endroit, dans 
le Midi, n'ayant produit autant de chevaliers de 
Malte ; c'est que la noblesse, génératrice de beaux 
exploits, y est très ancienne, et que la religion 
catholique, source intarissable de dévouement et 
de sacrifice, y a toujours brillé d'un vif éclat, depuis 
saint Trophime, son premier apôtre (i). 



AIGUIÈRES 

De gueules^ à six besans d argent posés cinq en 
sautoir et Je sixième en pointe 

Cette famille est d'origine féodale, par consé- 
quent des plus reculées. Le plus ancien membre 
connu est Pons d'Aiguières, habitant d'Arles, qui 
vivait en 1044. 



I. Noos ne mentionnons presque pas, dans nos références, le Caialù' 
gue des ckevaîttrs de Malfe, de Louis de la Roqne, ni celai dn comte de 
Grasset dans son Bssai sur U Grand-Prieuré de Saini^illes, ni celui du 
ms. m de la Bibliothèque municipale d'Arles, fait au moyen des archi- 
ves de l'Ordre, ni même la liste des commandeurs et des commanderies 
contenue dans l'Histoire du Grand-Prieuré de Toulouse, de Du Bourg, mais 
nous les avons souvent consultés. Les dates de réception données par les 
premiers auteurs di£fèrent quelquefois, nous adoptons de préférence cel- 
les du manuscrit iiz, comme plus sûres. Les notaires que nous citons 
•ans indication de lieu sont des notaires d'Arles. 



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— i89 — 
Elle a fourni aux Hospitaliers : 

1 . Antoine d'Aiguières, fils de Pierre, coseigneur 
de Méjanes, et de Louise de Cavaillon, dame delà 
Roquettte, mariés par contrat du lo janvier 1486-7 
(Jean Rohard, prot. f® 108). Il fut fait chevalier en 
1326. Il était âgé d'un peu plus de quatorze ans. 
Son père mourut dans les premiers jours de mai 
1524 et fut probablement enterré dans l'église des 
Cordeliers, dans un tombeau de famille (i). 

2. Nicolas d'Aiguières était fils de Jacques, cosei- 
gneur de la Roquette, et d'Antoinette d'Arbaud. Il 
fut chevalier de Malte en 1568. Nicolas quitta l'Or- 
dre des Hospitaliers peu après 1576. Il fut consul 
d'Arles en 1578 et 1579. Il épousa, par contrat du 
29 février 1584 (Pierre Buet), Isabeau de Cais, de 
laquelle il eut une fille, Françoise-Jeanne d'Aiguiè- 
res, baptisée à Arles le 28 octobre 1584 (Sacristie 
A, f* 200). Son père mourut avant le 29 janvier 
1565 et fut enseveli dans l'église des Cordeliers, 
ainsi que sa mère, laquelle vivait encore en 1614. 

3. Louis d'Aiguières, frère du précédent, reçu 
chevalier de Malte en 1568, paraît avoir également 
quitté l'Ordre (2). 

4. Claude d'Aiguières était fils de Nicolas, cosei- 
gneur de la Roquette, et de Philise de Balbs, 
mariés à l'église Saint-Laurent le 7 janvier 1549. Il 
fut reçu chevalier de Malte en 1582 et prononça les 
vœux de religion. Il en obtint dispense par le pape 
et se retira dans la ville d'Arles. 11 épousa une pre- 
mière fois par contrat du 20 janvier 1599 (not. 



t. Baron da Roure : Les Meyran tt leurs aHiances, p. Z03i|-i036, 
a. Baron du Roore ; Op cit., pp. toay-xoâS* 



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— 190 — 

Ant. Claret), Marie de GalUfet, et une seconde fois 
(contrat du 28 février 1639, i^ot- Guilhem, à Beau- 
caire), Jeanne de Gueydan. Claude mourut à Arles, 
seigneur de Frignan, en laissant postérité, et fut 
enseveli dans l'église Saint-Martin le 12 octobre 
1648. Sa femme, Jeanne de Gueydan décéda aussi 
dans cette ville, le 17 août 1691, a l'âge de 76 ans, 
et fut inhumée dans l'église Saint-Laurent. Le père 
de Claude qui avait demandé à reposer aux Corde- 
liers, au tombeau de ses ancêtres, était mort le 30 
janvier 1604 (Saint-Martin), et sa mère qui n'avait 
voulu d'autre sépulture que celle de son fils Pierre, 
était décédée le 12 décembre 1603 (ibid) (i). 

5. Charles d'Aiguières était fils de Gabriel, sei- 
gneur de Frignan et d'Anne de Chiavari, mariés 
par contrat du 25 octobre 1644 (not. Brunet), et 
petit-fils de Claude dont il est parlé ci-dessus. C'est 
le plus célèbre des chevaliers de Malte de cette 
famille. Il naquit à Arles et fut baptisé le 29 jan- 
vier 1651, à Notre-Dame la Principale. Il fut reçu 
chevalier le 10 janvier 1664. Ses preuves avaient 
été faites le 29 avril 1661, par François de Ratte- 
Cambous, commandeur de Jalès, et le chevalier 
Jacques de Marcel de Crochans. Le 29 avril 1662, 
il avait été nommé page du Grand-Maître ; il prit 
plus tard du service dans l'armée française, et se 
retira avec le grade de capitaine en 1680 dans la 
ville d'Arles. Lorsqu'il eut fait profession il devint 
successivement commandeur de la Selve, vers 
1721-2, puis de Bordères, grand-commandeur le 17 
mars 1733, Grand-Prieur de Toulouse le 3 juin sui- 
vant. Il mourut à Arles le 24 mars 1743. Il avait 



I. Id. Ibid,^ pp. 1039' z 03 9 • 



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présidé, à plusieurs reprises, les réunions des che- 
valiers, réunions auxquelles il assistait assidûment. 
C'est une belle figure de religieux arlésien (i). 

6. François d'Aiguières, frère du précédent, 
chevalier en 1666. 

ALBE 

D]or à un ours de gueules posé sur ses pattes de 
derrière 

Pour prouver l'ancienneté de cette maison dans 
Arles il n'y a qu'à rappeler qu'un acte d'inféoda- 
tion d'un archevêque de cette ville de 1225, fut 
fait en faveur d'un de ses membres. Elle a produit 
plusieurs personnes illustres, entre autres, Charles 
Albe, écuyer du comte de Provence, Charles P', 
qu'il accompagna, en 1265, lorsqu'il alla faire la 
conquête du royaume de Naples. Elle était connue 
dans l'Ordre des Hospitaliers du temps du Grand- 
Maître, Hélion de Villeneuve, vers 1340, époq\ie à 
laquelle un Albe avait été reçu donné (2). 

Cette famille a compté les chevaliers suivants : 

I. Robert d'Albe, dont nous avons déjà parlé 
dans la première partie de cette étude, pp. 12-13, 
est le plus célèbre des chevaliers du nom d'Albe. 
Il a occupé les plus grandes dignités dans l'Ordre 
des Hospitaliers. C!est le seul Arlésien, avec Hono- 
ré de Quiqueran de Beaujeu qui ait obtenu la 
dignité de Grand-Prieur. 



I. Cf : Première partie^ -ç, lai. — Baron du Roure : Op, cit.,pt 
1036. — Baron du Roure ; Inventaire des archives du château deBarhegal, 

a. Baron du Roure : Op, cit,, p. 66^. •— Ra^baud ; Op,.eit*, u, p. 98. 



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— 193 — 

2.. Raimond d'Albe fut chevalier en 1534. 

3. Claude d'Albe était fils d'Honoré, seigneur du 
Thoret, et de Catherine de Villeneuve, mariés par 
contrat du 11 août 1511, (Ant. Nicolai). Il était che- 
valier en 1542. Nous le trouvons commandeur 
d'Homps en 1554. Le 27 février 1564 il était pré- 
sent, avec sa mère et ses frères, Pierre, seigneur 
du Thoret, André, chanoine d'Arles, dans Téglise 
Notre-Dame la Principale au mariage de sa sœur 
Alix avec Louis de Meyran. Il assista le 8 mai 1581 
à une assemblée de chevaliers qui se tint à Brigno- 
les, de préférence à Avignon, lieu primitivement 
choisi, et à Arles (i), à cause de la peste qui sévis- 
sait dans ces deux villes. Cette réunion comprit un 
nombre insignifiant de chevaliers. Pour cette rai- 
son, elle fut dissoute après la première séance et 
renvoyée au 24 juin. Ce nouveau chapitre se tint 
dans la ville de Tarascon, dans le réfectoire du 
couvent des Cordeliers, sous la présidence de notre 
commandeur. Le 28 novembre 1583 il était présent 
à une assemblée de chevaliers, dans la ville d'Arles 
et où il offrit cent écus d'or pour la reconstruction 
de deux galères, attendu que les Vénitiens s'étaient 
emparés des deux anciennes, dans le port de l'île 
de Candie. 

Claude d'Albe, qui fut aussi commandeur de 
Comps, périt dansles troubles suscités parla Ligue. 
Il fut massacré inhumainement, en 1588, au châ- 
teau du Muy (2), en même temps que le seigneur 



I. «Le z$ aoast fat faicte la procession des pénitents noirs dans l'église 
N.-D. la Ma jour pour implorer les grâces et miséricorde de Dieu à faire 
cesser la maladie contagieuse >, dit l'annaliste de l'époqne, Etienne 
Paris. 

a. Le Muy, canton de Fréjus, arrondissement de Dragnignan, départe- 
ment da Yar, 



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— 193 — 

de ce pays, son parent. « Il aurait pu pourtant se 
sauver, en tuant un homme : mais il aima mieux 
souffrir la mort que de commettre une action, qui^ 
dans cette occasion, aurait été excusable » (i). 

4. Antoine d'Albe, était le second fils de Pierre, 
seigneur du Thoret, et de Roquemartine, et de 
Laudune d'Albe, mariés le 6 janvier 1546. Il fut 
reçu chevelier le 20 mai 1566. Son père, dans son 
testament du 7 avril 1573 (Ant. Nicolai) avait de- 
mandé à être enterré dans le chœur de Saint-Tro- 
phine, au tombeau de son propre père. Honoré 
d'Albe, dont il est parlé ci-dessus (2). 

5. Jacques d'Albe, était le troisième enfant de 
Claude, seigneur du Thoret, et de Louise de Por- 
cellet, mariés le 5 novembre 1597 (Badinenc à Saint- 
Remy). Il fut reçu chevalier de xMalte en 1616. Il 
quitta rOrdre et embrassa l'état ecclésiastique. Il 
succéda à son frère Alexandre, en 1628, comme 
prévôt du chapitre de Saint-Tiophime. Il fut nom- 
mé vicaire-général, le 15 juillet 1630. En 1644 il de- 
vint protonotaire apostolique (3). 

BARRAS (4). 
Fascé (ïor et d*a\ur de six pièces. 

La maison de Barras, une des plus ancienne de 
Provence a pris son nom de Barras, aujourd'hui 



I. Baron du Roure : Op. cit., pp. 50, 676-677. — Raybaud : Op. cit., 
pp. 147. xjo, 154. 

a. BaroD du Roure : Op. cit., pp. 678 679. 

5. Id. — Ihid., pp. 680. 68 1. 

4. Nous devons quelques renseignements nouveaux sur cette maison à 
l'obligeance de Monsieur £. de Juigné de Lassigny qui prépare la gé- 
néalogie de la famille. 

Î3 



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— 194 - 

petite commune des environs de Digne. Elle remon- 
te jusqu'aux Croisades. Elle a eu toujours beau- 
coup de rapports avec la ville d'Arles et quelques- 
uns de ses membres s'y sont établis. Elle a fourni 
un grand nombre ap chevaliers à l'Ordre de Malte. 
En voici quelques-uns : 

1. Pierre de Barras était fils de Jean, seigneur 
de Mélan et de Béatrix Arbaud. 11 fut fait chevalier 
de Malte le i6 décembre 1547. Pierre fut pourvu 
de la commanderie de Peyriés ou de Béziers le 22 
octobre 1556 (jugement de noblesse de Charles de 
Barras en 1667). 11 en jouissait encore en 1567, 
époque à laquelle il fut convoqué à Malte pour la 
défense de l'île (i). 

2. Louis de Barras, frère du précédent, fut reçu 
chevalier en 1559. 

3. Gaspard de Barras-la Penne était fils d'An- 
toine, seigneur de la Penne, et de Louise de Saint- 
Germain. 11 fut admis au nombre des chevaliers le 
13 mars 1567. 11 parvint de bonne heure aux hon- 
neurs et aux dignités. Dès le 3 juillet 1576 nous le 
trouvons lieutenant du Grand-Prieur, François de 
Panisse. Nous avons déjà dit (p. 18) qu'en cette 
qualité il convoqua à Arles, le 17 novembre sui- 
vant, il présida une assemblée de chevaliers, à 
l'occasion des Etats-généraux du royaume que le 
roi Henri III réunit à Blois, le 6 décembre de cette 
année. Il assista, dans la ville d'Arles, au chapitre 
de 1577 qui ne tint qu'une seule séance, les cheva- 
liers convoqués n'ayant pu se trouver en nombre 
à cause des guerres religieuses qui désolaient la 
contrée. Il n'y eut que François du Broc, comman- 



I. [Ârtefeuil] : Op, eit,, i, p. 98. — Raybaudi O/. cit., lî, p. 1^7. 



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- 195 — 

deur de Sainte-Luce, et Charles de Grasse-Brian- 
son, commandeur de Saliers, auquel il devait suc- 
céder dans la suite. Ce fut Gaspard de Barras, 
lieutenant du Grand-Prieur, qui de concert avec 
un autre chevalier, convoqua le chapitre du 8 mai 
1581 à Brignoles de préférence à Avignon et à Arles 
où la peste sévissait. On sait que cette réunion fut 
renvoyée à une date ultérieure après une première 
séance et qu'elle eut lieu, dans la ville de Taras- 
con, le 24 juin suivant. Charles de Grasse, devenu 
lieutenant du Grand-Prieur et même grand com- 
mandeur, désigné pour aller assister à Malte à un 
chapitre général, avait laissé à notre chevalier le 
gouvernement du Grand-Prieuré. Celui-ci convo- 
qua une assemblée, dans la ville d'Arles, le 28 no- 
vembre 1583 et il donna connaissance des ordon- 
nances qui avaient été faites au dernier chapitre 
général, tenu au mois de juillet précédent. Ce fut 
dans cette réunion que les chevaliers présents réso- 
lurent de se cotiser pour la confection de deux 
nouvelles galères de l'Ordre, comme il a été rap- 
porté plus haut. 

Le grand commandeur Charles de Grasse-Brian- 
son ayant été obligé de rester à Malte parce qu'il 
avait été nommé général des galères, le Grand- 
Prieur choisit, de nouveau, pour son lieutenant, 
Gaspard de Barras, devenu commandeur de Saint- 
Christol depuis quelque temps. Il fit même rebâtir 
l'église et le château de cette commanderie dévas- 
tée par les huguenots en 1571. Une inscription sur 
la porte du château constatait que cette restaura- 
tion se fit en 1591. 

Depuis 1588 il était également commandeur de 
Montfrin. A la mort de Charles de Grosse-Brian- 
son, arrivée au commencement de 1603, Gaspard 



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— 196 — 

de Barras lui succéda dans sa commanderie de 
Saliers. En ce temps il fit transporter à Arles les 
titres du bailliage de Manosque et des commande- 
ries de Puimoisson et de Saliers que Brianson gar- 
dait à Manosque. 

Au chapitre de 1607, tenu dans la ville d'Arles 
par le Grand-Prieur de Lussan et où Ton apprit la 
perte de deux galères que Tordre avait faite, au 
mois d'avril 1606, par suite de naufrage, dans une 
île près de Tunis, notre commandeur offrit 600 
livres pour aider à réparer cette perte. 

Le 4 décembre 1606 il fit l'acquisition du mas de 
la Vigne, sur les bords du petit Rhône, en dessus 
d'Albaron et le réunit au domaine de la comman- 
derie de Saliers. Cette ferme n'était, dans l'origine 
qu'une usurpation de cette commanderie, faite par 
les amphithéotes et les possesseurs de la roubine 
dite Pharamond. 

Dans une sentence arbitrale du 8 février 1609 
avec la ville d'Arles dont les commissaires avaient 
été François de Varadier, Louis de Sabatier, Ho- 
noré de Giraud, et Gabriel de Lavabre, il fut assez 
heureux pour conserver toutes les propriétés de 
Saliers, sauf le droit d'esplèche qu'il dut céder aux 
habitants de la contrée. 

Le 19 novembre 1612, cette commanderie fut 
inspectée par Marion de Tressemanes et Anne de 
Naberat. Le commandeur, Gaspard de Barras, se 
trouvait à Montfrin. Il avaitfait réédifier lachapelle, 
et y faisait venir un prêtre aux « bonnes festes> pour 
y célébrer les saints offices. Il avait l'intention d'é-' 
tablir une messe tous les dimanches et jours de 
fête. La commanderie était en plein rapport. 

Celle de Montfrin qu il possédait depuis 1588 fut 
visitée, le 24 novembre 161 2 par Jean-Jacques de 



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- 197 -- 

Mauléon-la Bastide et par Anne de Naberat. Ils 
constatent que le commandeur fait sa résidence 
une partie de Tannée à Montfrin et l'autre à Saint- 
Pierre de Saliers ; ils ajoutent qu'il est « de bonne 
vie, vray religieux et bon catholique. > Ils disent 
pareillement que dans l'église du lieu, à main gau- 
che du maître-autel est la chapelle de Saint-Jean, 
au-dessous de celle du baron de Montfrin, où il y 
a un autel et un rétable représentant le baptême de 
Notre-Seigneur par saint Jean-Baptiste, et un 
sépulcre neuf, bâti par les soins du commandeur 
au-dessus duquel sont écrit ces mots : Vivit post 
funera virtus, et où sont les armes de Tordre et 
du commandeur. Son intention était donc d'être 
enterré là, après son décès. On sait qu'il n'en fut 
rien. 

En 1622, il fut nommé lieutenant du nouveau 
Grand-Prieur, Antoine de Paule. Il présida cette 
même année le chapitre qui se réunit à Arles le 
i^' mai et auquel assistèrent 8 commandeurs et 13 
chevaliers. Cette même année il fit un don à Thôpi- 
tal des pauvres d'Arles de 240 livres. 

Nous avons dit (p. 31) combien il fut peu fidèle à 
ses engagements religieux, ajoutons seulement 
qu'il était « fort habile et fort riche ». Il tenait un 
rang princier et reçut, dans ses maisons, à ses dé- 
pens, les plus grands du royaume. Il laissa plus de 
40.000 livres de dépouille que TOrdre retira à sa 
mort. Il avait eu la précaution de faire légitimer ses 
enfants. Le roi Henri IV, en effet, donna à Lyon, 
en septembre 1595 des lettres patentes par lesquel- 
les il déclarait « légitimes Jean, Catherine, Louyse 
et Diane de Barras, enfans naturels de frère Gas- 
pard de Barras la Pêne, commandeur de Saint- 
Christol en Languedoc, et de Catherine de Farges, 



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— 198 — 

de la ville de Beaucaire, » mais résidant à Arles et 
surtout à Figarès, propriété de Camargue, sur le 
petit Rhône, voisine de Saliers. Ces lettres furent 
enregistrées à la Chambre des Comptes d'Aix le 
18 mars 1599 et à celle de Montpellier, la même 
année. Il obtint même en 1597 pour Jean, l'un de 
ses enfants, dispense de dejectu natalium^ au cas 
où il voudrait entrer dans les Ordres. Il fit plu- 
sieurs fois son testament, notamment en 1622. Il 
mourut le 16 octobre 1623 et fut enseveli dans la 
chapelle du Grand-Prieuré. On peut voir plus haut 
(p. 30) rinscription qui se lisait sur son tombeau. 
Un de ses fils Jean est Tauteur de la branche des 
seigneurs de Lansac, fixée à Arles, et qui s'est 
éteinte dqns la personne de Jean-Philippe de Barras, 
décédé dans l'ancienne rue Vacquières, le 23 dé- 
cembre 1828 (i). 

4. Louis de Barras, fils de Pierre, seigneur de 
Mélan, et de Marguerite de Bachis fut chevalier 
de Malte en 1609. 

5. Jean de Barras, fils de César, seigneur de Mé- 
lan et du Castellar et d'Antoinette de Benaud, 
fut reçu hospitalier en 1610. Il fut fait esclave 
en 1625 dans une expédition près de Sarragosse, 
commandée par le général Valençay. Les Turcs 
victorieux se rendirent maîtres de deux galères et 
tuèrent ou firent prisonniers plusieurs hospitaliers. 

6. Antoine de Barras, frère du précédent, fut 



z. Raybaud. Op, cit, ii, pp. i44-i74, passim. — Bibliothèqae mnni- 
palo d'Arles. Bonoemant: Le nobiliaire de la vilU (t Arles, Ms. 399, 
▼erbo Barras. — Archives des Boaches-dn- Rhône. Fonds de Malte, In- 
ventaire de la commanderie de Saliers, — Procès^verbaux des visites, t. vn. 
— Bulletin du Comité de VArt chrétien (Diocèse de NîmesJ, t. yni, p. 135 
et seq. — Baron du Roure : Op, cit,, p. 894. 



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— 199 — 

reçu chevalier le 29 novembre 1610. Il fut peut-être 
fait prisonnier dans le combat que nous venons 
de citer, à moins. qu'il n*ait péri en 1619, à l'entre- 
prise organisée par le roi d'Espagne contre la ville 
de Fura en Barbarie (i). 

7. Pierre de Barras, fils d'Antoine, seigneur 
de la Penne, et de Marguerite de Saint-Martin, 
baptisé à Thoard le 15 novembre i6t2, fut reçu 
le 15 septembre 1623. Dans un testament du 
2 mai 1624 (not. Escoffiei), son père lui laissa une 
pension annuelle de 120 livres « pour s'entretenir 
au service de son Ordre et jusqu'à ce qu'il ayt pour 
le moins 300 livres dudit Ordre tous les ans >. Il 
prit ses dernières dispositions le 24 mai 1639. 
(not. François Monier), sans doute à la veille de 
faire profession. Il élit sépulture dans l'église des 
Dominicains de la ville d'Arles, au tombeau de ses 
prédécesseurs, preuve que tous les chevaliers de 
Malte décédant dans cette cité n'étaient pas ense- 
velis dans le caveau de la chapelle du Grand- 
Prieuré. Il lègue à Gaspard, Frédéric, Charles et 
Anne de Barras, ses fères et sœur, et institue héri- 
tière, Marguerite de Saint-Martin sa mère. Son 
père était donc mort à cette date (2). 

8. «Frédéric de Barras, frère du précédent, bap- 
tisé à Thoard, le 18 janvier 161 5. fit ses preuves 
pour Malte le 11 juin 1631 (alias 1632), quitta 
l'Ordre pour se marier. Il épousa, i^ par contrat du 
24 février 1648, Catherine de Castellane ; 2^ le 25 
juin 1675, à Thoard, Madeleine de Voland. De la 
première il eut plusieurs enfants qui ne parais- 



1. Rayband : Op, cit., ii, pp. iSt, 193 194. 

2, Bonnemant : Op, cit,, verbo Barras. 



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— 200 — » 

sent pas avoir laissé postérité. Il fut coseigneurde la 
Penne, de Thoard et de Barras et mourut le 9 
mai 1697, à Thoard » (i). 

9. Charles de Barras, frère du précédent, fut 
baptisé à Thoard le 24 avril 1618. Il fut amené très 
jeune et élevé dans la ville d'Arles, ainsi qu'en 
font foi ses preuves de noblesse, qui furent faites 
en 1636 par François de Mars-Liviers, comman- 
deur de Millau et Roland d'Agoult- Angles, 
commandeur de Jalès. Il fut reçu chevalier le 
10 février 1637. II porta assez longtemps la croix 
sans toutefois avoir fait profession. Il quitta l'Or- 
dre et épousa, le 19 novembre 1648, Anne de 
Combet dont il eut plusieurs enfants qui vivaient 
à Arles au milieu du xviii^ siècle. Il servit long- 
temps le roi sur terre et sur mer. Il fut nommé 
lieutenant-colonel du régiment de Caderousse, le 
2 janvier 1645 ^^ parvint jusqu'au grade de maré- 
chal-de-camp. Il eut part à la confiance du cardinal 
Mazarin et du duc de Mercœur. Le premier le 
chargea de diverses missions, et le second, étant 
gouverneur de Provence, l'envoya à la Cour, en 
1652, pour s'occuper de ses intérêts. 11 s'acquitta 
de ces missions avec zèle et succès, et le roi l'en 
récompensa en le nommant, le 30 avril 1665, gou- 
verneur des Saintes-Mariés, mais devant les protes- 
tations des consuls d'Arles, il leur abandonna ce 
titre le 24 juin suivant, moyennant une compen- 
sation pécuniaire. Il écrivait sur ses vieux jours : 
«Je puis dire que iay autant servi qu'il m'a 
esté possible en général tout le monde lorsque i'ay 
esté dans l'authorité, et ie le cognois encores 



X* Note de M, £dme de Juigaé de Lassigny. 



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*— ÙOÏ — 

auiourd'huy ayant beaucoup d'amys, soit au Parle- 
ment, soit en Provence. » 

C'était aussi un lettré. Il a laissé des Mémoires 
politiques relatifs aux affaires dont il eut la charge 
pendant qu'il était à la Cour, en 1652. Il est aussi 
Tauteur d'un Livre de raison^ commencé en 1660, 
qui ne nous est connu que par les notes extrai- 
tes par Bonnemant et insérées dans son Nobi- 
liaire de la ville d'Arles. Il fit son testament 
le 7 juin 1652 et mourut le 12 janvier 1694, à Arles 
(Saint-Martin) (i). 

10. Louis-Pierre de Barras, fils du précédent et 
d'Anne de Combet. Il mourut commandeur de 
Nice le 24 mars 1733 (2). 

ij. Charles-Joseph de Barras-Lansac était fils 
de Joseph-Denis, seigneur de Lansac, coseigneur 
de Fos et de Marie-Ursule-Thérèse de Quiqueran- 
Beaujeu, mariés, à Arles, le 26 octobre 1769. Il 
naquit dans cette ville le 2 mai 1772 et fut baptisé 
à la paroisse Notre-Dame la Principale. Il fut reçu 
chevalier de Malte le 7 janvier 1797 (3). Ce fut un 
des derniers admis. L'Ordre allait cesser d'exister, 
par la prise de l'île de Malte le 24 prairial an V, 
(12 juin 1798) par le général Bonaparte qui en 



I . Le ms . 3 30 de la Bibliothèque municipale d'Arles est relatif tout entier 
^ cet ancien Hospitalier. Il contient, outre les Mémoires politiques dont 
il est ici question, la copie des treize lettres que le cardinal Mazarin lui 
adressa, du i8 avril 16^7 au 23 avril 1660, el de plus, en original, comme 
nous Tavons déjà dit (p. 33), ses preuves de noblesse. Le tout forme un 
Tolame de ici pages, relié en parchemin. 

3. Bonnemant : Op. cit., verbo Barras. 

3. D'après la liste manuscrite avec notes des réceptions il partir de 
1787 des chevaliers de Malte de la Langue de Provence. Elle fut appor- 
tée de Malte par Auguste Beuf et fut donnée, par lui, à son frère Jean- 
Daniel-Joseph Benf, avocat et archiviste du Grand -Prieuré, possesseur 
des derniers papiers de l'Ordre de Malte, dans la ville d'Arles. Elle se 
trouve encore dans cette famille, et nous avons pu la consulter. 



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— 203 — 

chassa les religieux. Charles est mort dans la ville 
d'Arles. Son père, un moment maire d'Arles, en 
1789, périt à Lyon, victime de la Révolution, le 
5 décembre 1793. Sa mère, qui s'était remariée le 
27 mars 1808 à Pierre de Ribier, mourut à Salon 
le I" août 1832 (I). 



BALBS OU BAUS 

(Ecartelé i et 4 : de gueules^ à une étoile à huit 
rais d'argent; 2 et ^ : d'or^ à un bélier de sable 
accolé d argent). 

La maison de Balbs ou Baus comme elle aimait à 
s'appeler, sans doute à cause de l'illustration de 
l'ancienne famille de ce nom, est une des plus 
anciennes de France. On sait peu de chose sur ses 
commencements. 

Le premier membre de cette famille que l'on 
trouve dans Arles est Floret Balbs, de la branche 
des seigneurs de Colongue, qui vivait au com- 
mencement du xv^ siècle. 

Elle s'éteignit, après trois générations, au milieu 
du siècle suivant, dans la famille d'Aiguièi'es, par 
mariage de Philise de Balbs avec Nicolas d'Aiguiè- 
res (7 janvier 1549, paroisse Saint-Martin) (2). 

I. Antoine de Balbs, fut reçu dans l'Ordre, en 
1430. Il était commandeur de Saliers en 1435, et le 
14 décembre 1448 (not. Michel Grimaudi, proto- 



i. Baron du Roure : O/. cit., p. 824. — Bonnemant : Op, cit,, verbo 
Barras. 

3. Raybaud : Op, cit,, 11, pp. 8f-8s. — Baron du Roore : O/. cit,, 
p. 1039. 



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— 203 "^ 

colle f« 227), il chargeait son frère Floret de prendre 
possession en son nom de la commanderie de Fos. 
L'année suivante, 1439, il assista au chapitre tenu 
à Montpellier, sous la direction de Bertrand d'Ar- 
pajon, Grand Prieur, qui y donna lecture d'une 
lettre du grand Maître, Jean de Lastic, convo- 
quant un chapitre général à Rhodes, qui était alors 
le chef-lieu de TOrdre. Antoine de Balbs et Louis 
de Barras, commandeur de Nice, furent choisis 
pour y représenter le grand Prieuré de Saint- 
Gilles. Le chapitre général se réunit au mois de 
novembre 1440. On y décida, entre autres choses, 
que les commanderies seraient conférées aux che- 
valiers plus anciens. Cette règle fut dès lors tou- 
jours observée. Antoine fut aussi commandeur 
de Claret, dans les Alpes, d'après un acte du 
10 août 1440 (not. Michel Grimaudy) relatif au 
service divin dans Téglise de ce lieu. 

Il mourut à Rhodes avant 1441. Ce fut Jean de 
Cavaillon qui hérita des commanderies de Saliers 
et de Fos (not. Guillaume Raimundi) (i). 

2. Bernardin de Balbs, neveu du précédent, et 
fils de Floret, coseigneur de Colongue et de Cathe- 
rine d'Alzène, est le plus fameux des chevaliers de 
cette maison. « Il s'adonna, dès sa plus tendre 
jeunesse, au service de mer, et fit son apprentis- 
sage de guerre sous le grand Prieur de Bidoux. Il 
profita si bien de ses leçons qu'il devint dans la 
suite son compagnon d'armes. Il fit des progrès si 
considérables sur les ennemis du roi quils lui 
fournirent le moyen d'avoir en son propre plu- 
sieurs bâtiments qu'il tenait àla solde du roi. Mais, 



I. Rayband : Op, cit. y t, pp. 378-380. 



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— 204 — 

par malheur, la plupart de ses exploits militaires 
nous sont restés inconnus, par le manque d'écri- 
vains dont la Provence était dépourvue de soa 
temps. » 

En 1504, nous le trouvons commandeur du Tem- 
ple ou de Sainte-Luce, capitaine des galères du roi 
et prêt à s'embarquer, d'après un acte du 19 juillet 
(not. Jean Giraudi). 

«Le roi Louis XII ayant, en Tannée 1508, conclu 
une ligue à Cambray avec le pape, l'empereur et le 
roi d'Espagne contre les Vénitiens, le commandeur 
de Baus fit, par ordre du roi, des courses contre 
cette république avec ses bâtiments, qui consis- 
taient principalement en un galion et deux galères. 
Le roi lui fit don, le 3 janvier 1509, du dixième qui 
lui compétait sur les prises de plusieurs marchan- 
dises qu'il avait faites et lui permit de les débiter, 
et toutes les autres qu'il pourrait prendre, sans 
qu'il pût être recherché pour le payement de ce 
droit.» 

<c L'année suivante, 15 10, le grand prieur de 
Bidoux et lui allèrent avec leurs galions et galères, 
pour observer la flotte des Vénitiens qui avaient 
formé une entreprise sur la ville de Gênes ; et ils 
contribuèrent beaucoup par leur prudence à la 
faire échouer. Il fit aussi avec lui les campagnes 
des deux années suivantes ». 

« Le roi Louis lui donna, en récompense de ses 
services, par un brevet daté de Blois, le 4 mai 15 13, 
la jouissance, sa vie durant, de la terre de Baux en 
Provence ». Il en prit possession le 4 juillet sui- 
vant (not. Pierre Biretty), et le lendemain il fit son 
entrée dans le château (même notaire). 

« L'année suivante, 15 14, il fit, avec Bidoux, des 



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— 205 — 

courses contre les Génois qui étaient ennemis 
du roi ». 

Ce fut 'le commandeur Bernardin de Baus qui 
commanda les galères^ en l'absence du Grand- 
Prieur Bidoux, et qui fit tirer Tartiilerie de tous les 
bâtiments de mer qui étaient dans le port de 
Marseille, lorsque Louise de Savoie, duchesse 
d'Angoulême, mère du roi François I", et la reine 
Claude, son épouse, vinrent dans cette ville le 
5 janvier 1516 pour attendre le monarque qui 
arriva d'Italie quatorze jours après. 

Il fut appelé à Rhodes au mois de novem- 
bre 15 17 pour défendre Tîle contre les Turcs qui se 
préparaient à Tassiéger. 

Le Grand-Prieur de Bidoux s'étant démis, en 
15 18, de sa charge de général des galères de 
France parce qu'il devait se rendre à Rhodes, 
toujours menacé, le rpi donna cette charge au 
commandeur Bernardin de Baux. Il s'en démit 
Tannée suivante, 15 19, on ne sait pour quelle rai- 
son. 11 continua, néanmoins, de servir le roi, et le 
25 janvier 1520 (not. Pierre Menhinat) il passa un 
accord avec plusieurs de ses concitoyens. Pierre 
d'Aiguières, Louis de Cays, Pierre de Romieu, 
Pierre Balbs et Gaucher de Prat, pour les enrôler 
sur ses vaisseaux, avec cette condition que si quel- 
qu'un ne se rend pas, il devra payer aux autres dix 
écus d'or au soleil. 

« L'empereur Charles V ayant, en Tannée 1524, 
envoyé en Provence une armée par mer et par 
terre pour assiéger Marseille, la flotte française, 
commandée par de La Fayette, alla au devant de 
celle de Tempereur pour la combattre. De Baus y 
joignit son galion et ses galères. Dix galères de 
France en attaquèrent dix-sept d'Espagne, en cou- 



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— 206 — 

lèrent trois à fond, et obligèrent les autres de se 
retirer. De Baus se distingua dans ce combat. » 

« Il fut, dans les dernières années de sa vie, atta- 
qué du mal de la pierre, qui, à la fin, lui abrégea 
ses jours. Il fit son testament le ii de décembre 1524, 
qui fut la veille de sa mort.. Il s*y nomma frère 
Bernardin de Baus^ seigneur dudit lieu. Sa dispo- 
sition fit connaître qu'il était extrêmement riche. 
Il élit sa sépulture dans l'église des Frères- 
Prêcheurs de Marseille, et fit plusieurs légats consi- 
dérables à des maisons religieuses et à d'autres 
personnes, et entre autres à Anne de Montmorency, 
connétable et Grand-Maître de France, à Philippe 
Chabot, seigneur de Brion, amiral de France, à 
Odet de Foix, comte de Lautrec, et à Claude 
d'Urre, seigneur du Puy-Saint-Martin, lieutenant 
du roi en Provence. Il légua à Louise de Savoye, 
mère du roi, un coffre de perles du poids de cinq 
livres et deux couvertes de soie, afin qu'elle inter- 
cède auprès de lui pour que son testament fut 
exécuté, et à Pierre Baus, d'Arles, son neveu, 
deux cents écus d'or, une bastide située au terroir 
des Baux et des directes. Enfin il légua, à l'Ordre, 
son grand galion avec tous ses équipages, son 
artillerie de fer et quatre canons de bronze. 11 
institua son héritier le roi François P', en amélio- 
rations qu'il avait faites en la terre des Baux, avec 
quatre galères qu'il avait au service de ce prince, 
en quinze esclaves turcs, et en ses meubles. Il avait 
mis, en dépôt, entre les mains des Frères Prêcheurs, 
dix mille écus d'or pour être employés à payer ses 
légats ». 

Il mourut donc à Marseille, étant commandeur de 
Saint- Vincent d'Olargues, le 12 décembre 1527* 
Son père ôt sa mère furent enterrés dans l'église 



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— 207 "" 

de Saint-Trophime d'Arles, dans la nef du côté de 
répître (I). 

3. Honoré de Balbs, neveu du précédent, était 
fils d'Etienne, damoiseau d'Arles, et d'Alix de 
Saint-Martin, mariés par contrat du 7 avril 1497 
(not. Pierre Menhinat). Dès le 7 avril 1507, il était 
destiné par son père dans un premier testament 
(ibid.) à l'Ordre de Malte. En 15 13, il se disposait à 
suivre les volontés de ses parents et le 18 juillet 
(ibid.) il laissait à son frère Pierre tous les droits 
qu'il pouvait avoir sur les biens de son père et de 
sa mère, moyennant une pension annuelle de 
30 florins. C'est le 30 décembre de cette année 
qu'il fut admis. Son père mourut le 1^^ novem- 
bre 1508 et sa mère le 14 juillet 151 1 (Sacristie A, 
f* 235), et furent ensevelis dans l'église de Saint- 
Trophime. Avec les enfants de son frère Pierre 
allait s'éteindre la maison de Balbs. En effet. Ber- 
nardin, l'un d'eux, fut tué par Jean de Quiqueran 
qui avait plus d'un meurtre sur sa conscience, et 
Philise, sa fille, perdit son nom en épousant Nicolas 
d'Aiguières, seigneur de Méjanes (2). 



BIORD 

(D^a^ur^ à trois pals d'or et une Jasce de gueules 
chargé de trois étoiles à six pointes dor). 

On trouve cette famille, à Arles, dès la première 
moitié du xv® siècle où elle s'occupait de l'élevage 



I. Raybaud : Op, cit.y ii, pp. 65-67, 82-84. — Bonnemaat : Op, cit.^ 
verbo Balbs. 

3. Baron da Roure i Op, eit,j pp. 538-5^9* — Bonnetnant t Ihidé 



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— 2o8 — 

des troupeaux. Monet Viord ou Biord est dit ber- 
ger en 1459 ainsi que son fils François, mort avant 
1480 (not. de M. le baron du Roure). Elle compte 
un certain nombre d'hommes de loi (i). Elle fut 
reconnue noble dans les recherches qui furent 
faites en 1668 et 1708. 
Elle a donné à Tordre de Malte : 

1. François de Biord. Il était fils de Pierre de 
Biord, lieutenant de sénéchal, à Arles, et de Cathe- 
rine de Forbin la Barben, -mariés par contrat du 
8 octobre 1581 (not. Esménard, à Pélissane). Il fut 
reçu chevalier le 29 novtmbre 1604. Il devint pro- 
cureur général du Grand-Prieuré. En cette qualité 
il eut à s'occuper des intérêts du Grand-Prieur de 
Forbin, pendant sa dernière maladie, au château 
de Valbonnette, près de Lambesc, en 1661. Son 
père est tristement célèbre par ses cruautés et sa 
tyrannie pendant les troubles de la Ligue. Il fut 
massacré par ses concitoyens le lundi 16 mars 1692. 
« Ainsi mourut misérablement celuy qui avoit si 
longuement affligé tant de gents de bien dans 
Arles ^^ dit Etienne de Chiavari-Cabassole, dans 
ses Mémoires (2). 

2. Honoré de Biord était fils de Palamède et de 
Chrétienne de Castillon, mariés en 1613. Il fut 
reçu chevalier de Malte le 11 décembre 1635. I^ se 
distingua dans les troupes de l'armée royale. Il 
commanda d abord une compagnie d'infanterie sur 
un des vaisseaux français, puis parut dans la cava- 
lerie et fit partie successivement des régiments de 



I. BarcUon de Maavans, dans sa « Critique da Nobiliaire de Pro- 
vence », prétend que cette famille n'a été admise, à Malte, que sur la 
production de titres de docteurs. 

a. [Artefeuil) ; O/, cit,, i, 148. — Baron dû Roure ; Op. cit., p. a6o. 



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Guise, de Turenne et Coulange. Lorsqu'il cessa 
son service, il était capitaine-major de ce dernier 
corps. Il reçut en différentes occasions plusieurs 
blessures. Il mourut dans la ville d'Arles, en 
1670, criblé de dettes. C'est la raison pour laquelle 
Jean-Augustin de Garnier-Rousset, commandeur 
de Nice, receveur au Prieuré de Saint-Gilles, 
renonça le 8 octobre 1672 (not. Combe) au nom de 
rOrdre à la dépouille de ce chevalier, la remettant 
à ses créanciers (i). 

3. François de Biord, neveu du précédent, était 
fils d'autre François, gentilhomme de la Chambre 
du Roi et de Pierrette de Cays, mariés en 1635. Il 
fut reçu chevalier le 26 avril 1658. Son père mourut 
le 14 août 1673 et sa mère le 4 septembre 1678 (2). 

4. Paul-Marie-Fortuné de Biord-Ornaison, qui 
fut reçu chevalier en 1765, était fils d'Henri et 
d'Henriette-Françoise de Roquefeuil (3). 

BOCHE 

(De gueules, à trois voiles d'argent enverguées de 
même et agitées par le vent). 

Cette famille, d'après les meilleurs généalo- 
gistes, entre autres l'abbé Bonnemant (ms. 299), 
est proprement arlésienne. On la trouve, au milieu 
du xiv* siècle, s'occupant d'agriculture. Elle ne 
tarda pas à s'élever, et elle fut assez puissante pour 



I. Bonnemant : Op, ctt,, verbo Biord. — Robert de Briançon : Etat de 
Province^ i, pp. 393-393. 

s. Robert de Briançon : Op, cit., i, pp. 392-393. 

^. Note de M. le baron de Roure. 

t4 



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— 3Î0 — 

s'allier aux plus anciennes maisons d'Arles. Elle a 
occupé, dans cette ville, des fonctions importantes. 
Elle a donné aux Hospitaliers de Saint Jean de 
Jérusalem : 

1. Melchior de Boche, qui était fils de Brémont, 
seigneur de Vers et de Séderon, et d'Honorade 
d'Arcussia. 11 fut reçu Hospitalier en 1484. Deux 
ans après, le 5 août i486 (not. Pierre Menhinat), du 
consentement de sa mère il abandonnait à ses frères 
Jacques, jurisconsulte, Antoine, Simon et Honorât, 
tous les biens qui lui revenaient de son père, sous 
la réserve d'une pension annuelle de 40 florins. Il 
ne fut pas oublié dans sa ville natale et le 21 jan- 
vier 1500, on célébra dans Téglise Saint-Trophime 
un service solennel in quo fuerunt pulsata duo 
classia, pour le repos de son âme (i). 

2. Louis de Boche qui était fils de François et 
de Sibille de Porcelet, mariés par contrat du 
29 août 1633 (not, Claude Guillen, à Beaucaire). 
Son père avait servi longtemps dans l'armée, il fut 
consul de la ville d* Arles, en 1644 et en 1674. Cé- 
tait un homme lettré, il fit partie de TAcadémie 
naissante d'Arles. Louis fut baptisé à la paroisse 
de Notre-Dame la Major, le 18 octobre 1648, et fut 
reçu chevalier de Malte de minorité le 24 juil- 
let 1654. Au chapitre du 3 mai 1655, tenu au 
Grand-Prieuré par les soins de Paul-Albert de 
Forbin-Bonneval, les chevaliers Horace de Blacas 
d'Aups, commandeur de Saint-Christol, et Jean- 
François de Verdelin, receveur de l'Ordre au 
Prieuré de Saint-Gilles, furent nommés commis- 



I. Bonnemant : Op. cit,, verbo Boche. -^Sacristie A, f» 293, ms. des 
Archives communales d* Arles. 



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— âil — 

saires pour faire ses preuves de noblesse. Elles 
furent faites tout aussitôt (i). Il mourut à la fleur 
de l'âge, étant recteur de la Charité d'Arles, le 
6 juin 1671. Nous avons donné (p. 66) des détails 
sur ses vertus et sur ses funérailles. Sa mère, 
femme « très vertueuse et sage :&, était décédée, 
à la suite d'un accident de couches, à l'âge de 
trente-quatre ans, le 10 juin 1652 et fut ensevelie 
dans la chapelle Saint-André appartenant à la 
maison de Boche, à Saint-Trophime. Son père lui 
avait survécu et ne rendit son âme à Dieu que le 
27 février 1677. On a conservé le texte de Tépita- 
taphe consacrée à sa mémoire par l'Académie 
d'Arles {2). 

BOUCHET 

{D'a\ury à un croissant d'argent placé en abîme et 
accolé de trois étoiles d'or). 

Cette famille remonte à Louis Bouchet, bour- 
geois d'Arles, qui obtint des lettres de noblesse en 
1654. Elle a compté plusieurs Conseillers au Parle- 
ment de Provence ; elle a aussi fourni un de ses 
membres à l'Ordre de Malte : 

I. Louis Dominique de Bouchet, baron de 
Faucon. Il était fils de Joseph-Jean-Baptiste et 



t. Le ms, âx^ de la Bibliothèque municipale d'Arles^ intitulé ; A114- 
lectay tum latina, tumgallica, excodicihus manuscriptis Arelatensibus exarata 
cura Laureniii Bonnemanty preshyUri areîatensis^ renferme, au n« 55, trois 
pièces pour la réception de Louis de Boche, dans l'Ordre de Malte, parmi 
lesquelles sont ses preuves de noblesse et la bulle du Grand-Maitre qui 
le fait chevalier. Les premières abondent en documents de tous genres et 
seraient presque suffisantes pour établir une bonne généalogie de cette 
famille. 

3. Baron du Roure : Op, cit,, p. 1097. ^ Rance : V Académie d^ Arles ^ 
au dix -^epiième siècle^ i, pp. 34 et ^83, 



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— aia — 



d'Anne de Castillon, mariés à Arles, le 20 sep- 
tembre 1744. Il naquit à Arles et fut baptisé le 
4 août 1745. Il fut d'abord Conseiller au Parlement 
et reçu le 31 janvier 1765, en remplacement de son 
père. Pendant la Révolution, le 4 novembre 1792, 
il fut admis parmi les chevaliers de Malte. A l'ap- 
proche des mauvais jours, il s'était retiré à Nice 
« où il devint un des agents les plus actifs du 
comte de Provence; longtemps il entretint de 
rétranger des relations suivies avec les contre- 
révolutionnaires arlésiens et le parti de la Chif- 
fone ; revenu en France après le retrait des lois 
contre les émigrés, il étabit à Paris, sa principale 
résidence, mais il demeura toujours arlésien par le 
cœur ; il sut s'y rendre utile à ses concitoyens, et 
ce ne fut jamais en vain que la ville d'Arles fit 
appel à son influence et à son dévouement > (i). 

Lorsqu'il était à Arles, U habitait l'hôtel actuel de 
la sous-préfecture qui appartenait à sa famille. 
Amateur éclairé de l'antiquité, il avait réuni dans 
le vestibule ou la cour de sa maison, quelques spé- 
cimens d'architecture romaine qu'il montrait avec 
bonheur à ses invités. Le célèbre Millin, son ami, 
parle dans son « Voyage dans les départements du 
Midi de la France >, du torse colossal d'Auguste 
qu'il y admira, et qui avait été découvert en creu- 
sant un puits en 1750. Après bien des pérégrina- 
tions, ce beau fragment de sculpture se trouve 
aujourd'hui au Musée lapidaire d'Arles dont il 
constitue le plus bel ornement- Monsieur de Fau- 
con fit les frais de ces fouiUes, ils s'élevèrent à 
près de 400 livres (2). 



• <«, mur le ior« dÀogwte, létud» p«Uîée ptf M. A. VêM, 



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Il mourut à Paris, le 15 octobre 1815. Son père 
était décédé à Arles en 1762 (i). 



BRUNET 

(D'or^ à un lévrier de gueules^ la bordure denticulée 

de sable) 

Cette famille, très ancienne, était originaire de 
la ville d'Arles. Pons Brunet est le premier dont 
on trouve la descendance. Il fit son testament en 
1374. Un de ses descendants, Louis, après avoir été 
d'église (2), épousa (not. Claude Saxi), le 20 avril 
1602, Jeanne de Boche, qui fut mère de deux che- 
valiers de Malte. 

I. Pierre de Brunet, Taîné, fut baptisé à St-Mar- 
tin le 6 mai 1605. Son parrain fut Antoine Perrot, 
vice-sacristain, et sa marraine, Françoise de Bru- 
net, sa tante. Il fut admis au nombre des Hospita- 
liers au chapitre tenu dans la ville d'Arles, au 
mois de mai 1616, et ses parents acquittaient le 16 
juin suivant (not. Simon Véran) entre les mains 
du receveur de l'Ordre, les dépenses pour faire ses 
preuves de noblesse et pour son « passage >, 
comme on disait alors, au rang de chevalier. 



architecte, dans le Bulletin de la Société des Amis du Vieil Arles, octo- 
bre 1903. EUe résume bien l'histoire de ce beau spécimen de sculpture 
romaine. Consulter, en outre^ le n* du Bulletin archéologique d'Arles, 
déjà cité. 

X. Chronologie des cours souveraines de Provence, Edition de la Société 
d^ études provençales, pp. 159-140^ 149. •> Liste manuscrite de chevaliers, 
déjà citée. 

3. Il fut chanoine sacristain de Saint-Trophime du 37 avril 1^98 au a 
mars 1603 mais sans être dans les ordres sacrés. Galua chbishana noyxs- 
sixA : TiAles chronologiques^ col. 14 14. 



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Pierre eut une fin glorieuse. Il fut tué en 1625 dans 
un combat naval contre les Turcs et qui fut funeste 
aux chevaliers de Malte par la faute et la suffi- 
sance du général de Valençay, commandant les 
vaisseaux de TOrdre. Voici comment ce fait se 
produisit : 

« Le général ayant découvert six galères de 
Bizerte près de Saragosse, il les attaqua, quoiqu'il 
manquât de soldats, qui avaient été tués ou blessés 
à l'attaque de Sainte-Maure [dans l'archipel, au 
mois de mai de cette année]. Présumant trop de 
ses forces, il refusa le renfort de l'infanterie espa- 
gnole, que lui avait offert le capitaine d'armes de 
Saragosse. Aussi ce combat lui fut très funeste, car 
les Turcs s'étant trouvés supérieurs en nombre et 
ayant, pardessus cela, l'avantage du vent qui ren- 
dait presque inutile l'artillerie des chrétiens, ils se 
rendirent maîtres de deux galères. Plusieurs che- 
valiers y furent tués ou faits esclaves. Le nombre 
des blessés fut encore plus grand » (i). 

2. Honoré de Brunet, son frère, fut baptisé le 13 
avril 1608, même paroisse. Son parrain fut Honoré 
de Giraud, sa marraine Blanche de Varadier. Il fut 
reçu chevalier en 1620. Il fut héritier de sa mère 
qui laissa pourtant, le 5 octobre 1629 (°ot- François 
Monier), à ses filles, Honorade, Félise et Jeanne 
de Brunet, religieuses de sainte Catherine d'Avi- 
gnon, la jouissance de ses biens, leur vie durant. 
Au moment où elle disposait ainsi de sa fortune, 
par codicille, elle se trouvait au mas de Giraud 
atteinte « du mal contagieux » (2). Le père était 



I. Raybaud : O/. cH,, ii, p. 193. 

9. Voici le curieux cas de substitution fait par Jeanne de Boche, dans 
ce coiicille. Elle veut que si son fils vient à mourir ah intestat, dans ce 



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— 215 — 

mort d'assez bonne heure. Avec lui s'éteignit à 
Arles cette branche de la maison de Brunet (i). 



CASTILLON 

(De gueules^ à trois annelets d'argent^ 2 et i) 

Cette famille est originaire du royaume de 
Naples. Le premier membre que nous trouvions 
établi à Arles est René de Castillon qui fut consul 
en 1481 et 1494. Son fils François, seigneur de Bey- 
nés, épousa le 13 octobre 1506, Marguerite de 
Gérente de Sénas. Elle donna le jour, entre autres 
enfants, à un chevalier de Saint-Jean de Jérusa- 
lem qui est ; 

!• Ardoin de Castillon. Il fut d'abord ecclésias- 
tique et remplaça à Aix, le 12 janvier 1527, comme 
chanoine sacristain, son oncle Louis de Castillon, 
protonotaire apostolique (not. Jean Fauchier). Il 
devint dans la suite hospitalier. Il jouit d'abord de 
la propriété de Saint- Vincent, dépendant de la 
commanderie de Valence, qu'il possédait déjà en 
1534. Le 21 avril de cette année, son père François 
et Robert Albe de Roquemartine, commandeur de 
Trinquetaille afferment, en son nom, cette pro- 
priété à Antoine Geuni commandeur de Palliers 



cas, après la mort de ses filles^ son héritage passe aux monastères de 
Sainte-Claire, des Reclases, de Sainte- Ursule, de la ville d'Arles et de 
Sainte-Catherine d'Avignon, pour l'entretien et la nourriture des reli> 
gieuses. Cet acte présente aussi cett-s particularité qu'il fut c fait et publié 
dans le pré dndit ténement de Gîraud, estant ladite codicillante, à la 
porte dudit mas, et ne voulant signer, attendu le soupçon du mal conta- 
gieux ». 

1. Bonnemant : O/. cit.^ verbo Bmnet. — [Artefeuil] : Op. cit,^ i, p. 
199, — Robert de Briançon ; Op, cit.,ij p. 455* 



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— ai6 — 

(not. Nicolas Albert). En 1549 il avait déjà le gou- 
vernement des galères du comte de Tende, et le 
20 février de cette année mot. Etienne Ambroise) 
il chargeait le capitaine Jean Pausot, écuyer d'Ar- 
les de retirer du Trésor de la Marine les sommes 
dues pour l'entretien des galères : le 16 mars sui- 
vant (ibid), il envoyait Louis Ondrat, son domesti- 
que, dans la région de Beaucaire, Nîmes, Uzès et 
ailleurs pour se faire livrer tous les prisonniers 
condamnés aux galères, afin de les diriger sur les 
vaisseaux du commandeur (i). 

S'il faut en croire les Annales de la ville éCArles^ 
il était commandeur de Saliers en 1549. 11 le fut 
aussi de Sainte-Luce. Le 14 septembre de cette 
même année il fonda à Arles la confrérie des Péni- 
tents gris qui fut établie sous le vocable de la 
vraie Croix. 

Il assista au chapitre de 1552 tenu à Saint-Gilles, 
sous la présidence du Grand-Prieur, Philippe du 
Broc (2). On y donna communication d'une lettre 
du Grand-Maître qui croyait prochain le siège de 
Malte par les Turcs. Il engageait donc les comman- 
deurs à se disposer à prendre les armes, ou bien à 
faire une aumône pour fortifier la ville. Six com- 
mandeurs déclarèrent qu'ils étaient prêts à partir 
quand il le faudrait. Castillon ajouta qu'il en 
demanderait la permission au Roi au service duquel 
il se trouvait (3). 

En récompense de ses services et pour l'indem- 
niser de la perte de trois galères qu'il entretenait à 
ses frais, Henri III lui accorda, par lettres patentes 



X. Bonnemant : Op, cit,, verbo Castillon. 

a. Voir sur ce personnage : Raybaud: O/. cit., n, pp. xoi-107. 

3. Raybaud : Op, eii,f xi, pp. I03-X03, 



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du 17 février 1555 la jouissance pour six ans des 
revenus du greffe des appellations de la ville d'Ar- 
les dont il était originaire (i). 

Le 10 mai 1559, Balthazar de Colans, comman- 
deur de Caignac, receveur au prieuré de Saint- 
Gilles, lui faisait quittance de 10.000 livres. Ce 
payement représentait tout ce qu'Ardoin pouvait 
devoir au Trésor de Malte depuis sa nomination à 
ses deux commanderies jusqu'au 24 juin 1557 (2). 

Il périt l'année suivante. Voici dans quelles cir- 
contances : 

« Frère Ardoin de Castillon, commandeur de 
de Sainte-Lûce et de Saliers, qui avait deux galères 
pour le service du roi, dont l'une était commandée 
par Honoré de Castillon, seigneur de Castellet, 
son frère, eut congé de la cour pour aller à Malte 
avec ses deux galères. Il y arriva au commence- 
ment de cette année, ce qui fit un sensible plaisir 
au grand maître. En effet, il fut d'un grand secours 
à l'Ordre, et surtout par une riche prise qu'il fit 
sur les Turcs. Le grand maître l'envoya à Messine 
le 21 de juin, pour porter l'armement d'une galère 
qu'il y faisait faire. Le premier soir de son départ, 
il s'arrêta au golfe de Bendicari pour y passer la 
nuit ; il fut attaqué à l'improviste par deux galères 
turques, qui entrèrent dans ses galères. Néanmoins 
quoiqu'il eût été surpris, il les repoussa vivement ; 
et même il s'empara d'une de ces galères. Mais il 
reçut dans le combat un coup de mousquet dont il 
mourut, le 30 juin à Syracuse... L'Ordre profita de 
ses deux galères >. (3). 



X. La Lamière : Abrégé chronologique de V Histoire iT Arles ^ P* 345* 
a. Archives départemeatales du Gard : E, Sj^ : Notariat de Saint' 
Gilles, Minutes d'Antoine Giraud. 
5. Rayband : Op, cit., n, p. xi4» 



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— 2l8 — r 



CAYS 



(D'ar^ à un lion da^ur armé, lampassé et couronné 
de gueules) 

La maison de Cays est originaire de Nice. C'est 
une des plus anciennement connues dans la ville 
d'Arles. Jacques de Cays, amiral sous Charles i**" 
d'Anjou, lui a donné son illustration. En 1262 
avec une armée navale il soumit les Génois qu'il 
obligea à prêter serment de fidélité à ce prince. 
Cette famille s'établit dans Arles, dès la fin du 
XIII* siècle. 

Elle a fourni aux Hospitaliers, entre autres sujets : 

1. Bertrand de Cays, fils de l'amiral cité ci-des- 
sus, chevalier de Tordre de Saint- Jean de Jérusa- 
lem, qui était commandeur du Temple ou Sainte- 
Luce en 1340. Il avait amené trois de ses neveux en 
Provence, Jacques, François et Raymond avec 
lesquels il fit un don considérable à l'église de 
Saint-Trophime en action de giâces des victoires 
que Tamiral de Cays avaient remportées (i). 

2. François de Cays, neveu du précédent fut 
aussi chevalier de Saint-Jean de Jérusalem. Il devint 
procureur général de TOrdreen cour de Rome. En 
1346 à l'élection du nouveau Grand-Maître, Adéodat 
de Goson, il lut présent, avec les grands croix et 
les com mandeurs qui étaient à Avignon, à l'audience 
accordée parle pape Clément VI, le 28 juin de cette 
année aux ambassadeurs de l'Ordre. Us venaient 
faire part au Souverain Pontife de la nouveMe 



lArlefeuilJ : O/. «■/., I, p. a^^. 



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élection et lui en demander la confirmation. Le 
Pape qui connaissait depuis longtemps le nouveau 
Grand-Maître approuva fort cette élection (i). 

Il eut charge à plusieurs reprises, de son frère 
Raymond qui suit pour gérer les intérêts de sa 
commanderie, comme nous allons le dire. 

3. Raymond de Cays, frère du précédent. Il fut 
commandeur de Bolbone, au prieuré de Toulouse 
et sénéchal du Grand-Maître. A la mort de frère 
Jourdain Delmas, arrivée le i"' mai 1345, il fut 
pourvu de la commanderie d'Arles (2) appelée 



I. Raybaud : Op, citl, i, pp. 300-301. 

3. Provisio Precept. Templi Ârelat. pro f'« Raymundo Caissi. 

Frater Deodatus de Gosodo Dei gratia Domus hospitalis Sancti Johannls 
lerosolimitani magr homilis et PaQperom Christi custos et nos conveotas 
domus ejusdem générale capitulum célébrantes, religioso in Cbristo nobis 
carissimo fratri Raymundo Cayssi domus ejusdem preceptori arelatensi 
quondam Templi salutem et sinceram in domino cbaritatem. Propter 
proceritatis restre mérita administrationem accomodam qnam in com- 
missis vobis in nostro ordine, sicut testimonio fidedigno accepimushabu* 
istis, illa vobis libenter annuimus que conversatione nostri status con- 
cernere dignoscuntur. Igitur Dajulivam predictam Arel. quondam 
Templi cum grangia daulrebons^ Castello Lansac, grangia de Paulon, et 
grangia de Verneda, et Losalis cum Jordanet, Bernardo, lo Gros fortuna 
e Bonaventura, amblast, Prioratus nostri sancti Œgidii et cum omnibus 
aliis grangiisy juribus, membris et pertinentiis universis et singnlis id eam 
spectantibus et pertinentibus quoquo modo babendam, tcnendam, regeh- 
dam, gubernandam^ augmentandam, et meliorandam in spiritualibos et 
temporalibus tam in capite quam in membris prout eam tenebat etpossi- 
debat quondam fr. Jordanus de Manso snbannna responsione et quarto 
responsionis ac aliis oneribus inipositis et imponendis rationabiliter 
secundum cursum aliarum Bajuliarum Prioratus nostri sancti Œgidii 
supradicti ad vitam vestram, de certa nostra scientia et speciali gratia 
vobis tamquam digno et bene merito et ampliori gratia digniori, auctori- 
tate nostra et nostri presentis generalis capituli confirmamns benefa^ 
ciendo in vcadem, vosque preceptorem et commendatorem iu Predicta 
Bajulia Ârelatis constituimus et etiam ordinamus, committentes vobis 
fiducialiter, circa dicte Bajulîe, membrorumve et pertinentiarum ipsius 
gubernationem et administrationem accommoda m ac bonorum et jurium 
ipsius defensionem et recuperationem tam in agendo quam defendo 
haruni série, vices nostras. Quo circa universis et singulis fratribus, soro- 
ribns et donatis, sub virtute sancte obedientie ac hominibus et vassalis 
et quibusvis aliis nobis subditis in dictis Bajulia et grangiis constitutis 
presentibus et futuris sub sacramento fidelitatis et homagii qno nobis et 



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— 320 — 

aussi du Temple ou mieux Je Sainte-Luce. « Il 
l'avait trouvée en mauvais état, il en fit part à ses 
supérieurs. Le conseil ordonna là-dessus, le 20 
avril 1346, que tous les meubles, vaisselles d'ar- 
gent, bestiaux, rentes et autres effets délaissés par 
Delmas, seraient remis à Cais, pour rétablir sa 
commanderie et payer les dettes, dont elle 
était chargée, quoiqu'ils appartinssent au grand 
Maître, attendu que les dettes, contractées par les 
commandeurs, devaient être payées des effets de 
leurs dépouilles, suivant les usages de TOrdre. On 
accepta seulement les choses qui appartenaient à 
l'état de la commanderie, et qui devaient y 
rester. Et pour se conformer aux statuts, fait au 
dernier chapitre général, qui avait retenu au pro- 
fit du Trésor deux années des revenus, qui appar- 
tenaient au grand prieur ; que celle qui courait 
et qui devait finir à la fête de saint Jeàn-Baptiste la 
prochaine était la seconde, et qu'elle appartenait 



aostrc domai sont astricti, precipimas et maadJmas nt Tobis tamqvam 
•oraoi soperiori, preceptori» et majori rereieater paieant, obediant et 
iotendaot, Tobisqne soiim prebeaot consUinm et fMwonm in omaibas 
concernentibas atilitateoi dicte Bajolie, qooties opas faerit et eos daze- 
ritù rcqaireados ; aecaoa aairersis et dagalis fratrîbas domaa aostie, 
qaacomqae aactoritate, digaitate Tel officie falgeatibas, prascatibas et 
futoris ae coatra preseatem aostram coafinaatioaem et gratiaaa alîqaa 
teaas Tenire presumaat ; qaiaiaio iilam jazta ^as coatiaeatîaaa et 
teaoren stodeant iaTiolabtUter obserrare. iabibeates Tobis itnctiàs sab 
dicta Tirtate saacte obedieatie, ae prétexta coafinutîoais et gratîe 
BostK haiasmodi. aliqoa de boais rebas et jaribas awaMiaie Baja- 
lie Tendjtis, oMigetis, inpigaoïetis. distnhatis, alîeaetîs» p efaa ateti s, 
aea ia Emphiteotim perpétua a, coaccdatis^ Tel qaocaaH|ae alîa oolofe 
qsento extra aostram religioaeoB tnasfentîs, stae aostia speriali lîcca- 
ttt «t naaadato» et à. qaod abat, coatra iabibitiaaei maaânm bajas- 
modi alK^aîd tcI a):qaa operari Tel facere tw coatiagat, îUad cC îlla 
«X acac pncKit ex txiac cassanos. aaavlaaaa, ac deocraiaias îrita» et 
ia^ae, asll-ss^ne existera peaxtas eilîcacàe Tel Talom. la cajas tct taiti- 
ttv^a:ca. BalU aostra c»aaaais pîaatbca preaeatibas cat appcBsa. Data 
]tv>di d;I^A=^e pnscnpt» aostra Geaerali capttala dîe X mcasis JaaaanI 
aaa« Iscanutioais 4»a::ri « coc xlti. U fiae 11^1 ni ^Mt. Ptes 
tvNleU; . Afc^T>es de M, k baïaa da ftaaia. 



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— S3I — 

au Trésor ; et que depuis le même jour de saint 
Jean, à Tavenir les revenus appartiendraient à 
Cais. On expédia le même jour, un ordre au 
prieur de Capoue pour faire exécuter ce dé- 
cret ;>(i). 

Le 17 mai 1353, son frère François, dont il est 
question plus haut, afferme les salines de Vernetes 
qui dépendaient de la commanderie de Raymond 
de Câys (not. Pons Rodelli). Le 26 mai suivant 
notre commandeur étant à Avignon, passe procu. 
ration à ses frères, Jacques, licencié en droit, à 
François, religieux du même Ordre, et à Raymond 
de Plainchamp, commandeur de Trinquetaille 
pour qu'ils gèrent sa commanderie de Sainte-Luce 
(not. Odon Benoît). 

Le 19 octobre 1360, il était chargé d'une mission 
de choix et recevait comme confrère, Aimar de 
Lirrano, damoiseau (not. Pons Rodelli) (2). 

4. Lucien de Cays, était fils de Louis, citoyen de 
la ville de Nice et de Jeanne de Castellane d'Aluis. 
Il fut reçu chevalier vers Tan 1530. Il devint com- 
mandeur de Douzains. En 1364 il assista à une réu- 
nion d'hospitaliers qui se tint à Avignon le jour 
de saint Jean-Baptiste. Il fut élu de concert avec 
deux autres commandeurs, Balthasar de Vinti- 
mille-OUioules, de Marseille, et François de More- 
ton-Chabrillan, du Burgaut, pour Tun d'eux se 
rendre au Chapitre général qui devait bientôt avoir 
lieu. L'année suivante, il était à Malte pour com- 
battre les Turcs (3). 

5 . Anselme de Cays était fils de Jean-François, 



I. Ratbaud : Op. cit.\ i, pp. 297-^98. 
s. BommiAiiT : O/. «//., verbo Cays. 
3. Rajbattd : Op^ cit., 11, pp. U4-ia^. 



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chevalier de l'Ordre de Saint-Maurice et de Saint- 
Lazare et d'Hortense Doria. Il fut reçu Chevalier 
de Malte le 8 janvier 1639. Il ^^^i^ Commandeur 
d'Argenteins, lorsqu'il fut choisi pour bailli de 
Manosque le 25 novembre 1705. Il succédait, dans 
cette charge, à Joseph-Thomas de Merles-Beau- 
champ. Il mourut le 17 juin 1710, à l'âge de quatre- 
vingt-six ans. Il fut inhumé dans l'église de Malte, 
dans une chapelle sans autel servant de passage, 
voulant être foulé aux pieds par les passants. Un 
de ses neveux, Amédée de Cays, fit graver sur la 
pierre de son tombeau, préparé de son vivant, 
répitaphe suivante : 

QUICUNQUE CALCAS IGKOTOS CINERES 

MEMORIAM VENERARE 

FR. ANSELMI DE CAIJS NICIENSIS 

BAÏULIVI MANOASCŒ QUI IN LIMINE HUJUS 

TEMPLI VOLUIT HUMARI, UT OMNIUM 

PEDIBUR CALCARETUR 

DESTINATO, DUM VIVERET, MARMORE 

PRO MONUMENTO, SINE NOMINE, SINE STEMMATE 

QUANTO IN EO ELUXERINT 

VIRTUTUM DECORA, HABES AB HOC UNO 

HUMILITATIS ARGUMENTO, SI POTIORA QUŒRIS . 

FAMAM CONSULE, CUI SILENTIUM AB IPSO INDICTUM 

NON OBSTAT, OBIJT 17, lUNIJ 171O, ŒTATIS 86 

NE TANTA VIRTUS IPSO CUM CINERE FUNERETUR 

FR. AMADEUS DE CAIJS COMM. CAVALLERIΠ

LAPIDEM HUNC POSUIT, NON AD PATRUI lUSSA CONTERENDA 

SED AD POSTERORUM DOCUMENTUM. 

QUI ME CALCAS 

CALCABBRIS 

ET TU 

ID coorTA 

ET 
ORA PRO MB (I). 



I. Raybaud i O/. cit.^ pp. 945-046. — Mas-Lastrie (de) : O/. ri/., a» 69. 



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6 et 7. Joseph et Pierre de Cays, frères, étaient 
fils de Joseph, gouverneur des Saintes-Mariés de 
la Mer et de Françoise de Castillon, mariés le 
14 avril 1650. Leur père fut consul d'Arles, en 
1667, et en 1678 il faisait partie de TAssemblée 
communale. En 1660, lors du passage de Louis XIV 
dans la ville d'Arles, il donna l'hospitalité au duc 
d'Anjou, dans son hôtel, situé au haut de la rue de 
la Calade, en face du théâtre romain. Membre de 
l'Académie d'Arles, il était excellent latiniste. Ses 
fils turent reçus chevaliers de Malte, Joseph le 
23 mai 1666, et Pierre le 26 juin 1670. Ils firent 
preuve de trente-deux quartiers de noblesse : 
seize du côté paternel et seize du côté maternel 
dans lesquels se trouvent les familles les plus qua- 
lifiées de Provence. Joseph, dont nous avons déjà 
parlé et raconté les belles actions, pp. 109110 de- 
vint Commandeurdela Vernède le i" mai 1714, puis 
de Condat, peu après. Il assistait régulièrement 
aux réunions des Chevaliers dans la ville d'Arles 
où il s'était retiré. Au chapitre du i" mai 1707, il 
fut choisi avec un autre arlésien, Charles, d'Aiguiè- 
res, pour aller visiter les chaussées de Saliers, dont 
était Commandeur César de Villeneuve-Thorenc, 
pour lors absent. Ils avaient ordre, s'ils ne les trou- 
vaient pas en bon état de les faire réparer et même 
d'avancer les dépenses. Une inondation avaiteu lieu 
l'année précédente ; les digues du Mas de la Vigne, 
membre de la Commanderie, s'étaient rompues et 
les eaux du Rhône avaient envahi Al baron. Joseph 
mourut, à Arles, le 13 juillet 1732, dans l'hôtel de 
son père, qui y était décédé lui-même le 18 octo- 
bre 1690, à Tâge de soixante-huit ans (i). 

X. Rance : Op, cif,, i, pp. 18-20 4 — Archives des Bouches-da-Rhdne I 
Ordre de Malte* Chapitrts (i Assemblées (t^oi^xys^), vol. xvjii. 



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— 334 — 

CHATEAUNEUF-MOLLÉGÈS 

(D'azur, à un château et argent terrassé de même^ 
fermé et maçonné de sable^ flanqué à dextre dune 
grosse tour carrée aussi d^argent). 

Cette famille est aussi une des plus connues de 
la ville d'Arles. 
Elle a fourni aux Hospitaliers : 

1. Guillaume de Châteauneuf, fils de Jean, 
seigneur de Mollégès, viguier d'Arles en 1489 (i). 

2. Jean de Châteauneuf qui était fils d'autre Jean, 
seigneur de MoUégès, viguier d'Arles, et d'Antoi- 
nette de Boyc. Il fut reçu Chevalier le 27 novem- 
bre 1551. Peu de temps avant cette date, le 31 juil- 
let de la même année, Trophime de Châteauneuf, 
agissant au nom de son père, avait versé, entre 
les mains de François de Panisse, Commandeur de 
Bordères, receveur de l'Ordre de Malte, la somme 
de 150 écus d'or pour le « passage >ou réception de 
son frère (not. Jean de Rodez). Il devint Comman- 
deur de Saint-Christol. Il se trouva au nombre des 
chevaliers du Prieuré de Saint-Gilles présents à 
Malte en 1565, pour combattre l'armée musulmane, 
forte de cent mille hommes, commandés par le 
sultan Soliman, et vendit chèrement sa vie. 

« Les Turcs commencèrent par l'attaque du fort 
Saint-Edme qui était à l'entrée du port qui était fort 
étroit. Ils le battirent avec toute leur artillerie, et 
-incommodèrent si fort les assiégés par des attaques 
continuelles qu'ils étaient obligés de manger et de 



1. Robert de Briançon : O/. cU,^ 1, pp. 5to-5tt. 



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— aaj — 

dormir dans leur poste. Ils donnèrent un assaut 
général le i6 de juin et un autre cinq jours après, où 
ils furent repoussés toujours. Mais les chevaliers 
n'ayant pu recevoir des secours, et ceux qui res- 
taient en vie étaient presque tous blessés ou acca- 
blés de veilles et de fatigues. Ils soutinrent un 
troisième assaut, qui fut donné le jour de Saint- 
Jean. Ils se firent tous tuer sur la brèche. Il mourut 
dans ce fort cent dix personnes de Fhabit » parmi 
lesquelles notre commandeur. Mais la vigoureuse 
résistance des assiégés les sauva. Les Turcs, voyant 
cette intrépidité, ne tardèrent pas à se retirer (i). 

3. Scipion de Châteauneuf-Mollégès, neveu du 
précédent, était fils de Laurent et de Françoise 
Emenjaud. Il fut reçu en 1569. Une procuration du 
15 mars 1595 (not. Claude Saxi) nous apprend qu'à 
cette date il était déjà Commandeur de Caubins. Le 
23 octobre 1602 (not. Jean Loys) il fut mis en pos- 
session de la Commanderie de Jalès, en vertu des 
lettres du Grand-Maître du 28 juillet précédent. 
Il succédait à Antoine de la Lande qui venait de 
mourir (2). 

4. Jean-François de Châteauneuf-Mollégès était 
frère du précédent. 11 fut reçu en 1583 dans l'Ordre 
et fit même profession. Néanmoins, il quitta le^ 
Hospitaliers pour épouser (contrat du 17 avril 1595), 
not. Claude Saxy) Laudune de Porcelet, fille 
de Jacques et de Delphine d*Albe, veuve en 
premières noces de Nicolas de la Rivière, chef 
du parti catholique, tué à Arles, étant consul, 
le 13 mars 1592, dans une échauffourée, à la porte 



t. Rajrbaud : Op. cit,, ii, pp. 134-133,135. 

ft. Bonnemant : Op, ctt,, rerbo Châteaunenf de Mollégès. 



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— aaé — 

de la Cavalerie ; en secondes noces, de Nicolas la 
Touche, commandant et gouverneur du château 
d'Albaron, chef du parti ligueur, pendu de la main 
du bourreau, le 12 mars 1594, quelques jours après 
son mariage. « Il fallut de longues procédures pour 
régulariser cette union ; un arrêt du Parlement, 
du 12 décembre 1602, rendu sur le vu d'une bulle 
du Grand-Maître, releva Châteauneuf de ses vœux 
et déclara ses enfants légitimes. Laudune fut ense- 
velie à Salon, le 25 septembre 1620 > (i). 

5. Jacques de Châteauneuf-Mollégès était fils de 
Trophime, consul d*Arles, et de Pierrette d'Autric, 
mariés en 1574. Il fut reçu chevalier, à Arles, le 
18 mai 1595- En 1614, il ne possédait encore aucune 
Commanderie. En effet, d'après un accord conclu 
le 23 septembre de cette année (not. Simon Véran), 
François, son frère, à cause de certain retard à lui 
payer la part d'héritage qui lui venait de leur 
défunt père, s'engage à lui faire une pension 
annuelle de 160 écus d'or d'Espagne tant qu'il ne 
sera pas pourvu d'une Commanderie. Il résidait 
habituellement à Arles, Le 23 juillet 1608 (notaire 
Malespine) il assistait au contrat de mariage de sa 
sœur Anne qui épousait François Constantin, doc- 
teui: en droit. Le 18 janvier 1627 il fut parrain à la 
paroisse Saint-Julien de Jacques de Chiavari, fils 
de Robert et de Madeleine de Constantin. On. le 
trouve Commandeur de Caignac, de 1629 à 1634, 
vers la fin de 1633, il était, de plus, procureur de 
son Ordre, au Prieuré de Saint-Gilles, à la mort de 
François de Crote-la-Ménardie. En dernier lieu, il 
fut Commandeur d'Avignon. Avancé en âge, il 



s. Bonnemant : Ihid, -— Baron du Roitre : O/. cU.^ pp. iisS-xti^. 



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— 237 — 

présida plusieurs fois les réunions des Chevaliers 
au Grand-Prieuré, notamment en 1637, 1641, 1642. 
Ce furent les dernières années de son existence (i). 

6. André de Châteauneuf-Mollégès était fils de 
François, capitaine, puis consul de la ville d'Arles 
et de Louise de Porcelet, mariés par contrat du 
19 janvier 1614 (not. Simon Véran). Il fut reçu 
Chevalier le 7 décembre 1637. Sa mère fut inhumée 
dans la chapelle et la sépulture des Châteauneuf- 
Mollégès, aux Minimes d'Arles (Saint-Honorat), le 
3 janvier 1625. Son père était mort à cette date (2). 



CHIAVARY 

{Ecartelé i et 4 : d'or à deux colonnes de gueules ; 
2 et 3 : d'or à un lion couronné de sable lampasse 
et armé de gueules). 

Cette ancienne famille arlésienne est originaire 
de Gênes, d'après l'opinion la plus reçue. On la 
trouve établie, à Arles, vers la fin du xv® siècle. 
Elle n'a compté des chevaliers qu'au xvn*' et au 
xviii' siècles. 

Ce sont : 

I. Jacques de Chiavari-Montredon, fils d'Etienne 
et de Jeanne de Cavaillon de Cabassole, mariés 
par contrat du 16 juillet 1600 (not. Blanc). Il naquit 
dans l'hôtel encore occupé aujourd'hui par l'ho- 
norable marquis Henri de Chiavary, dernier repré- 



U Râyband \ Op» cii,, ii^ p. 199. ^ Baron du Roure : Op, cit,, 
p. 170, 57a. 

s. Robert de Briaoçon ; Op. cii.^ 1, pp. çio-)ii. — If livre de 
Saint'HoHorat, ms. en notre possession* 



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— aâ8 — 

sentant de la famille, et fut baptisé à Saint-Julien, 
le 21 septembre 1608. Il devint Chevalier de Malte, 
le 17 novembre 1625. Après sa profession et de 
nombreux services rendus à TOrdre il fut nommé, 
par ancienneté, Commandeur de Cavales par bulle 
du Grand-Maître du 25 juillet 1661. Cette Com- 
manderie venait d'être nouvellement créée et 
notre chevalier en fut le premier commandeur. La 
Langue de Provence avait délibéré, en 1654, de 
détacher, à la première vacance du Prieuré de 
Saint-Gilles, pour 9000 livres de rente de propriétés 
foncières, afin d'en former deux Commanderies 
de 4500 livres chacune. Deux commissaires furent 
nommés, à cet effet, par le conseil de l'Ordre en 1 656 ; 
ce furent Jacques de Castellane-Montméjean, Com- 
mandeur de Puimoisson, et Jean-François de Ver- 
delin, Commandeur de Saint-Jean de Barrante. 
Ils détachèrent les métairies de Petite Argence 
et Cavales suivant rapport du 10 mai 1656. Ce fu- 
rent les deux nouvelles commanderies. Les premiè- 
res nominations eurent lieu à la mort du Grand- 
Prieur de Forbin, arrivée en 1661. A partir de cette 
date, on le voit régulièrement à Arles ainsi qu en 
font foi les registres des délibérations du Grand- 
Prieuré. Le 25 avril 1671, il assistait au contrat de 
mariage d'Esprit de Chiavary, son neveu, et de 
Catherine de Verdier, Par bulles du 16 février 1673 
il fut nommé commandeur d'Argenteins. Son père 
mourut le 12 janvier 1624. C'était un esprit cultivé. 
Il a laissé d'intéressants mémoires sur les troubles 
de la Ligue publiés dans le Musée^Qn 1878 (i). 



•I. Raybaud : Op. cit,, ii, pp. aao-ûai, 425. — Baron du Route : Les 
Meyran et leurs alliauces, pp. 563-564. — Baron du Roure : Inventaire 
analytique de titres et documents originaux tirés des Archives du châ- 
teau de Barbegal, n* 580. 



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2. Etienne de Chiavari, neveu du précédent, 
était fils de Claude de Chiavari-Cabassole et de 
Pierrette de Giraud, mariés par contrat du 7 Jan- 
vier 1626 (not. Blanc). Il fut baptisé à Saint-Julien 
le 29 septembre i63i. .11 fut reçu chevalier de Malte 
en 1646. Il ne resta pas dans TOrdre, se fit jésuite, 
et mourut à Arles le 29 septembre 1707. Son père 
était décédé le 10 juillet 1669, et sa mère le 7 sep- 
tembre suivant (Saint-Julien) (i). 

3. Pierre-Jean-Baptiste-Joseph de Chiavari-Ca- 
bassole était fils de Charles et de Catherine de l'Es- 
tang-Parade, mariés par contrat du 19 janvier 1756 
(not. Mathieu Beuf). 11 lut baptisé à Saint-Julien 
le 23 juin 1769, et fut reçu chevalier de Malte le 29 
août 1782, mais les graves événements de la Révo- 
lution l'obligèrent à quitter l'état religieux et à 
rentrer dans le monde. Il se maria à Arles, le 30 
mars 1799 avec Thérèse-Marie-Gabrielle Eymin qui 
lui donna huit enfants. Pierre mourut à Arles le 16 
septembre 1813, et sa veuve le 7 février 1841. La 
mère de Tancien chevalier était morte le 30 août 
1771 et avait été enterrée dans la belle église des 
Dominicains (2). 

CROSE-LINCEL 

(Ua\ur^ à trois pals d'or surmontés (ï une trangle de 
même et trois étoiles aussi d'or rangées en chef) 

Cette famille, issue de cultivateurs, était établie 
à Trets au xv* siècle. Moins de cent ans après elle 



X. Baron da Ronre: Les Meyran et leurs alliances, pp. $64-565, 
a. Id. Ihid, p. 567.568. 



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jouissait des privilèges accordés à la noblesse. 
Parmi les chevaliers de Malte qu'elle compte, un 
seul, croyons-nous, est né à Arles, mais les autres 
ont eu beaucoup de rapport avec cette ville. 

1. Antoine-François de Crose-Lincel était fils de 
Marc-Antoine de Crose, seigneur de Lincel et de 
Saint-Paul, conseiller à la Cour des comptes d'Aix 
et de Marguerite de Suffren. Il fut baptisé à Aîx 
paroisse de la Madeleine, le 15 février 1651. 11 fut 
reçu chevalier de Malte le 15 septembre 1664. 11 fut 
parrain à Aix, même église, le 7 août 1672 de 
Blanche de Crose, fille de son. frère aîné Jean- Bap- 
tiste qui avait épousé à Arles, à la paroisse Sainte- 
Anne le 19 novembre 1669, Madeleine de Forbin. 
Sa filleule mourut en bas-âge. 11 obtint la comman- 
derie d'Arcins, il en jouissait de 1718 à 1720, puis 
eut celle de Saint-Christol. Le bailli de Manosque, 
Jean-Augustin de Grille étant mort à Arles le 10 
janvier 1731, on jeta les yeux sur le commandeur 
de Lincel pour le remplacer. Il fut élevé le 5 avril 
suivant à cette haute charge. 11 n'en jouit pas long- 
temps et mourut à Aix bientôt après. Il fut ense- 
veli dans l'église Saint-Jean de Malte de cette 
ville, le 16 décembre 1731. Son père était décédé à 
Paris le 10 septembre 1667, et avait été inhumé à 
Saint-Roch (i). 

2. Joseph de Crose-Lincel, frère du précédent fut 
baptisé à Aix, même église, le 14 octobre 1653, et 
tut reçu chevalier le 6 octobre 1668. 

3. Jean-François, frère du précédent, fut baptisé 



I. Raybaud: O/. cU,, p. 356. — Baron du Ronre: Op, cit., p. 174. — 
Bibliothèque Méjanes. — Manuscrits iirénéaîogiques tirés des Actes de 
V état-civil d'Aix, par Clapiers, au mot Crose si obligeamment consulté 
pour ce travail par Monsieur NicoUet, professeur au lycée Mignet. 



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— ù)l — 

à la Madeleine d'Aix, le 9 octobre 1657. Il fut reçu 
chevalier de Malte vers 1680. 

4. Antoine-François II de Crose-Lincel, petit- 
neveu des précédents, était fils de Joseph-Alexis 
de Crose Perroneti, seigneur de Lincel et de Saint- 
Paul et de Madeleine Perrier mariés à Arles, 
paroisse Saint-Laurent, le 4 mai 1710. Son père 
était un homme cultivé. Il possédait une biblio- 
thèque riche et variée. On y remarquait un 
certain nombre de livres fort bien reliés. 11 avait 
aussi une collection d'antiquités romaines qui 
n'était pas sans mérite. Il naquit à Arles le 8 août 
1729, fut tenu sur les fonts baptismaux le lende- 
main par son grand oncle, le commandeur. Il fut 
reçu chevalier le 20 août 1741. En 1784, nous le 
trouvons commandeur de Nice. Son père était mort 
à Arles (Notre-Dame la Principale ou Sainte-Anne) 
et avait été enseveli le 15 décembre 1750, et sa 
mère y décéda pareillement et fut inhumée dans 
réglise Sainte-Croix le 5 novembre 1761 (i). 



ESTANG-PARADE 

(D*or à un lion cTa^ur armé et lampassé de gueules) 

Cette famille est une des plus anciennes de la 
ville d'Arles. Il en est question dans les documents 
écrits, dès le onzième siècle. Elle existe encore, 
mais ses représentants n'habitent plus Arles depuis 
la fin du xviii* siècle. Elle a fourni un grand 



I. Baron du Roure : Op. cit., pp. 174-175, — Chronologie des cours 
souveraines de Provence, pp. 237, 343. — E. Perrier : Les Bibliophiles 
arlésiens, p. x6« 



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nombre de chevaliers à l'Ordre des Hospitaliers de 
Saint-Jean de Jérusalem. En voici rénumération: 

1. Guillaume de l'Estang-Parade qui était fils de 
Jean et d'Honorée de Porcelet. Il naquit vers 1495. 
Il fut héritier de son père qui mourut le 2 décem- 
bre 1501 et fut enseveli aux Cordeliers d'Arles, et 
aussi de sa mère qui testa le 20 juillet 1499 (P. 
Barbier, not.) et mourut dix ans après à Arles (Sa- 
cristie A,f° 222). Avant de se faire recevoir hospita- 
lier, et le 1 7 j uin 1 5 1 1 (not. Pierre Bruni) il disposa 
de ses biens en faveur de Guillaume Parade, 
archidiacre de TEglise d'Arles, son oncle, de Jean 
Parade, chanoine de la même église et de Boniface 
Parade ses cousins germains ; se réservant toutefois 
une pension annuelle de 40 florins jusqu'à ce qu'il 
fut pourvu d'une commanderie. 11 put être agrégé à 
rOrdre en vertu des lettres patentes du Grand- 
Maitre, données à Rhodes le 10 octobre 1510, et 
le 10 août de l'année suivante (même notaire) ses 
héritiers donnaient 300 livres à l'Ordre pour son 
« passage ». Il fut dans la suite commandeur de 
Bordères. 11 était mort en 1546 (i). 

2. Gaucher de l'Estang-Parade était fils d'Ho- 
noré et de Pierrette des Martins, mariés le 11 
décembre 1536. Il fut reçu chevalier en 1554 et 
mourut à Malte l'année suivante. Son père était un 
homme instruit. Il est auteur du livre : Des ancien- 
netés de la ville d'Arles et de T ancienneté de la 
noblesse des gentilhommes de la dicte ville. Il 
occupa des charges municipales et fut en relation 
avec la Cour. Il mourut en octobre 1578 et fut en- 



z. Bibliothèque municipale d'Arles. Ms. 304 : c Discours généalogique 
de la maison de Lestang » avec notes de l'abbé Bonnemant. 



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— 533 ~ 

terré dans l'église des Cordeliers, sépulture de sa 
famille. 

3. Loui8 de l'Estang-Parade devait être frère du 
précédent. Il fut reçu chevalier en 1563. 

4. Pierre-Joseph de l'Estang-Parade était fils de 
Jacques et d'Isabeau de Sade d'Eyguières, mariés 
le i^'mars 1638 (not. Gaspard Brunet). Il fut reçu 
chevalier le 23 janvier 1670. Nous avons parlé plus 
haut, p. 91, de ce chevalier à l'occasion de sa mort 
qui arriva le 15 octobre 1709. Ajoutons seulement 
que son père était un homme lettré et qu'il est 
l'auteur de Mémoires sur les affaires de son temps, 
parus pour la première fois en 1875, ^^^^ 1^ revue 
arlésienne, Le Musée ^ P- 97 et suivantes, et d'un Dis- 
cours généalogique de sa famille, imprimé à Aix en 
1655. Il testa le 9 avril 1678 et mourut peu à près 
laissant sa fortune à son fils Pierre-Joseph. 

5. Guillaume Joseph-François-Gabriel de l'Es- 
tang-Parade, le plus célèbre des chevaliers de 
cette famille, était fils de Jacques-Joseph conseiller 
en 1698, puis doyen en 1748, du Parlement d'Aix, 
et d'Elisabeth Albert du Chaîne mariés le 27 
février 1699 (not. Vincent Reynaud, à Aix). Il naquit 
à Aix le 14 janvier 1715 et fut baptisé à la Made- 
leine de cette ville. Il fut reçu chevalier de mino- 
rité le 17 octobre suivant. Il fit profession dans 
l'église Saint-Jean de Malte de sa ville natale le 16 
octobre 1756. Après avoir servi dans la marine 
royale comme officier, il se vit attribuer diverses 
commanderies, puis fut élu Grand-Prieur en 1783. 
Il mourut le 15 août 1786, ainsi que nous Tavons 
déjà dit p. 161. Son père était décédé à Aix et avait 
été enseveli aux Dominicains le 16 juillet 1751. 

6. Antoine de l'Estang-Parade, frère du précé- 



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— ^34 — 

dent» naquit à Aix le 26 avril 1716 et fut baptisé le 
même jour en l'église Sainte-Marie-Madeleine. Il 
fut reçu chevalier le 30 avril 1728. Il devint ensei- 
gne de vaisseau et fut tué à la fleur de Tâge^ le 11 
février i74Sdansun combat livré par le Magna- 
nime contre deux vaisseaux anglais. 

7. Jacques-Joseph de l'Estang-Parade était fils 
d'Antoine-Joseph qui fut premier Consul d'Arles, 
et d'Elisabeth d'Aimini, de Tarascon. 11 naquit à 
Arles le 26 mars 1731 et fut reçu chevalier le 21 
mai 1759. 11 fit profession. 11 n'avait ni figure, ni 
esprit, dit Bonnemant, toujours enclin à dénigrer 
ses contemporains. Son père mourut à Arles le 23 
août 1771 et fut enseveli dans l'église des Augus- 
tins ainsi que sa mère, décédée le 29 mai 1775. 

8. Antoine de l'Estang-Parade, frère du précé- 
dent, fut reçu chevalier de minorité et mourut à 
dix ans. 

9. Gaspard-Joseph de l'Estang-Parade, frère des 
précédents, naquit le 9 mars 1747 et fut reçu che- 
valier de minorité le 12 mars 1750. 11 fit profession 
dans réglise Saint-Jean d'Arles le 5 juin 1786, com- 
me nous l'avons déjà dit, p. 159. Il fut nommé 
garde de la marine à Toulon en 1765, et plus tard, 
devint titulaire de la commanderie de Grésans. Il 
parvint jusqu'au grade de capitaine de vaisseau 
qu'il occupait encore en 1792. 

^<: Deux lettres du commandeuï de l'Estang-Para- 
de qui figurent à son dossier au ministère de la 
marine, rendent bien compte des difficultés que 
l'indiscipline des équipages présentait, dès J79oà 
l'exercice du commandement. On y voit également 
combien elle était nuisible aux intérêts du pays. » 

Il écrit de Smyrne au ministre, le 14 juin 1790 et 



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POHTHAIT DE MKLCIIIOK 1)K L ESTANG-PARADE 

\ncicn (Micvalier de Malte 

Peint pai son fils, Jcan-Josoph-Alcxanvlre, dernier chevalier de Malte de ce nom 



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— 33^ — 

le 30 août suivant et lui rend compte d'une insur- 
rection arrivée sur la corvette la Flèche et de son 
arrivée précipitée à Toulon par crainte d'une nou- 
velle révolte. 

« On voit d'ici l'honnête commandant de la Flè- 
che partagé entre ses devoirs, sa responsabilité, l'in- 
térêt du pays et, en même temps, la crainte d'être 
amené, en sévissant, à tout compromettre. > 

c Chassé enfin de la marine et de la France par 
l'indiscipline des équipages alors poussée à ses der- 
nières limites, le commandeur de Lestang-Parade 
(c'est ainsi qu'il écrit son nom) vint reprendre son 
poste dans l'Ordre de Malte. Il n'y resta pas long- 
temps tranquille. Le commandeur de Grésans n'eut 
plus alors d'autres ressources que le mince secours 
accordé, par la capitulation, aux chevaliers dépos- 
sédés, et ce secours même lui manqua bientôt au 
milieu des désordres financiers de l'époque. Ce ne 
fut qu'en 1816 qu'il obtint le payement régulier de 
sa pension de retraite, comme capitaine de vais- 
seau >(i). 

10. Joseph-Melchior de l'Estang-Parade, frère 
des précédents, dont nous reproduisons le portrait, 
naquit le 21 avril 1737 et fut reçu chevalier le 12 
avril 1739. Engagé au service de la France, il fut 
nommé en juillet 1751, page de la petite écurie. Il 
fut ensuite maréchal de logis dans la compagnie de 
grenadiers à cheval de la maison du roi ; on le trouve 
enfin dans le régiment de Rohan infanterie. Il 
quitta l'Ordre et épousa, à Aix, le 19 Janvier 1762 



I. (C. B. Godefroy, sous-directear aa miDistère de la marine en re- 
traite). Etude sur une famille de Provence, Les de Pistant-Parade. Paris, 
1883, iD-8% 73 pages. Ouvrage composé en majeure partie avec les notes 
généalogiques ajoutées par Bonnemant au Discours sur cette famille, 
imprimé en 1653. 



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Elisabeth-Pierrette de Ricard de Breganson, fille de 
Louis-Hercule de Ricard, marquis de Breganson et 
de Joyeuse-Garde, et de Marie de Vervins, baron- 
ne de Bedoin. Elle lui donna quatre garçons ettrois 
filles. Parvenu au grade de lieutenant, contraire- 
ment à la volonté de son père mais dans le but 
d'être agréable à son épouse, il se retira en 1767. 
En 1764 il avait été reconnu marquis. Il resta en 
France pendant la Révolution. II mourut le 4 jan- 
vier 1813. 

11. Joseph-Guillaume-Hercule de l'Estang- Pa- 
rade, fils du précédent, naquit à Aix le 17 mai 
1767 et fut reçu chevalier de minorité le 13 sep- 
tembre suivant. 11 fut garde de la marine et décéda 
à Cadix, le 4 février 1783, à bord de la Sardine, sur 
laquelle il était embarqué. 

12. Jean-Joseph-Alexandre de l'Estang-Parade, 

frère du précédent, naquit le 21 février 1769 et fut 
reçu chevalier de minorité le 11 octobre 1770. Il 
s'occupa de peinture et fit un remarquable portrait 
de son père, gravé en 1813 par Marins Reinaud. 
C'est une eau-forte assez finement exécutée. Pen- 
dant la Révolution il s'était réfugié à Malte avec 
son frère Melchior qui suit, auprès de leur oncle, 
le commandeur de Grésans. 'Sa mère qui était 
avec son père dans une propriété située dans les 
montagnes de Provence où ils vivaient de priva- 
tion, lui écrivait vers 1798 : 

« Je réponds un mot, mon cher enfant, à ta petite 
lettre du 20 mars. J'espère que cette lettre ne te 
donnera pas de la tristesse, puisque je peux te 
donner l'espérance que dans un mois, au plus tard, 
ton père t'écrira que votre exil est fini et que vous 
pourrez prendre un arrangement pour venir nous 



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— ^37 - 

trouver. 11 fécrira alors tous les détails qui seront 
nécessaires pour vous faire quitter votre rocher. 
Nous nous occupons bien souvent dans la journée 
du bonheur que nous aurons d'être réunis ; nous te 
serrons bien tendrement dans nos bras et ces mo- 
ments heureux nous feront oublier une partie de 
nos malheurs. Nous nous dirons : C'est pour eux 
que nous avons souffert et nous leur avons con- 
servé du moins un morceau de pain. Etant sages, 
ils n'auront besoin de personne et ils auront tou- 
jours rhonnête nécessaire. C'est la plus douce 
satisfaction pour un père et une mère qui vous 
aiment aussi tendrement que nous le faisons. 

« Garde-toi de nous acheter du tabac. Notre 
fortune ne nous permet plus de faire une aussi gran- 
de dépense pour notre nez. 

« Tout le bien que tu nous dis de Melchior nous 
lait grand plaisir. 

« Mes compliments à Monsieur votre oncle » (i). 

Après la Révolution, notre chevalier se retira à 
Aix où il habitait l'hôtel de sa famille, situé rue de 
ropéra. Il possédait une remarquable collection 
de tableaux et d'objets d'arts qui a été vendue il y 
a une trentaine d'années. 

13. Joseph-Melchior de TEstang-Parade, frère 
des précédents, naquit le 27 avril 1772 et fut reçu 
chevalier de minorité le 5 septembre 1772. 



I. [GodefroyJ : Op, cit. 



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] 



— 338 — 



GRILLE 

(De gueules^ à une bande d'argent^ chargée d'un 
grillon de sablé). 

« Les Grille appartenaient à cette pléiade de 
riches commerçants génois qui entretenaient des 
relations suivies entre leur ville natale et les côtes 
de Provence. Arles, au milieu du xv* siècle, alors 
à Tapogée de sa prospérité, était un des ports les 
plus importants pour l'exportation des céréales, et 
attirait souvent leurs navires^- C'est à cette épo- 
que que les Grille y établirent des comptoirs et que 
leurs affaires ayant prospéré, l'un d'eux se fixa dé- 
finitivement dans cette ville » (i). 

Cette famille a compté, comme chevaliers de 
Malte : 

I. Honoré de Grille, fils de Pierre et de Pierrette 
de Cavaillon, mariés en 1513. Il fut reçu chevalier 
de Malte le 15 mai 1543, après une enquête du 6 
mai 1540. Il périt au bombardement de Zoare, en 
Barbarie, en 1552. Voici comment l'événement se 
produisit : « Les troupes de TOrdre qui étaient 
commandées par frère Léon Strozzi, prieur de 
Capoue, débarquèrent dans la nuit du 6 d'août et 
la même nuit elles entrèrent dans la place. Mais 
dans le temps que les soldats étaient occupés au 
pillage, un corps de plus de 4.00c Turcs ou Maures, 
qui étaient campés près de là, accourut au bruit. 
Les troupes de TOrdre, qui se trouvaient disper- 



s. Baron do Roure : O/. cit., p. 34 1« 



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— ^39 — 

sées, eurent peine à se rallier; elles firent pourtant 
une retraite honorable, quoiqu'elles fussent acca- 
blées par la multitude. Il périt, avec Honoré de 
Grille, un grand nombre de Chevaliers (i). 

Son père mourut six ans après, le 25 août 1558- 
Il avait de la fortune et possédait une des plus bel- 
les maisons d'Arles située rue de la Calade. 11 avait 
hérité, dans la succession paternelle, du château 
de Montpaon qui appartient toujours à la famille. 
Pierrette de Grille, sa mère, suivit de près son 
père dans la tombe. Elle mourut à Arles le 19 octo- 
bre 1560 (2). 

2. Trophime de Grille était fils de Jacques et de 
Marguerite de Badet, mariés le 9 juillet 1635, dans 
l'église Saint-Martin. Il naquit le 13 décembre 1638 
et fut baptisé deux jours après. Son parrain fut 
Trophime de Quiqueran-Ventabren, et sa mar- 
raine, Jeanne de Badet, sa tante, femme de Jean- 
Augustin d'Arbaud, conseiller à la Cour des 
Comptes. A peine âgé de six ans, sa mère le voua 
à rOrdre de Malte et lui promit une pension de 
150 livres (3 septembre 1644, not. Daugières). Il 
ne fut présenté à Malte que le 12 février 1652. Il fut 
admis le 20 mai suivant après avoir fait ses preu- 
ves devant François de Mars-Liviers, commandeur 
de Saint-Jean d'Avignon, et François d'Isnard. Son 
père mourut le 10 novembre 1677 et sa mère le 
1" septembre 1678. 

3. Jean-Augustin de Grille, dont nous avons 
déjà parlé pages 107-108, était frère du précédent. 
Il fut baptisé à l'église Saint-Martin le 28 août 1643. 
Son parrain fut jean-Augustin d'Arbaud, conseiller 



I. Raybaud : Op, cit., ii, p, 103. 

a. Baron du Roore : Op* cit,, pp. 341, 3^8-^* 



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au Parlement, et sa marraine Pierre de Grille, sa 
tante, dame de Quiqueran-Ventabren. A dix ans et 
le 24 juin 1653, il tint, sur les fonts baptismaux de 
sa paroisse, Valentin deGrille,sonfrère,etcinqans 
après, le 5 septembre 1658, son autre frère Joseph, 
dont sa sœur Marguerite était marraine. Il fut reçu 
chevalier le 20 mars 1660. Il obtint successivement 
les commanderies d'Homps (1713 à 1717), de la 
Tronquière en 1720, d'Aix en 1721, la grande com- 
manderie, le 5 mai de la même année, le bailliage 
de Manosque le 10 juin suivant, en remplacement 
de Georges de Tarant, commandeur de Saliers qui 
venait de trépasser. Il mourut lui-même le 10 jan- 
vier 1731. Il devait habiter alors la maison pater- 
nelle (paroisse Saint-Martin) qui avait appartenu à 
son frère Charles et dont il n'avait que l'usufruit (i). 

4. André de Grille, dont nous avons également 
dit un mot page 134, était neveu des précédents, et 
fils de Charles, consul d'Arles, et d'Elisabeth de 
Coriolis, mariés le 11 septembre 1677 (paroisse 
Saint-Martin). Il naquit et fut baptisé (ibid.) le 
2 mars 1681. 11 eut pour parrain André d'Albe, 
marquis de Roquemartine, et pour marraine, 
Catherine de Grille, sa tante. Il fut reçu chevalier 
le II novembre 1692, page du Grand-Maître, par 
bulles du 22 juillet 1693, commandeur de Golfech 
(1731-1741) et de Grésans, bailli et grand-croix de 
rOrdre. En mai et juin 1713, il fut procureur du 
Grand-Prieur pendant la visite canonique de THô- 
tel Saint-Jean, Le 12 juin 1730, il assista avec 
Ignace-Louis-Félix de Grimaldy, commandeur de 
Saliers et les chevaliers arlésiens André de Grille, 



z* Id. Ihid,, pp. 384-385. 



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-241 - 

François-Loùis de Varadier, commandeur de Mil- 
lau, et Paul-Antoine de Viguier, au mariage, dans 
réglise Saint-Martin, de François de Quiqueran et 
de Marie-Catherine-Barbe de Grimaldy, sœur du 
commandeur. Le 4 mai 1732 il honora de sa pré- 
sence la profession religieuse de Trophime-Elzéar 
de Romieu, faite dans la chapelle des Sœurs de la 
Miséricorde d'Arles, et il présida lui-même, le 
17 avril 1734, celle de Joseph-Paul de Baroncelli- 
Javon (i), et quelques jours plus tard, le 3 mai, 
celle de Laurent de Marcel de Blain du Poët, qui 
eurent lieu dans la chapelle du Grand-Prieuré. Il 
assista le 10 octobre 1730, dans Téglise Notre-Dame 
de Pomiers, de Beaucaire, au mariage de son frère 
aîné Jean-Augustin avec Marie-Thérèse de Porce- 
let. Plusieurs autres chevaliers de Malte étaient à la 
cérémonie. Il fut parrain, le 11 septembre 1731, 
dans réglise Saint-Martin, d'André de Grille, fils 
aîné de son frère Jean- Augustin. La marraine fut 
Marie de Thézan Venasque, veuve de Gaspard de 
Varadier de Saint- Andiol. Le 14 novembre 1738 il 
eut le même privilège avec Marie-Anne Duché, 
épouse de Marc- Antoine, marquis de Calvisson. On 
baptisait, ce jour-là, à Arles, Marie-Anne de Tine- 
lis, fille de Jean-Louis et de Thérèse de Valériole. 
En 1734 il fut nommé lieutenant du Grand-Prieur. 
A plusieurs reprises il présida les réunions des 



I. Joseph-Paul de Baroncelli-JavoDj petit-neveu du Grand-Prieur de 
ce nom, était fils de Georges-Joseph, appelé le marquis de Javon, et de 
Louise de Bof fin-la-Saône. Il naquit le 20 juillet 1704 et fut reçu cheva* 
lier de minorité le z6 novembre 1704. En 1736 il fut nommé intendant 
de la marine de son Ordre. Il devint bailli de Manosque en 1776, et 
mourut en 1779. Un de ses frères^ Georges-Dominique, reçu en 1706, 
parvint également aux plus hautes dignités^ et mourut le 24 mai 1764, à 
^9 ans. Il repose dans l'église Saint-Jean, à Malte, où une pompeuse 
épitaphe glorifie sa mémoire* 

z6 



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— 242 — 

chevaliers de Malte dans la ville d'Arles. A celle 
du 5 mai 1745 il mit en possession de sa charge, 
Octave de Galéan, nouveau Grand-Prieur, repré- 
senté par le bailli Jean-Baptiste de Thaon de Revel. 
Le 9 mars 1751 il intronisa pareillement François- 
Joseph de Piolenc, autre Grand-Prieur, dans la 
personne de Bernard Reyne. 

Il mourut frappé d'apoplexie le 28 février 1752 
(paroisse Sainte? An ne) et fut enterré le lendemain 
dans la chapelle du Grand-Prieuré. Son père avait 
été inhumé dans l'église Saint-Martin le 11 décem- 
bre 1686 et sa mère était décédée le 10 maris 1716 (i). 

5. Gaspard-Hyacinthe de Grille-Robiac était fils . 
de Gaspard, consul de la ville d'Arles, et de Jeanne 
d'Antonelle, mariés par contrat du 21 septembre 
1672, Il fut baptisé dans l'église Sainte-Anne le 
12 novembre 16S7. Il eut pour parrain Jacques, 
son frère, et pour marraine, Madeleine, sa sœur. Il 
fut reçu à Malte le 10 novembre 1702. Il devint 
successivement page du Grand-Maître et grand- 
croix de rOrdre. Il prit du service à la cour du roi 
de France, obtint le commandement d'une compa- 
gnie de grenadiers à cheval, il fut plus tard lieute- 
nant général des armées du roi. Il avait fait pro- 
fession à Paris, dans l'église du Temple, le 20 avril 
1735. A la bataille de Fontenoy (11 mai 1745) rem- 
portée par le maréchal de Saxe sur les Anglais et 
les Autrichiens, sa compagnie fut presque entière- 
ment décimée. Il eut deux chevaux tués sous lui. 
Aussi le roi Louis XV en faisait beaucoup de cas. 
Il mourut à Arles, où il s'était retiré le 23 novem- 



U Baron du Roar« : O/. ett., pp. }t6^^^j. 



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— 343 — 

bre 1767, comme nous l'avons déjà dit pp. 145- 
146 (I). 

6. Honoré-François-Xavier de Grille était fils 
de François, consul et viguier d'Arles, seigneur de 
Robiac, marquis d'Estoublon, et d'Eugénie de 
Riquetti-Mirabeau, mariés en l'église de la Major 
de Marseille le 30 novembre 1684. Il naquit à Arles 
le 18 octobre et fut baptisé le 3 décembre 1705. Il 
eut pour parrain le célèbre Honoré de Quiqueran- 
Beaujeu, évêque de Castres, et pour marraine 
Blanche-Thérèse de Grille, sa tante, femme de Jac- 
ques-Joseph de Meyran. Il fut présenté à Malte le 
14 février 1 719, et reçu le 6 mai suivant. Il fut page 
du Grand-Maître, lieutenant de galères, comman- 
deur d'Argence et de Beaulieu. Il fit profession à 
Marseille en 1747 entre les mains du Grand-Prieur 
de France, Jean-Philippe d'Orléans. Le 23 octobre 
175 1 il rédigeait, par ordre, uii rapport sur l'état du 
Grand-Prieuré et en novembre 1757 il achevait 
l'inventaire des vieilles archives dont il avait été 
chargé. Il assistait régulièrement aux réunions et 
aux professions des chevaliers au Grand-Prieuré. 
Il présida même, le 24 mars 1752, la consécration 
religieuse de Charles-Félix de Galéan-Gadagne et 
le 20 avril 1768, celle de Louis-Gaspard de Tulle- 
Villefranche. Le 27 octobre 1755 il fit la visite 
canonique de THôtel prieural. Il mourut à Avignon 
le 18 juin 1779. Sa mère était décédée le 14 mai 
Ji739> et son père le 30 novembre 1741 (Saint- 
Julien (2). 

7 . Charles-Gaspard-Hyacinthe de Grille-Robiac 



I. Baron du Ronre : Op, cit,^ pp. 392-)95. 
a. Id. Ibid,, pp. 373-374. 



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- 344 — 

était fils de Jean-Baptiste- Marie-Âchille, marquis 
d'Estoublon, et d'Anne Charlotte de Galéan, mariés 
le 15 février 1744, à Avignon. Il naquit le 8 et fut 
baptisé en Téglise Saint-Julien le 9 novembre 1751. 
Il eut deux pauvres pour parrain et marraine. Il fut 
reçu chevalier le 7 juin 1755. Il servit dans Tarmée 
française et devint officier au régiment de Custines- 
Dragons. Il se trouvait à Lyon pendant les der- 
nières années de l'Empire et les premiers jours de 
la Restauration. Dévoué au roi, il fut nommé lieu- 
tenant des gardes du corps, le i" juin 1814, et 
commença ses fonctions le 26 du même mois, à 
Melun où la petite troupe se réorganisait. Il devint 
maréchal de camp le i" juillet 1814. Il fut aussi 
chevalier de Saint- Louis et de la Légion d'Honneur. 
« Mais trop âgé pour reprendre la carrière mili- 
taire, il demanda sa retraite dès le 1 5 octobre de la 
même année. Il retourna vivre modestement à 
Lyon. Ses affaires de famille et d'intérêt, assez 
compliquées, l'obligeaient à une correspondance 
suivie avec son notaire Claude Vallière (i). Aux 
questions d'affaires, il mêlait, sur la marche géné- 
rale des événements et sur la situation très troublée 
de Lyon des réflexions et des renseignements > 
qui ont été publiés en partie (2). Ces nombreuses 
lettres, pétillantes d'esprit, pleines de saine philo- 
sophie, dénotent un homme d'expérience en même 
temps qu'un homme de goût. Les souvenirs arlé- 
siens reviennent sans cesse sous sa plume. A cha- 
que épitre apparaissent quelques noms connus des 



I. Vall.èrc Claude, notaire d'Arles, était fils de Jean-Baptiste, organiste 
h Saint-Trophime, et d'Anne Pons. Né le aa novembre 1757, il mourut à 
Arles le 3 décembre 1833. 

a. Léon-G. Pclissier : Papiers de Jean-BaptisU Vallière, 



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— 245 — 

vieilles familles de la noblesse d'Arles : les de Bou- 
chaud, de Chiavari, de Nicolay, de Molin, de la 
Tour, de Vacquières. Il songe aussi aux livres et 
aux gravures qu'il a laissés dans ses appartements 
de rhôtel de Grille, à Arles, et demande à ce qu on 
les lui envoie. A la manière dont il parle de ses 
déplacements on juge qu'il savait voyager avec 
profit. Il a ce passage sur Marseille : « Je n'ai passé 
que six jours à Marseille ; j'y ai vu tout ce qu'il y 
avait à voir et je suis enchanté de cette ville qui 
est bien belle, bien gaie, bien propre et très bien 
pavée. Voilà pour le lièvre qui veut finir à son 
gite, ou aux environs, grand sujet de réflexion (let- 
tre du 5 septembre 1818). Malgré son enthousiasme 
pour la cité phocéenne, Charles de Grille termina 
ses jours à Lyon le 16 novembre 1837. Son père 
était décédé, à Arles, le 29 septembre 1773 et avait 
été inhumé dans l'église des Dominicains (i). 

8. Anne-Joseph-Louis-Marie de Grille -Robiac, 
marquis d'Estoublon, fils aîné dû précédent, naquit 
le 16 et fut baptisé le 19 mars 1746. Il fut tenu sur 
les fonts baptismaux par deux pauvres. 11 ne fut 
pas d'abord destiné à l'Ordre de Malte et il épousa, 
à Saint-Tropez, Marie-Rosalie de CastellaneSaint- 
Jeurs, fille de Jean-Baptiste, marquis de Grimaud, 
et de Françoise-Pauline de Castellane-Norante. Sa 
femme étant morte à Lyon, sans enfants, le 
8 mars 1788, il demanda son agrégation à TOrdre 
de Malte. 



I. Baron da Roare : O^. cit.t pp. 376-377. Charles de Grille avait 
ea une fille naturelle, Catherine de Villers, reconnue à l'époque où elle 
fut mariée avec M. Rudigoz, négociant de Lyon. Illui constitua une rente 
viagère qu'il chargea ron frère de lui payer. Note de Louis Mège, dans 
son ms. 390 des lettres dn chevalier de Grille, ms. laissé à la bibliothè' 
qae mnnicipale d'Arles. 



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— 346 — - 

Mais les mauvais jours de la Révolution étant 
arrivés, et les religieux dispersés par suite de 
l'abolition des Ordres religieux, le marquis rentra 
dans le monde et convola à de secondes noces. Il 
épousa à Grenoble, le 10 octobre 1800, Françoise- 
Joséphine de Gratet de Bouchage, fille de feu 
Louis-Philippe Humbert et de Catherine-Bonne 
Regnauld de Parcieu. Il fut maire d'Arles en 1808, 
et y mourut le i" avril 1825. Sa femme décéda à 
Marseille, le 23 septembre 1832, à cinquante-sept 
ans (I). 

ICARD 

[D'azur ^ à un lion d'or lampassé et vilaine de gueu- 
les, tenant de ses deux pattes une lance d'or 
posée en pal.) 

Cette famille est originaire des Saintes-Mariés 
de la Mer où elle s'occupait d'agriculture. Elle fut 
anoblie au commencement du xvn* siècle, en la 
personne de Nicolas d'Icard. 

Elle a donné à l'Ordre de Malte : 

1. Antoine d'Icard, fils d'Aymar et de Renée de 
Sabatier, mariés par contrat du 21 février 1588 
(not. Blanc). Il fut baptisé à Saint-Martin, le 5 octo- 
bre 1597. Son parrain fut le chanoine Antoine 
Icard ; sa marraine, Marie Icard. Il fut reçu cheva- 
lier de grâce magistrale, le 15 mai 1612. Son père 
avait servi sous le maréchal de Montmorency. 

2. Antoine d'Icard-Pérignan était fils de Nicolas 
et de Marthe-Henriette de Sade, mariés le 3 novem- 



I. Baron du Roure : Op, cit., p. 378. 



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— M7 — 

bre 1606 (Pierre Pascal, not. à Eyguières). Il naquit 
à Arles, le 27 juin 17 19 et fut reçu chevalier le 
15 juillet 173 1 (i). 



MEYRAN 

(Pale, contre-paie de cinq pièces d'argent et d'a\ur^ 
et une fasce d'or brochante sur le tout). 

On trouve cette famille établie aux Saintes- 
Mariés et en Camargue où elle avait des proprié- 
tés, dès le commencement du xiv* siècle. Elle fut 
anoblie de très bonne heure. 

Les Hospitaliers qu'elle a produits sont : 

I. André de Meyran, fils de Louis, seigneur 
d'Ubaye, consul d'Arles, et d'Alix d'Albe de 
Roquemartine, mariés en Téglise Notre-Dame la 
Principale d'Arles, le 27 février 1564. Il fut reçu 
chevalier le 6 juin 1592. Son père, dans son testa- 
ment du 23 mars 1576, lui avait laissé une pension 
annuelle de cent écus d'or. Il rxe vécut pas long- 
temps. Etant embarqué sur les vaisseaux de la 
religion, il se noya en 1599. Voici comment le fait 
se produisit. En cette année les galères de l'Ordre 
avaientfaitdes captures considérables sur les Turcs, 
mais une gabare qu'elles avaient prise s étant enfon- 
cée sans qu'on pût la renflouer, il périt une cinquan- 
taine de personnes parmi lesquelles André de 
Meyran. Us furent engloutis par les flots avec la 
gabare sur laquelle ils étaient montés (2). Avant 



I. Baron da Ronre : Ihid, p. 187. — Bonnemant : Op. cît,^ verbo 
Icard. 

9. Raybaud : Op, eit.^ ii, 163. 



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— 248 — 

de quitter ses parents il avait fait son testament 
en faveur de son neveu, Ferrand de Meyran. Son 
père avait fait construire, le 21 décembre 1574, un 
tombeau dans Téglise du couvent de TObservance 
d'Arles, dans lequel il fut enseveli « à costé du 
grand autel, à main droicte, là ou les prestres 
célèbrent la grand-messe, se mettent lorsque l'es- 
pître se dict.^ Son testament contient un legs pieux 
de 500 florins pour la construction d'une chambre 
à l'hôpital hors les murs des pauvres lépreux. Sa 
femme, Alix d'Albe, testa le 29 août 1598 et 
demanda à être enterrée, à l'Observance, au tom- 
beau de son mari (i). 

2. Jacques de Meyran était fils de Ferrand, sei- 
gneur d'Ubaye et de Philise d'Aiguières, mariés 
par contrat du 26 février 1623 (not. Claret). Il 
naquit à Arles et fut baptisé à la paroisse Saint- 
Julien, le 13 février 1636. Son parrain fut Jacques 
d'Albe de Roquemartine, prévôt du chapitre, et sa 
marraine, Jeanne de Piquet, femme de M. de la 
Tour. Il fut reçu chevalier le 5 février 1650. Il fit 
profession et mourut vers 1638. Son père était 
décédé le 30 octobre 1645 ^t avait été enseveli dans 
l'église des Récollets qui avaient remplacé les 
Pères de l'Observance. Sa mère mourut la dernière 
et fut inhumée dans l'église de Saint-Martin, le 
3 juin 1660 (2). 



I. Baron du Ronre : Op. cit., pp. y>-^. 
%m Baron dn Ronr^ : Ihid,, p. 54. 



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— 249 — 

MONGE 

(Echiqueté dargent et de gueules). 

« Les Monge étaient une très ancienne famille 
noble du pays ; habitant à Arles et Albaron au 
commencement du xiv® siècle. Le non patronymi- 
que est Rostang qu'ils portaient indifféremment 
avec celui de Monge, pris peut-être à la suite d'une 
alliance avec les Monge, seigneurs de Velaux. Ils 
portaient aussi le surnom de Vacca (i). 

Cette famille a donné aux Hospitaliers : 

1. Bertrand Monge, fils de Pierre Rostang, sur- 
nommé Vache. Il naquit à Arles et fut d'abord 
moine bénédictin de Montmajour. En 1382, il était 
déjà pourvu de la Commanderie de Saliers. Le 
2 décembre de cette année il acheta, de Ricarde, 
veuve de Guillaume Trabustol, écuyer (not. Pons 
Rodelli), pour le prix de 300 florins, une maison, 
située paroisse Saint-Julien, qui devait servir de 
logement aux Commandeurs de Saliers jusqu'à la 
Révolution. Aujourd'hui, cet immeuble abrite le 
Musée Réattu. En 1396, on le trouve Comman- 
deur de Trinquetaille , et le 8 avril de cette 
année, il exigeait, en cette qualité, la huitième 
partie des fruits qui étaient perçus au passage 
du Rhône, au pont de Fourques (not. Bernard 
Podio) {2). 

2. Jean Monge, petit-neveu du précédent. Il fut 



X. Baron du Roure : Op, cit,, p. 30, note. 

3. Raybaud : Op» cit, i, p. 345. ^- Bonnemant : Of, cit,, verbp 
Monçe. 



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— 2^0 — 

reçu chevalier en 1400. En 1439, il possédait la 
Commanderie de Venterol dans le Bas-Dauphiné 
et celle du Temple d'Arles, alias Sainte-Luce 
(not. Guillaume Raimundi). Le 20 novembre 144 1, 
il assista à une réunion de Commandeurs qui se 
tint dans la maison des Hospitaliers de Trinque- 
taille, sous la présidence du Commandeur d'Uzès, 
receveur et lieutenant, pour l'Ordre, dans la Petite 
Provence. Il y fut décidé que tous les Comman- 
deurs prélèveraient un dixième sur les revenus de 
leurs Commanderies pour subvenir aux frais de la 
guerre que les religieux soutenaient en ce moment 
contre le sultan d'Egypte. 11 y fut même choisi avec 
le Commandeur de Marseille et le receveur pour 
faire la liquidation de ce dixième qui devait se 
payer au chapitre prochain, lequel devait se réunir 
le jour de la fête de la Sainte-Trinité. 

11 vivait encore en 1445, sa Commanderie du 
Temple valait alors 600 florins courants (not. Guil- 
laume Raimundi) (i). 



PORCELET 

fD'or, à un porcelet de sable). 

Les généalogistes ne sont pas d'accord sur Tori- 
gine de cette maison. 

Au xvnr siècle, on la croyait d'origine italienne. 
Quoi qu'il en soit, elle est connue de toute ancien- 
neté. C'est la plus illustre des familles arlésiennes. 
On a donné du nom de Porcelet une explication 



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— 251 — 

qui tient plutôt de la légende que de la vérité. 
C'est un cognomen ou surnom, transmis de géné- 
ration en génération et qui est resté le nom de 
famille. 

Elle a eu beaucoup de rapports avec TOrdre 
des Hospitaliers et lui a fourni de nombreux 
chevaliers. 

1. Rostang Porcelet, seigneur de Sénas. Il jura 
fidélité à Raymond Bérenger, comte de Barcelone, 
marquis de Provence, le 6 février 1146-V. Avant de 
mourir il se fit hospitalier et laissa à l'Ordre une 
partie de ses biens. Voici la partie de son testa- 
ment, ouvert le 4 mars 1 185-6, qui le constate : 

« Profiteur utique me donasse in confratrem domui Hos- 
pitalis Hierosolimitani, cuiquidem corpus meum pro sepul- 
tura relinquo... totam condaminam de porta Cape.. Partem 
meam tasche et dominii quam habeo in uni^ersis terris sive 
honoribus domus Hospitalis, que sunt in territorio hanno- 
lensis, eidem domuicedo... (i) 

2. Porcet ou Porcellus était fils de Porcellet, 
coseigneur du bourg d* Arles, un des principaux 
barons de Provence et d'Inguilrade. Le pape 
Adrien IV lui envoya le 28 mai 11 54, une bulle, 
publiée pour la première fois par M. le baron du 
Roure, dans ses Meyran et leurs allianceSy pp. 
1052-1053, adressée aussi à plusieurs de ses parents 
où il leur recommandait de ne faire aucune oppo- 
sition à l'archevêque d'Arles pour le gouvernement 
du monastère de Saint-Césaire. Il fut excessivement 
généreux envers les Hospitaliers et leur fit, avec 
son frère Guillaume, des dons considérables. En 
1194 ils donnèrent à la commanderie de Trinque- 



I. Baron da Roure \Op, cit., p. xi8o. 



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— 2^2 — 

taille, une île qui s'était formée dans la rivière du 
Rhône, en face du Mas-Thibert, membre de cette 
maison, et toutes les autres îles qui se formeraient, 
dans une partie de cette rivière, sous une certaine 
redevance. Porcet prit l'habit d'Hospitalier, l'année 
suivante 1195, et abandonna même la partie de cet 
impôt qui lui appartenait (i). 

3. Guillaume de Porcelet était probablement fils 
de Renaud et d'Alasacie de Lambesc. 11 fut reçu 
hospitalier vers 1200. On le trouve en 1278, sous- 
commandeur d'Orange. Son père mourut en 1267 
et sa mère vivait encore en 1280 (2). 

4. Geoffroy de Porcelet était fils de Bertrand, 
coseigneur du Bourg d'Arles et de Bertrande de 
Lambesc. Entré chez les Hospitaliers il devint com- 
mandeur de Trinquetaille. Il reçut» à ce titre, 
diverses reconnaissances de 1264 à 1267 (3). 

5. Jeannon de Porcelet, était fils de Bertrand, 
coseigneur de Fos, et de Englesone d'Aiguières, 
mariés par contrat du 27 décembre 1403 (not. A. 
Olivier). 11 fut reçu hospitalier en 1426, et le 31 
octobre de cette année son père paya la somme de 
120 florins 6 gros pour son passage à Rhodes, argent 
qu'il avait emprunté à son beau-frère d'Arlatan, 
seigneur de Chàteauneuf. Jeannon ne figure sur 
aucun catalogue de l'Ordre, parce que, sans doute, 
il dut abandonner Tétat religieux. Sa mère mourut 
avant Tàge de 25 ans. Son père, dans son dernier 
testament du 25 juillet 1446 ^not. Pangon) demande 



i. Id. UU., pp. losviosj. --Rajbaad : O/. «7.. ^ p. loo. 
«• Id. /W.. pp. «46.1147. - Id. i*i/.. I. p. 19^ 
^. Id. /*»X, p. 10^, 



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- 3« — 

à être enterré à Fos, dans la chapelle Sainte-Cathe- 
rine et veut qu'une messe y soit dite tous les jours 
aux frais de son héritage (i). 

6. Jean de Porcelet était fils d'autre Jean, sei- 
gneur de Fos et de Jeannette Filouze (2), mariés 
par contrat du 9 août 1444 (not. Pangon). Il naquit 
vers 1473. Il fut reçu hospitalier en 1485, sa mère 
lui avait légué le 8 mai 1483 (Imbert de Monnay, 
aux Martigues) une somme de 800 florins pour lui 
faciliter son « passage > à Rhodes. Ses preuves de 
noblesse furent faites par Bernard Bérenguier, 
commandeur de Sainte- Luce et par Manuel de 
Berre, commandeur de Saliers. Il mourut très 
jeune, laissant ses biens à ses frères, Floret et Bar^ 
thélemy. Un service pour le repos de son âme fut 
célébré à Saint-Trophime, le 3 août 1478 (Sacristie 
A, f* 221). Son père décédé après 1473 et avant 
1475, avait demandé à être enterré dans la chapelle 
de la sainte Vierge, aux Alyscamps. Sa mère vivait 
encore en 1485 (3). 

7. Jean II de Porcelet était fils d'Honoré, sei- 
gneur de Fos, et d'Hélène de Pérussis. Il fit ses 
preuves le 9 avril 1541 devant Jean de Boniface, 
bailli de Manosque et commandeur de Marseille, 
et devant Raymond Ricard. Il fut admis le 28 jan- 
vier 1542. Sa mère mourut peu avant 1527 (4). 

8. € Robert de Porcelet [fils d'Honoré et de Mar- 
guerite de Pontevès, mariés par contrat du 18 mai 



X. Baron du Ronre: Op, n/., p. xo66. 
3 Jeanne était fille d'un nourriguier. 

3. Baron du Roure : Op. cit., pp. 1x19-1131. 

4. Id. Ihid., p. 1X34. 



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— 2-j4 — 

1524] seigneur de Maillane et de la Rosselle, pré- 
senté à Malte le 7 décembre 1547, admis le 20 sui- 
vant, fut reçu le 7 mai 1548, après enquête com- 
mencée le 23 décembre précédent, par Philippe 
Vento, commandeurdeGap-Francès, Jean de Saint- 
Martin, commandeur d^Homps, Jean de Gleon, 
commandeur de Morlans, receveur du Grand- 
Prieuré de Saint-Gilles, Jean de Montaigu-Fromi- 
gières, commandeur de Sainte-Luce et de Milhau. 
Il se trouvait à Tripoli, au moment de la prise de 
la ville par les Turcs, en 1551 et obtint sa mise en 
liberté, avec les autres chevaliers, grâce au crédit 
de Gabriel de Luetz, baron d'Aramon, ambassa- 
deur à Constantinople. 11 quitta l'Ordre, se nt 
huguenot, et épousa 1° (à Genève?) Barbe de Bouc, 
le 24 novembre 1555 (Mém. généaL). 2° par contrat 
du 4 juillet 1568 (Jacques Ursi, à Nîmes), Claudine 
de Taulignan, fille de feu François, baron de Barres, 
et de Catherine d'Astoaud. Elle mourut sans 
postérité, et Robert mourut à Beaucaire, le 29 juin 
1605 ». Son père avait également embrassé la reli- 
gion protestante. Il décéda peu après le 3 septem- 
bre 1564 (I). 

9. Jean-André de Porcelet, dit le chevalier de 
Fos, était fils d'Honoré, seigneur de Fos et de Ma- 
deleine de Quiqueran, mariés à Arles par contrat 
du 5 mai 1527 (Camaret). Il fut tonsuré en même 
temps que ses frères Honoré et Floret, le 25 octobre 
1555 par Pierre de Bisqueriis, évêque deNicopole, 
en tournée pastorale à Fos. Il fut reçu chevalier 
d'après les preuves de noblesse faites, le 22 novem- 
bre 1561, par devant Jacques de Glandevès Cuges, 



I. Baron du Roure : Op. cit., pp. 1079-1083. — Voir plus haut, pp. 
15-16. 



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— a^5 -- 

commandeur de Grésans, et Antoine de la 
Lande. Il périt au siège de Malte en 1565 (i). 

10. Jean de Porcelet était fils de Louis et d'Anne 
d'Arlatan de Beaumont, mariés par contrat du 20 
avril 1569 (not. Nicolai). Il fut reçu chevalier le 15 
janvier 1583 et devint commandeur du Bastit, en 
Quercy, grand croix de Tordre en 1647. Sa mère 
mourut avant le 26 septembre 1577, et son père fut 
inhumé dansTéglise des Alyscamps le 26 septembre 
1608 (2). 

11. Maurice de Porcelet était fils de Pierre, sei- 
gneur d'Ubaye, i" consul de Beaucaire en 1579, et 
de Jeanne de Boche, mariés à Arles par contrat du 
3 août 1572 (not. Nicolai). Il fit ses preuves le 4 mai 
1592 par devant François de Rascas-Bagarris, com- 
mandeur de Montpellier et Gaspard de Barras-la- 
Penne, commandeur de Saint-Christol. En 1637 il 
était commandeur de la Selve. Son père mourut 
avant le 3 mars 1611 (3). 

12. Marc-Henri de Porcelet-Maillane était fils de 
Pierre et d'Anne de Louet de Nogaret de Calvis- 
son, mariés à Saint-Pons de Mauchiens le 6 mars 
1642. Il fut reçu chevalier le 18 octobre 1657. Il 
devint capitaine dans le régiment de Royal-Rous- 
sillon et dans celui de Royal-Fusilliers. Il périt au 
siège de Cassel où le duc d'Orléans, frère de Louis 
XIV, battit le prince d'Orange (1677). Sa mère 
mourut à Arles, le 29 janvier 1690 (Sainte-Anne) (4). 



X. Id. Ibid,^ pp. xx35'-iz36. 
d. Id. Ibid,^ p. xo8x* 

3, îd, Ibid,,j^p» X094-Z096. 

4. Id. Jbid.p ppi XZ06-XX07. 



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— 256 — 

13. « François-Louis de Porcelet [fils d'Armand- 
René, dit le marquis de Maillane, et de Jeanne de 
Mistral, mariés par contrat du 10 avril 1673 (Qot. 
Pierre Chaulan, à Beaucaire et Pierre Martin, à 
Barbentane], né à Beaucaire le 11, y fut baptisé le 
14 mai 1686. Par. François-Louis de Porcelet ; mar. 
Madeleine-Ursule de Porcelet. Présenté à Malte, le 
20 mars 17 10, il fut reçu le 7 mai suivant. Il devint 
commandeur de Lugan, Grand croix de l'Ordre, 
Grand-Veneur de S. A. R. Madame, duchesse 
douairière de Lorraine et de Bar, bailli de Com- 
mercy, conseiller d'Etat et chambellan du duc de 
Lorraine et de François, grand-duc de Toscane, 
capitaine des Cravates du Roi. Il mourut à Beau- 
caire, le 13 octobre 1645, et fut enseveli au tombeau 
de sa famille, dans la chapelle du Rosaire >. Son 
père était décédé à Beaucaire le 7 janvier 17 18 et sa 
mère le 17 juin 1720 (1). 

14. « Joseph-François- Auguste de Porcelet, (fils 
de Paul-Joseph, marquis de Maillane et de Anne- 
Françoise de Porcelet-Maillane, mariés à Beau- 
caire le 22 décembre 1699), né le 25 octobre 1702, 
signa à son acte de baptême du 4 juillet 1714 avec 
ses parrain et marraine, François-Louis de Porcelet, 
chevalier de Malte, son oncle, et Jeanne de Mistral, 
sonaïeule.Ilfut présenté à Malte le 13 novembre 1714 
et reçu le 6 mars 17 15, après enquête du 3 décem- 
bre 17 14 (2). Il servit dans le régiment de Conti- 
cavalerie, devint commandeur de Saint-Thomas de 
Trinquetaille et mourut à Beaucaire le 9 juillet 1786. 



1. Baroa de Roare : Op, cit,, p. 1114. 

9. Nons avons déjà dit, p. 141, qu'il fit profession à Arles, dans la 
chapelle da Grand*Prieuré, le ai avril 1760, et flous avons donné des 
détails sur cette cérémonie. 



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— Û57 - 

Voici ce qu'en dit l'abbé Bonnemant : « Le trésor 
de rOrdre n'a pas gagné à sa mort. Le comman- 
deur de Porcelet était d'une bonté peu commune ; 
l'esprit d'économie n'était pas son caractère ; l'Or- 
dre s'était saisi de son revenu et l'avait réduit à la 
pension ; il est mort sans avoir eu le temps de satis- 
faire ses créanciers. Il a été inhumé dans Téglise 
de Saint- Pierre de Campublic, près de Beaucaire, 
qui est dépendante et un membre de la commande- 
rie d'Astros. Le défunt avait possédé cette com- 
manderie ; il la quitta en 1773, pour opter celle de 
Saint-Thomas de Trinquetaille :^. Sa mère était 
décédée à Beaucaire, le 10 avril 1729 (i). 



PRIVAT 

[D'or^ à une croix de gueules cantonnée de quatre 
serpents tortillés de sable posés en pal et se tour- 
nant le dos). 

Cette famille est connue depuis Robert de Privât, 
qui vivait au commencement du xv® siècle et avait 
épousé en 1440, Anne de Cays. Elle a fourni aux 
Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem : 

I . Jacques-François de Privât de Mollières, fils 
de Bertrand, sieur de Fontanille, citoyen de Taras 
con, et de Suzanne de Varadier, mariés à Sainte- 
Anne le 4 mars 1640. Il lut reçu chevalier de Malte 
le 4 décembre 1656. Il devint commandeur de Saint- 
Félix, puis grand commandeur le 28 mai 1720. 
« On reçut, le même jour, la nouvelle de la mort 



1. Baron du Roure : Op. cit., p. 1114. 

»7 



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— ^58 — 

du Grand-Prieur de Toulouse (Gaspard de Ponte- 
vès Bargème), arrivée en Provence où il résidait 
le 28 d'avril précédent ; le Conseil conféra, le len- 
demain 39 mai, ce prieuré au grand commandeur 
FontaniUe >. 

11 ne jouit pas longtemps du Grand-Prieuré de 
Toulouse, il l'occupa à peine quelques jours. Il 
mourut le 8 juin, et le lendemain il fut remplacé 
par Octave de Galéan, commandeur de Valence (i). 
Sa mère décéda le 5 juin 1549, et fut inhumée au 
tombeau de la famille de son mari, dans Téglise des 
Cordeliers d'Arles [Sacristie A, fol. 115) (2). 

2. Jean de Privat-MoUiéres, frère du précédent, 
naquit à Arles, le 14 août 1648 et fut baptisé le 
même jour en l'église Saint-Etienne du Grès. Il lut 
chevalier en 1678 (3). 



QUIQUERAN 

(Bear télé d'or et d'azur ^ le trait du coupé émanché 
de Vun en Vautre de deux pièces et deux demi- 
pièces). 

Voilà une des familles les plus anciennement 
établies dans Arles ou elle a toujours tenu, depuis 
le milieu du xV siècle, un rang considérable, dû 
à l'intelligence, au travail et aux vertus domesti- 
ques de ses membres, ce qui lui permit d'obtenir 
une fortunes des plus grandes et de prétendre 



X. Raybaud : O/. cil,^ w, p. 353. 

a. Baron du Roure : Op. cit,, p. 899. 

3. Robert de Briançon : Op, cit., u, p. ^ox. — Archives des Bouches- 
du Rhô&e. Ordre de Malte. Dossier, n* 33^. 



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— ^59 — 

aux plus illustres alliances. Elle reconnaît pour 
tige noble, Jean de Quiqueran qui acheta, en 1540, 
la baronie de Beaujeu au roi René. 

Elle a compté plusieurs religieux hospitaliers de 
Saint-Jean de Jérusalem. 

I . Honoré de Quiqueran qui était fils de Robert 
de Quiqueran-Beaujeu, vaillant homme de guerre, 
plusieurs fois consul d'Arles, et d'Alix de Meyran, 
mariés par contrat du 4 juin 1560 (not. Nicolaï). Il 
naquit le 14 juin 1572 et fut baptisé le lendemain à 
la paroisse Saint-Laurent. Il fut reçu chevalier le 
15 janvier 1583, et on paya 150 écus d'or au soleil 
pour son passage. Le 28 janvier 1604, il fit profes- 
sion à Malte. La commanderie de Condat lui fut 
donnée le 22 avril 1613; Tannée suivante, il fut 
pourvu par chevissement, c'est-à-dire par ancien- 
neté, de celle de Durbans, il l'avait encore en 1626. 
En 1627 il fut nommé procureur du Trésor de 
Malte au Prieuré de Toulouse et alla séjourner 
dans cette ville. Il n'y resta que deux ans. La peste 
ayant attaqué la ville, il revint dans Arles. En 
1632 il retourna à Malte. Il devint grand-comman- 
deur, le 14 mars 1633. Le Grand-Maître Antoine de 
Paule, qui l'appréciait beaucoup, le nomma grand 
conservateur le 27 juillet suivant. En 1634 il fut 
nommé commandeur de Saliers. Sa nomination au 
Grand-Prieuré de Saint Gilles est du 11 août 1637. 
Il partit le 5 décembre suivant pour venir résider 
à Arles. Il mourut le 24 avril 1642, à minuit, et fut 
enterré dans la chapelle Saint-Jean. Sa mère décéda 
vers 1606 etsonpère le 20 janvier 1609 ; il fut inhumé 
au tombeau de sa famille au couvent des Domini- 
cains d'Arles (i). 



!• Livre de raison de Pierre de Quiqueran de Beaujeu» 



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— 26o — 

2. Jean de Quiqueran, neveu du précédent, était 
fils de François de Quiqueran-Beaujeu et d'Isabeau 
de Tieuloy, mariés par contrat du 4 août 1622 
(not. Jean Astier, à Beaucaire). Il naquit le 10 
juin 1625 et fut baptisé le lendemain, à la paroisse 
Saint-Martin. Il fut reçu chevalier le 15 septem- 
bre 1634. Il combattit vaillamment et fut tué en 
1646, au siège de Lérida, en Espagne, étant capi- 
taine au régiment de Saint-Mesme, infanterie. On 
sait que cette ville fut vainement attaquée par 
notre grand Condé pendant la guerre de Trente- 
Ans. Il périt donc au service de la France (i). 

3. Paul-Antoine de Quiqueran-Beaujeu était 
frère du précédent. Il naquit le 6 novembre 1627 et 
fut baptisé dans la même église que son frère, le 
9 novembre suivant. Il fut reçu chevalier de Malte 
le 20 janvier 1637. C'est un des plus grands hom- 
mes de mer du xvii*^ siècle. « Il engagea de nom- 
breux combats avec les Turcs et fut toujours 
victorieux. Le 10 janvier 1660 il commandait une ' 
galère de Malte, lorsqu'il fut obligé parla tempête 
de relâcher dans un des ports de l'Archipel. Ses 
mouvements avaient été épiés par le pacha Maza- 
mamet qui, à la tête de trente galères, l'entoura et 
Tattaqua. Paul-Antoine lui opposa une résistance 
héroïque. Il soutint le feu pendant vingt-quatre 
heures ; mais après avoir épuisé toutes ses muni- 
tions et perdu les trois quarts de son équipage, il 
fut pris et chargé de fers pour être conduit à Cons- 
tantinople. Il y avait à peine quelques instants 
qu'il était prisonnier, lorsqu'une nouvelle tempête, 
plus terrible encore que celle qui l'avait forcé à 



X. Baron du Roure : Op, cii,, p. 8âo« 



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— 26l — 

relâcher, dispersa la flotte de Mazamamet qui se 
vit réduit à implorer le secours de Paul-Antoine 
dont Texpérience maritime lui était bien connue. 
Le chevalier de Malte, par Thabileté de ses manœu- 
vres, sauva le bâtiment d'une perte presque cer- 
taine. Le pacha voulut lui en témoigner sa recon- 
naissance en le cachant parmi les autres prisonniers 
dans Tespoir qu'il serait mis en liberté sans rançon. 
Mais le grand vizir reconnut Paul- Antoine et le fit 
transporter au château des Sept-Tours où il fut 
enfermé pendant onze ans > (i), depuis le mois de 
janvier 1660 jusqu'en 1671 (2). Il dut la liberté au 
courage et au dévouement de Jacques de Quique- 
ran, son neveu et religieux de Malte, comme lui, 
ainsi que nous le dirons bientôt. Après sa déli- 
vrance, Paul-Antoine revint dans sa ville natale 
où il fut l'objet de l'admiration de tous, admiration 
qui se manifesta par des fêtes, courses de taureaux 
et joutes sur Teau. Le proverbe arlésien : fausard 
de BèU'JOy rappellerait la vaillance de ce marin. Il 
obtint, sur la fin de sa vie, la commanderie de 
Garidech (1685-1687) et enfin celle de Bordeaux. Il 
mourut dans un âge avancé, en avril 1689 (3). 

4. Charles-Joseph de Quiqueran-Beaujeu, neveu 
des précédents, était fils de Pierre et de Catherine 
de Foresta, mariés à Marseille, par contrat du i*' 
juin 1632 (not. Barnier, à Marseille). Il naquit le 
II avril 1645 et fut baptisé le lendemain à l'église 
Saint-Martin. Il fut reçu chevalier de Malte en 1660, 



I. Le Mnsée, x868 : La famille des Q^tqueroM de Beaujeu, p. 50» 
article signé Emile Martin. 

3. F.-H. de Molin, écrivain bien renseigné» donne, comme date de 
délivrance, l'année 1669. Ms, 80^ de la Méjanes, 

3. Baron dn Ronre : O/. cit, p. 8ao. 



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— 36a — 

et c'est à ce titre, sans doute, qu'il prit divers arran- 
gements au sujet de la succession de son père et de 
sa mère. 11 mourut le 9 mars 1712. Il avait demandé 
à être enseveli dans la chapelle Saint-Nicolas de 
Tolentin, dans l'église des Giands-Augustins, cha- 
pelle fondée par son oncle le Grand-Prieur et dans 
laquelle reposait déjà son père, ravi à son affec- 
tion d'assez honne heure, le 24 avril 1646, à l'âge 
de 42 ans. x. C'était un esprit fin, plein d'intelli- 
gence et de jugement >. Il est l'auteur d'un Livre 
déraison qui existe encore. Sa mère était morte le 
20 juin 1694 (Saint-Laurent), à 75 ans (i). 

5. Jacques de Quiqueran-Beaujeu était fils d'Ho- 
noré et de Thérèse de Grille d'Estoublon, mariés 
par contrat du 9 mai 1644 (not. Escoffier). Il naquit 
et fut baptisé le i®' février 1650 (Saint-Martin). Il 
fut reçu chevalier de Malte le 24 février 1657. Il 
mourut en 1697. Son père était décédé le 28 mars 
1685 et sa mère le 25 avril 1691. Cette dernière 
avait demandé à être ensevelie dans Téglise Saint- 
Martin (2). 

6. Jacques II de Quiqueran-Beaujeu, frère du 
précédent, naquit le 11 juillet 1651 et fut baptisé, 
quatre jours après, à l'église Saint-Martin. Il fut 
reçu chevalier le même jour que son frère. C'est lui 
qui délivra Paul-Antoine de Quiqueran, son oncle, 
prisonnier des Turcs à Constantinople. S'étant 
rendu dans cette ville il obtint, sous un nom d'em- 
prunt et grâce à l'entremise de Nointel, ambassa- 
deur de France auprès du Grand-Turc, la permis- 
sion devoir son oncle qu'il affectionnait beaucoup. 



z. Id. lèid,, pp. 89X-839. 
9. Id. Tbid,, p. 8il}. 



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— 263 — 

« Il lui porta en secret et à plusieurs reprises, des 
cordes pour opérer son sauvetage et, lorsqu'il crut 
en avoir une quantité suffisante, Paul-Antoine des- 
cendit du Fort au moyen de cette corde qui, mal- 
heureusement se trouva trop courte de cinq toises. 
Paul- Antoine fut obligé de s'élancer dans la mer, 
mais le bruit qu'il fit en tombant attira l'attention 
des gardes du Fort. Un brigantin fut immédiate- 
ment mis à sa poursuite etil eûtincontestablement 
été repris par les Turcs si son neveu, arrivant en 
toiite hâte, dans une chaloupe bien armée, ne les 
eût écartés. Il conduisit son qnçle à bord d'un vais- 
seau du roi, commandé par le comte d'Aspre- 
mont > (i) et ainsi il fut délivré. Jacques II se retira 
à Arles d'assez bonne heure et nous le trouvons 
présent aux réunions des chevaliers de Malte dès 
1692. Etant commandeur de la Favillane, il présida 
comme plus ancien religieux, l'assemblée tenue 
au Grand-Prieuré, le 9 novembre 1711. Il devint 
commandeur d'Astros le i" novembre 1712. Il fut 
aussi capitaine de vaisseau. Il mourut à Toulon, 
le 31 mars 1714, commandant la compagnie des 
gardes de la marine (2). 

7. Antoine-Honoré de Quiqueran-Beaujeu était 
fils de Paul-Antoine et de Louise de Portes, mariés 
le 27 février 1698 (not. Claude Guion, à Sarinhac). 
Il naquit le 18 septembre 1706 et fut baptisé à Saint- 
Martin le 8 février 1707. Il fut reçu chevalier de 
Malte, à Arles, le 9 novembre 1739. Il servit dans 
les armées du roi de France. Il devint sous-gouver- 
neur du duc de Bragance et plus tafd du duc de 



I. Le Muséty x868, p. 30. 

s. Baron de Roure : O/. cU,^ p. 83^. 



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— a64 — 

Provence devenu Louis XVIII. il moufut à Malte. 
Son père était décédé le 6 décembre 1713 (Saint- 
Martin), laissant sa femme héritière (i). 

8. Jean de Quiqueran-Ventabren était fils de 
Trophime et de Pierrette de Grille, mariés à la 
paroisse Saint-Martin le 27 avril 1630. Il naquit le 

10 avril 1635 ^t fut baptisé dans la même église 
quatre jours après. Il fut reçu chevalier de Malte le 
29 novembre 1647. Il vivait retiré à Arles dès 1671. 

11 devint commandeur de la Vernède et mourut à 
THôtel prieural en octobre 1694. Son père, décédé 
le 22 octobre 1672, fut enseveli dans l'église des 
Dominicains d'Arles. Il laissa à chacun de ses deux 
enfants, chevaliers de Malte, une pension de 300 
livres. 

9. Louis-François de Quiqueran-Ventabren, 
frère du précédent, fut reçu chevalier le i" décem- 
bre 1657. Il prit part, à plusieurs reprises, aux réu- 
nions des chevaliers de Malte au Grand-Prieuré. Il 
mourut d'assez bonne heure (2). 

ROMIEU 

(Coupé au /*' : d'or^ à une gibecière ou bourse de 

' pèlerin d!a\ur houppée de même et chargée dune 

coquille d'argent ; au 2* : de gueules y à trois pals 

d'argent retraits^ plantés sur une terrasse desino- 

ple et liés d'une chaîne dor). 

Cette famille d'Arles est de très grande ancien- 
neté ; il en est question dans bien des chartes de 



1. Id. Ihid.^ pp. 8a6, 8a8. 

3. Arch. hosp. d'Arles. Mémoirts domestiques de Fratifois de Quique- 
ran de Ventàbren, Liasse n, H 14. 



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^ 



— aôj — 

réglise Saint-Trophime et dans les vieux registres 
de rhôtel de ville d'Arles. Ils étaient nobles de 
sang et d'origine. Elle a produit un grand nombre 
de chevaliers de Malte, neuf, assure-t-on de 1549 à 
1693 (ms. 809 de la Méjanes). Voici ceux dont nous 
avons pu relever les noms. 

1 . Bertrand de Romieu était fils de Bernard et 
fut reçu chevalier de Rhodes en 1337. 

2. Raimond de Romieu était frère du précédent. 

3. Joachim de Romieu était fils de Jacques 
et de Françoise de Garron. Il fut reçu chevalier de 
Malte en 1549. Son père mourut avant 1578 ; à cette 
date sa mère vivait encçre. 

4. Aymon de Romieu était fils de Lantelme (i), 
docteur en droits de la ville d'Arles mais résidant 
à Avignon, et de Douce de Rispe, mariés à Taras- 
con le 25 juillet 1567 (not. Claude Marin). Il fut 
reçu chevalier de Malte le 5 mai 1592 (2). 

5. Gaspard de Romieu, neveu du précédent, était 
fils d'Antoine et de Madeleine de Meyran, mariés 
à Arles par contrat du 16 avril 1595 (^<^t- Siméon 
Loys). Il fut reçu chevalier de Malte le 27 février 
1625. En 1645 îl ^t^ît présent à Malte et se disposait 
à combattre les Turcs, dans les eaux de la Médi- 
terranée, en qualité de capitaine (3). 



I. Lantelme est anteur d'une Histoire des Antiquités d* Arles , restée 
mannscriste mais dont il existe des copies aux bibliothèques d'Aix, 
d*Arles et de Carpentras. C'est un travail fort curieux, c qui renferme 
des longueurs et des inexactitudes, mais qui témoigne de icrieuses 
recherches, sinon d'une critique irréprochable. Les 94 chapitres dont le 
volume se compose donnent de précieux renseignements sur Arles : 
aussi les Antiquités sont très souvent citées par les érudits arlésiens, 
depuis Séguin et Terrin, jusqu'à Peilhe et Amat de Graveson et leurs 
snccesseuri >. Ramcb : O/. cit., t. m, p. x8i. 

a. Robert de Briançon : Op. cit., n. p. 630. — B. du Roure : Op. cit., 
pp. 44-45, note. 

3. Rayband : Op. cit., n, p. aij. 



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— 266 — 

6. Gilles de Romieu, neveu du précédent, était 
fils de Charles, sieur de Lirac, et de Pierrette de 
Grille, mariés en l'église Saint-Martin, le 19 octo- 
bre 1625. Il fut reçu chevalier le 20 juin 1644. 11 fut 
parrain, le 7 février 1667, dans l'église Sainte- Anne, 
de Marguerite de Romieu, fille de son frère Paul- 
Antoine. Il fut présent au chapitre tenu à Arles le 
I*' mai 1672 (i). 

7. Gaspard de Romieu, frère du précédent, fut 
baptisé à Sainte-Anne le 4 juillet 1643. Il fut 
admis, comme chevalier, le 20 mars 1660. Il fut 
membre de l'Académie d'Arles « où son rôle fut 
cependant assez secondaire. La renommée de son 
neveu. Char les- Joseph, également chevalier de 
Malte, a nui à la sienne ; son nom et sa vie restent 
enveloppés d'obscurité >. On connaît de lui : La 
Diane {T Arles donnée au roi qui est une traduction 
en 72 vers français de la pièce du père jésuite 
Albeit d'Augières, Diana Arelatensis régi (1683). 
Le texte et la traduction qui forment 4 pages petit 
in-folio, se trouvent à la Méfjanesd'AiXj ms 545, 
et à la bibliothèque municipale d'Arles, ms 242, 
n^ uv. Il mourut le 5 juillet 1689, sur la paroisse 
Sainte- Anne. Les Oratoriens qui desservaient cette 
église accompagnèrent son corps jusqu'au grand- 
prieuré où il fut inhumé. (Voir plus haut, p. 74) (2). 

8. Trophime-Elzéar de Romieu, neveu des pré- 
cédents, était fils de Paul- Antoine de Romieu et de 
Renée de Guillen de Monjustin de Sala, mariés à 



I. Raiic«: O/. et/., m, p. s^a. — B. du Rove: Op. ai., p. 384- 

s. L*abbê Rancc a pablié, à Marseille, en 1899, une biographie tris 
soignée dn X. />. AUert £Au£iira (16^4-1109)^ poète erlésies, auts 
saes perreair à létoadie toates les obsewités de st Tîe. 



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— 367 — 

Manosque, par contrat du 7 novembre 1662 (not. 
Michel Gombert). Il naquit, à Arles, le 19 mai 1669 
et fut baptisé le lendemain, à Téglise Sainte-Anne. Il 
fut reçu chevalier de Malte le 2 août 1688. Le 4 mai 
1732 il fit profession dans la chapelle des religieu- 
ses de la Miséricorde d'Arles, sur l'emplacement 
du théâtre romain. Ce fut son frère Jean-Charles 
de Romieu, commandeur de Saint-Félix, qui pré- 
sida cette cérémonie. Il fut ensuite pourvu de la 
commanderie d'Homps dont il était en possession 
pendant la période de 1735 à 1740. Il mourut dans 
sa ville natale le 8 décembre 1746. Son père était 
décédé le 17 décembre 1717, à Tâge de 89 ans, et 
avait été enterré le lendemain dans la chapelle des 
Cordeliers d'Arles (i). 

9. Jean-Charles de Romieu, frère du précédent, 
naquit et fut baptisé à Notre-Dame la Principale le 
27 juillet 1672. Il fut reçu chevalier à Arles Je 29 
mars 1691. Le i**" mai 1726 il fut pourvu de la com- 
manderie de Saint-Félix, il en jouissait encore en 
1 741. Il présida plusieurs fois les réunions des che- 
valiers de Malte au Grand-Prieuré, notamment en 
1729, 1730 et 1735. Au chapitre de 1729, le 2 mai, 
il avait reçu la profession religieuse de Claude de 
Lattier la Touche, et à la réunion du 21 avril 1735 
il avait pris possession du Grand-Prieuré, au nom 
de Sauveur de Foresta-CoUongue, nouveau titu- 
laire. Plus tard il mit en charge, le nouveau Grand- 
Prieur, Vincent-Sauveur de Gaillard, dans la per- 
sonne de Pierre Elain, avocat, son procureur. Il 
avait obtenu le titre de bailli d'assez bonne heure. 



I. ArchiTM da château de Barbegal. — Dottûr ginialogique dtt 



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— 268 — 

Il posséda aussi la commanderie de Burgaud. Il 
séjourna longtemps à Malte où il remplit différents 
emplois auprès du Grand-Maître. Il mourut le 19 
mars 1745. Une épitaphe très élogieuse lui est 
dédiée dans l'église Saint-Jean, à Malte (i). 

10. Paul- Antoine de Romieu, frère du précédent, 
fut baptisé à Notre-Dame la Principale, le 3 août 
1674. Il fut tenu sur les fonts baptismaux par Char- 
les-Joseph de Romieu, son frère, également cheva- 
lier de Malte. Le 6 juillet 1693 on désigna pour faire 
ses preuves de noblesse, André de Clémens de 
Castellet, économe du Grand-Prieuré de Saint- 
Gilles et Charles d'Aiguières. Ils entendirent Jac- 
ques d'Arlatan de Beaumont de Malijay, Marc- 
Antoine de Laurens, baron de Beaujeu, Jacques 
d'Antonelle, François d'Icard et François Agneau, 
curé de Sainte-Anne qui montra le«baptistaire»du 
postulant. Il fut admis à Arles, le 21 juillet 1693 (2). 

11. Charles-Joseph de Romieu, frère des précé- 
dents, fut l'illustre de la famille. Il naquit vers 
1666. Il fut d'abord d'église et porta quelque temps 
le petit collet d'abbé. Il ne tarda pas à le quitter 
pour entrer dans l'Ordre de Malte. Porté aux cho- 
ses de l'esprit et adonné à la littérature, il fut reçu, 
en 1688, membre de l'Académie d'Arles. Il fut 
chargé par la docte compagnie de prononcer l'éloge 
funèbre de Monseigneur de Grignan, archevêque 
d'Arles, qui venait de mourir. Il s'acquitta de cette 
tâche dans la séance du 20 mai 1689. « Ce discours 
n'a jamais été publié : il renferme, en termes excel- 



I. Id. /3fi.— Mas-Lastrie (de) : Archives des Missions, 1836 n« 1377. 

a. Rance: Op, ciL, m, p. 233. — Arch. des B.-du»Rh. — Ordre de 
Malte : Dossier n^ ^8^. 



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— 269 — 

lents et mesurés un aperçu rapide de ce que Mgr 
de Grignan avait accompli pour son diocèse et la 
Provence durant son épiscopat ». 

Le 12 novembre 1692, il présenta requête au 
chapitre réuni au Grand-Prieuré pour être reçu 
chevalier. Le chevalier Renaud d'AUein et le che- 
valier Doria furent choisis pour faire ses preuves 
de noblesse mais le premier commissaire se récusa 
comme parent et fut remplacé par le' commandeur 
de Valbelle-Meyrargues. Après son admission, en 
1693, il fit ses caravanes et remplit l'office de lieu- 
tenant sur les galères de l'Ordre. Il résida quelques 
années à Marseille, vers 1700, puis, selon Bouge- 
rel, quitta les galères, reprit l'état ecclésiastique et 
se fit recevoir parmi les chevaliers diacots dans 
l'espoir d'obtenir le prieuré de Saint-Jean d'Aix, 
mais son projet ayant échoué il reprit l'épée, puis 
finalement se retira à Arles. Il ne fit jamais pro- 
fession et ne put, par conséquent, obtenir aucune 
commanderie. 

A répoque de la peste de 1 721, il fut nommé 
commissaire de sa paroisse, Notre-Dame la Princi- 
pale. Comme tel il accompagnait les personnes 
chargées de recueillir, dans les maisons, l'argent, les 
bijoux et les papiers qu'ils trouvaient et qu'ils 
remettaient ensuite au premier consul après en 
avoir fait un inventaire. C'est lui qui, l'épidémie 
passée, rédigea l'inscription latine que l'on voit 
encore aux Alyscamps sur la pyramide élevée par 
la ville à ceux de ses concitoyens, morts victimes 
de leur dévouement. 

Quand l'Académie de Marseille fut fondée il fut 
un des premiers à en faire partie. Il prit séance le 
23 avril 1727 et prononça, en cette circonstance, un 
discours remarquable. Quoique retiré à Arles il ne 



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— «70 — 

négligeait pas d'assister aux séances de la docte 
assemblée. Le 7 janvier 1728 il lut à ses confrères 
une ode sur Marseille. Le 4 juin précédent il avait 
envoyé une excellente relation des tremblements 
de terre ressentis à Arles en 1725 et 1727. 

Il fut mêlé à la querelle des jansénistes, et l'ar- 
chevêque d'Arles, Mgr de Forbin-Janson, se plai- 
gnit de cçtte intervention dans un mandement daté 
du I®' avril 1722 où il accuse « un séculier portant 
le signe d'un ordre militaire dont la devise /)r^ ^^^ 
aurait dû lui donner plus d'éloignement de tout ce 
qui s'appelle nouveauté > d'avoir prêté la facilité de 
sa plume aux ennemis de l'Eglise. Le chevalier de 
Romieu se réconcilia pourtant avec son archevê- 
que et devint même son intime ami. 

Outre de nombreux écrits de courte haleine, il 
est encore l'auteur d'un Portefeuille qui est une 
sorte de réponse à un questionnaire sur l'histoire 
d'Arles, son commerce, ses habitants, etc. C'est 
une brochure in-4<> de 64 -{- 10 pages, assez mal 
imprimée, parue chez Jacques Mesnier en 1726. 
Tel qu'il est cet opuscule est fort intéressant. 11 eut 
une suite, consacrée à la littérature. Cette seconde 
partie est restée manuscrite ; elle forme un petit 
in 4°, tout prêt pour l'impression. Il n'y eut pas de 
fête dans Arles dont il ne fut lame par ses poésies, 
ses devises ou même par son entrain. Il avait di- 
gnement rempli sa vie. Il mourut à Arles le 29 
décembre 1734 et fut enterré aux Cordeliers, dans 
le tombeau de sa famille (i). 



W,^'p!Vi3-%."'*' "'' PP* *^^' '^'"^'^ ^"-33^ - Voir wssi plus 



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i»ji:iuu: TOMiiAu:, i)\>s l ik.msi: i> m.iuhon 
du piTC et (le la inèie de deux chevaliers de Malle d'Ailes 



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— 371 — 



ROUX-TARGUES 

(Ecarielé I et 4: d'argent à trois pals de gueules et 
une bande d'azur brochant sur le tout clouée sur 
les pals par trois besants d'or; 2 et 3 : écartelé en 
sautoir d'azur et d'or ; Vor chargé de deux pals 
da\ur). 

Cette famille descend de Jean de Roux, seigneur 
de Redortier, qui prit le nom de Targues qui était 
celui de sa mère : Gabrielle de Targues. Il vint à 
Arles et s'allia, par contrat du 15 juin 1571 (not. 
Escoffier), avec Louise de Gombert, fille d'An- 
toine de Gombert, seigneur du Baron, dont il prit 
la succession. Ils eurent trois fils dont deux furent 
chevaliers de Malte. 

1. Gaspard de Roux-Targues fut chevalier le 22 
décembre 1594. 11 dut mourir de bonne heure. 

2. Jean de Roux-Targues fut reçu le 9 décembre 
1606. Le 27 octobre de cette année son père lui 
promit une pension annuelle de 150 livres jusqu'à 
ce qu il obtînt une commanderie (not. Noguier de 
Saint-Gilles). Le 13 novembre 1615, il afferma à 
son frère Pierre (not. Escoffier) le péage d'Albaron, 
Quand il était à Arles ou à Albaron il assistait 
régulièrement aux réunions des chevaliers au 
Grand-Prieuré. A celle de l'automne de 163 1 il 
offrit de récupérer les biens que le défunt Grand- 
Prieur la Bastide avait en souffrance à condition 
qu'il en jouirait pendant sa vie. Le X2 janvier 1644 
il était parrain, dans l'église Saint- Vincent d'Alba- 
ron, d'un enfant de son frère Pierre. L'année sui-. 



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vante nous le trouvons commandeur de Cana- 
bières et en 1654, commandeur de MiUau. Il mourut 
bientôt après : en 1660 un arrêt du grand conseil 
cassa ses dispositions en faveur de Pierre de Roux- 
Targues, son neveu, seigneur d'Albaron. Son père 
décéda en novembre 161 7 et sa mère bientôt 
après. Us furent inhumés dans Téglise d'Albaron 
ainsi qu'en fait loi l'inscription suivante : 

CY GISENT NOBLES JEAN 

DE ROUXTARGUES ET LOUYSE 

DE GOMBERT MARIÉS SEIGNEUR 

ET DAME DE REDORTIER 

ET DU BARON DE BOYMAUS 

ET S^ VINCENS x DEC. x l6r7 (l). 



SAINT-MARTIN 

(D'a\ur^ à une croix d'argent cantonnée de quatre 
fleurs de lys dor). 

On trouve cette famille établie dans Arles à la fin 
du xiv^ siècle, dans la personne de Pierre de Saint- 
Martin qui, veuf de Marthe Gantelme, épousa en 
secondes noces par contrat du 20 novembre 1393 
(not. B. du Puy) Jeanne Raynaud d'Arles. Il était 
alors châtelain de Fourques pour le roi de France, 
il se fixa à Arles où il acheta plusieurs immeubles; 
il est dit citoyen de cette ville dans un acte du 



I. La pierre tombale qui porte cette ÎDScription se trouve dans l'église 
actuelle d'Albaron, où elle a clé placée par nos soin?, avec le concours 
bienveillant de la Société des Amis du Vieil Arles. Elle fut sauvée du 
vandalisme pendant la Révolution et depuis lors elle était en souffrance 
dans la ferme (reste de l'ancien château) d'Albaron. 



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— a?? — 

!•' octobre 1398 (not;B. Passarin). Elle a fourni 
des consuls pendant deux siècles à la cité d'Arles. 
Elle a compté parmi les Hospitaliers de Saint-Jean 
de Jérusalem. 

I . Louis de Saint-Martin, fils de Charles, plu- 
sieurs fois coûsul d'Arles, et de Madeleine de 
Lubières, mariés par contrat du 23 janvier 1464 
(not. Pangon). Il fut tonsuré avec ses frères Nicolas 
et Pierre, le 9 janvier 1489 (Ph. Mandon, f^ 46), par 
Pierre Herbert, archevêque d'Aix. Le 8 septembre 
149 1 (P. Menhinat) étant sur le point d'aller à Rho- 
des pour se faire religieux hospitalier il abandonne 
à sa famille tous les droits qui lui revenaient sur 
la succession de son père et de ses aïeux. Sa mère 
était décédée avant le 9 septembre 1497 et son père 
fut enseveli le 20 décembre 1502 à Saint-Trophime 
(Sacristie -4, f*' 226) (i). 

2. Jean de Saint-Martin, fils de Trophime et de 
Madeleine Hardouin. Il fut reçu hospitalier le 30 
décembre 1513. Il se trouva en 1522 au fameux 
siège de Rhodes qui fut si meurtrier et si long. Il 
devint plus tard commandeur d'Homps. Il eut un 
fils naturel, Louis de Saint-Martin, qui paraît avoir 
laissé postérité. La mère du commandeur était 
morte à Arles le ;" août 1514 (Sacristie A. f^ 237) 
et son père se remaria à Louise Pélegrin (2). 



I. Baron da Roore : Op. tit,, pp. 531, 535, 536. — Lb Musée, 1874, 
p. 335 : Le livre de raison d'une ancienne famille <it Arles, 

4. Baron du Roore : Op, ci/,, p. 54t. — Raybaud : Op, cil., 11, p. 74* 

z8 



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- 274 - 



LA TOUR 

(D'a^UKy à une tour crénelée de quatre pièces d ar- 
gent fermée et maçonnée de sable ^ sommée de deux 
colombes affrontées d'argent^ becquées et membrées 
de gueules y per citées sur les deux créneaux extrê- 
mes et portant dans leur bec une étoile dor). 

On croit cette famille originaire de Naples où 
elle était au service de la reine Jeanne. Ayant eu 
ses biens confisqués elle émigra d'abord à Hyères 
puis elle s'établit à Arles avec Fouquet, seigneur de 
Romoules, maître d'hôtel de Charles VIII, qui 
épousa, dans cette ville, en 1468, Georgette de 
Varadier. Elle a donné aux Hospitaliers : 

I. François de la Tour, fils d'Honoré, dit la 
Brau ou le Fort, et de Madeleine Isnard, maries 
par contrat du 3 février 1470 (not. G. Raymond). 
Il fut tonsuré le 9 janvier 1489 (Ph. Mandon), dans 
la chapelle archiépiscopale d'Arles, en même temps 
que ses frères Jean et Raimond, par Philippe Her- 
bert, archevêque d'Aix. 11 entra dans l'Ordre en 
1499. Le 25 juin de cette année, en effet, il fit quit- 
tance à ses frères, Louis, Accurse, Jean et Antoine 
de ses droits aux biens paternels et maternels, et 
son père lui remit 6od florins pour son admission 
dans rOrdre des Hospitaliers. 11 devint comman- 
deur de Douzens, près de Carcassonne, il l'était 
encore en 1528. Le 19 mai 1524 (not. Jean Fauchier, 
prot. f^ 50), il nomma juge de sa commanderie, Jean 
Isnard, son cousin germain, docteur en droit, de 
Salon. 11 n'est pas mentionné dans les catalogues 
de rOrdre de Malte. Son père était mort le 25 juin 



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— 275 — 

1504 (Sacristie A^ f» 228) et sa mère, dans son tes- 
tament du 10 juillet 1517 (not. Hon. Candelier), 
demande à être enterrée.au tombeau de son mari, 
dans la chapelle Saint-Césaire des Alyscamps(i). 

2. Antoine de la Tour, fils de François et de 
Guimette Bérenguier, mariés par contrat du 27 jan- 
vier 1349 (d'après les preuves de noblesse d'Antoine 
de la Tour du 30 juillet 1667). Il fut baptisé en la 
paroisse Saint-Martin le 27 janvier 1555. Il fut 
admis dans TOrdre de Malte et y fit profession le 
24 juin 1574. Il quitta rOrdre, se fit protestant et 
s'établit à Nîmes où il se maria, comme nous 
l'avons déjà dit (p. 16), mais nous n'avons pas assez 
insisté sur la peine que cette défection et quelques 
autres antérieures produisirent au Grand Maître. 
Dans deux lettres adressées, le 21 juillet 1562, Tune 
au commandeur Antoine de Thésan, lieutenant du 
Grand-Prieuré, « il y marqua qu'il avait appris avec 
beaucoup de chagrin les troubles qui agitaient la 
France au sujet de la religion ; que quoiqu'il fCtt 
persuadé que les religieux de l'Ordre auraient assez 
de fermeté pour ne pas se laisser aller aux nouvel- 
les opinions, et qu'ils ne s'éloigneraient pas de la 
vérité pour se jeter dans les ténèbres ; cependant 
il lui ordonnait de convoquer une assemblée géné- 
rale des commandeurs et autres religieux du 
prieuré et de les exhorter fortement de vivre et de 
mourir dans les vérités de la religion catholique et 
dans l'obéissance au Saint-Siège ». L'autre lettre 
était mandée aux commandeurs et aux chevaliers 
qui devaient assister à cette assemblée, le Grand- 
Maître leur exprimait la douleur qu'il avait ressen- 



z. D&roa du Roure: Op. cil., pr»^)!-^. 



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— 276 — 

tie en apprenant que quelques chevaliers avaient 
embrassé Thérésie et s'étaient mariés. Il les priait 
avec toute la tendresse d'un père de ne point sui- 
vre ces nouvelles opinions ; de se souvenir des 
promesses qu'ils avaient faites à Dieu, dans leur 
baptême, et qu'ils avaient ratifiées en faisant leurs 
vœux dans l'Ordre. Le père d'Antoine de la Tour 
était mort en 1556 (i). 

3. Joseph de la Tour, fils de François Xavier et 
d'Anne -Marie- Baptiste de Grimaldi, mariés le 
17 janvier 1741. Il naquit le 31 janvier 1743. 11 fut 
garde-marine en 1757, puis enseigne de vaisseau, 
chevalier de Saint-Louis en 1778. Il se maria à 
Arles le 3 mai 1772 et épousa Anne-Madeleine 
Françoise de Biord, qui le laissa sans enfant et 
mourut le 28 décembre 1784. Il entra alors dans 
l'Ordre de Malte et fut reçu chevalier le 25 octobre 
1796, mais les religieux s'étant dispersés, peu après, 
à la prise de lîle par Bonaparte, il rentra dans le 
monde et convola h de secondes noces et épousa 
Sophie-Emilie de Merles de Beauchamps. Il mourut 
à Arles, rue de la Calade, le 18 février 181 7 (2). 



USANE 

(D^or^ à une quinte feuille de gueules) 
Les Usane étaient d'origine juive. Martin d'Usane 



I. Baron du Roure : O/. cit., p. 856. — Raybaud : Op, cit., 11, pp. 

I2I-I23. 

a. Baron du Roure : Op. c/t., p. 86S. — Arch. municipales d'Arles : 
Registres de V étal-civil : Décès de 181 j, — Louis de la Roque : Catalo- 
gue des chevaliers de Malte. 



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— 277 — 

est dit néophyte '(nobiliaire de Bonnemant) dans 
un acte de 1496. lis avaient des propriétés en 
Camargue. Ils furent anoblis en 1556. Malgré la 
rigueur qu'apportait l'Ordre de Malte à ne pas 
s'adjoindre de membres des anciennes familles 
juives, on trouve cependant dans les listes des 
chevaliers un membre de celle-ci. 

I. Valentin d'Usane était fils d'Aymar et de 
Jeanne de Grille, mariés en 1560 (not. Nicolai). En 
1573, le 18 févi'ier, il reçut, à Arles, avec ses frères 
Pierre, Jean et Honorât, la tonsure cléricale des 
mains de Jean de Tulle, évêque d'Orange, mais il 
ne tarda pas à s'agréger à TOrdre de Malte et il 
fut reçu chevalier en 1582 (i). 



VARADIER 

(D'ory à trois anneJets d'azur ^ 2 et i) 

Cette maison est originaire du royaume de 
Naples et s'établit en Provence sous les princes de 
la maison d'Anjou. Elle comptait parmi les plus 
anciennes et les plus qualifiées. Le premier membi'e 
de cette famille que nous trouvions dans la ville 
d'Arles est Taxil de Varadier qui vivait au com- 
mencement du xv° siècle et fut plusieurs fois 
consul. 

Elle a fourni plusieurs chevaliers à l'Ordre de 
Malte. 

I. Bertrand de Varadier était fils de Jérôme, 



X. Boanemant : O/. cit., verbo Usane. ~ Baron du Roare : Op, cit», 
p. Z07 (noU) et p. 38a. 



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seigneur de Saint-Andiol, coasal d'Arles en i-^-t, 
et de Catherine de la Tour, mariés par contrat du 
12 mai 1516 (not. Jean de Camaret*. H fut reçn che- 
valier le 30 août 1548. A la nomination de Louis J- 
Pont, comme Grand-Prieur, en 1562, il devint soa 
procureur général. Cette même année il sauva 
d'une perte certaine les vases sacrés des églises de 
Saint-Cîilles et du Petit-Saint-Jean de Montpellier 
et les archives de ces deux dépendances de l'Ordre 
en les faisant porter dans la maison d'Arles. La 
précaution ne fut pas inutile. Quelques jours plus 
tard, en septembre, après la bataille de Saint-Gilles- 
réglise des chevaliers fut pillée, saccagée et incen- 
diée. L'année suivante il fut nommé lieutenant du 
(Irand-Prieur, Louis du Pont. Le 14 décembre 1565 
il se trouvait à Saint-Gilles pour recevoir Henri de 
Montmorency, gouverneur du Languedoc, logé 
dans la maison prieurale. 11 assista impuissant à 
l'incendie qui se déclara la nuit de ce même jour 
par Timprudence d'un palefrenier qui tenant à la 
main une chandelle allumée mit le feu à l'écurie. 
Les chevaux du gouverneur furent brûlés, à l'ex- 
ception de deux. Il parvint cependant, grâce à sa 
présence d'esprit, à faire la part du feu en coupant 
une grange à proximité des dépendances de la mai- 
son prieurale. Tous les greniers et une partie des 
bâtiments habités furent la proie des flammes. Au 
chapitre du 7 mai 1^67, tenu à Arles par Antoine 
du Pont, neveu du Grand-Prieur, il perdit sa charge 
de lieutenant pour n'avoir pas voulu répondre du 
temporel ; ce fut ce dernier qui le remplaça. Dans 
ce mCme temp.s le sultan Selim, successeur de Soli- 
num, sou pèie, ayant menacé d*assiéger Malte, Ber- 
trand de Varadier fut appelé au courent pour 
combattre les Musulmans. Claude de Glanâevès, 



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— 379 — 

Grand-Prieur, l'investit le lo mai 1572 (not. Jean 
Loys) des membres de Port- Arnaud et de la Cou- 
berteyrade. A cette époque, il était commandeur 
de Gap-Francès et de Campublic. Dans une assem- 
blée tenue à Arles il fut délégué le 15 octobre 1582 
pour représenter ses confrères au chapitre général 
qui devait se tenir à Malte le premier dimanche de 
janvier de Tannée suivante et qui ne se réunit qu au 
mois de juillet. A l'assemblée du 28 novembre 1583, 
réunie dans la ville d'Arles, il donna connaissance, 
ainsi que nous Tavons déjà raconté (p. 19), d'une 
lettre du Grand-Maître relative à la perte de deux 
galères de l'Ordre ; à celle de Tannée 1587, il reçut 
de nouveau commission pour aller assister au cha- 
pitre général du mois de novembre de cette année, 
au défaut de Jean de Soubiran-Arifat, commandeur 
de la Tronquière, et de Jean de Vintimille, com- 
mandeur de Valence, et qui ne fut tenu que le 
20 mars 158S, Bertrand jouissait donc de la con- 
fiance de ses confrères, comme ces délégations 
semblent le prouver ; il eut pourtant d'Angéline 
Turpatola deux enfants naturels, Antoine et Cathe- 
rine, qui furent légitimés par le pape en 1573 et par 
les rois Charles IX en 1571 et Henri III en 1586. 
Bertrand mourut à Malte en 1592. Sa mère était 
décédée le 24 février 1574 (i). 

2. Bertrand II de Varadier était fils de Gaspard, 
seigneur de Saint-Andiol et d'Anne ou Jeanne de 
Renaud, mariés par contrat du 27 janvier 1557 
(not. Jean de Rodes). 11 fut baptisé à Saint-Julien 
le 20 août 1570 et fut reçu chevalier de Malte le 15 



I. Baron du Rourc : O/. cit., pp. 890, 699. — Raybaud : O/. riV., 11, 
pp. 118 — 1^9, pauim. 



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— nio — 

décembre 1582. Mais il quitta l'Ordre et épousa par 
contrat du 36 décembre i59S(Dot. Blanc) Madeleine 
de Chiavari. 

3. Nicolas de Varadier était fils d'autre Nico- 
las, seigneur de Saint- Andiol, consul d'Arles, et 
de Louise de Grille, mariés par contrat du 20 mai 
1620 (not. Véran). Il fut reçu chevalier le 9 juin 
1646. Son père mourut à Arles le 29 juillet 1642 et 
fut enterré le lendemain dans l'église des Corde- 
liers, au tombeau de ses ancêtres (i). 

4. François-Louid de Varadier, neveu du précé- 
dent, était fils de Laurent, marquis de Saint-An- 
diol et de Marguerite de Castellane-Adhémar, 
mariés par contrat du 6 juin 1661 (not. Denans, à 
Grignan). Il naquit le 19 octobre 1668, fut baptisé 
à N.-D. la Principale le lendemain et reçu cheva- 
lier le 6 novembre 1674. 11 se mit au service du roi 
de France et fut capitaine dans le régiment de 
Grignan-Cavalerie. Il se retira dans Arles en 1704. 
Il fit profession dans la chapelle du Grand-Prieuré 
le 25 septembre 1724. 11 ne tarda pas à devenir 
commandeur de Millau. Il assistait assiduement 
aux réunions des chevaliers. Il fut chargé de con- 
cert avec Jacques de Villages la Chassagne du soin 
de vérifier les titres des vieilles archives du Grand- 
Prieuré et il déposa son rapport à l'assemblée d'au- 
tomne 1730. A la mort d'Antoine de Bausset, il fut 
nommé bailli de Manosque, le 8 juillet 1737, mais 
le chevalier Louis de Raymond-Modène prétendit 
que Varadier était incapax parce qu'il n'avait pas 
fait borner les terres de sa commanderie ; en réa- 
lité il voulait le supplanter, et, dans ce dessein, il 



I. Baron da Roure : Op* cit., pp. 894-896. 



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— a8i — 

avait gagné plusieurs chevaliers à sa cause. Le liti- 
ge fut soumis au conseil de l'Ordre et Modène 
perdit son procès. Le bailliage fut donc conféré à 
François-Louis de Varadier, le 14 août. Modène ne 
se consola pas de cet échec et en appela au pape, 
mais ce fut en vain. Notre bailli mourut le 29 avril 
1741, dans la ville d'Arles, paroisse Sainte-Anne et 
fut enterré le lendemain dans la chapelle du 
Grand-Prieuré (i). 

5. Claude de Varadier était fils de Louis et de 
Marguerite de Seytres, mariés par contrat du 10 
janvier 163 1 (not. Esprit Baignol, à Caumont). Il fut 
reçu chevalier le 20 février 1653. Son père mourut 
à Arles le 3 avril 1683 (Saint-Laurent), âgé de 80 
ans. Lui-même périt de maladie au siège de Napoli, 
de Roumanie, qui fut enlevé par les chevaliers 
mais qui leur coûta la perte de 3000 hommes. 
C'était en 1686 (2). 

6. Melchior de Varadier était frère du précé- 
dent. 11 fut chevalier en 1659. A partir de 1692 on 
le trouve souvent présent aux réunions des cheva- 
liers de Malte dans la ville d'Arles. Il mourut le 
28 octobre 1708, et fut enseveli le lendemain dans 
la chapelle du Grand-Prieuré. Il était âgé de 61 
ans (3). 



I. Raybaud : O/. cit,, ii» p. a;8. — Baron du Roure : Op. cil, 
p. 896. 

a. Raybaud : Op, cit. y ix, p. aSy. — Baron du Roure : Op. ai , p. 900. 

3. Arch. dea B.*do-R. — Ordre de Malte : Ckap. et Ait, (168 7-1 700). 
Vol. ZTI. 



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— 28a — 



VIGUIER 

(D'cr^ à une bande daiur ace. de trois molettes Je 
même 2 et i, et ch. dune rose d argent). 

On croit cette vieille famille originaire des 
Baux. Elle s'établit à Arles dans la personne de 
Louis de Viguier qui fut consul en 1388, iCK>4et 
161 1. Elle a donné à l'Ordre de Malte : 

1. Jacques de Viguier qui était fils de Pierre-Jo- 
seph et de Jeanne de Quiqueran-Beaujeu mariés par 
contrat du 29 décembre 1672 (not. Blanc). Il naquit 
le 22 mars 1680 et fut baptisé à Sainte-Anne le 7 
avril 1686. 11 fut présenté comme chevalier de 
Malte le 22 décembre 1706, et devint religieux pro- 
fcs. 11 mourut à Arles, le 22 mai 1729 (i). 

2. Paul-Antoine de Viguier, neveu du précédent, 
était fils de François et de Christine de Crose-Lin- 
cel, mariés par contrat du 11 juillet 1696 (not. 
Vaugier). Il fut baptisé à Notre-Dame la Principale 
le 26 mai 1702 et il fut reçu chevalier le 26 mai 
1714. 11 devint capitaine des gardes du Grand-Maî- 
tre, et commandeur de Barbentane. Il découvrit 
une conspiration formée pour égorger dans un 
jour tous les chevaliers qui se trouvaient dans l'île 
de Malte. A la moit du commandeur Joseph de 
Casanx, son ami et son bienfaiteur, arrivée le 15 
mars 1746, il lui fit élever, à ses frais, un tombeau 
dans l'Eglise de Malte où il fut inhumé. Il fut com- 
mandeur de Montsaunès de 1766 à 1774, année de 



X. Ârch. des B.>da-R. » Ordre de Malte : Dosiitr n« 486. 



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— 283 — 

sa mort. Son père était décédé le 6 janvier 172 1 et 
sa mère le lundi matin 8 août 1759, à 85 ans. Cette 
dernière fut ensevelie le lendemain, à Saint-Tro- 
phime, dans le tombeau de la famille de son mari, 
derrière le chœur (chapelle Notre-Dame) (Sacris- 
tie B) (1). 

3. Jean-Baptiste de Viguier, frère du précédent, 
ne fut pas chevalier mais simplement prêtre de 
rOrdre de Malte. Il naquit le 18 mars 1707 et fut 
reçu le 28 décembre 1744. Il fut pourvu ce jour-là 
du prieuré de Saint-Jean-de-Malte d'Aix, par le 
Grand-Maître E. de Pinto, à la suite de la démis- 
sion de Melchior Alphéran. Il avait d'abord été 
religieux profès au couvent des Grands- Augustins 
d'Arles. Bonnemant son contemporain, ne le flatte 
guère dans ses notes généalogiques : « C'étoit bien 
le plus franc imbécille qu'il y eut dans la ville ; il 
étoit l'objet du mépris de ses confrères et des fem- 
mes de la poissonnerie. Ce fut son frère, Jacques 
de Viguier, qui le tira de son couvent, intrigua et 
obtint en même temps des bulles qui le transférè- 
rent dans l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem et lui 
conférèrent le prieuré de Saint-Jean d'Aix ». 11 
mourut à Malte en 1773. On apprit sa mort, à 
Arles, le 17 septembre de cette année (2). 



I. Arch. des B.-du-R. — Qrdre de Malte : Dossier n» 487. 

9. Bonnemant : Op. cit,, ^erbo Viguier. — Mémorial de Jean^Baptisft 
Yal/ièref an no 1773. 



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— 284 — 



VILLAGES 

(U argent^ à un double delta de sable, Vaire du 
milieu chargé d'un cœur de gueules) 

Cette maison est connue depuis le règne du roi 
René. Elle était établie à Marseille, à Arles et en 
Languedoc. La branche d'Arles a fourni deux che- 
valiers de Malte : 

I. Paul- Antoine de Villages, fils d'Henri, sei- 
gneur de la Chassagne, et d'Antoinette de Romieu, 
mariés le 15 septembre 1626. Il fut reçu chevalier 
le 5 février 1650. Son père et sa mère furent ense- 
velis dans la chapelle Saint-Etienne de l'église 
Saint-Trophime d'Arles. Elle portait cette inscrip- 
tion, qui rappelle des fondations faites par la 
famille : 

D. O. M. 

ANNO DNI MDCXLU. DIE XXIH, JANN. HOC SACELLUM 
NOBILLISS. HENRICO DE VILLAGHS DNO DE LA CHASSAIGNE 
PIC FAVORE ET SPECIALI GRATIA VENERAB. CAPI. STΠ
ECCLES. CONCESSUM PRO SE ET SUIS NECNON PATRONUS 
EJUSMODI s" STEPNI SACRARII A MAJORIBUS SUIS JUSPATRO- 
NATUS CGNDITU. AN. M CCCCXCIII. D. XXVI. FEBRRII AC 
NOVISSIME DOTATUM ET ILLUSTRA. PER D. HENR. AD CELEBR. 
MISSAM TRIB. DIEBUS HEBDOMADΠSCT LUNΠMERCU. ET 
VENERIS. NOTA SUMPTA PER MAG. BALT. DESVIGNES TABEL. 
PUB. AREL. ANNO MDCXLHI. DIE HI. MENS JANUAR. 

JACENT HIC D. VILLAG. ET NOB. ANTON. DE ROMIEU 
CONJUGES, ORATE PRO EIS (l). 



I. Robert d« Briançon : Op, cit., m, p. 841. — Bonnemant : Op. cit.. 



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— 285 — 

2. Jacques de Villages était fils de Jean et de 
Gabrielle de Roys de Lédignan, mariés à Beau- 
caire. Il fut reçu chevalier le 7 décembre 16S2. Le 
31 janvier 1690 il fut parrain, à Saint-Martin, de 
Blanche Agnès de Barrême, fille de Jean-Baptiste, 
juge au siège d'Arles, et de Gabrielle de Gras- 
Preigne. La marraine fut Blanche de Forbin ; leur 
filleule ne vécut pas. A partir de cette date Jacques 
de Villages est souvent présent aux réunions des 
chevaliers de Malte dans la ville d'Arles. En 171 1 
et 1712, nous le trouvons commandeur d'Homps. 
Il obtint ensuite la commanderie de Cavales. Il fut 
nommé commissaire pour la vérification des titres 
anciens des archives du Grand Prieuré et nous 
avons donné (p. 106) le rapport qu'il lut à la session 
de novembre 1730. Le 4 mai 1732 il assista à la pro- 
fession religieuse de Trophime-Elzéar de Romieu, 
qu'il chaussa des éperons d'or. Il mourut avant 
1744(1). 

Avec cette famille se termine la longue liste des 
chevaliers que la vieille noblesse d'Arles a fourni 
à rOrdre de Malte. La bourgeoisie lui a donné 
également un certain nombre de ses enfants en 
qualité de chapelains conventuels. Ils étaient prê- 
tres et chargés du service spirituel des armées, sur 
les vaisseaux de la religion, et de la desserte des 
principales églises de l'Ordre comme Saint-Jean, 
de Malte (2), la collégiale de Saint-Gilles (3) et le 



I. Archives de M, le baron du Roare : Dossier Villages la Chassagne* 
3. L'église Saint- Jean, à Malte, était c parfaitement bien servie ». Elle 
possédait € une argenterie infinie et des ornements magnifiques ». Le 
Prieur était crosse et mitre comme les évéques. Il avait sous sa dépen- 
dance 60 prêtres, sans compter les diacots L'égli<;e, peu remarquable 
comme vaisseau, était décorée de belles peintures. Bibliothèq.ue munici- 
PALB DB Nîmes, ms 305 : Mélanges historiques et archéologiques, pp. 4^7-8. 

3. La collégiale de Saint-Gilles, réformée en 1^06 (voir p. }% fataug- 



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— 286 — 

prieuré de Saint-Jean d'Aix (i). Ils devaient prou- 
ver, avant leur admission, la légitimité de leur 
filiation et l'honorabilité de leur famille pendant 
cent ans. Pour faire cette constatation on observait 
les mêmes formalités que celles en vigueur pour 
la réception des chevaliers. Un certain nombre de 
commanderies leur étaient réservées dont les plus 
connues sont celles d'Espinas, de Joucas, de Nar- 
bonne et de Valdrôme. Ils assistaient aux réunions 
des chevaliers au Grand-Prieuré et prenaient rang, 
après eux, chose étrange et qui nous semble 
aujourd'hui un manque d*égard envers le sacer- 
doce ! 11 n'était pas rare, surtout à la session de 
mai, d*en rencontrer cinq ou six et quelquefois un 
plus grand nombre. Les chapelains avaient, comme 
les chevaliers, une croix d*or à quatre branches, 
émaillée de blanc, suspendue à un cordon noir, 
mais ils ne la portaient qu'avec permission spéciale 
du Grand-Maître (2). 
Voici les noms de quelques-uns de ces 

CHAPELAINS 

I. Augarde (Antoine) était fils de Jacques Au- 



mentce par les fondations de plusieurs Grands- Prieurs, notamment de 
Jacques de Manas en i^}^, Pierre d'fisparbès en 1614, et Claude de Vea- 
terol en 1637. Les principaux biens qu'elle possédait étaient les fiefs de 
Frigolct et d«; N.-D. de la Mer (ii9X> ^^ Camargue. Comtb de Gias- 
SET : Op, cit., pp. 5r, 181. 

1. Le prieuré de Saint-Jean d'Aix était nn membre dépendant de la 
comnianderie de ce nom. Le prieur était choisi pro tempore parmi les 
chapelains conventuels. Le sacristain, nommé à vie, administrait les bieos 
affectés à l'église prieurale, lesquels étaient considérables. Comte di 
Gbasset : Op. cit., pp, 181-183. 

2. Nous avons déjà parlé de quelques-uns des chapelains que nouséou- 
mérons ici. Nous n'indiquons, pour la plupart, que les documents nou- 
veaux qui nous ont servi pour cette partie de notre étude sur TOrdre di 

Malte. 



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— 387 — 

garde et de Françoise Cannât, mariés par contrat 
du 6 février 1660 (not. Pierre Blanc). Il naquit à 
Arles et fut baptisé à Téglise Sainte-Anne le 11 mai 
1666. Il fut présenté comme chapelain le 3 mai 1677 
et fut reçu au Grand-Prieuré, à Arles, après 
enquête, le 9 novembre 1677. Il devint, le i^' mai 
1723, commandeur de Narbonne» On le trouve sou- 
vent à Arles, remplissant les devoirs de son minis- 
tère. Il vivait encore en 1739 (i). 

2. Augarde (Jean) était frère du précédent. Il 
naquit à Arles et fut baptisé (même paroisse), le 
21 août 1672. Il fut présenté, comme chapelain, le 
17 septembre 1682, et fut reçu à Arles, après 
enquête, le 10 novembre 1682. Il mourut au Grand- 
Prieuré le 18 mai 1742 (2). 

Armes : D'argent^ à un griffon de gueules et un 
chef d'a\ur chargé de trois gardes d'épces dor^ ran- 
gées en pal^ les pommeaux en bas (3). 

3. Beuf (Joseph-Auguste) était fils de Mathieu, 
notaire, et de Claude Aymar, mariés suivant con- 
trat du 15 mars 1756 (not. Brunet et Francony). Né 
à Arles le 31 mars 1769 et ondoyé le lendemain, 
1" avril, il ne fut baptisé à Téglise Sainte-Anne 
que le 28 décembre suivant. Il fut présenté comme 
chapelain le 4 ^vril 17S0 et fut reçu quatre jours 
après à Arles. 

Armes : D'azur, au bœuf effarouché dor accom- 
pagné à dexlre d^un croissant d'argent et à sencxtre 
de trois étoiles d'or posées i et 2 (4). 



I. Arch. des D.-du-Rh. — Ordre.de Malte: Dossier généalogique, 
n- 514. 
a. Id. Ib:d : Dossier , n* ^x^, 
}. E. Perrîer : Op. cit., verbo Augarde. 
4. Arch. des B.*du Rh. — Ordre de Malte : Dossier généalogique ^ 



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— 288 — 

4. Blain (Jacques) était fils de Barthélémy, pro- 
cureur au siège d'Arles, et de Jeanne Simon, 
mariés suivant contrat du 22 janvier 1702 (not. 
Bourdin, à Arles). Il naquit sur la paroisse Sainte- 
Anne et fut baptisé le 9 juin 1711. Il fut présenté 
comme chapelain le 4 août 1722 et fut reçu au 
Grand-P/ieuré le 10 octobre suivant. Le 9 mars 1736 
il fut nommé sacristain de la collégiale de Saint- 
Gilles. Une de ses occupations, en vertu de cette 
dignité, était de prendre soin des biens de cette 
église. Sur la fin de sa vie, en 1767, il devint com- 
mandeur de Narbonne. En 1761 il était à Malte et 
un prêtre séculier, Bernard Maillé, le remplaçait à 
Saint-Gilles pour l'exercice de sa charge, II vivait 
encore en 1776 et était suppléé à cette date par 
Pierre Thomas, prêtre séculier (i). 

Armes : De gueules à trois épis d'or mouvants de 
la même tigCy accompagnés de trois croissants d^ar- 
gent^ deux et un ; au chef cousu d'azur , chargé de 
trois étoiles du troisième (2). 

5. Brunet (Pierre), fils d'Antoine, notaire, et de 
Claire Escallier, mariés suivant contrat du 25 jan- 
vier 1724 (not. Tartais). Il naquit à Arles le 5 octo- 
bre 1730 et fut baptisé le lendemain, à l'église Saint- 
Lucien. Présenté le 21 janvier 1743, il tut reçu à 
Arles le 4 novembre suivant. Il assista quelquefois 
aux réunions des chevaliers de Malte, dans sa ville 
natale. 

Armes : D'argent^ au chevron da^^ur accompagné 



n* 397. — Bibl. moQicip. d'Arles, ms 246 : Armoriai des consuls étArUi 
du XI* siècle Jusqu'en 17S1, par Nicolas Constantin, fol. 190, 20^, 

X. Arch. des B.-du-Rh, — Ordre de Malte : Dossier frénénhgiqkef 
n* ^a6. 

% £. Perrier : Op, cH,, verbo Blain. 



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— 289 — 

de trois têtes de Mores^ deux en chef^ une en 
pointe (i). 

6. Chartroux (Joseph-Charles), était fils de Jean 
et de Jeanne Sausse, mariés par contrat du 16 août 
J730 (not. Brunet). Il naquit à Arles le 3 février 
1740 et fut baptisé le même jour à Saint-Martin. 
Présenté en qualité de chapelain le 3 janvier 1749, 
il fut reçu à Arles le 6 mai suivant. . 

Armes : D'azur au chevron d'argent^ accompa- 
gné de trois merlettes du même^ deux en chef et une 
en pointe (2). 

7. Galoutaire (Jacques) était fils de Joseph et 
de Ursule Véran, mariés par contrat du 9 avril 
1694 (not. Aulanier). Né à Arles le 7 mars 1693, 
baptisé le même jour à Saint-Martin, il fut présenté 
le 7 mai 1704 et reçu comme chapelain le 10 no- 
vembre suivant. Ses preuves d'honorabilité furent 
faites le 10 mai 1704, par le chevalier Biaise de 
Grasse-Montauroux et Louis Jouvène, prêtre con- 
ventuel, sous la dictée du secrétaire Raybaud (3). 

7. Gros (Jean - Baptiste - Joseph) était fils de 
Joseph, bon médecin d'Arles, et de Françoise 
Blain, mariés par contrat du 21 novembre 1725, 
(not. Jehan). Né à Arles le 19 novembre 1739 et 
baptisé le lendemain à Saint-Laurent, il fut pré- 
senté comme chapelain le 11 janvier 1748, et reçu 
le 7 mai suivant. Il fut nommé « archivaire » du 



I. Ârch. des B.-du-Rh. — Ordre de Malte : Dossier généalogique, 
n« 536. — Constantin ; Op. cii,, f« 185. 

a. Arch. des B.-du-R. Ordre de Malte : Dossier généalogique, n« 531. — 
Bibliothèque municipale d'Arles. Ms. 346 : Armoriai des consuls d'Arles 
du XI* siècle j'usqu^en lySi, par Nicolas Constantin, f» 168. 

3. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte : Dossier généalogique, 
n» 554. — Archives de la famille Véran, d'Arles, 

ï9 



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— 290 — 

Grand-PrieOré en 1774 en remplacement de Joseph- 
Antoine Raybaud. C'était un homme d'intelligence 
et de savoir. Il fut chargé à plusieurs reprises d'ai- 
der le Grand-Prieur dans la visite des commande- 
ries, notamment en 1775, 1778 et 1785. Il était pré- 
sent à la séance qui se tint au Grand-Prieuré, le 7 
novembre 1791, qui fut la dernière de toutes (i). 

8. Gros (Joseph-Barthélémy) était frère du pré- 
cédent. Il naquit le 14 mai 1744 et fut admis comme 
chapelain le 14 mai 1755. Il mourut à Saint-Remy 
de Provence, en janvier 1810, à Tâge de 65 ans (2). 

9. Grodsy (Jacques) était fils de Guillaume, deux 
fois consul d'Arles, et d'Anne Brisepan, mariés 
suivant contrat du 24 janvier 1650 (not. Jacques 
Escoffier). Il naquit le 28 février 1669 et fut baptisé 
à Saint-Julien le 2 mars 1669. Présenté comme 
chapelain le 8 mars 1681, il fut reçu à Arles le 3 
novembre de la même année. Nommé « archi- 
vaire » du Grand-Prieuré le 30 mars 1700, il mou- 
rut àTHÔtel Saint- Jean le 19 mars 1729. Ses obsè- 
ques furent l'occasion d'un incident que nous 
avons raconté. 

Armes : De gueules au héron cCargent posé sur 
une terrasse de sinople (3). 

10. Jouvène (Raymond) était fils de Marc, mar- 
chand, et de Marguerite Arène, mariés par contrat 



î. Arch. des B.-da-R. — Ordre de Malte : Dossier g/néalogiçuf, n« 
560. 

ft. Bibl. municip. d'Arles. — Ms. n» 189 : Actes et mémoires pour ser- 
vira Vhisioire de Provence. Aux notes de l'abbé Bonaeniant sur les famil- 
les issues de race judaïque. — Ordoou Bref dn diocèse d'Aixpour i8ii,à 
la nécrologie. 

3. Arch. des B.*du-R. — Ordre de Malte : Dossier généalogique f û* 
563, — Bibl. mun, d'Arles. Constantin : Op, cit., f» aso. 



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du 30 avril 1648 (not. Rampai, à Marseille). Il 
naquit le 4 avril 1664, et fut baptisé à Saint-Martia 
deux jours après. Présenté comme chapelain le 6 
novembre 1674, il ne fut reçu que le 4 novembre 
1675. 

11. Jouvène (Louis), frère du précédent, naquit 
et fut baptisé (ibid.) le 9 mars 1668. Il fut présenté, 
comme chapelain, le 28 août 1683, et reçu le 10 
mai 1684. Le 11 décembre 1702 il visita avec Fran- 
çois de Coriolis, commandeur de Millau, THÔtel 
prieural. On le trouve souvent présent aux réu- 
nions des chevaliers de Malte. Il mourut le 5 février 
1728 dans Thabitation de ses parents. 

12. Jouvène (Jacques) était fils de Marc-Antoine, 
lieutenant-général au siège d'Arles et d'Ursule Sil- 
ves, mariés le 28 décembre 1722. 11 naquit à Arles 
le 14 mai 1728 et fut baptisé le lendemain à Saint- 
Martin. Présenté le 3 juin 1744, il fut reçu le 4 
mai 1745. 

Armes : D'argent^ à la fasce de gueules, accompa- 
gnée dune étoile d'azur en chef et dune merdesino- 
pie en pointe (1). 

13. Pomme (André) dit TAméricain, était fils de 
Pierre, célèbre médecin et de Thérèse Barbaroux, 
mariés par contrat du 26 janvier 1751 (not. Beuf). Il 
naquit à Arles le 28 mars 1756 et fut baptisé le 
même jour à Saint-Lucien, Présenté le 22 juillet 
1765, comme chapelain, il fut admis à Arles le 5 
novembre suivant. Son père donna 2000 livres pour 
son entrée à Malte. André fut aussi chanoine de 
Noyon. Il fit son séminaire à Paris, et devint cha- 



. 1. Arch. des B.-da^R. — Ordre de Malte : Dossiers généalogiques ^ 
n** ^69-371. — Bibl. mun. d*Àrles. Coastantln : Op, cit., £•• i^q, 163, 169. 



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— 29a — 

pelain de la maison du Temple à Paris. Il Tétait 
encore en 1782. Mais il se dégoûta de son état pri- 
mitif et rentra dans le monde où il mena une exis- 
tence mouvementée. 

Le 24 septembre 1792, il fut élu membre de la 
Convention pour la Guyane, lorsqu'il prit séance 
il annonça que « né à Arles il était destiné par son 
père à devenir chanoine, mais le goût de l'indépen- 
dance étant très prononcé chez lui, il quitta cet état 
pour aller en Amérique ; que là il bâtit une cabane 
et se sépara des hommes pour aller habiter avec les 
sauvages. Il fit ensuite sa profession de foi politi- 
que et se glorifia d'être du parti de la Montagne >. 
Il fut membre du Conseil des Cinq cents. Dans ces 
deux assemblées il ne cessa de calomnier ses col- 
lègues et ses compatriotes, en les signalant à la 
haine des assassins. Il avait dénoncé son père à la 
Convention comme entaché de royalisme, il fit de 
même pour Blain, son collègue aux Cinq Cents et 
son compatriote, lors du 18 fructidor an V. Cepen- 
dant il prit la parole pour défendre les colonies. 
Après le 9 thermidor il fut envoyé en mission dans 
l'Ouest. Dans un de ses rapports, daté de Caen, le 
13 mai 1794, il déplore ce qu'il appelle le fanatisme 
de ces populations: « le cy devant dimanche, écrit- 
il, y est chaume comme par le passé >. En mai 
1798, il fut nommé agent maritime à Ostende, en 
Belgique, dans la Flandre occidentale ; il occupa 
ces fonctions pendant plusieurs années puis se 
retira dans son pays natal. 

« Cet homme, dit un de ses contemporains (i), 
cet homme qui ne manquait pas d'une certaine 



t. Jacques Gibert, ancien bibliothécaire de la ville d'Arles, dans ses 
notes manascrites sur les hommes célèbres d* Arles, mort en 1885. 



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— aW — 

capacité était à la fois orgueilleux et poltron. Il fut 
maire d'Arles en 1815 [30 avril] et sous son admi- 
nistration il se commit des actes très blâmables. 
En 1830 il revint au pouvoir en qualité de conseil- 
ler municipal et les propositions qu'il fit dans cette 
assemblée indiquaient qu'il avait conservé la haine 
contre le parti royaliste auquel appartenait son 
père. » 

Il mourut à Arles le 23 décembre 1842, laissant 
un fils Félix Pomme, le dernier du nom. Dans son 
testament il légua aux Hospices civils la somme 
de 1000 francs ainsi que son portrait avec cadre 
doré (I). 

Son père était mort à Arles, le 7 avril 1814, ce 
fut l'homme vraiment providentiel, suscité par 
Dieu, pendant la Révolution, pour la conservation 
du culte catholique dans notre pays. Un de ses 
contemporains, le chanoine Giraud, l'appelle le 
« véritable apôtre » de l'église d'Arles. Il fut tou- 
jours très affecté de la conduite de son fils André, 
laquelle était loin de lui être agréable. 

Armes : D'a\ur^ à trois pommes Sor^ tigées et 
feuillées de même. 

14. Raybaud (Jean-François), était fils d'Antoine 
Raybaud, not. (2) et de Marguerite Quenin, mariés 



X. Arch. des B.-dn-R. — Ordre de Malte : Dossier généalogique , 
D« 581. — Dr Robinet: Dictionnaire historique et biographique de la 
Révolution^ verbo Pomme André. 

3. Voici les noms des cinq notaires de cette famille qui ont exercé 
lenr charge dans la ville d'Arles : Toussaint Raybaud, qui grossoya de 
1^83 à i6i6y Melchior Raybaud, de 1616 à 1633, Jean Raybaud, de 1609 
à 1638, Guillaume Raybaud, de novembre 1634 au 38 décembre 1646. Il 
était fils du précédent et d'Antoinette Perrin. Antoine Rayband, dont il 
est ici question, était fils du précédent et d'Honorade Dnpred. Il fut en 
fonction de 1674 à 1733, année de sa mort. — Arch. des B.-du-Rh. — 
Ordre de Malte. Dossier ^86» — Le Musée, 1878^ p. 159 : Râle des an^ 
tiens notaires cTArles. 



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— 294 — 

suivant contrat du lo mars i67o(not. Combe). Il na- 
quit le 9 octobre 1683 et fut baptisé le même jour à 
Notre-Dame la Principale. Présenté comme chape- 
lain le 9 novembre 1693, il fut reçu le 4 mai suivant. 
Il devint archivaire du Grand-Prieuré le 2 mai 1729 
et commandeur d*Espinas en 1736. Il mourut le 29 
janvier 1747, assisté à ses derniers moments par 
Tabbé Simon, curé de la paroisse Saint-Julien. 11 
fut enterré le lendemain dans la chapelle du 
Grand-Prieuré (i). 

15. Raybaud (Joseph-Antoine) était fils de Jean, 
avocat, agent de Tordre « archivaire » du Grand- 
Prieuré, auteur de VHistoire des Grands Prieurs 
et du Prieuré de Saint-Gilles^ et de Marianne de 
Noyer, mariés par contrat du 7 juillet 1697 (X^ot. 
Tartais). Il naquit le 7 mai 1710 et fut reçu chape- 
lain le 19 janvier 1727, Il devint commandeur de 
Joucas et « archivaire» du Grand-Prieuré. En 1774, 
sa santé ne lui permettant plus d'exercer cette charge 
à l'Hôtel prieural, il fut nommé vicaire général du 
prieur de Malte et remplacé par Jean-Baptiste Gros, 
son concitoyen. Il mourut le 22 novembre 1781. 

16. Raybaud (François-André), naquit le 3 octo- 
bre 1720 et fut reçu chapelain le 21 janvier 1735. 
Il fit partie de l'église collégiale deS'-Jean, à Saint- 
Gilles, en 1749, et devint même capiscol. En 1761 
il se trouvait à Malte et le prêtre séculier, Mathieu 
de Girauden, faisait son service. En 1776 il était 
également absent et remplacé par le prêtre sécu- 
lier, François Vialar. En 1781 il fut nommé com- 
mandeur de Valdrôme (2). 

I. Arch. des B.-da-Rh. » Ordre de Malte : Dossier généalcgtqHe, 
n» 586. 

9. Archives de la famille Beof, de Nîmes • 



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— 395 — 

17- Seignoret (Jacques) était fils de François, 
avocat, second chaperon ou consul en 1602 et de 
Jeanne Taulemesse, mariés suivant contrat du 17 
août 1660. Il naquit à Arles et fut baptisé le 17 jan- 
vier 1666. Il fut présenté comme chapelain le 10 
novembre 1682 et reçu le 4 mai suivant. « Il par- 
vint par son rare mérite et ses grandes connaissan- 
ces à la dignité de prieur de l'église Saint-Jean, à 
Malte, où il mourut le 4 (des ides) d'avril 1738. Il 
fut inhumé avec pompe dans un tombeau en mar- 
bre sur lequel on a mis une épitaphe relative à ses 
éminentes qualités, d'après le désir du grand maître 
Raymond Despuig qui le regretta infiniment ainsi 
que son ordre i. Voici cette épitaphe : 

D. O. M. 

FR. JACOBO SEIGNORET ARELATENSI 

s. ORDINIS HIER : M. ECCLESM PRIORI 

MODESTLE HABITU; MORUM SUAVrTATE, 

PRUDENTIAM, DOCTRINAM, RELIGIONE 

LARGISSIME CUMULATO 

ASSIDUO SACERDOTALI MINISTERIO 

ŒQ.UALI FER TOT ANNOS 

ADMIRANDΠVITCE TENORE 

OMNIUM AMORE FRŒMERITO 

DECESSU 

FOSTERIS MEMOREM 

SIBI 

NON MORITURAM RELIQUIT MEMORIAM 

IV IDUS AFRILIS 

CID CID ce XXX VIII (l). 



X. Bibliothèque Méjanes : Ms : Abrogé historique et chronologique des 
hommes d'Arles qui se sont fait un nom par leur génie ^ leurs vertus et 
leurs talents, — Mts-Lastrie (de): O/. cit,, n* 401. 



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— 396 — 

ARMES : D'argent^ au chevron de gueui^eSj accom- 
pagné de trois tourteaux du même^ posés deux et 
un^ au chef da\ur chargé de trois croix ancrées 
d'or(i). 

18. Véran (Louis) était fils de Nicolas et de Cathe- 
rine Sauzette, mariés par contrat du 30 septembre 
1590 (not. Claude Saxy). Il fut reçu chapelain en 
1638. Chargé de la part du Grand-Maître d'une 
mission importante auprès de l'empereur d'Autri- 
che, Léopold P', il tomba malade dans les Etats de 
ce souverain, en 1677. Il conserva son rang d'an- 
cienneté pour pouvoir prétendre aux bénéfices de 
l'Ordre, malgré son absence de Malte, occasionnée 
par cet accident imprévu. En 1680 il fut gratifié de 
la commanderie de Valdrôme, réservée aux cha- 
pelains conventuels. Il jouissait déjà depuis 1665 
d'une pension de 80 florins sur la commanderie de 
Castelsarrazin. Le commandeur Louis Véran fut 
chargée de 1682 à 1690 de diverses missions impor- 
tantes de la part de son Ordre qui lui en donna 
des certificats honorables. A cause de ses indispo- 
sitions il fut dispensé en 1685 de faire ses cinq 
années de résidence à Malte, comme étaient tenus 
défaire, à tour de rôle, les commandeurs. Le 12 
janvier 1687 il nomma curé, dans l'étendue de sa 
commanderie, Jean Boyer, prêtre, docteur en théo- 
logie. Il ne dut pas survivre longtemps à l'année 
1690, d'autant qu'à cette date il était d'un âge 
avancé (2). 



I. Bibl. municip. d'Arles. Mi 246 : Armoriai des consul d'Arles, du 
XI» siècle jusqu* en 1781, par Nicolas Constantin, fol. 177, 319. 

s. Archives de la famille Véran qui possède, en original, plusieurs des 
pièces suivantes relatives au commandeur Louis Véran : le décret de 
réception dans l'Ordre sur parchemin avec sceau du xa janvier 1638 du 



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Tomèe^iu, oies Yer^ri, 




ri\ANCESCU5 VERAWUS ARE 
LATENSiS -i- lA KAL MART ly^i. So 
AhlH . CAROi-US VERAWU5 FRATERSUtfi 
5ALDA2AR SCUTiFER . ^^î ANW. HÏC 
QOlESCiT CUM PATRUr5 SuiS 
FRANCESCO ET CAROLO + |757 

j 



y/.»^?.. 



.z..— f ^€ oitssLri es6 Aitt arec otes nicirèf'es ott j»luMteur*s CouUurs , 
ioL CnoLX oLe M'aide e$t ôédincAe sur fdnaC ftotf ^ etu sonxfttût 
tiém ç^mTfOfâ 00111* onnèe oCc Cot.ur'itrs, 
Armes ^ Ec^rtelc oLaroêrU et cte ^^èée •zu. serpcrLt oie ^ueu^e 
Iroc/iAixt svL-r le tct4,C 



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— 297 - 

19. Véran (Jean-François) était fils de Charles qui 
fut notaire en 1682 et d'Anne Francony, mariés par 
contrat du 6 février 1646 (not. Aulanier). Il naquit 
à Arles vers 1660. De bonne heure il se donna à 
l'Ordre de Malte qui remploya pendant trente ans 
au « commun thrésor :^ et le nomma en dernier lieu 
secrétaire du Grand-Maîfre pour toute la France. 
Il s'attira dans ces deux charges l'admiration de tout 
le monde. A sa mort arrivée le 16 février 1721, il 
fut enterré dans la nef de l'église Saint-Jean, à 
Malte. On voit sur son tombeau Tépitaphe sui- 
vante : 

D. O. M. 

FRATRI JOHANNI FRANCISCO VERANO ARELATENSI ; 

QUI PRIMO GETATIS FLORE, ET VERNANTIB. ANNIS 

POSTQUAM RELIGIONI HIEROSOL. NOMEN DEDISSET 

IN BONAM NIMIRUM CRUCEM ABIISSET 

PRO COMUNI ŒRARIO MAGNIS INSUMPTIS LABORIB. 

QUOS DEINCEPS PER TRIGINTA ANNOS SUSTINUIT, 

ET QUIBUS IN LUCRO POSUIT ALIUD NIHIL 

QUAM MAGNAM GLORIŒ, ET LAUDIS MERCEDEM 

QUAM CONSECUTU. ESSE PRETEREA COMPERTU. EST 

QUANDO 

EM. DNI MM. FR. MARCI ANT. ZONDADARn 

MINISTER A SECRETIS, ET COMMENTARIENSIS, 

IN REB. AD UNIVERSA. NATIONE. GALLICA. SPECTANTIB. 

OMNIU. IN SE OCULOS, ET ADMIRATIONE. CONVERTIT, 

OBIJT XIV KAL. MARTH MDCCXXI. AET. SUCE LX 
COMEND. FR. CAROLUS VERANUS GERMANUS FRATER 

posurr ANNO mdcc xxxiv 



Grand-Maître Jean-Paul de Lascaris-Castellar, le décret du Grand- 
Maître Nicolas Cotoner du 4 octobre 1678 sur parchemin et avec sceau 
qui conserve à Louis Véran son rang d'ancienneté, le décret du 6 juillet 
1680 du même Grand-Maître sur parchemin et avec sceau qui confère à 
Louis Véran la commanderie de Valdrôme. 



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— 298 — 

FS. BALDASARVERANUS(l) MEUT. IN GALUA ADOLESCEKS 

A. M. M. DE VILHENA JER. REUG. ADSCRIPTUS ET CLBICUL. 

IN GALLICIS SCRXB. ŒPIST. SECUNDUS V. K. MAH 

MORTE SUBREPTUS MAG. SCDTIFER ŒT. LXXH 

HIC CUM PATRUIS DUOBUS IN FACE REQUIESCIT IN HONORE 

ANNO DOMINI MDCC LVII AM. F. (2). 

20. Véran (Charles), frère du précédent, fut reçu 
en qualité de diacot en 1682. En 1703 il faisait déjà 
partie de l'église collégiale Saint-Jean, à Saint- 
Gilles. Le 14 octobre 1709 (not. Vaugier) il obtint 
une pension de 300 livres sur la commanderie de 
Sainte-Luce. En 1713, étant à Arles, il fut chargé 
avec le commandeur Jean-Âugustin de Grille de 
visiter les commanderies du territoire d'Arles. Il 
s'acquitta de sa commission du 9 au 16 juin et par- 
courut les commanderies de Saliers, Sainte-Luce et 
la Favillane dont il dressa rapport avec son com- 
pagnon. Plus tard il devint commandeur de Goutz. 
11 rétait en 1732. Il conserva ce bénéfice jusqu'à sa 
mort arrivée, à Malte, en 1734. Il fut enseveli dans 
le tombeau de son frère. 

Les armes de la famille Véran sont d'après VAr- 
tnorial général de la noblesse et bourgeoisie de la 
ville d'Arles^ du 17* siècle : 



X. Charles-Balthazar Véran, nevea de Jean-Fraoçois et de Charles 
Véraa, était né ven x686, à Malte, où ion père André s*était marié aprèi 
avoir fait partie de l'Ordre pendant quelque temps. Il moarotle 37 avril 
17^7, comblé d'honneurs et de gloire. En outre de ce tombeau un mo- 
nument funèbre orné d'une longue et pompeuse épitaphe, lui fut dédié, 
par ses neveux, dans une chapelle de la même église. Archives de la 
famille Véran. — Mas Lastrie (de): Op, cst,,n» sac. 

a. Archives de la famille Véran. — Mas Lastrie (de) : Op, cit,, n* 
35>. 



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— 399 — 

JEcartelé de gueules et d^a\ur^ h un serpent au 
naturel ployé en cercle et mordant sa queue. 
Devise : Nonnisi Verani (i). 

Abbé M. Chailan. 



I. Archires de la famills Véran. — Dn Bourg: Histoire du Grand" 
Prieuré de Toulouse, k U commanderie de Gontz. 

Les Archives du château de Burhfgal, n* 683, poisèdent six lettres de 
l'abbé Charles Vérao, écrites de Malte de 1709 i 1733, k l'abbé Reooard 
(voir p. 91). Daos celle da 17 février 173a ont lit ces mots bien sur- 
prenants et bien prophétiques : c Notie Religion [de Malte] est, à U 
Téritéy si rance qu'elle tend à sa fin >. 




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PIÈCES JUSTIFICATIVES 



Réconciliation de Téglise de Saint-Jean du Prieuré 
de Saint-Gilles 

Le mardy, dix février mil six cent neuf, frère 
Pierre d'Esparvès-Lussan, Grand Prieur de Sainct- 
Gilles a fait réconcilier notre Eglise de Saint-Jean 
du Prieuré de Sainct-Gilles par Monsieur Pierre de 
Valernod, Evesque de Nismes, où étoient présents 
Monsieur de Laurent, Archevesque d'Arles, de plus 
Monsieur le Commandeur de la Bastide, Monsieur 
le chevalier de la Ménardie, Monsieur le chevalier 
de Mons, Monsieur le chevalier de Livière; et 
après vint Monsieur le commandeur d'Aluys, Mon- 
sieur de Peraud, et plusieurs autres. Pour les 
prêtres de ladite Eglise sont frère Pierre Barthélémy, 
infirmier, frère Jean-Jacques de Gavarret, cabiscol, 
et frère Antoine Necai, collégiat, et Jean Sauvaiol, 
clerc. Il faut faire la solennité tous les ans, s'il 
plaît à Dieu. 

Cette note est au bas de la Bulle du chapitre général 
tenu à Rhodes le i«' février 1509 sous le Grand Maistre 
Emeryc d'Ambroise, portant confirmation du collège 
Saint-Jean de Saint-Gilles. 

L'abbé Bonnemant : Communautés séculières et 



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— 3^^ — 

régulières de la ville et du diocèse d! Arles. Biblioth. 
municip. d'Arles, ms. i6o, p. 2S6. 



Lettre de Louis XIV en faveur du bailli de For- 
bin, Grand-Prieur de Saint-Gilles du 19 février 1648. 

Cette lettre est écrite aux commandeurs et aux cheva- 
liers de la langue de Provence. Elle est très honorable 
pour la famille de Forbin. 

Messieurs les commandeurs et chevaliers de la 
langue de Provence. J'ay tant de sujet d'estre satis- 
fait des services que le sieur bailly de Fourbin, 
grand prieur de Saint-Gilles, a rendus au defifunt 
Roy, mon seigneur et père, tant dans le comman. 
dément des armées navales, qu'en plusieurs autres 
occasions, comme aussi de ceux qu'il continue de 
m'y rendre, en qualité de mon lieutenant général, 
que je suis, par ces considérations, convié à pren- 
dre soin non-seulement de ses avantages mais 
encore de contribuer tout ce qui dépend de moy, 
à ce qu'il jouisse des droits et privilèges qui luy 
appartiennent. C'est pourquoy, je vous écris la 
présente par l'avis de la Reyne régente madame 
ma mère, pour vous dire que vous ferès chose qui 
ime sera très agréable de vous emploier tant près 
de mon cousin le grand maître de Malte que par- 
tout ailleurs que besoin sera, pour faire approuver 
et confirmer la collation que ledit sieur grand 
prieur a faite de la commanderie de Montpellier (i), 
suivant le pouvoir et la faculté qu'ont tous les 



t. Cette nomination faite par le Grand-Prieur de Forbin le fut sans 
doute en faveur de Henri de Thomas la Valette» 



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— }o} — 

grands prieurs de donner une commanderie de 
grâce, dans Testendue de leur prieuré. A quoy 
m'assurant que vous vous employerés très volon- 
tiers, je prie Dieu qu'il vous ait, Messieurs lesdits 
commandeurs et chevaliers de la Langue de Pro- 
vence, en sa sainte garde. Escrit à Paris le 19 

février 1648. 

Louis, 

DE LOMÉNIE. 

Lettre originale, signée de la main de Loménie, seoré> 
taire d'Etat de Louis XIV. Archives des familles Cambis et 
Vidaud. Titres des Forbin-Janson. Manuscrit 3429 du 
Musée-Calvet d'Avignon, au folio 221. 



Lettre écrite par le commandeur d'Oppède, rece- 
veur au grand prieuré de Saint-Gilles, au bailli de 
Romieu, et procès-verbal au sujet de la maladie et 
des obsèques de frère Jacques Grossy, religieux 
conventuel de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem. 

A Aix, le 18 mars 1729. 
Monsieur, 

Je vous fends mille grâces de la bonté que vous 
avez eue de m'envoyer un exprès et de m'appren- 
dre ce qui se passe à Arles au sujet de la maladie 
du pauvre abbé Grossy. 

Messieurs les prêtres de l'Ordre ont eu grand 
tort de permettre à M. le curé de là paroisse d'ad- 
ministrer les sacrements au malade, ils n'avaient 
qu'à dire la messe dans la chapelle du Grand- 
Prieuré et de là, porter le saint viatique dans la 
chambre de l'abbé Grossy, sans y appeler le curé 
qui n'y était nullement nécessaire surtout étant 



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— 304 — 

notre religieux, le curé n'étant pas même en droit 
d'y venir pour les séculiers iiui habitent dans le 
Grand-Prieuré. Il est vrai, comme dit Tabbé d'Es- 
toublon (i), dans la lettre qu'il m'a fait l'honneur 
de m'écrire que notre chapelle de Saint-Jean n'est 
ni paroisse ni collégiale, mais c'est une maison de 
l'ordre où il y a une chapelle et où l'on enterre nos 
religieux et même les séculiers qui y élisent sépul- 
ture, où Ton expose le Saint-Sacrement et où aucun 
curé n'a droit d'entrer «ans blesser nos privilèges. 
Ainsi, Monsieur, je vous supplie instamment de 
dire de ma part à Messieurs nos prêtres d'envoyer 
chercher incessamment à Saint-Gilles les saintes 
Huiles pour donner T Extrême-Onction à ce pauvre 
malade si le cas y écheoit et si ma lettre arrive à 
temps et au cas qu'il vienne à décéder, il faut que 
tous les collégiats de Saint-Gilles viennent à Arles 
pour faire les cérémonies de Tenterrement sans 
permettre que le curé ni les prêtres de la paroisse, 
ni même aucun corps ecclésiastique séculier de la 
ville y assiste en aucune façon. Monsieur l'arche- 
vêque ne saurait trouver mauvais, puisque nous 
sommes en droit par les bulles des papes et par une 
transaction passée, M. l'archevêque d'Arles et l'or- 
dre, en 1229, d'aller prendre les corps des séculiers 
qui élisent leur sépulture dans nos églises avec nos 
prêtres, la croix levée, sans aucun empêchement. 
Je suis persuadé, Monsieur, que le zèle que vous 
avez pour les intérêts de notre Ordre vous portera, 
en cette occasion comme en tout autre, à mainte- 



I. Jacques de Grille, baptisé le 14 septeiubre 1698, fils de François de 
Grille, sgr de Robiac, marquis d'Estoublon et d'Eugénie de Riquetti, fut 
chanoine, prévôt, grand vicaire d'Arles, il mourut le 19 décembre 1772. 
Baron du Roure : Les Meyran et leurs alliances^ p. 374. 



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- 305 - 

nir nos privilèges. Si par hasard M. l'archevêque 
ou le curé voulaient entreprendre sur nos droits, 
ayez, s'il vous plaît, la bonté de faire faire, par 
main de notaire, un verbal dans les formes de ce 
qui se sera passé que vous aurez la bonté de m'en- 
voyer. 

J'ai rhonneur d'être avec un parfait et respec- 
tueux attachement, Monsieur, votre très humble et 
très obéissant serviteur. 

Signé : chevalier d'OppÈDE. 

En suscription : A M. le bailli de Romieu, com- 
mandeur de Saint-Félix, à Arles. 



L'an mil sept cent vingt-neuf et le vingtième jour 
du mois de mars, savoir faisons nous, frères Jean- 
Charles de Romieu, bailli de l'Ordre de Saint-Jean 
de Jérusalem, commandeur de Saint-Félix ; Char- 
les d'Aiguières Frignan, commandeur de Millau, 
et Jacques de Viguier, chevalier ; Marc-Antoine 
Blanc, commandeur d'Espinas ; Antoine Augarde, 
commandeur de Narbonne ; Henri David, com- 
mandeur de Joucas, et Jean Augarde, prêtres reli- 
gieux conventuels du même ordre, que nous étant 
aujourd'hui rendus, sur les quatre heures du soir, 
dans l'hôtel prieural de Saint-Jean, de cette ville 
d'Ailes, pour assister aux obsèques de frère Jacques 
Grossy, prêtre religieux conventuel de notre Ordre 
et archivaire au Grand-Prieuré de Saint-Gilles, 
décédé le jour d'hier dans ledit hôtel, et dans le 
temps que le convoi funèbre était sorti dudit hôtel 
pour entrer dans la chapelle de Saint-Jean qui est 
joignante, et dont la porte n'en est éloignée que 



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— 5^ — 

d'environ dix pas, seroit survenu M^ Jean, prêtre 
secondaire de Téglise paroissiale de Saint-Julien, 
se disant promoteur du diocèse de cette ville, lequel 
s'étant adressé à nous, prêties célébrants, il nous 
auroit dit les paroles suivantes : Messieurs, je vous 
proteste de la part de M. l'archevêque que je m'en 
vais verbaliser sur ce que vous sortez procession- 
nellement pour ensevelir le corps de M. Grossy, 
parce que cela est contraire à sa juridiction, les- 
quelles paroles, prononcées avec véhémence, ont 
excité un grand bruit parmi le peuple qui étoit pré- 
sent. Mais comme la démarche que ledit sieur 
archevêque vient de faire par le ministère de son 
promoteur, est une voie de fait injurieuse à notre 
Ordre, une entreprise sur nos privilèges et d'ail- 
leurs une contravention manifeste à la transaction 
passée en Tannée 1229, entre messire Hugues, 
archevêque d'Arles, le chapitre de Féglise métro- 
pole et notre Ordre, par laquelle il est, entre autres 
choses, porté que les prêtres de l'Ordre sont en 
droit d'aller processionnellement par la ville, la 
croix levée, prendre les corps des laïques qui éli- 
ront leur sépulture dans le cimetière ou église de 
Saint-Jean, ce qui, à plus forte raison, doit avoir 
lieu à regard de nos frères décédés. Nous avons 
surtout ce dessus dressé notre procès-verbal pour 
être envoyé aux ministres de notre Ordre, afin que 
sur iceluy, ils prennent les voies qu'ils jugeront le 
plus convenables pour avoir justice de cet attentat 
et nous faire maintenir dans nos privilèges et 
exemptions. En foi de quoi nous nous sommes 
soussignés avec M® Jean Raybaud, notaire aposto- 
lique, secrétaire de notre Ordre, auquel nous avons 
fait dresser le présent verbal. 
Le bailli de Romieu, 



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— 307 — 

Le chevalier d'Aiguières Frignan, commandeur 
de la Selve ; 
Le chevalier de Saint-Andiol ; 
A. Blanc, commandeur d'Espinas ; 
Fr. Ant. Augarde ; 
Fr. H. David ; 
Fr. J. Augarde ; 

Raybaud, secrétaire. 

Bonnemant : Paroisses^ églises et chapelles sécu- 
lières de la ville d'Arles, p. 151 et sq. — Bibliothè- 
que municipale d'Arles, ms n* 151. 



Quelques actes de décès 

Le douze février mil sept cent quarante-un est 
décédé frère Ignace-Louis-Félix de Grimaldy, che- 
valier de rOrdre de Saint-Jean de Jérusalem, com- 
mandeur de Saliers, mais comme je n'ay pas été 
appelé à l'enterrement je n'ai pas cru devoir l'écrire 
en forme. 

Simon, curé. 

Le dix-huit mai dix sept cent quarante-deux, 
Jean Augarde, prêtre, commandeur de TOrdre de 
Malthe est décédé mais comme je n'ay point assisté 
à l'enterrement nous ne le croyons pas devoir 
coucher en forme. 

Simon, curé (i). 

Le trente avril mil sept cens quarante-un, mes- 



I. Ârch. muoicip. d'Arles. GGk Saint-fuUcn : Naissances, mariâmes, 
décès (ij^2'ij4$). 



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— )ùS — 

sire François-Louis de Saint-Andîol, commandeur 
de Malte et baillif de Manosque, mort le vingt-neuf 
dans la paroisse, où je luy ay administré les sacre- 
ments, âgé d'environ soixante et douze ans, a été 
enterré dans l'église de Sain-Jean de cette ville 
d'Arles. En foy de quoy j'ai signé avec les témoins. 

ViGOURoux, Mercier, Issautier, curé (i). 

Le vingt-neuf février mil sept cens cinquante- 
deux, messire André de Grille, commandeur de 
Tordre de Malte et baillif de Garec (sic)^ mort la 
nuit dernière dans la paroisse N.-D. la Principale 
de cette ville d'Arles, âgé de soixante et onze ans 
après avoir reçu seulement la sainte extrême- 
onction que je luy ay administré dans l'apoplexie, 
a été enterré dans la chapelle de. la maison de 
M. le grand-Prieur de Saint-Gilles, En foy de 
quoy, ai signé avec les témoins. 

Mercier, Pelliot, Issautier, curé. 

Le dix-huit avril mil sept cens cinquante deux, M^ 
Jean Raybaud, avocat à la Cour, et époux de damoi- 
selle Marianne Denoyer, mort le dix-sept dans la 
paroisse principale de cette ville d'Arles, âgé de 
soixante dix-sept ans après avoir reçu les sacre- 
mens, a été enterré dans l'église des RR. PP- 
grands Cordeliers. En foy de quoy ay signé avec 
les témoins. 

Mercier, Pelliot, Issautier, curé (2). 



I. Arch. mnniclp. d'Arles. GG. SasHte-Anne: Haissàneês, mariages, 
décès (i7)ii'ij4^j. ' * ' 

d'cls''(r^;oT^^^^^ ^'^'^"'' ^^- '^-■"''■^^«^ ^ Naissances, mariages. 



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— 309 — 

L*an mil sept cent soixante-sept et le vingt-quatre 
novembre a été enseveli dans la chapelle du grand 
prieuré de Saint-Gilles, messire Gaspard Hiacynthe 
de Grille, chevalier grand-croix de TOrdre de 
Saint-Jean de Jérusalem, lieutenant général des 
armées du roy, décédé le jour précédent sur cette 
paroisse, âgé de quatre-vingts ans environ, après 
avoir reçu la sainte Extrême-Onction qui lui a été 
par nous administrée, présents messire Pierre-Jean 
Barralier, notre vicaire, et Nicolas Chieusse, fils de 
Joseph, marchand droguiste, témoins requis et 
signés avec nous. 

Barralier, vie, Chieusse, Léonard, curé (i). 

L'an mil sept cent quatre vingt neuf et le hui- 
tième septembre est décédé Messire frère François- 
Louis de Franc-Montgey, chevalier grand croix 
de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, grand prieur 
de Saint-Gilles, et commandeur de Sainte-Luce, 
âgé de soixante dix sept ans. Son corps a été levé 
et conduit par Nous pour être inhumé dans l'église 
de Saint-Jean, au grand prieuré de Toulouse le 
neuvième du dit. Présens : M* Pierre Joseph Bous- 
quet, clerc tonsuré et le sieur Pierre Raymond 
Brumas sacristain et secrétaire de Monsieur le curé 
de Saint Etienne qui ont signé avec nous. 

Signé : Bousquet. 
Brumas. 
Mauriès, vicaire. 

Archives départementales de la Haute-Garonne. 
— Actes de TEtat-Civil : Paroisse Saint-Etienne ^ 
1789. 



X. Arch. monicip, d'Arles. GG. Saint-Julien. Déeh de 1^4^ à 1770, 



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L*an mil huit cent six et le quinze juin à midi 
est décédé Louis-Gaspard de Tulle de Villefranche, 
grand-prieur de TOrdre de Malthe, âgé d'environ 
de quatre vingt-sept ans et le lendemain, à midi, il 
a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse (i). 

Martin, desservant. 

Extrait des registres de catholicité de la paroisse 
de Châteauneuf-du-Pape. 



Déclaration contenant protestation 

L'an 1767 et le 24* jour du mois de novembre 
à 4 h. après-midi, par devant nous, notaire royal 
et apostolique de cette ville d'Arles, serait comparu 
messire Louis Léonard, prêtre, curé perpétuel de 
réglise paroissiale, Saint-Julien, de cette ville, 
lequel nous aurait exposé que Messire Gaspard 
Hiacinthe de Grille baillif de l'Ordre de Saint-Jean 
de Jérusalem lieutenant général des armées du Roi, 
étant décédé le jour d'hier dans la maison de M. le 
Marquis de Grille (2), seigneur d'Bstoublon assise 
audit Arles et dans ladite paroisse Saint-Jullien, il 
est en état de se porter cejourd'huy cinq heures 
du soir avec son clergé dans ladite maison de Mon- 
sieur le Marquis de Grille pour lever ledit corps du 
dit messire le baillif et l'accompagner avec son 



I. Ce document nom a été gracieusement fourni par Monsieur Tabbé 
J. Mérilan, curé de Châteauueuf-du-Pape« 

a. Jean-Baptiste-Marie-Achille de Grille Robiac, marquis d'Estoublon, 
consul en 1768, né et baptisé le 35 mars 1719, épousa à Ârignoo, le 15 
février 1744, Ânne-Charlotte de Galéan ; il mourut à Arles le 99 sep» 
tembre Z773. Baron du Ronre: Op. cif*, p. 376. 



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- 3ïi — 

clergé jusques à Téglise de Saint-Jean où il doit 
être enseveli. Ce qui ne doit pas luy être refusé 
étant mort dans la dite paroisse et lui ayant admi- 
nistré les sacrements dans cette dernière maladie ; 
et dans l'appréhension ou led. messire Léonard est 
que MM. les. chevaliers et commandeur dudit Ordre 
ne luy refusent d'enlever ledit corps et l'accompa- 
gner avec son dit clergé jusques à ladite église 
Saint-Jean où il doit être inhumé, iceluy nous au- 
rait requis de nous transporter avec luy et les 
témoins cy après nommés et soussignés présente- 
ment dans la maison où est décédé ledit messire de 
Grille, où nous aurions trouvé messire Paul Au- 
gustin des Rollands de Reauville, chevalier du 
même Ordre et commandeur d'Aix, et messire 
Chrisostome de Gaillard aussi chevalier dudit 
Ordre, commandeur de la commanderie de Poët 
Laval, commissaires à exposition du scellé mis sur 
les effets délaissés par ledit feu messire de Grille et 
en cette qualité représentant leur Ordre en cette 
partie. Auxquels toujours en présence desdits 
témoins, ledit messire Léonard leur aurait représenté 
qu'il est en droit et qu'on ne saurait lui refuser de 
lever le corps dudit feu messire de Grille et rac- 
compagner processionnellement avec son clergé 
jusques à ladite église Saint-Jean par plusieurs rai- 
sons : la première que c'est une partie des fonctions 
de son ministère ainsi qu'il est déclaré par le droit, 
tamquam camplementum communionis ecclesias- 
iicœ; la seconde parce qu'il a été toujours d'usage 
aux sieurs curés de faire la levée des corps de 
Messieurs les chevaliers, commandeurs et baillifs 
qui meurent dans leur paroisse et d'assister pro- 
cessionnellement avec leur clergé jusques à ladite 
église Saint-Jean, ce qui a toujours été pratiqué, et 



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— 3ia — 

n'a été interrompu que depuis quelques années, 
que MM. de l'Ordre de Malte ont fait enlever le 
corps des chevaliers de leur ordre décédés par 
les prêtres collégiaux et conventuels dudit ordre 
sous la croix du même ordre contre laquelle inter- 
ruption et cette nouveauté messieurs les curés ont 
protesté et se sont pourvus en justice contre ledit 
Ordre, et le procès est pendant au grand conseil, 
troisièmement que le dit ordre n*a dans cette ville 
ni coUégiats ni église desservie par aucuns prêtres 
habitués, après laquelle représentation ledit mes- 
sire Léonard curé aurait interpellé lesdits messires 
de Reauville et de Gaillard de luy laisser lever le 
corps dudit messire de Grille par luy et son clergé 
et raccompagner processionnellement jusques à la 
dite église Saint-Jean, et en refus il aurait avec tout 
le respect possible protesté de tout ce dessus aux 
fins de se maintenir dans le droit suivant Tusage 
immémorial où sont MM. les Curés de cette ville, 
à quoy les dits messires de Reauville et de Gaillard 
répondant par la bouche dudit messire de Reauville 
ont dit que la représentation cy-dessus aurait dû être 
dirigée envers les ministres de l'Ordre, et qu'en 
tant qu'ils le peuvent et doivent pour l'intérêt dudit 
ordre ils déclarent ne point consentir aux fins 
d'icelle comme contraire aux droits, privilèges, 
usages et titres particuliers de la religion de Saint- 
Jean de Jérusalem et se réservent expressément 
toutes leurs exceptions contraires pour le soutien 
de leurs droits et privilèges auxquels ils ne pré- 
tendent déroger en aucune manière par leur 
réponse qui n a d'autre objet que de les maintenir 
de plus fort, et comme la dite réponse, empêche 
ledit messire Léonard de lever ledit corps et l'ac- 
compagner avec son clergé jusques à ladite église 



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de Saint-Jean, ledit messire Léonard a persisté à 
ladite interpellation et a déclaré qu'il Ta faite pour 
luy servir et aux autres curés ses confrères et 
semelpro semper^ et sans que dans la suite ou le 
cas de mort d'un chevalier dudit Ordre dans sa 
paroisse arrivera et où il ne faira point de réqui- 
sition ni protestation, ledit défaut ne puisse nuire 
ni préjudicier à son droit ni des autres sieurs curés 
ni que son silence puisse être pris pour un tacite 
acquiescement, desquelles susdites réquisitions et 
réponse ledit messire Léonard et lesdits messires 
de Reauville, de Gaillard nous ont respectivement 
requis acte que nous leur avons concédé. Fait et 
publié audit Arles dans la maison du sieur marquis 
de Grille d'Estoublon où est décédé led. messire 
de Grille où étant assemblés lesdits messires de 
Reauville et de Gaillard en présence du sieur Jean 
Jacques Roux, praticien, et sieur François Goirand 
fils de sieur Jacques Çoirand bourgeois du lieu de 
Berre iceux habitant audit Arles, témoins requis 
et soussignés avec ledit messire Léonard curé et 
lesdits messires de Reauville et de Gaillard et nous 
Antoine Véran, notaire royal et apostolique audit 
Arles recevant. 

Signés à l'original: Léonard, curé de Saint- 
Julien ; le chevalier de Roland Reauville ; le che- 
valier de Gaillard commandeur de Poët-Laval; 
Roux, Goirand, et Véran notaire. Cancellé à Arles 
le 4 décembre 1767, signé Autheman. 

Copié sur l'original qui est aux minutes de M« 
Antoine Véran, notaire à Arles, registre de 1767» 
fol. 491, du 24 novembre 1767. 

Archives municipales d^ Arles: Fonds Louis Mège. 
Volume : Ordre de Malte. 



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— 3M — 

Une lettre du Grand Maître Ximenès 
au Grand-Prieur de Piolenc 

Vénérable très cher et bien amé Relligieux, un 
de nos premiers soins au moment de notre élection 
est de vous en donner part en vous apprenant en 
mémo tems la mort de l'Eminentissime Grand 
Maître Don Emmanuel Pinto. Nous espérons que 
le Seigneur qui nous a appelle au Magistère nous 
accordera les grâces nécessaires pour en remplir 
tous les devoirs, nous comptons aussi sur l'assis- 
tance de nos bons relligieux et principalement de 
ceux qui constitués en Dignité doivent nous aider 
de leurs conseils, nous recevrons toujours avec 
plaisir ceux que votre zèle, vous suggérera de nous 
donner et vous ne pouvez nous obliger plus sensi- 
blement qu'en recourant à nous avec confiance, 
soit pour nous faire part de ce que vous croirez 
pouvoir contribuer au bon gouvernement soit pour 
nous demander les grâces qui pourront dépendre 
de nous et qui n'auront rien d'incompatible avec ce 
que la justice et nos statuts nous prescrivent. Sur 
ce nous prions le Seigneur qu'il conserve votre 
vénérable Personne en sa sainte et digne garde. 

A Malte le 29 janvier 1773- 

Le Vénérable grand Prieur de Saint-GUles de Piolenc. 

Arch. municip, d'Arles. AA. 18^ pièce 178^. 



Certificat de décès du Grand-Prieur de Piolenc 

Frère Joseph Antoine Raybaud, prêtre conven- 



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— 315 — 

tuel de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, vicaire 
général d'illustrissime et révérendissime frère Jean 
Dominique Mainardi, grand croix, prieur général 
de la majeure église conventuelle et de tout le dit 
ordre certifie à touts qu'il appartiendra qu illustris- 
sime seigneur frère Henry Augustin de Piolenc, 
grand prieur de Saint-Gilles, conseiller du roi en 
touts ses conseils d'état et privé, commandeur de 
Bordères, est décédé ce jourd*huy dans son hôtel 
prieural, vers les cinq heures du matin, après avoir 
été administré du Saint-Sacrement de TExtrême- 
Onction le jour d'hier à 4 h. du soir par frère Alexis 
Jourdan, prêtre religieux d'obédience, et collégiat 
de réglise Saint-Jean de Saint-Gilles approuvé par 
nous à cet effet en notre susdite qualité. En foy de 
quoy, je me suis soussigné à Arles le 5 may 1773. 
Frère J. A. Raybaud, vie. g^. 

Arch. des B.-du-R. Fonds de Tordre de Malte. 
Chap. et ass. (I75i'i775>* Vol. xix. 



Lettre du Grand Maître Emmanuel de Rohan 
au chevalier de Gras de Préville, lieutenant du 
Grand-Prieuré. 

Très cher et bien aimé religieux, quoique nous 
ne puissions attribuer qu'à un zèle très louable le 
délibéré de Tassemblée provinciale du vénérable 
chapitre de Saint-Gilles, dont en qualité de lieute- 
nant vous nous avez fait part, nous ne scaurions 
néanmoins y donner notre approbation, i** parce 
que la députation nommée pour aller défendre nos 
privilèges aux Etats-Généraux n'a pas obtenu le 



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-3i6- 

consentemeût préalable du sacré conseil qui seul a 
le droit de décerner de semblables commissions, 
2* parce qu'il est question d'en faire supporter les 
frais au commun trésor qui ni consentira pas plus 
que nous, y parce qu'elle n'a pas été concertée, 
ainsi que nous l'avions recommandé à votre grand 
prieur, le 28 octobre, avec le vénérable ambassadeur 
de notre ordre a portée par la place qu'il occupe de 
connoître à cet égard les intentions du gouverne- 
ment ; au surplus comme il a pu se faire que nos 
instructions du dit 28 octobre, ne vous fussent pas 
parvenues à l'ouverture de votre assemblée provin- 
ciale, vous n'aurès sans doute pas tardé à les recevoir 
et nous espérons que vous vous y serez entièrement 
conformé. Sur ce nous prions Dieu qu'il vous ait 
en sa sainte garde. 
A Malthe le 6 décembre 1788. 

Signé RoHAN. 

A la réception de cette lettre le chevalier de 
Préville la communiqua au bailli de Villefranche 
qui demeurait à Avignon en l'accompagnant des 
mots suivants : « Je viens, Monsieur le bailly, de 
recevoir la réponse du grand maître à la lettre que 
la dernière assemblée provinciale me chargea de 
lui écrire de même qu'à la vénérable Langue aux 
fins que son délibéré soit approuvé par les Supé- 
rieurs en couvent... J'ai cru, Monsieur le bailly, 
devoir vous en faire part, comme au chef de la 
députation pour que vous en confériez avec vos 
confrères ; les procureurs de la vénérable Langue 
ne m'ont point répondu quoique je leur aie écrit 
par le même courrier que j'écrivis au grand Maître. 

J'ai l'honneur d'être avec uji attachement respec- 
tueux, Monsieur le bailly, 



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— 317 - 

Votre très humble et très obéissant serviteur, 
Le chevalier de Gras de Préville. 
A Tarascon le i*' février 1729. 

Archives de Vaucluse. H. Papiers non classés 
relatifs au Grand-Prieur de Villejranche. 



Citation adressée au Commandeur de Saliers 
pour assister à la réunion des Trois-Etats dans 
la ville d'Arles. 

« L'an 1789 et le 19* jour du mois de mars, à la 
requête de M. le procureur du roi, en la sénéchaus- 
sée d'Arles, pour lequel domicile est élu au greffe 
dudit siège, en vertu des lettres du roi, données à 
Versailles, le 24 janvier 1789, pour la convocation 
et assemblée des Etats-Généraux de ce royaume, 
du règlement.y joint et de l'ordonnance de Mon- 
sieur le lieutenant général, rendue en conséquence 
le treize du présent mois, j'ai André Davin, huis- 
sier royal, à la ville d'Arles, y résidant soussigné, 
donné assignation à Monsieur le commandeur de 
Salies, au principal manoir de son bénéfice, situé 
en Camargue audit domicile, en parlant à M'' Beuf, 
advocat, son procureur fondé, à comparoir en per- 
sonne, ou par procureur de son Ordre, fondé de 
pouvoirs suffisans, par devant M. le lieutenant 
général en la dite sénéchaussée, pour assister à 
l'assemblée des Trois-Etats, qui sera tenue dans la 
ville d'Arles, le 30 mars courant, à huit heures 
précises du matin, et concourir avec les députés de 
son Ordre à la rédaction des cahiers de doléances, 
plaintes et remontrances et autres objets exprimés 



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en la dite ordonnance, et procéder à la nomination 
des députés qui seront envoyés aux Etats-Géné- 
raux, le tout conformément et en exécution des 
dites lettres du roi, règlement y annexé, et ordon- 
nance de mondit sieur le lieutenant ; lui déclarant 
que faute de s'y trouver, ou son procureur pour 
lui, il sera donné défaut, et enfin qu'il n'en ignore, 
je lui ai, au dit domicile, en parlant comme dessus, 
laissé copie de mon présent exploit... 

Davin. 

Archives particulières de M. Beuf, de Nîmes. 
Feuille volante. 



Une autre lettre du Grand-Maitre de Rohan 

« A notre très cher et bien amé bailli de 
Foresta, ministre receveur de l'Ordre sou- 
verain de Malte, à Marseille, département 
des Bouches-du-Rhône. 
Très cher et bien amé bailli de Foresta. Dès l'ins- 
tant que les affaires de notre Ordre confiées à vos 
soins vous permettront de vous absenter du bureau 
de votre recette, vous profiterez de la première 
occasion pour vous rendre auprès de nous, accom- 
pagné du sieur Lafont, notre agent général, parce 
que votre présence nous est absolument nécessaire. 
Sur ce nous prions Dieu qu'il vous ait en sa sainte 
garde. 
Malte, le 5 juillet 1792. 

ROHAX. > 

Le bailli de Foresta a écrit en note au bas de 

<^ette lettre : 



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— 319 — 

« J'ai prié le Grand-Maître de permettre que je 
ne quitte pas Marseille dans les circonstances où 
sont les choses, étant très attaché à cette ville où 
j'ai receu le jour, et que si je m'absentais on pour- 
rait me soupçonner d'émigration, cette dernière 
considération surtout ne me pennet pas de me ren- 
dre au désir du Grand-Maître. 

Le bailli de Foresta. > 

Bibliothèque Méjanes, à Aix : Ms numéro 75^. 



« Rang et Ordre des commanderies dépendantes 
du Grand-Prieuré de Saint-Gilles avec l'état de 
leur valeur, ensemble la cote de l'imposition 
de la somme que sa Majesté désire sur le 
Grand-Prieuré (suivant l'arrêt du conseil de sa 
Majesté du 30 août 1641 (i)». 

Commanderiet Valeurs Taxes 

Grand-Prieuré de Saint-Gilles 33.174^.. 8.127 

Trinquetaille ij'??^* • • 3-8^5 

La Favouillane ;.i2i... i 2^4 

Beaulieu 4.298. .. 1.0^3 

Avignon 4.730... 1.158 

Montpellier 7.682... 1.882 

Vaours 4.164.. . 1.020 

Manosque 3.186... 780 

Poët-Laval 2.761. . . 676 

Pesenas S. 964. . . 2.196 

La Chapelle 8.871... 2.173 

Marseille 6.000... 1.470 



I. Cet état montre la répartition, par commande rie, au sol la. livre, 
de la somme de '60. 107 livres qne le roi de France avait imposée sur le 
Grand-Prieuré de Saint-Gilles. Il indique aussi quel était le revenu des 
commanderies et le nom de ces mêmes commaiideries à la date de 1641. 



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— )20 — 

Astros 3.890. . • 953 

Aix 3.913... 958 

PuiiBoîsson 4.800... 1.176 

Saint-Christol 3.896. . . 709 

Raissac 1 . 807 ... 443 

Bastit 3 . 174 . . . 777 

Peynieys 8.394... 3.033 

Tronquière 6.614. • . 1 .630 

Gap Francès 3.550... 635 

Douzens 3.864... 946 

Durbans 4.000... 980 

Grésans 4.300... 1.053 

Chirolles i . 400. . . 343 

Gsp Vallon 3. 118... 518 

Omps 1.490... 365 

Comps 5.040... 1*334 

La Selve 4.038. . . 989 

Jallès 4 .064 . . . 995 

SaÎDt-Aulaire 10.989. . . 2.693 

Saint-Félix 10.319... 3 . 503 

Cannebières 3.400... 588 

Spallion '. 3.000.. . 735 

Palliers 3 , 878 . . . 705 

Sainte-Luce 10.889. .. 3.667 

Salliers 19.933... 4.883 

Milhau 3.377. . . 583 

Vallance 3 737-- 915 

Nice 899. . . 330 

La Bessière i.i6i... 384 

Jouccas 1.448. .. 354 

Vauldroume 1.600... 593 

Spinas 635,.. 153 

Saint-Hugo 199. . . 48 

Dressée à Arles la dite répartition le 27 novem- 
bre 1641. 

Arch. municip. d'Arles. Fonds Pierre Véran. 

Chartier de Téglise d'Arles, tome iv, pièce n° 18. 



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— 321 — 

Liste des Grands-Prieurs de Saint-Gilles depuis 
leur établissement dans la ville d'Arles en 1765 

Pierre d'Esparbès-Lussan (8 mars 1602, sept. 1620, 
y à Arles le 5 novembre 1621, enterré à Saint-Gilles). 

Antoine de Paule (i62i,élu grand-maître, 10 mars 
1623, t le 9 janvier 1637). 

Balthazar d'Agout-Moriés (11 mars 1623, f à 
Arles le 8 juillet 1625). 

Jean-Jacques de Mauléon-la-Bastide (31 juillet 
1625, f à Arles le 13 août 1631). 

Claude d'Urre-Venterol (4 septembre 1631, f à 
Arles le 27 juillet 1637). 

Honoré de Quiqueran-Beau jeu (II août 1637, f 
à Arles le 24 avril 1642). 

Guillaume de Vincens-Savoillan (26 avril 1642, f 
à Malte le 12 février 1644). 

Paul-Albert de Forbin-Bonneval (15 février 1644, 
f au château de Valbonnette près de Lambesc le 
12 juillet 1661, enseveli à Arles le 17 juillet 1661). 

Jean-Bertrand de Luppé-Guarrané (18 juillet 
1661, f à Arles le 10 juin 1664). 

Jean d'Arpajon (14 juillet 1664, f à Millau, enter- 
ré à Sévérac le 10 août 1677). 

Bertrand de Moreton-Chabrillan (4 septembre 
1677, 7 à Malte le 18 juin 16S2). 

François d'Agout-Seillons (19 juin 1682, f à Mal- 
te le 21 janvier 16S4}. 

Jacques d'Ancesune-Caderousse (22 janvier 1684, 
f à Arles le 24 juillet 1692). 

François de Morges-Ventavon (11 août 1692, f à 
Malte le 22 février 1699). 

Christophe de Baroncelli-Javon (23 février 1699, 
f le 10 mai 17 14). 



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César de Villeneuve-Thorenc (13 mai 1714, 7 a 
Malte le 14 octobre 1716), 

Richard de Sade-Masan (16 octobre 17 16, 7 à 
Malte le 7 mars 17 19). 

Joseph de Félix-la-Reynarde (1719, f à Malte le 
17 avril 1721). 

Félix de Grimaldy (19 avril i72i,-{- à Malte le 
4 décembre 1734). 

Sauveur de Foresta-Colongue (7 décembre 173^, 
•{- à Marseille le 12 novembre 1737). 

Vincent-Sauveur de Gaillard (12 décembre 1737, 
f à Aix le 22 janvier 1745). 

Octave de Galéan (17 m^irs 1745, f à Malte le 7 
avril 1750). 

Pierre d'Albertas-Saint-Maime (20 avril 1750, f à 
Marseille le 4 avril 1750). 

François-Joseph de Piolenc (3 janvier 1751, f à 
Paris le 17 juin 1757). 

Henri-Augustin de Piolenc (28 juillet 1757, i à 
Arles le 5 mai 1773). 

Paul- Augustin de RoUand-Réauville (19 juin 
^773» f à Arles le 6 janvier 1782). 

Charles-Félix de Galéan-Gadagne (30 janvier 
1782, f à Avignon le 15 août 1783). 

Joseph-Gaillaume-François- Gabriel de TEstang- 
Parade (13 septembre 1783, -J- au Mas-Blanc près 
Tarascon le 14 août 1786). 

François-Louis de Franc-Montgey (1786, 7 k 
Toulouse le 8 septembre 1789). 

Louis-Gaspard de Tulle- Villefranche (28 septem- 
bre 1789, f le 1$ juin 1806 à Châteauneuf^du-Pape, 
(Vaucluse). 



Rayband : O/. fi/., passim, — Arch. des B.-da-R. — Fonds de TOr- 
dre de Malle. Chap. cfass. Vol. xviii (1755-1750). Vol. xix {t^^l't'J^y}. 
Vol. XX (1776-1783). Vol XXI (1784-1791). 



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— 3^3 — 

Liste des chevaliers présents aux assemblées 
de 1672 <^) 

Chapitre du i**" mai 1672 tenu sous la présidence 
de Jean-Paul de Lascaris Castelar, commandeur 
de Castelsarrasin et de Saint-Félix de Sorgues : 

Frères : 

François d'AgouIt Seillon» commandeur de Va- 
lence. 

Jean-François de Verdelin, commandeur de 
Raissac. 

Vincent-Anne de Forbin la Fare, commandeur 
du Plan de la Peyre. 

Jean-Baptiste de Thomas Millaud, commandeur 
de Montfrin. 

Jacques de Chiavary, commandeur de Cavales. 

Jean-Augustin de Garnier-Rousset, commandeur 
de Nice. 

Pierre de Raphaélis Rovigues, commandeur de 
Gap Francès. 

Jean de Morges Ventavon, command*^ d'Homps. 

Jean-Baptiste d'Arbaud Peynier, commandeur. 

Jean de Mouttet, commandeur de Barbentane et 
de Bordeaux. 

César de Villeneuve-Beauregard, commandeur 
de Palliers. 

Henri de Thomas la Valette, commandeur de 
Montpellier. 

Cléophas de Blacas-Thorenc, chevalier. 

Paul-Antoine de Quiqueran de Beaujeu, chevalier. 

Jean-Augustin de Joannis la Brillane» chevalier. 

Claude de Villeneuve Tourrettes, chevalier. 



1. Arch. des B.-dtt-R. — Ordre de Malte. Chapitres et atsemh/ées 
(165 1 à 1673). Vol. XIV. 



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- 324 — 

Scipion de Castellane-Esparron, chevalier 

Gaspard de Castellane Montmeyan, chevalier. 

[Etienne de Chiavary ?]-CabassoIe, chevalier. 

Gilles de Romieu, chevalier. 

Scipion de Glandevès Montblanc, chevalier. 

Charles de Thcsan Vénasque, chevalier. 

Jean-Philippe de Soubiran Arifat, chevalier. 

Jean deQuiqueran Ventabren, chevalier. 

Jean-François de Grasse Lescoulet, chevalier. 

De Castellane Prillon, chevalier. 

Jean de Sabran, chevalier. 

Gaspard de Blacas Carros, chevalier. 

Louis-Antoine de Glandevès de Beaudument, 
chevalier. 

Jean de Glandevès Castellet, chevalier. 

Sauveur de Glandevès Fourrières. 

Joseph de Félix la Reynarde, chevalier. 

François-Louis de Quiqueran Ventabren, che- 
valier. 

Antoine de Berre Saint-Julien. 

Louis de Gérente la Bruyère, chevalier, 

Gaspard de Sainte-Marguerite la Garde, che- 
valier. 

Antoine de Villages la Chassagne, chevalier. 

Melchior de Fabri Fabrègue, chevalier. 

Jean de Bausset, chevalier. 

Alexandre de Pontevès Bargème, chevalier. 

François de Berre Saint-Julien. 

Jacques Mère, prêtre, commandeur de Bayonne. 

Jean Claude Viany, prieur de Saint-Jean d'Aix. 

Jean-Marie Deydier, prêtre. 

Jean Sicard, prêtre. 

Jean Laugeiret, prêtre. 

François Gaillard. 



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— 325 — 

Assemblée tenue le 7 novembre 1672 sous la 
présidence de Jean d'Arpajon. 

Balthazar de Demandols, commandeurde Saliers, 
Pézenas et Petite Argence. 

Françoisde Ratte Cambous, commandeur de Jalès. 

François d*Agoult Seillon, commandeur de Va- 
lence. 

Jacques de Chiavary, commandeur de Cavales. 

Jean-Augustin de Garnier-Rousset, commandeur 
de Nice. 

Jean-Philippe de Soubiran Arifat, chevalier. 

Jean de Quiqueran Ventabren, chevalier. 

Jean de Sabran, chevalier. 

André de Clémens, chevalier. 

François-Louis de Quiqueran de Ventabren, che- 
valier. 



Réunions extraordinaires tenues de 1772 à 1789 



1775, 30 janvier à 


Henri-Augustin 
Grand-Prieur, 


de 


Piolenc, 


Présents: 5 chevaliers 


XI heures. 


préside. 


un prêtre. 


19 jaia à xx heu- 


Le même. 








Présents : 3 chevaliers 


res. 










X prêtre. 


9 décembre, k ii 


Le même.' 








Présents: 6 chevaliers 


henres. 










X prêtre. 


177), 93 mars à ix 
heares. 


Le même. 








Présents : ^ chevaliers 










X prêtre. 


X774, x6 décembre. 


Paul -Augustin 


de 


RoUand • 


Présents : 3 chevaliers 




Réauville, 


Grand-Prieur. 


I prêtre. 


1775, 14 janvier. 


Le même. 








Présents : 4 chevaliers 
9 prêtres. 


X776, y juin. 


Le même. 








Présents : 3 comman- 
deurs, 3 prêtres. 


1776, II décembre. 


Le même. 








Présents : 2 chevaliers 












I prêtre. 


1778, 94 décembre 


Le même. 








Présents : x comman- 


à 3 h. du soir. 










deurs, 3 prêtres. 


1779, 9 janvier, à 


Le méiue. 








Présents : 9 comman- 


II h. dii matin. 










deurs, 9 prêtres. 


14 janvier à 3 h. 


Le même. 








Présents : 9 comman- 


du soir. 










deurs, 9 prêtres. 


a8 octobre, il 9 h. 


Le même. 








Présents : x comman- 


du soir» 










deur, 3 prêtres. 



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— 3^6 — 



17*^» 4 avril, à ii 


Le même. 






Présents: s comman- 


h«ure«. 








deurs, 3 prêtres. 


8 avril à ii heu- 


Le même. 






Présents: 9 comman- 


res. 








deurs, 3 prêtres. 


X781, s6 mars à 11 


Le même. 






Présents: 3 comman- 


heures du mat. 








deurs, 9 prêtres. 


1785. 14 décembre, 


Joseph-Fraoçois- Auguste 


des 


Présents : i c>»miuan- 


à II h. du mat. 


Porcellets, 


commandeur 


de 


deor« 9 chevaliers. 




Trinquetaille. (Cf. p. 83). 




X prêtre (i). 



Ordre de Malte. — Langue de Provence 

c Titres et revenus des commanderies. Noms des 
commandeurs en 1755. 

AJx-en-Provence. Revenu net : 7000 livres. 

Commandeur : Le chevalier [Joseph-Charles] de 
Tressemanes-Chasteuil, [né en] 1701, [pourvu enj 
may 1752. 

Arcins prez de Bourdeaux, prieuré de Toulouse. 
Revenu : environ 6500 livres. — Commandeur : Le 
chevalier [François de Glandevès] (2) deNiozelles, 
[né en] 1682. 

Argence, près d'Arles. Revenu : 3000 livres. 



I. Quelques autres réunions extraordinaires eurent lien, dans la ré- 
gion, pendant les dernières années de l'existence de TOrdre de Malte. 
Ainsi le Grand-Prieur de Réauville pria le i6 juin et le 93 novembre 
1780, le bailli de Gaillard, commandeur de Valence, de présider deux 
•ssemblées à Marseille. Le 93 mars 178s, une réunion se tint à Avisnon, 
Il 10 h. du matin, dans l'hôtel du Grand-Prieur, Charles-Félix de Ga- 
léan-Gadagoe. Les x6, sa mars, 3 avril 1784, 4 février 178^, 35 février, 
37 mars 1786, eurent lieu des assemblées extraordinaires, à Aix, au haut 
de la rue de l'Opéra, dans l'hôtel du marquis de Parade, sous la prési- 
dence du Grand-Prieur de ce nom. Une autre se tint à Marseille, lu 15 
juin 178}, à 4 h. du soir, sous la présidence du bailli Dominique de 
Gaillard. Cf. pour cttte dernière // Miscelianées, t, /., aux archives 
municipales d'Arles. 

9( Kout nous sommes surtout servi pour l'identification des noms des 
chevalicrSfdu catalogue qui accurapagne Y Essai sur Jt Grand-Prîtmri dt 
Sâint^QUlei du comte de Grasset, paru en i8<^ it de ftiltfi pttblU en 
x88x pif M. liOUil dt la Roque. 



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-337 - 

Commandeur : Le chevalier Paul de Baroncelli, 
\t\é en] 1705, [pourvu en] may 1751. 

[Le chevalier Honoré-François-Xavier] de Grille 
d'Estoublon, [né en] 1704, [pourvu en] 1758. 

ArgentetDS, prieuré de Toulouse, dans le duché 
d'Albert. Revenu : environ 17000 livres. Comman- 
deur : Le bailli Bernard de Roquette, [né en] 1672, 
[pourvu en] may 1750. 

Astros, prieuré de Saint-Gilles, près de Fréjus. 
Revenu : environ 7000 livres. Commandeur : Le 
bailli [Sextius-Ange] de Ricard, [né en] 1670, 
[pourvu en] may 1746. 

Le chevalier [François] de Nupces, [né en] 1696, 
[pourvu en] 1756. 

Avignon (prieuré de Saint-Gilles). Revenu : 
7000 livres. Commandeur : Le chevalier [Jean-Bap- 
tiste] de Durand Sartoux, [né en] 1679, [pourvu en] 
may 1748. Le chevalier [Michel] de Montolieu, [né 
en] 1691. 

Barbantane (i), prieuré de Saint-Gilles et dans les 
environs de Capette ; 2^ de Nîmes, 3° de Montpel- 
lier. Revenu : environ 5624 livres. Commandeur : 
Le chevalier d'Orléans de la Motte, [né en] 1 681, 
[pourvu en] may 1753. 

Beaulieu, prieuré de Saint-Gilles, près de Tou- 
lon. Revenu : environ 7400 livres. Commandeur : 
Le chevalier Michel de Montolieu, [né en] 1SS7, 
[pourvu en may] 1750, reçu chevalier en 1702. 
M. [Louis de Laidet] de Sigoyer, [pourvu en] 1759, 



t. Barbtntaiie ti*éliiU âotre qui LivUrf, lur U riv« droitt 6n pilit 
Rhôoe, célébra par l» pâifaga du cardinal àt Rtchtliaui k son ratoar du 
siège de Perpigoaa, ea 164s. Cétt U coiiiùia odeur Praoçois de Mars- 
Liviars, moitié 17 février x6<^6, qui jonissaot de la métairie dé llarbeil* 
tane y fit hàiU un Ugeiueut, lequel coaiaeiva le nom dé soa ftittdétcttf « 
]UTBAt;o I Op, eti., 11, p. ssii 



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-328- 

Le Baslic, prieuré de Saint-Gilles, en Querci, au 
diocèse de Cahors. Revenu : environ 6.500 livres. 
Commandeur : Le chevalier Joseph de [Rolland]. 
Réauville, [né en] 1693, [pourvu en] may 1747- 
Pierre-Paul de Piolenc, [pourvu en] 1755. 

Béziers ou Peyruis, prieuré de Saint-Gilles. Re- 
venu : environ 13800 livres. Commandeur : Le che- 
valier [Antoine de Garnier-JuUans] de Fontblan- 
che, [né en] 1685, pourvu en may 1752, [reçu che- 
valier en] 1696. 

Bordeaux, prieuré de Toulouse. Revenu : environ 
16000 livres. Commandeair : Le Grand-Prieur de 
Piolenc, [né en] 1681, [reçu en] 1697. 

Bordères, prieuré de Toulouze, prèz de Bagnères. 
Revenu : environ 17000 livres. Commandeur : Le 
chevalier Augustin de Piolenc, [né en] 1687, [pourvu 
en] may 1751, [reçu en] 1691. 

Boudrac, démembrée du prieuré de Toulouze. 
Revenu : environ 7000 livres. Commandeur : Le 
chevalier [Philippe-Charles de Cruzy] de Marsillac, 
[né en] 1689, [pourvu en] may 1750, [reçu en] 1701. 

Le Burgaud, tout près du prieuré de Toulouze. 
Revenu : environ 7.800 livres. Commandeur : Le 
chevalier [René]' de Léaumont [de Puy-Gaillard], 
[né en] 1694, [pourvu en] may 1755, [r^Çu en] 1701. 

Cagnac, prieuré de Toulouze, prez de Mirepoix 
Revenu : environ loooo livres. Commandeur : Le 
chevalier [Joseph-Gabriel] de Gignac Thomas, né 
en 1700, pourvu par grâce magistrale en 1747, reçu 
en 1713. 

La Cappelle en Querci, prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ 20.000 livres. Commandeur : Le 
Grand-Prieur de Piolenc, [né en] 1681, [pourvu en] 
may 1749. 

Canabières près de Rhodes, prieuré de Saint-Gil- 



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— 3^9 — 

les. Revenu : 6300 livres. Commandeur : Le che- 
valier de Javon l'aîné [Paul-Joseph de Baroncelli], 
né en 1704, pourvu en may 1752, reçu en 1704. 

Capète tout près du prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ 7.100 livres. Commandeur : Le 
chevalier [Henri de Robin-Pradal] de Beauregard, 
né en 16S8, pourvu en may 175 1, reçu en 1701. 

La Cavalerie, prieuré de Toulouze, prez d'Auch, 
de Condom et de Lectoure. Revenu environ 9.000 
livres. Commandeur : Le chevalier [Laurent] de 
Marcel-Blairi du Poët, né en 1680, pourvu en may 
1751, reçu en 1692, Joseph de Valabre, pourvu en 

1737. 

Cavalez tout prez du prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ 4000 livres. Commandeur : Le 
chevalier [Joseph-Paul] de Gautier de Valabres, 
né en 1706, reçu en 1718, pourvu par grâce prieu- 
rale en may 1737. 

Caubins et Morlas, prieuré de Toulouze en 
Béarn. Revenu environ 11.000 livres. Comman- 
deur : Le chevalier [Etienne dEsparbès] de Lus- 
san-la-Motte, né en 1692, pourvu en may 1753, 
reçu en 1704. 

Comps prez de Fréjus, prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ 7400 livres. Commandeur : Le 
chevalier Balthazar de Raymonde d'Eoulx (i), né 
en 1688, pourvu par grâce prieurale en may 1748. 

Condat à sept lieues de Périgueux, prieuré de 
Toulouze. Revenu environ, 15.000 livres. Com- 
mandeur : Le bailli [Jean-Louis] de Guérin de Ten- 
cin, né en 1702, pourvu par grâce magistrale en 
may 1742, reçu en 1716. 

Douzens prez de Carcassone, prieuré de Saint- 



I • Voir plnf loin son épitapbe. 



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— )}o — 

Gilles. Revenu environ : 6.000 livres. Comman- 
deur : Le chevalier Louis-Hippolyte de Varagne- 
Bélesta de Gardouch, né en 1700, pourvu en may 
1749, reçu en 1701. 

Durbans prezde Cahors, prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ : 7000 livres. Commandeur : Le 
chevalier [Alexandre a/iàs Alphonse] de Pontevès- 
Mobousquet. 

Espalions prez de Rhodèz, prieuré de Saint-Gil- 
les. Revenu environ 10.000 livres. Commandeur : 
Le chevalier François de Raymond d'Eoulx, né en 
1677, pourvu en may 1749, reçu en 1692. 

La Favillane prez d* Arles, prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ 4.000 livres. Commandeur : Le 
chevalier Paul-Augustin de RpUand-Réauville, né 
en 1699, pourvu en may 1750, reçu en 1704. 

Gnp, prieuré de Saint-Gilles. Revenu environ : 
5000 livres. Commandeur : Le chevalier [François] 
deNupces, né en 1703, pourvu en may 1751, reçu 
en 1703. 

Gap francez, prieuré de Saint-Gilles, à sept lieues 
de Mende en Gévaudan. Revenu environ 8000 li- 
vres. Commandeur : Le chevalier [Joseph] d'OIî- 
vary, né en 1682, pourvu en may 1747, reçu en 
1699. 

Grezans à trois lieues de Béziers, prieuré de 
Saint-Gilles. Revenu environ 6600 livres. Com- 
mandeur: Le chevalier Gaspard de Raymond 
d'Eoulx, né eu 1687, pourvu en may 1750, reçu 
en 1703. 

Hompsprèz de Narbonne, prieuré de Saint-Gil- 
les. Revenu environ 7500 livres. Commandeur: 
Le chevaher [Joseph] d'Albert du Chaîne, né en 
1685, pourvu en may 1746, reçu en 1696. 

Jalez prèz d'Usez, prieuré de Saiot-GillOS. ReVf- 



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— 3)^ — 

nu environ: 12000 livres. Commandeur : Le che- 
valier [Pierre-Emmanuel de Pcurroy de Quinson- 
nasj de Lauberivière, né en 1702, pourvu par grâce 
magistrale en may 1737, reçu en 1724. 

Lugan et Plantes, prieuré de Saint-Gilles, en 
Rouergue. Revenu environ 4000 livres. Comman- 
deur : Le chevalier de Cornusson Desvignes [pro- 
bablement Gabriel-Bonaventure de Vignes la Bas- 
tide- Parisot], né en 1701, pourvu en may 1755. 

Marseille, prieuré de Saint-Gilles. Revenu 12.000 
livres. Commandeur : Le bailli [Jacques-Armand], 
de Vachon-Belmont, né en 1691, pourvu en may 

1747- 

Maussonez, [sans doute Montsaunès, Haute-Ga- 
^ Yonne], diocèse de Rieux et Comenge, prieuré de 
Toulouze. Revenu environ 7000 livres. Comman- 
deur: Le chevalier Scipion de Raymond d'Eoulx(i), 
ne en 1680, pourvu par grâce magistrale en may 
1729, reçu en 1696. 

Milhaud, prieuré de Saint-Gilles. Revenu environ 
7000 livres. Commandeur: Le chevalier Scipion de 
Raymond d'Eoulx, né en 16S0, pourvu en may 
1748, reçu en 1696. 

Montfrin, prieuré de Saint-Gilles. Revenu envi- 
ron 6000 livres. Commandeur: Le chevalier [Tho- 
mas de Villeneuve-jTrans, né en 1082, pourvu en 
may 1748, reçu en 1699. 

Montpellier, prieuré de Saint Gilles. Revenu 
environ 9000 livres. Commandeur: Le chevalier dïj 
Glandevès (probablement Pierre-André), né en 
1689, pourvu en may 1751. 

Nice, prieuré de Saint-Gilles. Revenu environ 
1500 livres. Commandeur: Le chevalier [Louis- 



t. Voir plui loin lott épHiphd. 



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— 332 — 

François] de TEspine [du Pcët], né en 1688, pourvu 
en may 1748, reçu en 1705. 

Paliers, partie en Gévaudan, partie en Vivarez, 

prieuré de Saint-Gilles- Revenu environ 9000 

livres. Commandeur : Le chevalier [Nicolas-Roch) 

*de Villages la Salle, né en 1671, pourvu en may 

1746, reçu en 1692. 

Pézenas, commanderie magistrale, prieuré de 
Saint-Gilles. Revenu environ 2.000 livres. Com- 
mandeur : Le bailli [Jean-Louis] de Guérin de 
Tencin, né en 1702, pourvu en mars 1744» r^Ç^ ^^ 
1716. 

Puissoubran, commanderie magistrale aux dio- 
cèses de Saint-Papoul et de Mirepoix, prieuré de 
Toulouze. Revenu environ 6000 livres. Comman- 
deur : Le chevalier de Picot de Combreux [proba- 
blement Jacques- François], de la langue de France, 
pourvu en 1746. 

Le Plan de la Peyre, au drocèse de Nîmes, prieuré 
de Saint-Gilles. Revenu environ 4200 livres. Com. 
mandeur: Le chevalier [René] deGras-Préville, né 
en 1695, pourvu en may 1752, reçu en 1707. 

Poet-Laval au Montélimart, prieuré de Saint- 
Gilles. Revenu environ 6500. Commandeur : Le 
chevalier Chrysostome de Gaillard né en 1724» 
pourvu par grâce prieurale en may 1742, reçu en 
1736. 

Poucharamet, démembrédu prieuré de Toulouse. 
Revenu environ 7.000 livres. Commandeur: Le 
chevalier [Jean-Sébastien] de Varagne-Bélesta Gar- 
douch, pourvu par grâce prieurale en may 1750, 
reçu en 1713. 

Puimoisson, près de Riez, prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ i.ooo livres. Commandeur: Le 
chevalier [Jean-Baptiste] de Châteauneuf-[Roche- 



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— 333 — 

bonne], née en 1684, pourvu en may 1748, [reçu 
en 1697]. 

Raissac, près d'Alby, prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ i.ooo livres. Commandeur: Le 
chevalier [Charles] Jean-Baptiste de Raousset, né 
en 1696, pourvu en may 1751, reçu en 1(597. 

Reneville, à sept lieues de Toulouse, prieuré de 
Toulouse. Revenu environ : 11.500 livres. Comman- 
deur : [Antoine] d'Albertas-Saint-Mayme, né en 
1678, pourvu en may 1748, [reçu en 1690]. 

Saint-Biaise de Mars aux Pirénées, prieuré de 
Toulouse. Revenu environ : 1.180 livres. Com- 
mandeur : Le chevalier [Thomas] d'Aurel, né en 
1699, pourvu en may 1753, reçu en 17 12. 

Saint-Christol près le Pont de Lunel, prieuré de 
Saint-Gilles. Revenu environ : 8.400 livres. Com- 
mandeur: Le chevalier [Jean-Louis] d'Astoaud- 
Murs, né en 1672, pourvu en may 1746, reçu en 
168S. 

Sainte-Eulalie à trois lieues de Milhaud, prieuré 
de Saint-Gilles. Revenu environ 32.000 livres. 
Commandeur : Le chevalier [Jean-Louis] de Gué- 
rin-Tencin, né en 1702, pourvu par grâce magistrale 
en may 1749, ^^Ç^ ^^ 1716. 

Saint Félix en Rouergue. Revenu environ : 
18.000 livres. Commandeur: Le chevalier [Fran- 
çois-Ignace] de Tonduti-Malijac, né en 1715, pourvu 
par grâce magistrale en may 1751, reçu en 1729. 

Sainte-Lucie, à Arles, prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ 16.000 livres. Le chevalier [René] 
de Gras- Pré ville, né en 1695, pourvu par grâce 
magistrale en may 1734, reçu en 1707. 

Sainte-Marguerite, à Nice, prieuré de Saint- 
Gilles. Revenu environ 1.700 livres. Commandeur: 



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- 334 — 

Le chevaliar Jean-Baptiste de Raymond d'Eaulx, né 
en lyor, pourvu en may 1748, reçu en 1714. 

Saliers, à Arles, prieuré de Saint-Gilles. Revenu 
environ : 1.400 livres. Con)raandeur : Le chevalier 
[Antoine] de Blacas d'Aups (j), né en 1701, pourvu 
par grâce magistrale en may 1743, reçu en La Selve 
en Rouergue, prieuré de Saint-Gilles. Revenu envi- 
ron 9.000 livres. 

Le Temple, à Agen, prieuré de Toulouse. Re- 
venu environ : 6.000 livres. Commandeur : Le che- 
valier [Jean-François] de Palavacini, né en 16S8, 
pourvu en may 1750, reçu en 1701. 

Trinquetaille à Arles, prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ: 16.000 livres. Commandeur: Le 
bailli [Jacques-Armand] de Vachon-Belmont, né 
en 1691, pourvu par grâce magistrale en may 1719, 
reçu en 169 i. 

La Tronquière près Cahors, prieuré de Saint- 
Gilles. Revenu environ 8.000 livres. Comman- 
deur: Le chevalier [Joseph-Marc- Antoine] de Ro- 
bin-Barbentane, né en 1676, pourvu en may 1747, 
reçu en 1692. 

Vahours près de Cahors, prieuré de Saint- 
Gilles. Revenu environ 9.200 livres. Commandeur : 
L'évêque de Malte, pourvu par grâce pîieurale en 
may 1731. [Il s'appelait Paul-Alphéran de BussanJ. 

Valence, prieuré de Saint-Gilles. Revenu envi- 
ron : 12.000 livres. Commandeur: Le chevalier 
Dominique de Gaillard, né en 1719, pourvu par 
grâce prieurale en may 1747, [reçu enj 1737. 

La Vernède en Camargue, prieuré de Saint-Gilles. 
Revenu environ : 3.300 livres. Commandeur : Le 
chevalier [Jean-Joseph] d'Albert-Saint-Hippolyte, 



I. Voir son épitaphe plus loin. 



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— 335 — 

né en 1696, pourvu en may 1755, reçu en 1708. 

La Villedieu, au diocèse de Montauban, prieuré 
de Toulouze. Revenu environ 15.000 livres. Com- 
mandeur : Le bailli [Sextius-Ange] de Ricard, né en 
1670, pourou par grâce magistrale en may 1704, 
reçu en 1696 >. 

Musée Calvet d'Avignon. Ms. 2819 : Recueil sur 
Avignon. Mélanges ecclésiastiques^ fol. 109. 



Liste de Messieurs les commandeurs du Grand- 
Prieuré de Saiçt-Gilles et de leur résidence (3 juin 
1 772), dressée par ordre du commandeur [Domini- 
que] de Gaillard, de Valence. M. le bailly [Henri- 
Augustin] de Piollenc, grand prieur de Saint Gilles, 
à Arles. 

M. le chevalier [Joseph-François-Auguste] de 
Porcelets, commandeur de TrinquetaiUe, à Beau- 
caire. 

M.lechevalierd'Argens, commandeur de la Favil 
lane, lieutenant du roy, à Brest : c'est M. le com- 
mandeur [François-Louis de Franc JMontgey qui 
est encore en jouissance de cette commanderie. 

M. le chevalier [Hcnoré-FrançcisXavier] de 
Grille, commandeur de Beaulieu, à Arles. 

M. le chevalier [Pierre-Paul] de Piollenc, com- 
mandeur d'Avignon, du Bastit et de Barbentane, à 
Arles. 

M. le chevalier [Joseph] de Veynes [du Prayet], 
commandeur de Montpellier, à Valence. 

M. le bailly [Louis-Hippolyte] de [Varagne] Bé- 
lesta [Gardouch], commandeur de Vaours, à Tou- 
louse. 



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-336- 

M. le bailly [Gaspard de Raymond] d'Eaux, 
bailly de Manosque, commandeur de Marseille, 
par Castellane, à Eaux. 

M. le chevalier Chrysostome de Gaillard, com- 
mandeur de Poet-Laval, à Arles. 

M. le bailly prince Camille de Rohan, comman- 
deur de Pézenas, à Paris. 

M. le chevalier [Henri-François de Guirao] la 
Brillane, commandeur de la Capelle, par Caylus et 
Montauban, à la Capelle. 

M. le chevalier [Nicolas de Cabre-^Roquevaire:, 
commandeur d'Aix, à Aix. 

M. le chevalier Trançois-Louis de, Franc] Mont- 
gcy, commandeur d' Astres, à Toulouse; c'est M. le 
commandeur [Joseph-François- Auguste] de Porce- 
let qui est encore en jouissance de ce:te comman- 
derie. 

M. le chevalier [Jean-François de Fougasse] de la 
Bastie, commandeur de Puimoisson, à Avignon. 

M. le chevalier [Pierre- André] de Suflfren [Saint- 
Tropez], commandeur de Saint-Cristol, à Malte ; 
cette commanderie est actuellement en vaccant. 

M. le bailly [François] (i) de Glandevès, com- 
mandeur de Raissac, à Marseille. 

M. le chevalier [Richard-Jean-Louis] de Sade 
[Mazan], commandeur de Béziers, à Avignon. 

M. le chevalier [Louis de Laidet] Sigoyer, com- 
mandeur de la Tronquière, à Malte. 

M. le chevalier |de Raymond] dEaux, comman- 
deur de Gapfrancès, à Toulon. 

M. le bailly [Jean-Antoine-Joseph-Charles-Elzéar 
de Riquetty], de Mirabeau, commandeur des cora- 
manderies de Sainte-Eulalie et de Dousens,à Paris. 

I. Baron du Rcure: Op. cit., p. 963. 



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— 337 — ' 

lA. le chevalier [Etienne d'Esparbès] de Lussaïi 
[la Motte], commandeur de Durbans, à Paris. 

M. le chevalier de Puget-Barbantane, comman- 
deur de Grésans, par Avignon h Barbantane. Cette 
commanderie est actuellement en vaccant. 

M. le chevalier [Gaspard-François de la Croix 
de Chevrières] de Sayve, commandeur de Gap, à 
Grenoble. 

M. le chevalier [probablement Toussaint de Ven- 
to] des Pennes, commandeur d'Homps, à Malte. 

M. le bailly [Paul- Augustin de Rolland] de Réau- 
ville, commandeur de Jalès, à Arles. 

M.le chevalier [de Raymond]d'Eaux, commandeur 
.de Taurenc et de la Selve, par Castellane, à Eaux. 
M. le chevalier [François-Ignace de Tonduty] de 
Malijac, commandeur de Saint-Félix, à Malte. 

M. le chevalier Louis- François [de Raymond] de 
Modène, commandeur de Canabières, à Rodés. 

M. le chevalier [Joseph-Gabriel] de Lordat, com- 
mandeur d'Espalion, à Toulouse. 

M. le chevalier [Joseph-Guillaume-François-Ga- 
briel de TEstang] de Parade, commandeur de Pal- 
liers, à Arles. 

M. le chevalier Joseph d'Albert Duchène, com- 
mandeur de Sainte-Luce, à Aix. 

M. le bailly [Antoine de Blacas] d'Aups, com- 
mandeur de Sallieis et d'Argence, à Arles. 

M. le chevalier de Ligondès, commandeur de 
Millau, à Malte. 

M. le chevalier Dominique de Gaillard, com- 
mandeur de Valence, à Marseille. 

M. le chevalier de Blacas Vérignon [probable- 
ment Jean-Joseph-Simon] (i), commandeur deNice, 



I. Voir son épitaphe plus loin. 



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' - 338 - 

à Malte ; c'est M. le chevalier de Puget Barbentane 
qui jouit de cette commanderie, elle est adminis- 
trée à vie par M. le chevalier [Joseph-Gabriel] 
d*01ivaris. 

M. le chevalier [Louis-Gaspard de Tulle] de Ville- 
franche, commandeur de Cappette, à Avignon. 

La commanderie du Plan de la Peyre est en 
vaccant. 

M. le chevalier [Joseph Henri] de PioUenc, com- 
mandeur de Montfrein, à Paris. Le dit commandeur 
a été nommé par grâce prieurale à la commanderie 
de Comps, elle lui est disputée et, pour raison de ce, 
cette commanderie est en litige. 

M. le chevalier de Blacas d'Aups, commandeur 
de la Vernède, par Barjols, à Aups. 

M. le chevalier [Joseph-Paul de Gautier] de Vala- 
bres, commandeur de Cavales, à Arles. 

M. le chevalier de Valabres [probablement Ignace, 
frère du précédent], commandeur de Lugan, à 
Malte. 

M. le chevalier de Blacas Garros, par Vence et 
Grasse, à Garros. 

M. le chevalier de Catalan [probablement Fran- 
çois-Henri-Auguste], administrateur à vie de la 
commanderie de Sainte-Anne, appartenant à la 
vénérable langue de Provence, à Nîmes. 

Frère Jean Porry, commandeur de Joucas, à 
Marseille. 

Frère Pierre Sigaud de Bresq, commandeur d'Es- 
pinas, chez le sieur Praviel, secrétaire de TOrdre, 
à Toulouse. 

Frère Charles Secret Bruillères, commandeur de 
Valdrome, à Marvéjols. 

Frère Jacques Blain, commandeur de Narbonne, 
à Malte. 



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— 339 — 

Frère Jean-Baptiste de Viguier, prieur de Saint- 
Jean, à Âix. 

Archives municipales d'Arles. Fonds Louis Mège. 
Volume : Ordre de Malte. 



Une inscription 

Le Grand-Prieur de Forbin fut un grand bienfai- 
teur des religieux de la Provence (i). Il avait fait 
voûter et carreler à ses frais une des salles du cou- 
vent des Minimes d'Arles, ainsi que le prouve Tins- 
cription suivante, que nous devons à l'obligeante 
communication de M. le comte de Forbin. 

D. O. M. 

Oculos hoc in marmor intende viator, 
Insculptaque in eo legens addisces 

POTENTISSIMU D. PAUL ALBERTU DE FORBIN 

Quem Galloprovincia clarissimis exortum nata. 
libus proclamât. 
Quem Melitea religio solemni ad Ludovicum xiii 
Legatione alias cohonestatum maximoque nunc 
Sancti -^gidii prioratu insignitum veneratur. 
Quem Gallia triremium propraefectû coluit et 
Sanctions consilii senatorem regium reveretur 
Quem orbis universus omni heroicarum virtutum 
Génère cumulatissimum demiratur. ' 
Hanc aulara quadrario lapide concamerare ac 
Eleganti solo munire propriis sumptibus curasse 
Tantique benefactoris immoriturae memoriae 



I. Voir Philippe de la Sainte-Trinité : Voyage en Orient, 



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— 340 — 

Conventum minimorum arelatensium hoc debitae 

Gratitudinis nionimentum erexisse 

Kal maii aiino a partu virgineo m. d. c. xlix. 

(Chapelle des Issarts . ) 



EPITAPHES 

Nous donnons ici les épitaphes des chevaliers 
dont nous avons parlé au cours de notre étude. 
Elles se voient encore, sauf la dernière, dans 
l'église Saint-Jean à Malte. Nous les avons relevées 
dans les Archives des Missions, i*"*^ série, VI (1856), 
pp. 1-240, d'un article signé « de Mas Lastrie » (i). 

Antoine de Blacas d'Aups 

D. O. M. 
F. Ant. de Blacas, Aupsensi 
Eq. Hier, prœfecto, Triremis 
Magna. Cruce. Ornato 
Naturœ. Artuum. Rei. Agrariae 

Studiosissimo 
Ingenuo. Probo. Liberali 
Q. V. A. Lxxvn, Ob. A. mdcclxxvii. 
F. Eug. de Seytres Caumont. Eq. H. 
Gall. Régi A. NegotiisGerend. 
M. Mag. A. Secretis 
Grat. niœr. s. impensa 
Aniico Opt. M. P. An ciddcclxxx. 

{Chapelle Saint- Michel). 



X. Ces inscriptions sépulcrales avaient d'abord paru, mais iacom- 
plclcs, dans l'ouvrage de Caraana : Coîle^lone di monumenti e hptJi^ 
sepoicrali deimiliti GerosoîimUani nella c/iù^a di sanGtovanni tn Maiia, 
désignait in coniorno lithographico da Rafaele Caruana, Malte, chez P*.P-" 
Caruana, 3 vol. in f> 18)8, 1839, i^^o. 



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— 341 



Nicolas de Cabre Roquevaire 

D. O. M. 

Nomini, per quam, observando 

Fris. Nicolaï. De. Cabre. Roquevaire. 

Magni, Olim. commend. Bajulivi Manoascœ 

Quem 

Animi. Virtus. Morurn integritas 

Summa religio 

Dexteritas. item. Modestia, Fides 

Usque. cumularunt 

Et. adolescentem. Classis. Régis christianiss. 

Addictum. obsequio 

Et. virum. questurœ. sui. ordinis 

Officio. prœpositum 

Et. senem. prœclaris. auctum 

A. die. obit. m Kal. Febr. mensis. v. 

A. S. MDCCLXXXIV. 

(Chûpclle Saiiît'Mii:hel,) 

Jacques-Armand de Vachon Belmont 

D. O. M. 

Fr. Jacobus Armandus 

De Vachon Belmont 

Commendarum Arelatensis 

Et Massiliensis prœfectus 
Triremis dux electus A. mdccxvi, in passaventi 
Pugna pari consilio ac fortitudine hostium 
Vires afflixit. Questor designatus in prioiatu 
S. Œgidii, publicam rem très annos indefessus 
Promovit ; tum post ea ad magni commendatoris 



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— 34« — 

Ac tandem magni prions tolosani amplissimos 
Honores electus clarius virtutibns,. quant 
Dignitatum ornamentis emicuit ; de ordine 
Suo non mediocri munificentia bene meritus, 
Paupertatis solatium. amicorïï deliciœ, candoris 
Et integritatis exemplar aquis sextiis naturœ 
Concessit tertio idas novembris A. mdcclxvi. 
Quod amantiss. patrui memoriœ dicat et consecr. 
Bajalas Victor Nicolaus de Vachon-Belmont. 
Qui majoribus sui ordinis dignitatibus 
Honeste functus, virtntum splendore 
Et morum urbanitate prœstantior 
Mentis clariss : Melitœ fato cessit 

20. Agus. A. 1807. 

rMême Chapelle.) 

Antoine de Riquet Mirabeau 

Memoriœ immortali 
Fr. Antonii de Riqueti Mirabeau 
S. Eulaliœ et Besies prœceptoris 
Port triremiïï S. R. J. Praefectura 
Magni Tolosœ Prioris 
Qui regiœ primum navi 
Tum Aquis Lupiis prœpositus 

Cbristianiss. régi 
Obsequia egregie probavit sua 
Meritis demum et honorib. clarus 
Probitate innocentia comitate 
Ordinib. cunctis desideratiss. 
Obiit XIV Kal. maias mdccxciv. 
Œtatis suœ lxxii. 

{Même Chapelle) 



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- 343 - 



Scipion de Raymond d'Eaux 

Generis splendorem, ac honorum gradus 

Ne quœras viator, 
Sed quœ post cineres una superstes 
Admirare virtutem 
F. Scipionis de Raymond d'Eaux 
Comm : de Montsonnes, et de Millaud 
Hic post solitos hiei os : militiœ gradus 
Ad inclyptum bellicarum navium 
S. S. Vincentii, et Joannis regimen evectus 
Suis admiralioni, hostibus terrori fuit 
Horum maves suo aspectu fucavit non semel 
Magnamq : aligeriensem gazelam dictam 
Post agrem 22 horarum pugnam, 
Omnium plausu, victor subjecit 
Post tôt prœclara gesta, diro morbo tentatus, 
Quare invicta patientia longe commandabilis. 

Mortales hic exuvias, in œvum victurus, 

Tandem posuit die 23, mens: februa. anno 1758 

Œtatis suœ 78. 

(Chapelle sans autel communiquant à la sacristie). 

Balthasar de Raymond d'Eaux 

D. O. M. 
Fr. Balthassaris de Raymond d'Eaux 
Sacr. ord : censuum de Coraps, et de la VernèJe 

Commendatarii meritissimi 
Hîc cineres quiescunt, rursum victuri. 
Animi magnitudine, morumque suavitate 

Prœstantissimus vir 
prestantior, quod navium ministerio addictus, 



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— 544 — 

S. Joannis ducis munus per plures annos 
Exosus nemini, omnibus charus, 
Summa cum laude egerit. 
A longe prœstantissimus 
Quod sibi consulens, et œternitati prospiciens 

Reliquum temporis Deo vixerit. 
Decessit die xiv. mens, octobris, ann. mdcclv. 
Œtatis suœ ann : lxvii. 

(Même Chapelle.) 



Denis de Polastron Laillière 

Victor quiescit in hoc lapide Fr. Dionisius de Po- 
lastron I LaillieraStiJois Hier. equesSte Lucie com. 
magnus Tolosœ prior. Pietatem | Mansuetudiem 
charitatem in egenos humilitatem omnem christiano 
aptamhomini | Virtutemetiam in anime militari sic 
aluitutpacis inillo Belliqiinsigniacertare | Diceres 
triremem ab Henrico 4°. Primum tum a Ludovico 
i3.Christianissimiscomenda | Tamannosduodecim 
melitêsem deinde unam duos gubernavit tune Mas- 
silia rediens | cum de nocte Peruadenses scopulos 
navigaret sic adhesit, ut frustra omni vi et studio 
ex I traheretur prostratus, ille in Genua periculum 
deprecatur, quare invito acre fiante vento et | adver- 
sum pugnante aqua trirems tandem sese explicat 
Liburnum veroincolumisdeducta cum ad | alterum 
latus, inspiciendi ac reficiendi causa inverteretur 
lapis qui intro sesse tabulataim | miserat, ac omnem 
semper aquœ at aditum prohibuerat quasi defunc- 
tus officio,sponte nec sine | omnium stuporedeliis- 
cens collapsus est. anno. 1623 ad Urbanum sum. 
Ab Emmo Paula orator mis | sus est, tum postea 
eidem Paule magr. palatij adfuit, deinceps in con- 



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- 345 - 

ventu ubique et | foris ad maxima semper negotia 
applicatùs vixit. Ah Emo Lascaro pro magr. una 
cum I magnus, comdtor esset, constitutusfuit quam 
ultimampersonam perannos | Decemeacuralabore 
studio et zelo egit, ut acceptam mutuo in Gallia | 
Italia, ac Rome presertim et Genuœ pecuniam 
féliciter exolverit que pecuniacon | traeratThurcas 
comparata quiad annum 1643 toti religioni exitium 
minitabantur | ac quantum fuerit semper commodo- 
rumsuorum negligenspublicorum verostu | diosus 
vel hinc argumentare, quod destinatum sibi, ac 
verius prope iam suum Magnum Sti -^gidii pri- 
oratum notabili aliqua redituum parte minu dv 
proposuerit. | Quid pluraultimoparem vitœ, finem 
sortitus sui desideriura iilgens tum vero | Magnum 
suar. virtutum exemplum ac christiane pietatis 
incitamentum | toti conventui relinquit, et ssme 
Trime moritur Melitœ | Die 1° mensis septembris 
anni 1662 œtatisannoSô | Frater Joannes Dionisius 
Gabriel de Polastron | Lailliera Fulcensis in Brita- 
niacommendatorex | Fratrenepos, propiisimpensis 
hoc monumentïï fecit. 

Requiescat in pace. Amen. 

(Sacristie,) 

Jean-Jacques de Verdelin 

Siste et luge viator 

Fr. lo : lac : de Verdelin jacet hic strenuusXri miles 
Centies hostium sanguine septies suo cruentatus 

Commendator Capellœ et de Peyruits 
^tatis suœ lxxvi magnus commendator extitit 
Cujus facta si degnoveris maximum esse dixeris 
Quater armamentarii prœfectum vidit Melita 
Semel œquestris militiœ 



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-346- 

In electione magni magistri de Gessan electorem 

[equitem] 
Turquarum sœpius in excursione navili domitorem 
Ducem utriusque militiœ. in insula Gauli 
Tribunum legionarium tempore citationis 
Reparatorem magnificum sacelli Sancti Michaeli 
Benefactorem eximium linguœ provinciœ 
Immortalitatis avidus tropheum magis hoc 
Sibi tandem statuit quam sepulchrum 
Obiit anno mdclxxiii die xx Apri. œtatis suœ Lxxxni 
Fr : Michael de Verdelin executor testamenti 
Nepos ut filius inter lachrimas hoc 
Monumentum posuit. 

(Sacristie.) 



Jean-Baptiste de Thaon de Revel 

A X û 

Memoriœ 
Joannis. B. de Thaon de Revel 
Eq. hier, arcinensis. comm. 
Cruce. magna, exornati. 
Qui. religione. doctrioa. 
Pietate. in. pauperes. 
Fide. benignitate. in. omnes. 

Exempia virtutum. 
Triste, desiderium. sui. reliquil 
Vix. ann. lxxv. m. vl d. vu 
Obiit. id. jan. ciD lo ce Lxxxiv 

J. F. D. Villages eq. hier. 
Amico cariss. bene merentiss. 
Fecit. 
(Chapelle sans autel servant de passage pour aller 
au cloître.) 



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— 347 — 



MariondeTressemanes Chastuel Brunet 

Frater Marianus de Tressenianes 
Chastuel Brunet miles hierosoli 
mitanus ven. Linguœ Provinciœ et 
Conidœ : de Reneville prioratus Tholo 
sœ commrio : qui per quadraginta sex 
vel circiter annos religioni suœ humi 
liter inservivit et multis in ea et 
apud ^Trianissimam majestatem 
tam in bello contra hœreticos quam 
in pace muneribus perfunctus tan 
dem requievit in dono 
Obijt octavo idus junii anno salu 
tis centesimo vigesimo secundo 
supra sesquimillesimum. 
(Chapelle Saint-Jean- Baptiste ou de V Oratoire.) 

Paul-Antoine de Robin de Gravezon 

Tegit hic lapis viator 
111. Dnïïm Paul. Ant. de Robin de 
Gravezon magn. priorem. Tolosanïï et comdr. 
S. Aulary magn. antea cmdr. cujus venerabere 
Cineres, si mores agnoveris, et virtutes ; omnes 
Regnarunt in vivo, ôês lamëtentur in mortuo pius 
Erga Deiï profusus in pauperes, relig. suœ amantis- 

[sTûs 
Fidusq. minister tanti virtutem reveretia ipsa prope 

Mors est du distulit ultra an. lxxx fatale ictum, 
Ut magnificum palatium priori Tolozano, etfratrib. 
Capellanis domum amplissimamTolozœ erigeret, 
Meliorem in cœlo récupéra turus. et. ampliorem. 



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-348- 

Obiit Melitœ anno Domini 1674 
Die 10 mensis*Martii œtatis suce 

LXXXVII 

(Grande nef^ y ligne.) 

François de Morges Ventavon 

D. O. M. 

Fratri Francisco de Morges Ventavon 

Morum suavitate, ac spectatissima fide ornato; 

Cujus militarem gloriam bellica ordinis tirocinia; 

Mox sub vexillis Xmi régis susceptœ expeditiones; 

Postmodum Igilgitanœ obsidionis, 

Dum pro publica causa 

Militum suœ religionis tribunum ageret : compro- 

[barunt 
Commenda Massiliensi, 
(Reveren) dœlinguœ provinciœ principatu, 
Et tandem prioratu S. Œgidii a sua religione mu- 

[neratus 
Commenda Montis Pessulj 
Frem Cœsarem de Villanova Tourenc amicum suum 

Ex sua priorali prœrogativa muneravit. 
Obiit nonagenario niinor 22. February 1699. 
Fr : Jo : Bapta de Boffin la Sone pronepos, 
Argumentum amoris 
Dolens proprio œre posuit. 

(Grande nej^ 4^ ligne J 

Thomas de Villages 

D. O. M. 

F. Thomas de Villages 
Primis ab annis in Turcas armavit 



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— 349 — 

Triremi regiœ tum in Gallia diu prœfuit 
Equestria munia quinquagenarius perfecit 

Diplomate pontilicio licet exemptus 
Receptor S. ^gidii per vi. an. Mag* commor. per 

[xiv mens. 
Obiit Manuescœ bajulivus 
Cujus annuos redit* linguœ cessit in bonum 
Ut lis antiqua cessaret prius quam ipse vita 
Quam cessit die xxixjan. JEt. lxxxvi. An. mdclxxxix 
F. Gaspard ex fratre nepos in œternœ mera. 
Monumentum hoc posuit. 

(Grande nef^ 6*" ligne.) 

Jean-Joseph Simon de Blacas d'Aups 

D. O. M. 

Fr. Johanni Josepho Ci.none de Blacas Daups, 
Commendœ Nicœsensis ven. lin. Provinciœ 
Commendatano 
Qui 
Exactis inclyti sui ordinis officiis 
Expleta omni laude christianissimi régis 
Equitatus peditatusque prœfectura, 
Tandem in pio fratium complexu 
Vitam dare (m)avens, hue se recepit, 
Et XI Kal. Julias A. S. S. crj id ce lxxii 
Œtatis Lxxi 
Decessit 
Ven. Bajul. Anton, de Blacas Daups 
Fratri germano optime merito m. p. 

(Grande nef, 7® ligne.) 



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— 350 — 



César de Villeneuve Thourenc 

D- O. M. 

Cineribus F. Cœsaris de Villanove Thourenc 
S. ^gidii prions, 
Et commendarum de la Chappelle, 
Et de Montpelier commendatarii 
Miraris tanta sibi, dum viveret, comparasse? 
Quœ in triremis prœfectura, aliisq. muneribus 
Suœ religioni obsequia prœstitit 
Strenuum, et emeritum reddidere ; 
Et commenda, quam servato œre fundavit 
Amorem, quo eidem religioni devinctus erat 
Ostendit 
Atque hinc mirari desine 
Quod longœvus vixerit, 
Et in bona quieverit senectute, 
Annos natus plus nonaginta : 
De bene gestis etiam in hac vita 
Centuplum reportatur 
Obtit die 14 octobris 17 16. 

(Grande nef, 7® ligne.) 

# 

Charles de Glandevès Cuges 

D. O. M. 

In tumulo F.Caroli de Glandevès Cuges 

Utramque palladem gemere ne mireris ; 

Vivens utramque expressit ; 

Et ita ut armis ne melius 

An studijs prœsidentem ignores 
Illis prolusit, cum adhuc juvenis triremis profectus. 
Turcicam, velpostlethalevulnussusceptum subegit 



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— 351 — 

In his feriatus, cum Romœ, parisiis optimatibus 

[charus, 
Admirationem prœsens, absens desiderium excitavit 
Plurimis ubique exercitatus muneribus, 
Commendis sibi commissis sedulo reparatis 
Perseptennium et ultra magnus commendatarius 
Prudentiœ justitiœque cultor, 
Meritis gravis e vivis eripitur, 
Qua sœpissime angebatur arthritide 
Die 9 septembris 1708, œtatis suœ 79 
Opulento relicto spolio religionis ergo. 
Memoriam ne fata eripiant, œternabunt in lapide 
Fr. Joes : Baptista Spinola ordinis bajulivus exequtor 
Et nob. Carolus de Glandevès Cuges ex f ratre nepos. 

(Grande nef^ 8^ ligne.) 

Jean-Baptiste de Durand Sartous 

A X ii 

Fr. Joanni Baptistœ de Durand Sartous 
Ex antiqua illustri gente Girassensi 
Qui Massiliœ triremis regiœ ducem egit : 
Sac. ordinis censum S. Luciœ in Provincia, 
Factis in melius argumentis 

In binis censibus antea sibi conlatis. 
Jure merito consequutus 
Exlocum tenente prœfecti ven. linguœ Provinciœ 
Ad amplissimam magni commendatorisdignitatem 

Evectu3 est 
Animi candore et morum lenitatem omnibus carus, 
Brevi morbo magis quamlongo œvoconfectus, 
Universo equitum coetui desiderium sui reliquit, 

IX cal. âpr. A. ^r. Vul. mdcclx 

œtatis A. lxxxi. m. ii. d. m 



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— 35^ — 

Eqq. FF. Joseph et Johannes Baptista, et Jacobus 
De Durand Sartous. ejus exfratre nepotes 
Grati animi causa mœrentes PP. 

(Grande nef, 9^ ligne.) 

Joseph de Félix la Reynarde 

Felices fuerunt fidèles 

F. F. F. D. O. M. F. F. F. 

Hic jacet 

Fr. Joseph de Félix la Reinarde 

Qui commendam de Espalions circa triginta annos 

[gubernavit 
Non solum auxitsed duplicavit 
Christianissimi régis tribunus militum effectus 
Unius Gallicarum tnremium etiam dux extitit 
Magnus commendatarius communi plausu electus, 
Omnes boni religiosi numéros adimplevit 
Ad magnum S. Egidij prioratum evectus 

Commendam prioralem 
F. Petro de Félix la Reynarde donavit; non utsibi 

fparentem 

Sed quia in sui prioratus receptoria 

Communi œrario inserviebat ; 

Mérita respiciens non sanguinem. 

Religionis optimus filius sciens se bonorum ordinis 

[rector 
Non Dominus 
Pinguem matri suœ spoiium relinquens 
Obdormivit in Domino 
Anno 1721. Die 17. aprilis œtat : suœ 87. 

(Grande nef, 11^ ligne.) 



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-353 - 



Charles de Romieu 

D. O. M. 

Bajulivo Fr. Johanni Carolo de Romieu 
Sac : ordi censuum de Saint-Félix, et de Burgaud 
Commandatario 
Qui tormentis bellicis, ac navali prœfuit: 
Excubiarum cohortis A. M. M. Perellos institutœ 
Imperator creatus est : 
M. M. Manoel palatij prœfectum egit 
Pleraqué alia ordinis sui munera obivit 
Vir animi dotib' munificentia in egenos 
Et amicorunï cultura coramendabilis 
Decessit xiv cal. April. An. mdccxlv. 
Œtatis suœ lxxii, religionis lix. 

(Grande nef y ii^ ligne.) 



Gaspard de Pontevès Bargème 

D. O. M. 

Justitias judicanti 
Fr. Gaspard de Pontevès Bargème 
Fuit 
Annos vixit supra xciii 
Quorum xxxxii commendator 
Et XX. Tolosœ prior : 

Quid plura 
Nunc pulvis jâcet 
Disce viator 
Humanœ glorioe etiam longœvioris 
Hoc solum esse superstes 
Fuit 

^3 



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-354 — 

Cœlestis immo gloria 
Œterna est 
Obiit anno salutis mdccxx 
Die XXVII aprilis 

(Grande nef^ ii^ ligne,) 

Pierre d'Albertas 

D. O. M. 

Illustres sac. Hier. ord. commilitones 
Discite ab hoc uno 
Qaidquid vos omnes œmulari deceret. 
Commus:Fr. Petrus d'Albertas Saint-Maime 
Baiulivatus de Manosque dominium 
Ab aliis diu acriterque disceptatum 
Pontificia adeptus sententia 
Solo honoris titulo contentus 
Integris ejusdem emolumentis 
Venerandam provinciœ ditavit linguam 
Mirandum sane munificentiœ exemplum 
Nunquam anteactisvisum 
Et plaris forsan videndum seculis 
Magni tandem commendatarii selecta dignitate 
VI Kal. Decemb. MDCCXLvm 
Consilio animisque secundum haud uUi 
Obiit Massiliœ pridie non. aprilis jubilœi ann. mdccl 
Œtatis Lxxxiv religionis lxviii 
Grati animi monumentum 
Amic o ben emerentissimo 
Eques F. Fjrânus Thomas Daurel. 

{Grande nef, ly ligne,) 



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Vincent (Sauveur) de Gaillard 



D. O. M. 
Et®, mem. sacm. ill. D. F. Vincentii Salv.de Gaillard 
Mag. S. Egidii. prior. et S. Joan. Aquens. commen. 

[non 
Minu affini, quam propria nobilit® prœclari ; 
Qui germanis tribus immaturo fato sublatis ; 
Nempe enim Jo. Bapt., et Jo. Aug. in insula Cretœ, 
Tertius vero Joses triremis S. M. Patronusuniusq; 
Et sexdecim legionib tribunus in Coronensi 
Obsidione interférant : pias illorum 
Vices ut expleret unus superstes 
Sese totusac. railitiœ devovit; vere sui 
Studiosus religiosœ observantiœ exemplar 
Fuit, et octogenario major obiit Aquis 
Sextiis, 5. id. jan. 1745. 
Frat. Dom. et Chrysostom. censibus. Valentiœ 
Et Poet Laval, ab eo ditati duplex charitatis 
Et gratitudinis monumentïï cenotaphium 
Hoc pro-patruo benefactori lugentes dicarunt 



(Grande nej^ 14^ ligne.) 



Octave [de] Galean 

D. O. M. 

Frater Octavius Galleanus niciensis 

Emensa féliciter in Turcas cursione 

Dum patrui Tolosœ prioris vices gereret^ 

Ad receptoris munia, ac bajulius, fastigiu 



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1 



-356- 

Prœvia virtutum corona evectus est, 
Crescentibus inde supra annos meritis, 
Dignitates infra mérita crevere 
Tyronum magisterium probitate : 
Sororum sui ordinis tutelam virtute, 
Magni commendrii, gradum, justitia; 
Prœ grandem S.^gidii prioratum prœmio, 
In ven : provinciœ cœtu adeptus ; 
Cineri sepulcrum, trophœum nomini, 

Posteritati monumentum 
Adhuc vivens octogenario major 
Erexit 
Obiit die vu april. an. mdccl. 
Item pro Fr. capp. de Obed. agoniam fundavit 

An. MDCCXLIX. 

(Grande nef^ 14^ ligne.) 



Félix de Grimaldi 

D. O. M. 
Hic jacet F. Félix de Grimaldi 

Magnus S. ^gidii prior 
Qui notabilis ingenitœ ac virtutis 

Decus et normam 

Adolescens toto hausit pectore 

Aluit et extulit. 

Vir non minus Deo quam régi militans, 

Turmas verbo, exemplo, e vitiis abstractas 

Tanti in prœliis fortiores effecit 

Quanto cœlestis gloriœ securiores 

Senex orationis assiduitate charitate longanimi 

Sacro Hier, ordinilocum prœluxit 

Amoiis divini igné œstuans cœlo prœluxit. 

Demum œternitati inserendus 



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— 357- 

Sœculum sinon clausit omnino 

A meritis major quam annis 

Superavit 

Obiit an. mdcc xxxiv, Die iv Dec. -^tat. suœ xciv 

Hoc grati animi monumentum posait 

Fr. Paulus Alpheran de Bussan 

Eps melitensis. 

(Grande nef^ 14^ ligne.) 



Joseph-Charles 
de Tressemanes Chasteuil 

D. O. M. 

Hic quiescunt cineres F. Josephi Caroli de Tresse- 

[manes Chasteuil 
Comdœ Aqui sextianœ prœfectus qui summa cum 

[laude publicâ rem 

In prioratu S. Egidii tractavit. Tum postea 

Prœses linguœ provinciœ designatus 

Eximias quibus eminebat dotes uberibus explicuit 

Vir dignus, ob sincerum quo fervebat in omnes 

[studium 
Animi candorem et generositatem atque etiam 
Consilii integritatem 
Qui apud suos et exteros œternœ memoriœ cora- 

fmendetur 

Quisquis es viator, dum fracta tôt virtutis 

Ornamenta cernis ab ortas compesce lacrymas 

Et eadem in te restituere aude. 

Obiit vigesima secunda die xbris anni m dcc lxvi. 

Dumannos absolveret lxv. mensviii. diesvii.Hocce 

[monument 
Equités Joseph, Carolus, Raimundus,et Œmilianus 



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De Tressemanes Chasteuil ejus ex fratre nepotes 

[amantissimi 
Signum amoris, et pietatis in patruum posuere. 
(Grande nef^ 75* ligne.) 

La dernière épitaphe que nous ayons relevée et 
que nous devons à l'obligeance de Monsieur J.Mé- 
ritan, curé de Châteauneuf du Pape, se voit dans le 
cimetière de cette paroisse. Cette inscription, sur 
plaque de marbre, mais sans caractère artistique, 
est relative au dernier Grand-Prieur : 



Louis-Gaspard de Tulle de Villefranche 

Cygit 
Louis Gaspard de Tulle 
De Villefranche, grand 
Prieur, chevalier, com- 
mandeur du cy devant 

Ordre de Malte 

Ancien officier général 

des armées de France 

né le 6 janvier 1720 

et décédé 

le 15 juin 1806. 



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TABLE GENERALE 

DES NOMS PROPRES ET DES MATIÈRES 



Adhémar de 3ionteil (Lucrèce d'), 

Adrien IV, pape, 351. 
Agde (Héranll), ar. deBé\iers^ 49. 
Agen {Lot-et-Gar.), 3^4. 
Agneau (François), curé, 268. 
Agoult-Angles (Baltbazar d'), 30. 

— (Roland d'), 50, 51, aoo. 
Agoult-Chanousse (Claire d*), iî8*. 
Agout Moriès (Balth. -Vincent d'), 

39» 321. 
Agoult-Seillons (François d'), 67*, 

70. 71. 9)» 3"i 323. 325. 

— (Joseph d'), 70. 
Aguillery deLespeau (Anne d') 50. 
Aigle (bailliage de V)^ Angleterre, 

98. 

A iguesmortes (Gard), ar, de Nimes^ 

49, 91. 
, - {Pinède d'J, 76. 
Aiguières (famille d'), 99-101, 103, 
104, 108^ 117-119, 121, 188-191, 
303, 205, 307, 348, 353. 
Ainiini ou Eyniiny (Elisabeth d'), 
- 150, 334. 

Aix fB.-du'S,J, 4, 18, 33, 34, 40, 

55% 66% 67, 69% 71, 73, 83, 84, 

89» 94, 95% 105% Ï07» "4, "8, 

128% 131, 137*, 140, 149, 154, 

. i^fi, 165, 170, 180, 181% 198, 313, 



330-231, 233, 3^4-337, 340, 36%. 

• 268, 2^)9, 273, 283, a86, 303, 305,. 

307, 319, 320, 322, 324, 336, 336, 

^37, 3?5» 357. 
Albaron (B.-du-R.), corn. d'Arles, 
50. 75, 147. I9^>» 233, 326, 
349, 371, 373. 

— {les Jaspes rf'), i6o. 

Albe ou Aube (famille d'), 13, 13, 

19, 191-193, 210, 215, 335, 348. 
Albert {duché), 327. 
Albert (Nicolas), not;«ire, 316. 
Albertas-St-Maime (Antoine d'),. 
131. 

— (autre Antoine d'), comman- 
deur, 149, 333. 

Albertas-S^Maime (Marc-Antoine 

d'), 149*. ' 

— (Pierre d'), bailli, 131, 322, 

354. 
Albert-Ste-Croix (Michel d'), com- 
mandeur, 105, 108, 112. 

— (Balihazar d'), 105*. 

— (Joseph d'), chevalier, loj*. 
Albert- St-Hippoly le (Jean-Joseph 

d'), commandeur, 334. 
Albert-St-Martin-du-Chaîne ou du 
Chêne (Elisabeth d'), 158,333, . 
TT- (Joseph d'),' commandeur, 
136, 151, 158, 330, 337. 



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360 — 



Alhi (Tarn), 139% 535. 

Alivoo (Gaspard), fils de Jean» 

«▼oeat, 87. 
Alphéran (Melchior), prieur, 383. 
Alphéran de Basson (Paul), évé- 

quc, 3î4. 357. 
Alprs {HauUs), département^ 180. 
Alpet {Maritimes),dépariement,iSo. 
Aluys (commandeur d*), 901. 
Aliène (Catherine d'), S03. 
Amanzé (Louise d*), x^6. 
Anboise (Emeric d'), Grand-Mai- 
tre. 9,301. 

— (Georges d'), cardinal, 9, 
Ambrolse (Etienne)» notaire, 3x6. 
Amédée VII de Savoie» 169*. 
Amérique, 399. 

Amphouz (Catherine d'), 16. 
Ancezune-Caderonsse (Jacques d'), 

Grand-Prieur, 7a, 74, 76-78, 

80, 331. 

— (Jean-Vincent d'), 73. 

— (Just-Joseph-François d'), 74, 
Andréa (Jeanne d'), 11. 
AngrJtterre, Anglaii^ 51, 98, 18 1% 

^4», 345. 

Angouléme (François d')» Grand- 
Prieur de France, x8. 

AngouUme {DuchéJ^ 305. 

Anibert (Louis-Mathieu), histoiien, 
5- 

Anjou (Charles W d'), % 318. 

Anjou (Philippe d'Orléans, duc d'), 
109, 333. 

Anne (relique de sainte), 51. 

Antonelle (Jacques d'), 368. 

— (Jeanne d'), 146, 343. 
Aramon (Jean d*), 6. 

Aramon (Gar'd)^ arr, de Nîmes, 354 . 
Arbaud (Antoinette d'), 189. 

— (Béatrixd'j, 194. 

— (Jean- Augustin d*), 339. 
Arbaud-Peynier (Jean-Baptiste d'), 

commandeur, 333, 
Arcins (Gironde), cin de Casteînau 
de Médoc, 53, 135*, 155, 330, 336, 
346. 



Archinard (Jacquee), 171. 

Arcussia (Honorade d'), ato. 

Arène (Jeanne d'), 98. 

Arène (Marguerite), loi, 390. 

Argence (Petite), (Gard), com. de 
l*ourqnes, commanderie, 63, 6^, 66} 
XÏ3, 139, 154, 338, 343, 335, 336, 

337. 

Argenté ins, ancienne commanderie, 

près de Nirac (Lot-et-Garonne), 

333, 338, 337. 

Arlatan de Beaumont (Anne d'),3^ ^ . 

Arlatan de Beaumont de Malijay 

(Jacques d'), 368. 
Arlatan de Châteaunenf, 353. 
Arles.— Académie: X09, 3x0, air, 
393, 366,368, 369. ^Alyscamps : 
>93t 955, 369, chapelle Saint- 
Césaîre, 375. — Archevéqnes, 
archevêché : 3, no, 179, 351, 
368, 370, 304, 305. — Cloches : 
47, Amalric, 67. — Collège : 
X33. — Conseil municipal : 7-9, 
X3, 70. — Couvents : Augustins, 
334, 383, chapelle Saint-Nicolas, 
45, 46, 363 ; Bénéaictins, 349, 
reliques de Saint- Antoine, 9 ; 
Cordeliers ou FF. mineurs, 1x3, 
Ï35» «90» «3»! 233. 358, 367, 370, 
380, 308 ; Minimes, 397, 339 ; 
Miséricorde (N.-D. de la), 108, 
341, 367 ; Observance ou Réool- 
lets, 141, 348 ; Oratoriens, 74, 
366 ; Prêcheurs, Jacobins ou Do- 
minicains, 45% X99, 399, 345, 359; 
Recluses, 3i^*;Saint-Cé8aire,33i» 
Sainte-Claire, 3x5* ; Trinitaires» 
107*; Ursulines, 315'. — Hôpi- 
taux : Charité. 78*, 91, 109, 133, 
X47, x68, 3X1 ; Mont-de-Piété,t^5, 
x 83 ;S^Lazare ou des Lépreux,348.- 
Musée lapidaire ; 45, 3x3. — 
Musée Réattu, 30% 134*, 349. -* 
Néophytes ou juifs, 376, 377 ; 
Paroisses: Notre-Dame la Ma- 
jor, 66, 87, 3x0; Notre-Dame la 
Principale ou Sainte-Anne, xoo. 



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-3«J'- 



104,10% io8,ii9-i9X, 1)4,115, 
147*, 190, 191, aoi,a30,93i, 343, 
947, 355,357,366,368,380-383.387, 
388, 394, 508 ; Sainte-Croix, 90, 
3)1 ; Saint Céuiire, 46 ; Saint- 
Jalten, 6, 30, 86, 119, 130, 137, 
146, 179*, 181, 336, 338, 339, 343. 
944, 348-350, 379, 390, 306, 307, 

309, 310, 313; Saint. Laurent, 
40, 151, 189, 190, 331, 359, 361, 
981, 389; Saint-Lnclen, 388,391 1 
Saint- Martin. 16, loi, 108, 190, 
30I, 303, 313, 314, 339-343, 346, 
348, 360-364, 366, 375, 385, 389, 
391; Saint-Tropliinie, 11, 67, 85, 
91, 109, 134, 173, i8r, 193, 307, 

310, 313, 318,344*, 353, 364,373, 
375, 383, 384 ; chapelle St-André^ 
311 : chapelle St-Etlenne, 384. « 
Prieuré (Grand): cheraliert on 
hospitaliers, 5^ 47, 188-358 ; église 
on chapelle Saint- Jean, 3, 8, 10, 
l^, 33, 34, 35, 30, 39, 46-48, 5a> 
54, 56-61, 63-67, 70-74. 76, 81, 
86-93, 98» 100-107, 110-113, X19- 
133, 136-139, I3a-i34. 137. U8, 
141, 143-148, 153» I»» 15s 159» 
168, 170, 171, 174-176. «83, 334, 
343, 353, 367, 380, 381, 311, 331^ 
333 ; hôtel prienral, x, 3, 9, X3, 
X5, 17, 18, 30-33, 36, 37, 39, 31, 

5609HI. 4^*4^ 49-51* 55.57. 
63, 65, 67, 69-73, 77. 80. 85, 87, 
89, 90. 9»» 95. 97-99' »o4, 109. 
113, 1x7, 118, r3i, 133.X35, X3X, 
133, 136-X38, 140, 14?, X47, 149, 
X50, X53, 153, X55, 156, X67, 168, 
170, 173, X73, X76-X85, 340, 367, 
390, 39X, 305, 3x5, 331, 333, 335- 
3)8 ; réunions, 4, 7, 9, 15, x6, 
x8-30, 33, 33-35, 37-40, 4>, 4). 
49-56, 60-63, 65-78, 81-84, 86, 
88,94,96,98-106, 108, xro-xx3, 
XX7-X30, 134, X36, 138, 139, X)3, 
07. Ï39. 148, 149, «55. »58, x6i, 
X63, 164, 166, 167, 169, X73, 173, 
193, X94-X97, 3X3, 341-343, «63» 



364, 367, 369, 379, 390, 333, 335, 
336. — Topographie : palais 
Constantin et chapelle Saint- 
Sauveur, 8 ; logis de l'Aigle 
d'Or, 67 ; hôtel de la Sous-Pré- 
fecture, 313; maison Delhoste» 
X34 ; place Jouvène, 159* ; place 
Antonelle, xii, 178; place et 
porte du Marché- Neuf, 3x, 41 ; 
porte Siintjean ou de la TrouiU 
6, 8, 43, 50, 80, X34 ; rue Balze, 
36 ; rue de la Calade, xo9% 333, 
339,376; rue du. Collège, 36; 
rue du Saint-Esprit, 33: rue Vac- 
quières, 198. ~ Torse d Auguste, 

913. 

Armagnac (Georges d'), cardinal, 
x8. 

Arnaud (Françoise d'), 94*. 

Arnaud (Louis), 160. 

Ârpajon (Jean d'), père et fils, 63, 
fils, Grand-Prieur, 63-65, 3»*» 
3«5. 

Arpajon (Bertrand d'), Grand- 
Prieur, 303. 

Aspremont (comte d*), 363 • 

Assens ^paroisse a*) Suisse, 170. 

Astier (Jean), notaire, 360. 

Astoaud (Catherine d*) 354. 
— (Isabeau d'), 68*. 

Astoand-Bezaure (Louis d'), 43. 

Astoaud-Murs (Jean -Louis d'), com- 
mandeur, 333. 

Astros (Var)^ commanJerie^ 94*, 
X49, X44, x63, 363, 330, 337, 336. 

Aton, archevêque d'Arles, 3 . 

Aubéry (J.-B.), ^oré, 198. 

Auch {Gers)f 339. 

Augarde (Antoine), prêtre, 88, 89, 

93, 93,98-100, 103, 105-108, XIX, 

XX3, 1x8, 386, 305, 307. 
Angarde (Jacques), père, 89*, X30, 
386. 

— (Jean), bourgeois, 73. 

— — prêtre, 89% xoo, X03, 
XXX, X30, 387, 305, 307. 

Augier (Antoine), notaire d'Aix,66*. 



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Angièret (Albert d'), jésuite^ 74, 

a66. 
Aolanier (A Qtoine)^ notaire, 397. 
•^ <Pierre), — aSç. 
Aups (Vûr), arrond, Draguignan, 

Aurel (Thomas d';, eoaiiuaadeur, 

533. 354. 
Anrissety en Camargue, sur Je petit 

• Hkône, près iCAlbaron, membre 

de la comm.inderie de Saliers, 

160. 
Autric (Pierrette d*), a 16. 
Avtricliieas, 34a. 
Aunergne, la. 
AvejfroH {dèp, de l'J, 180. 
Avigmn {Vatteiuse), 18, aa, 98, 

Ml*, 156, 169, 170, 183, Uh 

a44, a65, 3aa, 336-338. ' 
Avignon {commanderie d*), la, 34, 

40, 43, 44, 53, 53» 57» ^7% 68, 
• 69, 88, 99, 104, 136, 143% a 18, 

aai, aa6, 339, 319, 333, 337, 

335 »' réunion des chevaliers^ 16, 

74, 154, X93, 195. 
Avignon (Musèe-Cahet), 303, 304, 

3io\ 
Avignon {chapitre Saint-Agricol), 

39. 
Avignon {àouvenl Sie-Catherine), 

214, ÎI5*. 
Aymar (Claude), 387. 
— (Jean - Daniel), notaire, 150, 
151. 



Babandy ( )^ 177. 

Bachis (Marguerite de), 198. 
Badet (Jeanne de), 339. 

— (Marguerite de , 107, 339, 
Badinenc ( ), notaire, 193. 
Baignol (Esprit), notaire, 381. 
BalbsouBaos (Antoine de), 303, 

ao3. 

— (Bernardin de), 203-307. 
-t (autre Bernardija de), 307. 

— (Etienne de), 307. 
.'— . (Floretdç), 3o?-3.93. 



— (Honçré de), 307. 

— (Philise de ), 189,303, 237. 

— (Pierre de), 305-307. 
Bar (duché), 3^. 
Barbaroux (Thérèse), 391. 
Barheniapte {Gard), commune de 

Saint'Gilles, commanderie, 89, 
144, 383, 333, 337, 335. 
Barhen taue ( B . -du^R . ) , can ton de 
Châteaurenard, 177, I79', ajô, 

337. 
Barbier (Pierre), notaire, a-^s. 
Barcelone {Espagne), 331. 
Bar fols {Var), arr, de Brignoîes, 

338. 

Bamier (Jacq.nes), notaire, 361. 
Baron (J.-B.), prêtre, 86, 88. 
Baroncelli-Javoa (Christophe de), 

Grand-Prieur, 84,85, 93, 331. 
BaroocelH-Javon (Georges de), 84 . 

— (Georges-Dominique de) •{• , 
34r*. 

— Javon (Georges- Joseph de^, 
113, 341*. 

— (Joseph-Paul de), comman- 
deur, 113, 157, 341, 337, 
339. 

Barracan (Armentaire), 36*. 
Barralier{ Pierre-Jean), vicaire, 309. 
Barras (famille de), x8, 19, 33, 30, 

3»» 33. 45% "2» Ï94, 195. 197, 
198-307, 355. 

Barras [Basses- Alpes) arr, et can- 
ton de Digne, 194, 300 . 

Barréme (Blanche-Agnès de), aS^. 

— (Jean-Baptiste de), 385. 
Barres {Drômt), com. de Servas, 

254. 
Barthélémy (Lucrèce die), 66 *. 
Barthélémy (Pierre), prêtre, 501. 
Bastide (commandeur de la), iqi. 
Bt^stit {Le) {Lot), canton de Gra- 

mat, commanderie, i4J(, 145, 355, 

330, 338, 3.35. 
Çaudesseau (Trophime), .138, 143, 

«77.. ' : -. . 

Bausset (Antoine de), aSo. : 



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-363- 



Bansset (autro Antoine de),bailli,7 1*. 

— (François de), commandenr, 

71,73,80,83-85, 94. 

— (Jeande)^î.. yu- 
Baux {S.-du'R.), canton dt Sainte 

Remy^ 304, 906, 383. 

Bayonne {Basses-Pyrénêes)^ comman- 
derit^ 65, 334. 

Beaucaire {Gard), arr, de NimeSy 
15, 16, 136, 143, 168, 190, X98, 
310, 316, 354-357, 360, 385, 355; 
N.-D, des PomierSf 341. 

Beauce {la), x6. 

Beaujeu {Basses^ Alpes), canton de 
la Javie^ 359. 

Beaulieu {Alpes^ Maritimes), (an- 
ion de Ville franche, commander ie, 
7» A^, 50» 94» 98, 100, 146, 154, 
159, 164, 343,319,337, 335. 

Beaame (Jeanne de la), 16. 

Bébet, plâtrier, 173, 177. 

Bec (François), prêtre, 73, 74, 76, 
80- 

Bedoin { Vaucluse), cant, Marmoiron, 
336. 

Begandy, prêtre^ 70. 

Selon (François), prêtre, 106. 

Benand (Antoinette de), 198. 

Bendigarie {golfe de), 317. 

Benoit (Odon), notaire, 331. 

Bérenger (Raymond}, comte, 
351. 

Bérenguier (Bernard), cornman^ 
denr, 253. 

Bérengnier (Guimette), 16. 

Bernard (Trophime), consul, ix. 

Berre {B.-du-R,) arr. d'Aix, 313. 

Berre (Emmanuel de), comman- 
deur, 353. 

Berre-Collongue (Frédéric) de, com- 
mandeur, 69. 

— (Honore de), 69 *. 

— (Louis de), commandeur, 54, 
Berre-Saint-Jnlien (Antoine de) >{•, 

chevalier, 334. 
« (François de) »{•, 334. 
Berton-CriUon (Catherine de), 83 \ 



Besoles (Bertrande de), 33. 
Bfssière {la), {Aude), ancienne com^ 

manderie, 320. 
Beuf (André), 95'. 

— (Guillaume), notaire, 136, 
137, 133, 39X. 

— (Jean-Daniel-Joseph), avocat, 
x6o,i67, X71, 176, x8o, 3x7. 

— (Joseph-Auguste), chapelain^ 
387. 

— (Mathieu, notaire), 329, 387. 

— (Mathieu-Antoine ou Anto- 
nin), notaire, x4k, 143, 144, 

145, 147. 
Beynes (Basses- Alpes), canton Mé- 

Beynes (Mademoiselle ^e), 33. 
Béj[iers (Hérault), 39, 330. 
Béliers {Hérault), commanderie {i), 

163, 194, 336, 342. 
Béliers (Hérault), paroisse la Ma^ 

deleine, 1x8. 
Bidoux (Préjan de), Grantf-Prieur, 

303 305. 
Billaut Sainte-Livière (Antoipe 

de), X59. 
Biord (Anne - Madeleine - Françoise 
de), 376, 

— (François de) ►!•, 56, ?o8. 

— (autre François de) •!•, 309. 
3» -^ (Henri de) ^fi, 308. 

— (Palamède de), 308. 

— (Pierre de), 908. 
Biord-Ornaison (Henri de), 309. - 

— (Paul-Marie>Fortuné de) 4«, 
309. 

Bisqueriis (Pierre de), évéque, 354. 

Blacas d'Aups (Antoine de), cbm- 

mandeur,'334,337, 340, 349. 

— (Horace de) •!<, 310.' 

— (Le commandeur de), 33Î. 
Blacas-Carros (Antoinette àe), 68. 

— (Le chevalier de), 338. 



X. Cette commandsrie fl'kppeiftit aussi 



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-3«4- 



BUcas-Csrros (Gaspard de) 4*. ^4. 
BUcas-Thoreoc (Cléophas de) 4*t 

Blaca>Vérignon (Aotoioe de), cdr. 
55, 61, 63. 

— (Gaspard de), ^5 *. 

— > (Jean - Joseph • Siooo), cdr» 

3)7. 349- 
Blain (Barthélémy), 147% s88. 
~ (Fraoçoise), i^i, 389, 

— (Isabeao de), lo). 

— ( Jacques), prêtre, 147, a88» 

338. 
^ (JesB-François), 391. 

— (Pierre), avocat, 118, 134, 

S67. 
Blaio de Marcel dn Po«t (Laareot 
de), comDDaoJeor, 11 s, 941, 339. 
Blaoc (Esprit), notaire, 399. 
^ (François), notaire, 337, S46, 
s8o. 

— (Marc-Aotoine), prétre-com- 

mandenr, 103, 104, 107, 
305. 307. 

— (Pierre), notaire, s8a, 9^7. 
BUhc (//), paroisse de U cdrit de 

Saimi'Félix, iio. 
Blanchefort (Guy de), Grand-Mai- 

tre, 19. 
Blancke-Lûnde (ahèare de), i69'. 
Biois (Loir etCker), 18, 104, 904, 
Boche (famille de), 66, 909-9ix, 

913. 914, 255. 
Boffin - la - Saône (Jean - Baptiste 
de)+, 80,81, 83,348. 

^~ (Lonise de), 119, 941 •. 
Boismâux, amciem fief entre Alba^ 

rom et les Sas it tes- Maries, 979. 
Botssière (Jean Antoine), prêtre, 

86. 

Bolhome, cammanderie du Grand- 
Prieuré de Toulouse, 919. 

Bonaparte (général Napoléon), soi, 
976. 

Boniface (Françoise de), 17. 

Boniface (Jean de), bailli, 953. 



Bonilace la MoUe (François de), 
commandenr, 34, 37, 38, 40. 

Bonnefille, marbrier, 168. 

Bonnemant (Laurent), prêtre, 4*, 
IJ5. 141, I4«. aoi, 934, 957. 

Bordeaux (Gironde), 109, ta^, 
396 ; commander ie, 69, 961, 

3a3. 3«8. 
Bordhres (Hautes^Prrenèes), arr» 

Bagnères-de-Bigorre, commumde' 

rie, 45, 58, 61 % 108, 191, 190. 

994, 939, 398. 
Borel (Pierre). 87. 
Bouc (Barbe de), f6« 9^4. 
Bonchand (les de). 14^, 147, 945. 
Boucha nd de Bnssy (comte Louis 

de), 109*. 
Bouchet (famille de^, 911-913. 
Bottchooy, concierge, 171. 
Boudrac (Haute-Garonne), césntam 

de Montrêjeau, cdrie, 398. 
Bougerel (François), 69*. 

— (Jean-Baptiste), prêtre, 69. 

— (Joseph\ prêtre, i^y, 969. 

— (Michel), frêtre, 69. 
Boulevard ( Tour du), xi. 
Bonrdelon (maison), à Trinôme- 

taille, 107*. 

Bonrdiu (Jean), notaire, 988. 

Bourgogne, la, 119. 

Bousquet (Pierre- Joseph), 309. 

Boyc (Antoinette de), 994. 

Boyer (Blanche de), 117, 

Boyer (Jean), prêtre, 996. 

Boyer d'Egnilles d'Argens (le com- 
mandeur), 33^. 

Boyer Sorgue (Henri dt) •{•, 99. 

Brachet (Jean-Mathieu), prêtre, 74. 

Bragance (le dnc de), 963. 

Branles ( Vaucluse), canton de Ma- 
lancine, 198. 

Brès (Honoré de), prêtre, 74. 

Brest (Finistère), 335. 

Bref (Jean-Baptiste), notaire, 117, 

Bri gnôles (Var), 199, 195. 
Brion (seigneurie de), 906. 



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-365- 



Brisepan (Anne), 86, 390. 

Broc (François da), commandear, 

ï8, iÇ-^- 

— (Philippe du), Grand-Priear, 

3X6. 

Brocard (Charles), notaire, 87. 
Broglie (Victor-François de), 170. 
Brotin (Anne de), 39. 
Bmgttières (Charles- Secret), com- 
mandenr, 14), 338. 
— - (Loois- Joseph), 145. 
Bmmas (Pierre-Raymond), 309. 
Brnnel, ferblantier, 171. 
Bmnet (Antoine), notaire, 387-389. 
Brnnet (fils), 174. . 
Brunet (Gaspard), notaire, 190, 

— (Pierre), chapelain novice, 

145, 388. 
Bmnet (famille de), 313-315. 
Brani (Pierre), notaire, 333. 
Bmny d*£ntrecastcanx (Anne de), 

i6o». 
Buet (Pierre), notaire, 189. 
Bur^aud {Lé) {Haute-Garonne), 

canton de Grenade^sur-Caronne, 

commanderie, ^y 161, 33 x, 368, 

328, 353. 

Cabissole (André), portefaix, 176. 
Cabre-Roqnevaire (Nicolas de), 
commandeur, X4{, 145, 
158» 336, 341. 

^~ (Pierre de), X45*- 
Cadenet-Tamarlet (Thérèse de), 60. 

— (Thomas ou Philibert de), Co. 
Cadix {Espagne), 336. 
Caen {Calvados^, 393. 
Cakors {Lot), 338, 330, 3^4. 
Caignac {Haute- Garonne), canton 

dt Nailloux, commanderie, los, 

11X, 136, X39, 317, 336. 
Calvet (Esprit), médecin, 143*. 
Calvisson (marquis de), 73. 
Camaret (Jean de), notaire, 3^^ 

378. 
Camargue {île de la) (Bouches du^ 



Rkâmé), arr, d'Arles, 140, 198, 
377, 386', 3x7. 

Cambis-Velleron (Angélique de), 
147. 

Cambrai (Nord), 304. 

Cam/uhlic {Gard), prh Beancaire, 
commanderie, 15% X43, 357, 379. 

Canahières {Aoeyrow, commande- 
ra^, 95. >7a, 3«o, 338, 337. 

Candelier (Honoré,), notaire, 375. 

Candie (île de), dans la Méditer- 
ranée, X03. 

Cannât (Françoise), 89% i30, 387. 

Cape {la), sur le Rhône, en Camar- 
gue, 351. 

Capelle {la) on la Chapelle {Tarn- 
et-Garonne), canton de Caylns, 
commanderie, 95, 3x9, 338, 336, 
345. 350. 

Capette {Gard), ferme près de 5/- 
Gilles, ancienne commanderie, 
55% 75. 78, 81, 84, 88, 145, 
146, X58, 337, 339, 338. 

Capoue {Italie), 33X, 338. 

Canassonne {Aude), 73, 374, 339. 

Caries (Antoine), prêtre, xxx. 

Caromh {Vamluse), cant. et arr, 
Carpentras, X37, X35', 365*. 

Carros {Alpes-Maritimes), canton 
de Vence^ 338. 

Casaux (Joseph de), comman- 
deur, 383. 
Casse l {Nord), arr, Ha^ebrouck, 

«55. 
Castellane (Basses- Alpes), 336, 337. 
Castellane (Blanche de), 55*. 

— (Catherine de), 199. 

— (Françoise de), i6)*. 
Castellane (Honorée de), 49. 

•— (Marguerite de), 69. 

— (autre Marguerite de),77', 
Castellane-Adhémar de Grignan 

(Marguerite de), xoo, 380. 
Castellane-Aluis (Jeanne de), asi. 
Castellane-Esparron (Boniface de), 
commandeur, 104. 

— (Scipionde)«î., 334. 



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— )6i — 

Castelhne-Mazaagites (Anne de), Champagne {GnDd-PWearde),6o*. 



78*. 

Caltéllane - Montmeyan (Gasptrd 
de) •!•, 334. 
— (Jacques de), çdr, aaS. 

Câsteftatte-Norante (Françoise -Pau- 
line de), 34^. 

Caitella ne-Saint-] eurs (Marie-Rosa- 
lie de), 159% 345. 
•— ' (Jean-Baptisteda), 345. 

Casteîiard {Basses-Alpes) ^ cant, et 
arr, Digne^ 198. 

Castelnau-Clermont (Jacquette de), 

63. 

Casieîsarra^ in ( TArn eUGaronne) , 

cbmmanderie, 996, 333. 
Castillon (famille de), 109, 144, 

* 145, 308, 313, 315-317, 333, 341. 
Castres {Tarn), 343. 

Catalan (François-Henrl-Angaste 

de), commandeur, 338. 
Cauhins {Basses - Pyrénées), corn- 

manderie, 89, 139, 158, 335,399. 
Caumont (Vaucluse), cant. Cavail- 

hn, 381. 
Causse (Pierre del), gentilhomme, 

* ai9.' 

Cavàillon (Jean de), cdr, 303. 
-^ (Louise de), 189. 
— (Pierrette de), 338, 339, 

Cavaillon-Cabassole (Jeanne de), 
337. 

Cavalerie, commanderie du Grand- 
Prieuré de Toulouse, \y, 333, 339. 

Cavales {Gard), ferme près de St- 
Gilies, ancienne commanderie, 
69, 94, 106, io8, 136, 134, 137- 
140, 328, 339, 333, 335, 339, 338. 

Caylus {Tarn" et -Garonne), arr, 
^ontauhan, 336. 

Cays (famille de), 109, iio, 137, 
189,305, 309, 318-333, 357. 

Cervole (Arnaud de), 5. 

Chabot (Philippe de), amiral, 306. 

Chalamond de la Visclède (Antoi- 
ne-Louis de), 114. 

Çhambéry {Savoie), 1 70 . 



■Ckandelas {Ardècke), peiroisse dm 

canton de Joyeuse, 138. 
Charbonnier (Antoine), procureoTy 

87. 
Charles W, comte de Proveaceyi9x . 
Charles VIII, roi de France^ 4^, 

«74. 
Charles IX, roi de France^ 179. 
Charles Quint, empereur, aoj. 
Chartroux (Jean), 389. 
— (Joseph-Charles), chapelain, 
389. 
Ckassagne {Gard), ferme près de 

Saint-Gilles, 385. 
Chastan (Jean), prêtre, 89. 
Châteauneuf (Lucrèce de), 89. 
Château neuf-Mollégès (famille de), 

40. 43. 44, 50, 394-997. 
Châteauneuf de Ma\enc {Drame), 
paroisse Saint-Pierre, 74, 120. 
Châteauneuf du Pape ( Vaucluse)^ 
arr, dOrange, paroisse^ r8i, 
310,333, 358. 
Châteauneuf - Rochebonne (Jeaa- 
Baptiste de),commandeur,333-333 . 
Chaulan (Pierre), notaire, 353. 
Chauvel (François), maçon, 133, 

133. 
Chiavari ou Chiavary (famille de), 
121, 190, 336399, «4S aSo, 393, 
335. 
Chiavari - Cabassole (famille de), 

145, 208. 
Chiavari-Montredon (Jacques de), 
' commandeur, 337. 
Chieusse (Nicolas), 309. 

— (Joseph), droguiste, 309. 
CkiroUes {?), commanderie, 390. 
Chypre file de), dans la Méditerra- 
née, 5. 
Clairefarine (Gard), ferme près de 

Saint-Gilles, 75. 
Claret {Basses-Alpes), canton de la 
Motte -du- Caire, commanderie, 
118, 303. 
Claret (Antoine), notaire, 190, 348. 



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- }^1 - 



Claude, mnei de France) aoj. 
Clarel ^Loqis), 8. 
Clénicos-Caslellet (ADdré'de),coni- 
mandcur^ 64, 76, 8$, î68, 
. 515 

— (Antoine de),8j*. 

— (Louis de) •!•, 85*. 

. ^ (Jean-Baptistcde)4i, 85*. 

— (Joseph de) •!•, 85. 

^ — (Charles de) ^, 85% 91. 
Clément VI (Pierre-Roger), pape, 

318. 
Clément VII (Robert de Genève), 
. pape, 109' . 

Clerniont (le chevalier de), 75. 
Clermont (prince de), 170. 
Clermont d'Amboise, 169. 
Clermont-Tonnerre (régiment de), 

169. 

Cloud (Paul-François), prêtre, 118. 

Colans- (Balthazar de), comman- 
deur, 217. 

Colet (Français), garde-terres, 76. 

Colin (Honoré de', prêtre, 56. 

Colin (Paul-Albert de), 54. 

Cologne {Pnusiâ rhénane), 13. 

Colongui {seigneurie de), 203, ao}. 

Combe (François), notaire, 209, 294. 

— (Jean), avocat, 87, 89. 
Combet (Anne de), 200. 201. 
Comps {Var), arr. Dnignignan, 

commandé rie, 19,192,3^0,329,} )8. 

Condat {Dordogne'), canton de 

CMampagnaC'de-Belair, comman- 

derie, 9, 17. 3S 4i, 4^, 47. 7i'» 

76, 80,82, 94, 98, 109. !»<>» »^3» 

• 25?, 359- 

Condé (Louis II d^ Bourbon, prince 

de), 260. 
Condom {Gers), 319. 
Constant (Jacques), prêtre, 181. 
Constant (Jean), bourgeois, 153. 
Constantin (François), 226. 
-^ (Madeleine de), 226 
Constant inopîe {Turquie), 15, 254» 

260, 262. 
Conti'cavalerie (régiment de), 256. 



i2crrdctu (Heivri), tapissier, iy%,M\> 

i?3i «71. 
Coriolia (Elisabeth de), 240, . : 

— (François de), commandeur, 
. 87, 291. 

— (Honoré de), 87'. ^ .1 

— (Isabeaude), 134. 

^ — (Laurent àe\ ^, 87 ♦. , ' 

— (Louis de), •!•, 87. 

— (Madeleine de), 9a *. 
Coriolis d*Espinouse (Louis-Char- 
les Régis de), commandeur, 
164. 

— (Pierre de), 164 *. 
Cornet (Paul), concierge, 171. 
Coron (Grèce), 109, 355. 

Corse {île de), Méditerranée, -H9. 

Cos5a (Melçhior), commandeur, 7. 

II, 17,24,67,90, 122, 137. 

— (Jean), II. 

Cotoner (Nicolas), Grand-Maitre, 

297 •. 

Couberleyrade, terre de Camargue, 
279. 

Çoulange (régiment de), 209. 1 

Courtine {chJteau de), près d'Ati» 
gnon, 142*. 

Couston (Denis), administrateur, 
181. 

Covet (Madeleine de), 57. 

Cratt {la),, plaine pierreuse, près 
d'Arles, 177. 

Crète {île de)^ aujourd'hui Candie, 
dans la Méditerranée, 355. 

Croix de Chevrièresde Sayve (Gas- 
pard-François, de la), comman- 
deur, 337. 

Crose-Lincel (famille de), 239-331, 
28a. 

Crote-la Ménardie (François de), ij*, 
226. 

Crussol (Diane de), 73. 

Crusy de Marsillac (Philippc-Char- 
. les), .commandeur, 328. 
Custines-Dragons (régiment de] 
244. 



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— 368 — 



DûrdûntlUi (Ut)^ in Turqmi9,'ji. 
DirUch ( Antoine), prétrt, 138. 
Diogièret (Jean), notaire, 939. 
Dauphin (Jean-Baptiate), prêtre, 96. 
Daupkini^ aneienne province, 68. 
Daatiiier ^tienne), prêtre, 86, 87» 

100. 
David (Henri), prêtre-commandeur, 

305-307. 
DaTin (André), 317, 318. 
Delacroix (Cliarles), préfet, 180. 
Delmat (Jourdain), commandeur, 

919. 
Demandolt (Baltliazar de), com- 
mandeur, 37, 61-63, 63-67, 

3»V 

— (Catherine de), 94 *. 

— (Gabrielle de), 71 •. 
^ (Samuel de), 68. 

Denans, notaire, 980. 

DenatM (Nord), arr. VaUnctennes, 
X18. 

Deipnig (Raymond), Grand Maî- 
tre, 993. 

Desvignes (Balthaxar), notaire, 984. 

DeUÎHger {bataille Je), 169. 

Deydier( Jean- Marie), prêtre, 394. 

Die {Drame), ëncien dioche, 70. 

Dieudonné (Guillaume), statuaire, 
183. 

Dieulefii {Drame), arr, Montéli- 
mar, 137. 

Digme {BasseS'Alpes), 194. 

Dtgnossy (Aimare de), 69 *. 

Donts (Elisabeth de), 144. 

Doria (André), 99*. 

— (Anne), 94* 

— (François-Joseph), •!•, 99*. 

— (Hortense), 999. 

-~ (Pierre), commandeur» 99. 

— (?),*, 369. 
Dou (Jean), prêtre, 63. 
Doutent {Aude), canton de Qapendu, 

commanderie, 99 x, 974, 390, 

3»9» 336. 
Draguignën (Var)^ (CordeUnrs de), 
38. 



Duché (Marte-Anne), 941. 
Dupred (Honorade), 993 *. 
Dupuy ^(bienhenrenz Raymond)^ 

153. 
Durand-Sartouz (Albert dt), 141. 

— (Jacques de), commandear, 

141 *, 164, 35a. 

— (Jean-Baptiste de), cdr, 141, 

3*71 3)1- 
« (autre Jean - Baptiste), 4*» 

141 •» 35a. 

— (Joseph de), 4., 196 ?, 141, 

35«- 
Durhans {Loi), camion de LrœmOM, 
commanderie, 34, 69, 78, 84, 939, 
3»o» 330» 33«. 



Eaux, aujourd'hui Boulx {Basses- 
Alpes, srr, et canton Castellanne, 
191, 336-337- 

Emenjaud (Françoise), 993. 

Escalier (Claire), 988. 

Escoffier (Jacques), notaire, 199, 
969, 990. 

Esménard, notaire, 908 . 

Espagne, iq^, 904. 

Espalion {Aveyron), commanderie, 
33,390,330,337,359. 

Espatbès (Marguerite d'), 36. 

Esparbès-Lussan (Bertrand d'), 99. 

— (Jean-Jacques d'), baUli de 

Manosque, 193. 

— (Pierre d'), Grand-Prieur, 93» 

97. 99. 65, 194, 196,386, 
301, 391. 
Esparbès-Lussan-la-Motte (Etienne 

d*), commandeur, 399, 337. 
Espian (François), curé, 93. 
Espinas {Tarn-et'Garonne), canton 
de Caylus, commanderie, 104, 
107, 118, 199, 986, 994, 305, 
306, 390. 
Espine du Poêt (Joseph-Philibert 
de V), 197. 

— (Guillaume-Antoine de V), 



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-369- 



Bspine du Poët (Lonis-François de 
r)y commandevrp 196, 331. 

Espeante (Gaspard), sacristain y 74. 

Estaog- Parade (famille de 1'), 91, 
H7. 130, 134» 140, M», M5-M7, 
M9, 150, 158, 159, 161, i6a, S29, 

331-337. 

EatÎTalet, serroricr, 179. 

Estrangin (Jean-Jvlien), 10* • 

Estrées (Louis-César, dvc d'), maré- 
chal de France, 170. 

Evrard, fils aine, 176. 

Eymin, (Thérèse-Marie-Gabrielle), 
999. 

E/guièrt$ (B0tuhes'dm^Rkône)farr, 
Arles, 947. 

Fabri-Fabrègve (Melchtor de), ^, 

394. 
Farges (Catherine de), 31*, 197. 
Fanchier (Jean), notaire, 91$, 274. 
Famcon {Basses- Alpes), six. 
Fayier (Pierre), cnrc, 190. 
Favillane {la), ferme du Plan du 

Bourg, ancienne commanderie, 94, 

114,140, 151, 160, 169, 164, 963, 

398, ?i9» 330, 335k 
Fayence (Var), arr» Dragnignan, 

94. 
Fayette (la), 905. 
Féléon (Laurence de), 53. 
Félix- la -Reynarde (Joseph de), 

Grand -Prieur, 98, 99, 334, 359. 

— (Marguerite de), 84*. 

— (Philippe de), 98. 

— (Pierre de), 4*, 99, loi, 359. 
Férand (Jean), 89. 

Féraudy (Antoine), prêtre, 74. 

Férigoule (Clande-André), sculp- 
teur, 183. 

Ferrières (BoucheS'du-Rhône), une 
des îles du M ar ligues, dans la 
Méditerranée, 83. 

Ferrière-Sanson (Aimare de), 105*. 

Figarès (Bouches-du Rhône), ckâ' 
team et ferme de Camargue, sur 
le petit Rhône, 198. 



Filonxe (Jeannette), 953. 
Flotte (Antoine de), commandeur, 
18. 

— (Antoinette de), 99. 

— (François de), bailli, 9. 
Flotte-la-Bastie (Antoine de), 49. 

— (Jean de), cdr, 49-50. 
Foix (Odet de), 9o6. 
fontaineèleam [Setne-et^ Marne), 

60*, ixo. 
fontanille [B.-^u-R.), près Taras- 

con, 957-958. 
Fontenoy, village de Belgique, 146, 

169, 949. 
Forbin (Blanche de), 985. 

— (Diane de), 34*. 

— (J««nn« <*«)» 54*. 

— (Madeleine de), 9)0. 

— (Renée de), 55. 
Forbin-la-Barben (Catherine de), 

908. 
Forbin-Bonneval (Bertrand de), 51. 

— (Paul -Albert de), Grand- 

Prieur, 45» 5if 5>-57» 65- 

67% 93, 133, 195, 308, 310, 

338,309,331,339. 
Forbin-Gardanne (Antoine de), 38% 
7I-. 

— (Henri de), 38'. 

— (Jean-Baptiste de), 38*. 

— (Louis de),cdr, 71. 

— (Pierre de), cdr, 38. 
Forbin-Janson (Gaspard de), 58. 

« (Jacques dej, archevêque, 
138, 970. 

— (Melchior de), bailli, 57-58. 
Forbiu-la-Fare (François-Anne de), 

Ù6\ 

— (Vincent de), Grand-Prieur, 

66,68,69,333. 
Forbin-Lagoy (Jean de), prêtre, 56. 
Forbin-Maynier (Marguerite de), 

105*, i39\ 
Forbin d'Oppède (Henri de), X09. 

— (Marie de), 131. 

— (Pierre-Joseph de), comman* 

deur, X09, 104, 106, xo8, 

«4 



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— 370 — 



ixo, 111,303,305. 
ForesU (Bruno-Marie de), coin* 
mandear, 160, 164, x66- 

167, 174, 318-319. 

— (Catherine de), a6i. 

— (Jean-Panlde), i6o*. 
Foresta-Collongut (François de), 

X16. 

— (Sauveur de), Grand-Prieur, 

81,85, "6> "7» 267, 3*3. 
Fornier (Gabrielle de), 71*. 
Fortia-Montréal (Gaspard de), 93. 

— (Marguerite de), 84. 

— (Paul de), ^., 93. 

Fos {B.-dU'Rh.), canton tTIstres, 
301,303,253,354. 

Fosse {la) {Gard) ^ ferme prés Saint- 
Gilles, 75. 

Fougasse (Michel), prêtre, 8s, 89. 

Fougasse-la-Barthelasse (Jean-Gil- 
les de), commandeur, 53, 

54. 

— (Joseph de), 53. 
Fougasse-la-Bastie (Jean-François 

de), commandeur, 336. 

— (Thomas de), cdr, 114. 
Fournier d'Âutane (Charles de), 39. 
Foumier (Joseph), archiviste, 73*. 
Fourques {Gard), canton de Beau- 

carre, 50, 168, 349, 273, 
François I«r, roi, 205 . 
Franc-Montgey (François -Loiis de), 

Grand-Prieur, X62, X67-169, 309, 

332, 335-336. 
Francony (Anne), 297. 

— (Daniel), lieutenant-colonel, 

173. 
Francony "(Pierre-Andrc), notaire, 

X38, 145, 287. 
FrêjMs (Vtfr), arr, Draguignan, 

M3, 327» 329- 
J^rignan {B,-du-R.)y com. Saintes^ 

Maries, 190. 
Frigolet{B,-du-R.), com. Saintes 

Maries, 286*. 
Fura en Barbarie, 199. 



Gaillard (Chrysostome de), com- 
mandeur, 10» 30, X23*, 135, 140, 
147» M9% 159. Ï64, 3"-3i3, 530* 
332» 355. 

Gaillard (Dominique de), comman- 
deur, X35, 149» i54-»55» i^» 334- 
335,337, 355. 

Gaillard (Jean-Augustin de) •!•, 

355. 
Gaillard (J.-B. de), •!« 355. 

— (Joseph de) •!•, 353. 

— (Marguerite de), xx6, 

— (Sauveur de), 1x7. 

— (Vincent- Sauveur de). 

Grand-Prieur, 105', 117, 
125, X49, 367, 333, 335. 

Gaillard (François), 334. 

Galéan (André de), 135. 

— (Anne-Charlotte de), 344, 
3x0. 

Galéan (Octave de), Grand-Prieur, 
X35, X28*, 139, 13X, 343,358, 323, 

335- 
Galéan-Gadagne (Charles-Félix 

de), Grand-Prieur^ 134, 14a*, x 56, 

158, 343, 333. 
Galéan-Gadagne (François-Pierre 

de), X56. 
Gallifet (Marie de), X90. 
Galte (Louis), prêtre, 80. 
Galoutaire( Jacques), chapelain, 389. 

— (Joseph), 389. 
Ganteaume, fils, X74. 
Gantelme (Marthe), 373. 
Gantelmi (Jean), 30*. 

Gap (Hautes-Alpes)^ ancienne com- 
mander ie, 54, 71, 92, 1x8, 320, 

330.337. 

Gap-Francès {Lozère), ancienne 
commanderie, X5, 93, 379, 320, 
333, 330- 

Gard {dip, du), 180. 

Garidech (H, -G*), ancienne com- 
manderie, X5, 36x, 308, 

Garnier-Jullans de Fonlblanche 
(Antoine de), commandeur, ^98. 



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— 37 

Garnier-Ronsset (Jean-Âugastia 
de), commandeur, 68, 69, 
77, 209, 333, 325. 

— (Marc-Antoine), 68*. 
Garonne {Haute'), dép, x8o. 
Garron (Françoise de), a6^. 
Gâtinean (Jacques) •]«, 9. 
Gautier, notaire, x68. 

— (Elisabeth de), 141*. 
Gauthier-Descottes (Marc), notai- 
re, 47. 
Gautier-la-Mollc (Gabrielle de), 

Gautier-Valabres (Antoine de), 1 37*. 

— (Ignace de), cdr, 338. 

— (Joseph-Paul de), comman- 
deur, 126, 134, 137, 139, 140, 329, 
338. 

Gavarret (Jean- Jacques de), capis- 

col 301. 
Générac {Gard), canton de Saint» 

Gilles, 168. 
Gènes {Italie), 204, 205^ 2x8, 227, 

344-345- 
Genève {Suisse) t 15. 
Georges (Jeanne de), 69. 
Georges 'Tarant (Jacques de), 96, 

98, 240. 
Georges-Taraut (Louis de), 96*. 
Gérard (Bienheureux), 82; 123, 

138, 153. 
Gérente-la-Bruyère (Claude de), 
commandeur, 34. 

— (J.-B. de),34. 
■— (Louis de), 324. 

— (Suzanne de), 34. 
Gérente de Sénas (Marguerite de), 

215. 

Gesvres (régiment de), 169. 

Geuni (Antoine), commandeur, 213. 

Gévaudcm {Lozère), ancien pays de 
France i 330, 

Gibert (Jarques), ancien bibliothé- 
caire, 292*. 

Gigie en Barbarie, 79, 

Glrand (les de), 149, 144, 145. 



— (Etienne de), X2X. 

— (Honoré de), 196, 2x4. 

— (Pierrette de), 228. 

— (J.-B.), chanoine, 293. 

— (mas de), commune dîArleS' 
sur-Rhône, 2x4, 2 ij*. 

Girauden (Mathieu de), prêtre, 294. 

Giscard (Louise), X43. 

Glandevès {Basses-Alpes), ivêché 
détruit, commune (T Entrevaux, 86. 

Glandevès d'Aubignosc (Gaspard 
de), commandeur^ 72, 92, 96. 

Glandevès d'Aubignosc (Henri de)^ 
72. 

Glandevès -Beaadument (Louis- 
Antoine de) •]«, 324. 

Glandevès-Castellet (François de), 
commandeur, 336. 

Glandevès-Castellet (Jean de) »{<, 
524. 

Glandevès-Castellet (Pierre-An- 
dré de), commandeur, 331. 

Glande vès-Cuges (Antoine de), 17. 

— (Charles de), commandeur, 

'84,86,350-351. 

— (Claude - Durand Gaspard 

de), 17. 
Glandevès (François de), 34*. 

— (Hélionde), i']\ 

— (Jacques de), commandeur, 

34. 
^'» autre (Jacques de), com- 
mandeur, 254. 

— (Jacques-Claude de), Grand- 

Prieur, X7, 278. 

— (Jean-Louis -Antoine de), 84. 

— (Jules de), X7. 

— (Marguerite de), 17. 

— (Marie-Anne de), 140*. 
Glandevès-Gréoux (Antoinette de), 

14. 
Glandevcs-MoDtblauc (Scipion de) 

*, 34. 
Glandevès-Niozelles (François de), 

cdr, 326. 
Glandevès-Poarrières ^Sauveur de), 

4*, 334. 



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— 373 — 



Gleize (Pierre), caré^ 98, lao. 

Gléon (Jean de), coiDniandeur,a34. 

Goirand (Jacques et François), 313. 

Golfech {Tarn^et-Garomne), canton 
de Valence^d Agen^ ancienne cont' 
manderie, 55, 106, 113, 135, 
ia6, 134. i?9» 240. 

Gombert (Louise de), 371, 373. 

— (Antoine de), 371. 
Gombert de Saint-Geniès (Jean- 
Baptiste de),coniaiandeiir,93. 

— (Scipion de), 93*. 
Gombert (aîné), maçon» 171» 177. 

— (Michel), notaire, 367. 
Gontard (Jean-Joseph), prêtre, 17a*. 
Goson (Adéodat de), Grand-Mai- 

tre, a 18. 
Gout{ {Gers), ancienne commande^ 

rie, 398, 
Grange (Mb«), née Réatta, 183. 
Gras-Preigne (Gabrielle de), 385. 
Gras-Pré ville (Louis- Joseph de), 

M7- 
•— (Louis-Dominique de), com- 
mandeur, 147,1^3, 163,164, 

17a, 3x5-3^7- 

— (René de), commandeur, 333- 

533. 

— (René-Charles de), comman- 
deur, 147, 173. 

Grasse {Alpes-Maritimes),'}'^'^, 351. 
Grasse-Briançon (Charles de),bailli, 
18, 19, 195, 196. 

— (Gaspard de), 19*. 

— (Jean de), 19*. 
Grasse-les-Colettes (Jean^François 

de) ^*, 334. 
Grasse-Montauroux (Biaise de) •]«, 

389, 
Gratet-du-Bouchage (François-Jo- 
séphine du), 159*, 346. 

— (Louis - Philippe - Humbert 
du), 346. 

Graveson (Ignace Amat de), 365'. 
Grégoire (Joseph), prêtre, X17, 138. 
Grenoble {Isère), 138*, 163, 337. 
Grésans {Hérault), ancienne cont" 



manderie, 9a, 94, «6, 159% «34- 
336, 340, 355, 330, 330, 337. 

Grignmn {Drame), arr. Mamicli^ 
mar, 380. 

Grignan (François - Adhêmar de 
Monteil de), archevêque, 368, 
369. 

Grille (famille dej, 74, 80, Ss, 93, 
94, 95, 106-108, III, 114, ii7t 
135-138, 131, 133, 134, 137, 139, 
140, 143, X44-M7, »M, 159. »8o, 
330, 338-346, 363, 364, 366, 377. 
380, 398. 303, 30«-3i3, 327» 335- 

Grimaldy (André de), 99. 

— (An ne-Marie-Baptiste de), 3 76. 

— (Charles de), 150*. 

— (Félix de), Grand-Prîeor, 98, 

99, 105, 113,333, 350. 

— (Honjré de), 119. 

— (Ignace-Louis- Félix de),com- 

mandenr, 111,119,240,307. 

— (Marie Catherine-Barbe dcl, 

341- 

— (Suzanne de), 135. 
Grimaudi (Michel), notaire, 7, 303, 

303. 
Groslée (Antoinette de)^ 13a, 
Gros-Boussicaud (Nicolas), prêtre, 

87. 
Gros (Jean -Baptiste-Joseph), prê- 
tre, 151,153,159,160, 164, 
173,389, 394. 

— (Joseph), 151, 389. 

— (Joseph- Barthélémy), 390. 
Grosson (Jean-Baptisle-Bernard), 

Ï54- 

— (Raphaël - Marins), notaire, 

Grossy (Jacques), prêtre, 86, 88, 
93, 100, 103, 104, 113, 390, 
303. 305, 306. 

— (Guillaume), 86. 
Guast (Gillette du), 49. 

Guérin de Tencin (Jean-Louis de), 

commandeur, 339, 333, 333. 
Guérin (Marguerite de), 136*. 



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— 37^ — 



Gueydan (Jeanne de), 190. 
«— (Gaspard de), 164*. 
— (Pierre -Claude -Secret de), 
commandeur, 164. 
Guibert (Barthélémy), diacre, 87. 

Guigna rd (Saint-Priest Charles- 
Antoine de), commandeur, 164. 

Guilhem ou Guillen (Claode), no- 
taire, 190^ 310. 

Goiilen de Monjustin (Renée de), 
108, 113, 966. 

Ouiran-la-firlUane (Henri-Fra nçois 
de), commandeur, 336. 

Guise (régiment de), 209. 

Guyane {Amérique)^ 393. 

Hardouin (Madeleine)^ 373. 
Hautefeuille (le bailli d'), 7^. 
Henri II, roi, X3, 13, 18. 
Henri III, roi, 6o% 194, ai6, 379. 
Henri IV, roi, 33, 197, 344. 
HiracUe ou Saini^Gilles, 46. 
Hérault (département), 180. 
Herbert (Pierre), archevêque, 371, 

374. 
Homps (Aude), canton de Lés^ignan, 

ancienne commanderie, 19, 69, 

108, 109, 193, 340, 354, 367, 373, 

385, 330, 333, 330, 337. 
Hospitaîet {Basses- Alpes), canton 

Banon, paroisse de la commande^ 

rie dîAvignony 73. 
Hugues II Béroard,archevèque, 306. 
Hyères (Var), arr, Toulon-sur^ 

Mer, $3, 

Icard (famille d»), 174, 346-347, 368. 
Imbert, officier ministériel, 177. 
Inguilrade, 351. 
Isnard (François d'), 339. 

— (Jean), 374. 

— (Madeleine), 374. 
Issautier^ curé, 308. 
Italie, 181, 305, 345. 
Ivray (Jeanne d'), 51, 
Jacquemin (Louis), 5. 

JaUs (Ardèche), ancienne commun^ 



derie, 19, 38, 53, 98, 190, aoo; 
335, 330, 335, 330, 337. 
Jaubert (Jean-Baptiste), ancien no- 
taire, 117. 

— secrétaire, 108. 

Jean ou Jehan, vicaire, X03, 306. 

Jeanne (la reine), 374. 

Jehan (Jean-Baptiste), notaire, 389. 

Joannis-la-Brillane (Jean - Augus- 
tin de), chevalier, 333. 

Jonquières [Bouches-du-Rhône), com- 
mune et canton du Mar tiques, 83. 

Joucas ( Vaucluse), canton de Cor- 
des, ancienne commanderie, 19, 
X03, 150, X51, 386, 305, 330, 

3î8. 
Jourdan (Alexis); aumônier, 141, 

144. 148, 3^5- 
Jouvëne (Jacques), chapelain, 391. 

— (Louis), prêtre, 87, 100, loi, 

389, 39X. 

— (Marc), lox, 390. 

— (Marc - Antoine), lieutenant 

général, 391. 
Jouvène (Marie-Pierre), X59*, 

— (Raymond), prêtre, lox, 390. 
Joyeuse (Antoine - Scipion de), 

Grand-Prieuré, 60 *• 
Juigné de Lassigny (Edme de), 

19? *. 

Julien (Jacques), prêtre, 99. 
Justas (Jeanne de), 17 *. 



Labrot, 177. 
Lafont, 318. 
Laget (Jeanne), 6. 
Laidet ou Laydet-Calissanne (Jac- 
ques de), commandeur, 89*. 

— (Joseph de), commandeur, 89. 

— (Pierre de), 89. 

Laidet ou Laydet-Sigoyer (Louis 
de), commandeur, 337, 336, 

Lalande (Antoine de)^ comman- 
deur, X9, 335, 355. 

Lamhesc {Bouches-du' Rhône), arr» 
d^Aix, 308, 301. 



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374 — 



Lambesc (Alasacie de), a^a. 

— (Berlrande de), 353. 
Languedoc t 197, 378, 384. 

Lansac {B.-du-Rh,), commune de 
T arase on t 198. 

Lardiers (Basse s- Alpes), canton de 
Saini^Eiienne-Ies'Or^ues, 88. 

Larrocan d'Aignebère (Jean-Bap- 
tiste), commandeor, 61 *. 

Lascaris-Castellar (Jean-Panl de), 
commandeur et Grand-Maître, 
40, 51, 66, 397, 333, 345. 

Lastic (Jean de), Grand-Maître, 303. 

Lattier^la-Touche (Glande de), »{<, 
105, 108, 367. 

— (Pierre de), 105. 
Laugeiret (François), prêtre, 73, 

83, 153. 

— (Jean), prêtre, 334. 
Langier (Antoine), prêtre, 107. 

— (Brice), 107. 
Laurens (Françoise), 154 *. 
Lanrens (Gaspard du), archevêque, 

«7, 301. 
Laurent (Marc-Antoine de), 368. 
Lauris des Taillades-Ampus (Eme- 
ricde),55. 

— (Jean-Charles de), •}•, 93, 1 14 . 
Lausanne {Suisse) ^ 170, 171. 
Lautrec (Tarn), arr. Castres, 305. 
Lavabre (Gabriel de)^ 196, 
Lavaur (Tarn), 169 *. 

Lawfeîd, 169. 

Ldaumont de Puy-Galllard (René 

de), commandeur^ 338. 
Lebon (notaire), 57. 
Lecioure [Gers), 339. 
Lefaure (Joseph), 118. 
Lenche (Désirée de), 38. 
Léonard (Louis), prêtre, 134, 146, 

M7* 309-3I3- 
Léopold I»»", empereur d'Autriche, 

396. 
Léopold 1er, duc de Lorraine, 356. 
Lèpante {Grèce), 33, 39, 135. 
Lérida {Espagne), 360. 
Libertat (Claire de), 58. 



Ligondès (le commandeur de), 337. 
Lincel (Bas s es' Alpes), canton de 

Reillanne, 330. 
Lion, puîné, x68. 
Lions (Antoine), 138. 
Liras (Gard), canton de Roque- 

maure, 366. 
Lirrano (Aimar de), •{«, 321. 
Livière (le chevalier de), 30X . 
Liviers (Gard), ferme près Saint- 

Gilles, 49, 50*, 337. 
Lomhei[ (Gers), 36. 
Loménie (Henri-Auguste de), 303. 
Lopis-la-Fare (Marguerite de), 137. 
Loubens - Verdale (Hugues de), 

Grand-Maître, 90, 93, 134. 
Louet-Nogaret Calvisson (Anne 

de), 355. 
Louis IX (saint), roi, 5. 
Louis Xn, roi, rt, 43, 304. 
Louis XIII, roi, 51, 30X, 344. 
Louis XIV, roi, 55, 73, 79, 333, 

303, 303. 
Louis XV, roi, no, 146, 343. 
Louis XVIIl, roi, 119, 169% 364. 
Lordat (Joseph-Gabriel de), com- 
mandeur, 337. 
Lorraine (Elisabeth d'Orléans, du- 
chesse de), 356. 

— (Léopold Iw, duc de), 356. 
Loys (Jean), notaire, 335, 379. 
Loys (Siméon), notaire, 36^. 
Lubières (Madeleine de), 373. 
Luetz (Gabriel de), baron d'Ara- 

mon, ij, 3^4. 
Lugan (Aveyron), ancienne corn- 

manderie, 176, 164, 256, 331,338. 
Lunel (Hérault), arr, Montpellier, 

64,333. 
Luppé-Guarrané (Carbonel de), 57, 

— (Jean-Bertrand de), Grand- 

Prieur. 44, 46, 52, 57, 60- 
63,93,331. 

— (Tristan de), prêtre, 61. 
Lyon (Rhône), is, 197, 303, 344, 

345. 



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Machatilt d'Arnonville, iio. 

Madrid (Espagne) f 133. 

Mailîane {BoHches-du-Rhône)^ can- 

ion de Saint-Rem f, 3^4 . 
Maillé (Bernard), prêtre, 388. 
Maioardi (Jean-DomiDiqae), prêtre, 

Malbec (Bénédicte de), 99. 

Malespine (Pierre), notaire, 336. 

Malie, 13, 15% 16,33,34,31, 34*, 
35% 36, 43. 48, 49» 58, 70. 73, 81, 
83» 85. 95» io7> "9» "5% "7, 
139, 131, 140*, 145% ï63*, 165, 

170, 175» '94, 201, 316, 317, 331, 

333, 334, 341, 353, 359, 364, 365, 
368, 378, 379, 383, 385, 388, 394, 
«95, «98, 316, 318, 331, 336-338, 
340-343, 345-347» 357. 

Manas (Jacques de), Grand-Prieur, 
386. 

Mancini (épouse Louis de Vendô- 
me), 53. 

Mandon (Philippe), notaire, 373- 
374. 

Manosque (Basses* Alpes) , arr, for- 
càlquier, 7, 9, 19, 33, 37, 38, 40, 
49» 57, 58, 77. 81-84, 86, 100, io8, 
113, 114, 119, 133*, X31, 145, 151, 
153, 156, 156-158, 196, 333, 330, 

340, 341, 353, 359, 367, 380, 383, 
308,319, 336, 34t, 349, 354. 

MaqjQinet, 177. 

Marcel-Crochans (Jacques de), »{<, 
190. 

Maréchal, 179. 

Margucrier (Laurent), prêtre, 73 . 

Marin (Claude), notaire, 365. 

Marin (Pierre-Arnould), t" prési- 
dent), 70. 

Marseille, 7, 9, iî, 39, 45, 49, 51, 
54, 57, 70, 71*» 80, 83% 93, 95,96^ 
98, H7, 135% 137, 145* X49, 154, 
i6o% 178, 180, 305, 331, 343, 245, 
346. 350, 353, 361, 369-370, 384, 
391, 318, 3x9, 333, 331, 337, 338, 

341, 344, 348, 351, 354. 



— 375 - 

Marseille (Académie de)^ 1x4, 269. 

— (Frères Prêcheurs) , 305 . 
Mars-Liviers (François de), com- 
mandeur, 44, 5X, 53, 53, 
30O, 339, 337*. 

— (Jean de), 17. 
Martigues (BoucheS'dU'Rhône), arr, 

d'AiXf 83, 353. 
Martin, curé, 3x0. 

— imprimeur, 34. 

— maçon, 53. 

— (Christophe - Louis), prêtre, 
138. 

— (Honoré), 177. 

— (Joseph), 87. 

— (autre Joseph), prêtre, 118. 

— (Pierre), notaire, 356. 
Martios (Pierrette des), 333. 
Martins ou Martin - Puylobier 

(Charles des), comman- 
deur, 71. 

— (Françoise des), 95*. 

— (Isabean des), 95. 

— (Jean-Baptiste des), 71*. 
Marvèjols (Lozère), 145, 338. 
MaS'Blane(Botuhes-du'Rhâne), com, 

de TarascoH^ 158, 160, 333. 
Mas-Castellane- Allemagne (Jean- 
Baptiste du), commandeur, 

77. 

— (Jean-Louis du), 77*. 
Mas- Thihert (Bouckes-du-Rkône)» 

commune d* Arles , ancienne pro- 
priété de la commander te de Trin^ 
queiaille, 17, 160, 353. 
Mauléon-la-Bastide (Jean-Jacques 
de), Grand-Prieur, 33, 37, 

38, 197, 3"- 

— (Denis de), 36. 
Maurel (Barthélémy), prêtre, 139. 

— (Jean-François), prêtre, X07, 
Mauriës, vicaire, 308. 
Maurin, 178. 

Maurrique (Catherine), 19*. 
Mauriset (Antoine), 143. 
Mazarin (cardinal), 55, 300, soi. 
Mazery (Etienne), chanoine, 39. 



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-37<;- 



Mazamamet (pacha), s6o, a6i . 
MédiUrranét (mer)y 183, aôj. 
Me£fres (Jean-François), curé, ia6. 
Mège (Jean«André), caré, 137. 

— (Louis), 157. 

Mijtnus {Bouches^du'Rk6me)f cûm^ 
mune dês Saintes-Martes de la 
Mer, 189. 

Milan {Basses^ Alpes), arr. et can* 
ton Digne, 194. 

Melgueil {Combat de), 4. 

Melun {Seine^t'Marne), 144. 

Ménard, tonrnenr, 171. 

Ménardie (chevalier de la), 301 . 

Mende {Lozère), 95, 330. 

Menhinat (Pierre), notaire, 905, 
ao7, aïo, «73. 

Mercier, 308. 

Mère (Jacques), commandenr, 64, 
334. 

Mérieu (chevalier de), 43. 

Méritan (J.), cnré, 310, 338. 

Merles-Beauchamp (Joseph-Tho- 
mas de), commandear, 83, 84, 
89, aaa. 

Merles (Joseph- André de), 83. 

— (Sophie-Emilie de), 376. 
Mesnier (Gaspard), imprimenr,ti3, 

168. 
Messages (Arnand de), G. -Prieur, 4. 
Meuine (Sicile), 4if sx?* 
Meyran (André de) •{•, 347. 

— (Alix de), 40, 159. 

— (Ferrand de), 348. 

— (Jacques de), ^., 948. 

— (Jacques-Joseph de), 349. 

— (Louis de), 19a, 947. 

— (Madeleine de), 96^. 

— (Thérèse de), 94. 
MUhe (Claude), 177. 

MiUau (Aveyron), 44» jx» 68, 76, 
87, 100, loi, 103, 106, 197, 145, 159, 
163, 164, 173, 900, 941, 954, 979, 
380, 991, 305, 390, 391, 333, 337, 
343. 

Millin (Auguste-Aubin), sx9. 

Mingaud (Bernard), prêtre, ^9. 



Mirabel {DrSme), arr, et uaston 

de Nvons, 98, 190. 
Mirepoix (Haute-GaroHMo)^ caniom 

Villemmr, m, 338. 
Mistral (Jeanne de), 149, 256. 
Mistral-Montdragon(Charlotte de), 

94- 
Molettes-Morangiès (Anne de), 98, 
Molin (Louis du), grand-vie. 61,61'. 

- (?)S45. 

Monge (Bertrand), commandenr, 
90% 949. 

— (Jean), commandenr, 349- 

950. 

Monier (François), notaire, 45*, 199. 

Monnay (Imbert de), notaire, «53. 

Mons (le chevalier de), 301 . 

Montaigu-Fromiguière (Jacqoes de) 
commandenr, 934. 

Montcalm (Ferdinand de), 93. 

Monte fmsco {Italie), 154*. 

Montélimar {Drôme\ 10. 

Montfaucon-Roqnetaillade (Fran- 
çois de), commandeur, 69. 

Montfrin {Gard), cant. d'Arameon, 
ancienne commander ie, 33,68, 69, 
74, 86, 98, I09, 198, 149% 195- 
«97, 3S3. 331. 338. 

Montma/omr {B.-dm-R,), ancienne 
ahhaye de Bénédictins, près 
^ Arles, 949. 

Montmorency {Anne de), 905. 
— {Henri /« de), 946, 978. 

Montolien (Michel de), comman- 
deur, 397. 

Montpaon, ckdtean, prés d'Arles, 

939. 
Montpellier {Hérault), ancienne 
commanderie, 5, 13*, 15, 34*,. 54, 
73, 76, 77, 84, 9*. 95, 9^. 99. «53, 
156, 168, 177, 198, 903, 305, 355; 
«78, 30s. 319. 3*3» 3«7, 33», 335, 
348, 350. 
Montsannès {Hante^aronne), cash- 
ton Salies du Salât, ancienne 

commanderie, 373, 331, 343. 



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— 377 - 



IContredon (Raymond de), arche- 

iréque, 4 . 
Morel (Gaspard)» cnré^i^^. 
M^reton-Chabrillan (Antoine de), 

151. 

— (Antoine -Apollinaire de), 

bailli, 151, 136-1^8. 

— (Bertrand de),Grand-Prienr, 

es, 70, 134, jai . 

— (François de) , commandeur, 

93 r. 

— (Jacques de), 68. 
Morges-Ventavoo (François de), 

Grand- Prieur, 69, 70, 79, 
85,133,531, 548. 
— ' (Jacques de), 79. 

— (Jean de), commandeur; 

Morïaas {Basses-Pyrénées), arr^ 
Pau, ancienne commander te, i^, 

89» 139. »58» «54» 3«9. 
Moite (la), propriété prés de Saint' 

Gilles, 58, 75. 
Mottet (Jean de), commandeur, 69, 

3^3 • 

— (Rostan de), 69. 
Mottstiers (Suzanne de), 79. 
Moutet (Alexandre), prêtre, 103 • 
Mure, menuisier, 171. 

Mmy le (Var), canton de Fréjus, 



Naberat (Anne de) prieur d'Aix, 

34, 196-197. 
Naples (Italie), i8x, 191, 315, 374, 

«77. 
Napouli, en Roumanie, s8i. 
Narhonnê (Aude), ancienne com- 

manderie, 15, 49» 50% »o«i «©S 

m, X38, 147, 386-387, sSS» 305» 

550. 558. 
Necai (Antoine), prêtre, 501 . 
Ners (Gard), canton de Vé^enoères, 

164*. 
Nerthe(B,'du'R.), x8i. 
Nice (Alpes 'Maritimes), ancienne 

commanderiez 68% 74, 8oy 93,119, 



13), x^o, 30X, 305, 309, 3X3, 318, 

331, 351, 530, 535, 551. 555, 557. 

Nicolai (Antoine), notaire, 193, 

193» «55. «59. «77- 
Nicolas (César), curé, 4, 156. 

— (Jacques), chanoine, X36. 

— (Jean), commandeur, 19. 
Nicolay (Guillaume de), 4*, 15^*, 

156. 

- (?), «45. 
Nicopole (Bulgarie), 334. 
Ntmes (Gard)t 16, 37, x68, 3x6, 354, 

«75» îoi. 3i8> 3»7. 3?3, 3^8. 

Nogaret de Caivisson (Françoise 
de), 93. 

Nogier (Antoine), maçon, 75. 

Noguler, notaire à Saint-Gilles, 371. 

Nointel, ambassadeur, 363. 

Noir (Guillau mette), 6. 

Noyer (Marianne de), X5^, 394, 508. 

Noyon (Oise),arr, Compiégtie, 2^1, 

Nouveau, peintre^ 179. 

Nupces (François de), comman- 
deur, 537, 550. 



Olivary (Jean-Pierre), xjo*. 

— (Joseph - Gabriel), comman- 

deur, 1^0, 558. 

— (Joseph), commandeur, 550. 

Olivier (Antoine), notaire, 3^3. 

Olon (Anne-Julie d'), 164. 

Omergues (les) (Basses- Alpes), can- 
ton Noyers, 99, 136. 

Ondrat (Louis), ax6. 

Oraison (Alix d*), 13. 

Orange (ville et principauté), 49, 

i69% 179, 35>» «77- 
Orange (Guillaume III, de Nassau, 

prince d'), 35^. 
Orcel, charcutier^ 168. 
Orléans (Elisabeth d'), 336. 

— (Jean-Philippe d'), Grand- 

Prieur, 138, 345. 

— (Philippe, duc d'), 955. 
Orléans de la Motte, commandeur, 

397. 



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-378- 



Osfende (Belgique), 391. 



Palavacioi (Jean-François de), com- 

mandear, 334. 
Palestine t 187. 
Palliers [Ardècke) ancienne com" 

manderie, 71, 147, 149, 158, 315, 

350» 333. 33a. 337. 
Pangon (Bernard)^ notaire, 253, 

«53, a73- 
Paniise (François de), Grand* 
Prieur, 17, 33, 194, 334. 

— (Jean de), 17. 
Parade (Booiface), 333. 

Parade (Guillanme), chanoine, 333. 
Parade (Jean), chanoine, 33s. 
Paris, 9, 13, 13, 15, 117, 131, 133, 
154, 173, 183% 313,3X3, 330^343, 

«9^» 3aa» 336-338- 
Parisot (Jean), 316. 
Parret (Esprit), prêtre, 8x. 
Pascal (Jean), 175. 

— (Pierre), notaire, 347. 

— (Simon), 17^. 

Passarin (Bernard), notaire, 373. 
Passeront (Antoine-François), curé, 

93. 
Fatras (Grèce), 39. 
Paule (Antoine de), Grand-Prieur, 

33» i97»»59»3". 344- 

Pazzis (Elisabeth de). 17. 

Peilhe (François), antiquaire, 365. 

Pélegrin (Louise), 373. 

Pélissanne (Bouches -du- Rhône), 
canton Salon, 3q8. 

Pelletier de Gigondas (Marie-Ma- 
deleine de), 169. 

Pelliot, 308. 

Peraud (M. de), 301. 

PerelJos (Raymond de), Grand- 
Maître, 83,353. 

Péri gueux (Dordogne), 339. 

Perpignan (Pyrénées - Orienimles), 

49. 50% 55. 
Pérussis (Hélène de), 353. 
Perrier (Madeleine), 331. 
Pcrrin (Antoinette), 393*. 



Perrin de Jonqnières (de), 143, 145. 

Perrot (Antoine), 3x3. 

Pertuts (Vaucluse), arr. Apt, 163*. 

Peyrués ou Peyriès (Hérauli), près 
Béliers, ancienne commanderiez 
30, 7X, X94. 330, 338, 345- 

Pézénas (Hérault), arr. Béziers, 
ancienne commanderie, 30, 66, 

3ï9» 335» 33»» 336. 

Piat (Claude), notaire, 66*. 

Picot de Combreux (Jacques- Fran- 
çois de), commandeur, 333. 

Piémont (Italie), i69\ 

Pierlas (Alpes-Maritimes), cantom 
Villars, 75. 

Pillcporte (Dominique), maçon, 75. 

Pillier (Gérard), prêtre, 159, 160, 
167, 171. 

Pi nto( Emmanuel de) Grand-Maître, 

«83» 3x4. 
Piolenc (François-Joseph de), Gd- 
Prieur, 131, I38%i39» *4a» 
333, 338. 

— (Henri-Augustin de), Grand- 

Prieur, X36, 140, 147, 148» 
3M,3i5* 333» 335,338, 335- 

— (Honoré-Henri de), 141*. 

— (Joseph de), 131. 

— (Joseph-Henri de), comman- 

deur, 141*, 338. 
Piquet (Jean -Baptiste de), 156. 

— (Jeanne de), 348. 

Pireti (Pierre), notaire, 304. 

Flainchamp (Raymond de), com- 
mandeur, 6, 331. 

Plan de La Peyre (Gard), ancienne 
commanderie, 95, 333, 333, 338. 

Plantes (Tarn), 331. 

Podio ou Puy (Bernard de), notai- 
re, 6, 344, 373. 

Poët-Laval (Drame), canton Dieu- 
lefit, ancienne commanderie, 10, 
81, 98, 140, 143*, 147, 159, 164, 
311, 313, 319, 333, 336, 355. 

Poitiers (Vientu), 5. 

Polastron-la-Hillière (Denis de), 
commandeur, 43, 344. 



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— (Jean-Denît-Gabriel), com- 

mandear, 345. 

— (Joseph - Denis • Gabriel de), 

43 •. 
Pomme (André), 391, 193. 
Pomme (Félix), 993. 
Pomme (Pierre), médecin, 174, 391^ 
Pont (Antoine dn), 16, 378. 
Pont (LoDis dn), Grand-Prienr, 1% 

17, 378. 
Pontevès (Marguerite de), 15. 

— (Marie-Thérèse de), I03. 
Pontevès-Bargème (Alexandre de), 

*, 334. 

— (Claude de), 77*. 

— (Elisabeth de), 13 1. 

— (Gaspard de), Grand-Prieur, 

77»a58»353- 

Pontevès-Buous (Anne de), 65. 

Pontevès-Manbousquet (Alexandre 
ou Alphonse de), com- 
mandeur, 330. 
r- (Charles de), ^i», 164, X73. 

— (Meichior- Lazare de), 164*. 
Porcelet (famille de), 15, 16, 66, 

78, 136, 141, 143, 144, 158, 160, 
193, 310, 335.337, 333, 341, 350- 

a57, 3«6, 335-336. 
Porry (Jean), commandeur, 338. 

Port (François du), 3X. 

— (Louis du), 91. 
Por U Arnaud f en Camargue , sur le 

petit Rhône, dépendant de la co/H' 
manderie de la Favillane, 160, 
379. 

Portes Louise (de), iz8, 363. 

Porte TArtaudière (Justine de la), 
i6j. 

Poucharramei(Haufe-Garonne),caH' 
ton Rieumes, ancienne comman- 
der ie, 333. 

Pourroy de Quinsonas de Lauberi- 
vière (Pierre-Emmanuel de), com- 
mandeur, 331. 

Prat (Gaucher de), 305. 

Pravière, 338. 



— 379 — 

:om- Préjean de Bidoux, Grand-Prieur, 

153. 
Primeyran (Laurent), 6. 
Privât (Robert de), 3-^7. 
Privat-Mollières (Bertrand de), 357. 

— (Jacques-François) cdr, 357. 

— (Jean de), •!•, 358. 

— (Pierre de), 133. 
Provana (Gertmde de), 35 *• 
Provence, 50, 63, 77*, xxo, 183, 193» 

304, 305, 3X1^ 3X8. 

Prugnes, X07. 

Puget (Anne de)^ 95*. 

— (Auban de), 33. 

— (François de), Grand-Prieur. 

33. 

Puget (Pierre), sculpteur, 133 *. 
Puget-Barbentane (de), cdr, 337, 

338. 

— (Marc-Antoine de), comman- 
deur, 94, 98, 99. 

— (autre Marc-Antoine de), 94* . 
Puget-Fuveau (Sibille de), 7x*. 
Puget-Sainl-Marc (Antoine de), 

commandeur, 40. 

— (autre Antoine de), 40. 
Puimoisson {^asses-Alpes), canton 

Riej[f ancienne commanderie, 7, 

17, 18, 38, 95, 96, 98, X43, X50, 

196, 330, 333, 336. 
Pujade (Jacques), 6. 
Puy-Saint'Martin (Drame), canton 

Crest, 306. 
Puysuhran ou Putssubran (Aude), 

ancienne commanderie, 84, 333, 



QjDenin (Marguerite), X04, X3%393. 

Quercy, 355, 338. 

Quiqueran (famille de), 3X, 33, 34- 
37, 40-43» 45-48, 54, 65, 80, 94, 
95% 105, xx8, X33, X34, 19X, 301, 
307,341,343, 334, 359-364, 383, 
33X, 334, 335. 

Raimundi (Guillaume), notaire^ 

303,350,374. 
Rainoard (Marguerite de), 48. 



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— 3*0 — 



Raissac (Tarn)^ eûntom d« Mimtre^ 
don, 91% loo, 105% 139, 3^0,333, 

333, 336. 
Rampai, notaire^ 991. 
Raousset ( Cha ries - Jea n - Baptitte 
de), commandeur^ 105, laé, 

137, «39. 333. 
»- (Cha ries- Antoine de), 103% 

I39*. 

Raonx de la Tonr (Lonis), prêtre, 
144-146. 

Raphaélis - Rovigoes (Pierre de), 
commandeur, 333. 

Rascas-Bagarris (François de), com- 
mandeur, 933. 

Ratte-Cambous (François de), com- 
mandeur, X90, 393. 

Raucoux {haiaiiU de), 169. 

Rajbaud (Antoine), notaire, 73, 85- 
88, 100,104,135, 289, 993. 

— (François-André), comman- 

deur, 137, 294. 
«— (Guillaume), notaire, 993*. 

— (Jean), notaire, 4. 73, 85, 99, 

100, 105,106, 119, 1x7, 135, 
«93*» «94. 306, 308. 

— (Jean * François), commiin- 

deur, 99,96, X04, 106, XXX, 
X17, 1x8, X9x*x33,i36, 197, 
X36, 993. 

— (Joseph-Antoine), comman- 

deur, 131, I33,X34,X36,I40, 
141, I43-M5» M7, 148,150, 
I5it Ï55» «90, 294. 3»5- 
■— (Melchior), notaire, 993*. 

— (Toussaint), notaire, 993*. 
Raymond (Etienne),commandeur,3. 
Raymond d'Eaux ou d'EouIx (Bal- 

thazar de), commandeur, 

329, 343. 

— (François de), commandeur, 

330. 

— (Gaspard de), commandeur, 

330, 333. 

— (Jean -Baptiste de), comman- 

deur, 334. 



— (Joseph de), commandeur, 

I9T. 

— (Sctpion de), commaDdeiir, 

331, 343. 
Raymond-Modène (Louis de) •{•, 
100, 980. 

— (Louis-François de),cdry 338 . 
Raymond-Modène-Pomerol (Pier- 
re de) ^i, 143. 

— (Françoîs-Cirice de), I45* 
Raymond (Anne on Jeanne de), 379, 

— (Jeanne), 979. 

Ré (île de), dams t Océan AtUnti- 
que, 51. 

Réattn (Jacques), peintre, 30*, 189. 

Rébu£fat (François), prêtre, 9s • 

Redortier (BasseS'Alpes)^ camiom 
de BanoM, 979. 

Regnauid de Farcie u (Catherine- 
Bonne), 946. 

Régusse [Var), canton Tavernes, 

96. 

Reynaud (Marins), graveur, 936. 
Remerville (Joseph-François de), 

135- 
Renaud (Philippine de), 40. 
Renaud d'Alleins (André de), 60. 

— (François de), 78. 

— (Gilles de) >î<, 78*. 

— (Louis de), 60. 

— (le chevalier de), 969. 
Renaud d'Alleins (Philippe-Emma- 
nuel de), commandeur, 78^ 84. 

René (le roi), xx, 959, 984. 
RennroiUe {Hante^aronne), arr, 

et canton de Villefranche-da-Lan- 

raguais, ancienne commanierie, 

94,38, 1x6,149,333, 347, 
Renoard (l'abbé Pierre), 9X, 999. 
Reynaud (Vincent), notaire, 933. 
Reyne (Bernard), secrétaire, X31, 

949. 
Reynier (François), prêtre, 73, 
Rhodes (île de), 9, xx, I9, 89, 903, 

905, 990*, 939, 959, 953, 973,301. 
Rhône (fleuve), 13,49, 89, 90, 196, 

X98, 949, 959. 



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-^8i- 



Ribier (Pierre de), 3oa. 
Ricard (Raymond), 253. 

— (Anne de), 137*. 

— (Sextius-Ânge de), comman- 

deur, 337, 335. 
Ricard de Breganson (Elisabeth- 
Pierrette^ de), 536. 

— (Loais-Hercule de), 236. 
Ricarde (Jeanne), 349. 
Richard, notaire, 1^7. 
Richelieu (Armand Dnplessis, car- 
dinal de), 49, 55. 3a7*. 

— (Louii-François-Armand de 

Wignerot du Plessis de), 

maréchal de France, 170. 

Richicud (Pierre), prêtre, 130, 136, 

138. 
Rides, 30, 31. 

Mieux (Haute-Garonne), arr. Mu- 
ret,^}!. 
Rie^ {Basses'Aîpes)y arr. Digne, 

Rigordi (Jean-Baptiste), prêtre, q6. 
Riqnetti-Mirabeau (Eogénie de), 

iH» M3, 303'. 

— (Jean-Antoine de), 163*. 

— (Jean-Antoine-Joseph-Char- 

les-Elzéar de), comman- 
deur, 163, 336, 343. 

— (Thomas de), commandeur, 
65. 

Rispe (Douce de), 365. 

Rivière (Nicolas de la), 30, 3r, 

335. 
Rivière (Dom Polycarpe de la), 

134- 

Robin-Barbentane (Joseph-Marc- 
Antoine de), commandeur, 334. 

Robin - Barbentane - Beauregard 
(Etienne-Claude de), 1^9. 

Robin-Graveson (Paul-Antoine de), 

34'. 

— (Paul-Antoine de), comman- 
deur, 34, 41, 44, 55. 57, 347. 

Robin- Pradal - Beauregard (Henri 

de), commandeur, 136, 339. 
Roche (Pierre-Jean)^ prêtre^ 88. 



Rochechinard (Charles - AUeman 
de la), Grand-Prieur, 9, 37% 64. 

Rodelly (Pons), notaire, 6, 330*, 
331, 249. 

Rodes (Jean de), notaire, 334, 379. 

Rodei (Avejfron), 328, 330, 337, 

Rohan (prince Camille de), 336. 

— (Emmanuel de), Grand-Maî- 

tre, 3x5, 316, 318, 

— (Régiment de), 23^. 
Rohard (Jean), notaire, 189. 
Rolland-Réauville (Angélique de), 

160. 

— (Claude de), 89*. 

— (François de), 149. 

— (Joseph de), commandeur, 

89, 338. 

— (Paul- Augustin de), Grand- 

Prieur, 137, 140, 141, 143- 

145, 147-149» i5>» Ï54.155. 
31X, 31a, 3x9, 322, 325, 

330, 337. 

Rome {Italie), 2x8, 3^x. 

Romieu (famille de), xx, 34, 74, 
xoo, X03, X04-X06, xo8, 1x3, X14, 
XX7-X18, 127, 205, 24X, 264-368, 
284,285,303-306,324, 353. 

Roquehillière (Alpes - Maritimes), 
canton Saint-Martin-Vèsubie, 80, 
92. 

Roquehrune (Var), canton de Fré- 
JUS, 92. 

Roquel (Michel), 178. 

Roquelanre-Saint-Aubin (Jean de), 
22. 

— (Pierre de), Grand-Prieur, 

23, 53, 65, X24. 

Roquemartine (B^-du'RM.), coM" 
mune et canton d^Eyguières, 13, 
X93. 

Roquette (VaucluseJ, commune de 
Vaucluse, 189. 

Roquette (Bernard de), comman- 
deur, 327. 

RosbacA (bataille de), l'jo, 

Rosselle (la), île dans le Rhône, en 
aval d'Arles, 254. 



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Rostang (Pierre), 349. 

Roucrgue (le), 63, 333, 334. 

Roare (baron Scipion du), do8. 

Roux (Jean-Jacques), 3x3. 

Ronz-Targues (famille de), 371- 
373. 

Royal-Roussi il on (régiment), a^^. 

Royal Fusilliers (régiment), 3;^. 

Roys de Lédignan (Gabrielle de), 
385. 

Ruât (Jean), prêtre, 93. 

Rodlgoz, négociant, 345, 

Rue (Alpes-Maritimes), 38. 

Ruynat (Jean-Pierre de), comman- 
deur, 34. 

Sabatier (Louis de), 196. 

— (Renée de), 346. 
Sabran (Jean de), .J-, 334, 335. 
Sade d'Eyguières (Antoine de), »{«^ 

88. 

— (Guillaume de), 88*. 

— (Isabeau de), 91, 333. 

— (Louise de), 99. 

— (Marthe-Henriette de). 346. 
Sade-Mazan (Jean-Baptiste de), 97. 

— (Richard de), Grand- Prieur^ 

97.98, 3". 

— (Richard Jean-Louis de), 

commandeur, 336. 
Saint'Agricol, paroisse (t Avignon, 

39- 

Saini-Andiol {Bouches -du-Rkâne), 
canton d'Orgon, 378. 

Saiut~Blaise de Mars, ancienne 
commander te y 333. 

Saint'Christoî {Hérault), canton de 
Lunel, ancienne commanderiez 33, 
64, 69, 77, 131, 164, 195, 197, 
310, 334, 330, 355, 330, 333, 336. 

Saini*CUment {chapelle de)f à Malte^ 

51. 
Saint'Estève [chapelle], près Taras- 

cortj 161, 
Saint'Etienne du Grès, près Taras- 

con {B,-du'R.)y 358. 
Saint' Euscbe {abbaye de), xôg*. 



_ 38a - 

Saint' Félix (Averrom), cmnton Ca- 
maris, ancienne commanderiez 34, 
66, 103-105, 107, 108, XI 4, ii7i 
131, 357, 367, 330, 333, 333, 337, 

353- 

Saint -Félix (Louise de), 33. 

Saint Germain (Aveyron\ paroisse 
près Millau, 76. 

Saint-Germain (Louise de)« 194 . 

Saint'Gilles (Gard), arr» Nimes, 5, 
4, 13, 14, 15, 37-39, 31, 37, 39, 45, 
75, 86, 148, 165, ï68, 316, 378, 
388, 394, 398, 301 • 

Saint-Hugo, ancienne commanderie, 
330. 

Satnt-Jean de Barrante, 338. 

Saint' Jurs (Basses-Alpes), camion 
Moustiers Sainte^Marie, 33. 

Saint'Laurent-en-Royans (DrômeJ, 
canton Saint - Jean^en - Rojraus, 
139. 

Saict-Lazare (ordre de), 333. 

Saint- Marc (Pierre de), 17. 

Saint-Martin (famille de), 198^ 307, 
354. 373-373. 

Saint-Martin de Crau (Bouches^du" 
Rhône), commune d Arles-smr- 
Rhône, 41. 

Saint-Maurice (ordre de)^ 333. 

Saint-Mesme (régiment), a6o. 

Saint'Na\aire, paroisse de la com- 
mander ie de Grès ans, 93 . 

Saint-Papoul (Aude), arr. et can- 
ton de Castelnaudary, 333. 

Saint-Paul ( Bouches-du-Rhone), can* 
ton de Peyrolles, 330, 3^i. 

Saint-Pons de Mauchiens (Hé- 
rault), commune de Montagnac, 

»55. 
Saint- Remy de Provence (Bouckes- 

au-Rhone), arr, Arles-sur-Rhône, 

193,390. 
Sa int-Roch (paroisse de Paris) ,330. 
Saint-Sauveur -de -G inestoux ( Lo- 

^ère)^ arr. Minde, 93. 
Saint-Simon (bailli de), x^t. 



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-383 



Saint'Trope:^ (Var), arr, Dragui- 

gnan, 345. 
Saini-Vînceni, de la commander te 

de Valence f ai^. 
Saint' Vincent'la-Bessière (Aude), 

105. 
Saint-Vincent d'Olargues [Hé- 

rault)^ canton d'Olargues ^ 306. 
Saint-Anne, près de Fourques 

{Gard) y ancienne commanderie, 

338. 

Saint-Eulalie ou Saint- Aulaire 
(Aveyron)y canton de Saint-Gé- 
nieh 35% 4©, xao, 163, 320, 333, 

336, 343, 347- 

Sainte-Luce {Arles), ancienne com- 
manderie, 7, 18, 20, 30, 43, AAt 
86, 87, 114, 140, 150, 151, 157, 

175, 19^, 304, 3X6, 218, 390, 331, 

350» «53» 254, 398, 301, 330» 333» 

337, 344» 351- 
Sainte-Marguerite {Nice), ancienne 

commanderie, 333. 

SaiDte-Margaerite-la-Garde (Gas- 
pard de), ^, 334. 

Sainte-Marie-la'Bdtie, ancienne pa- 
roisse de la commanderie de Val- 
drame, 70. 

Sainte-Maure {Archipel), 314. 

Saintes-Maries-de-la-Mer { Bouches- 
du-Rhône), arr. d^ Arles, 300, 333, 
346, 347, 386. 

Sali ers {B.-du-R.), commune d'Ar- 
les, ancienne commanderie, 7, 18- 
30, 33,30.33, 4X, 46, 47, 50% 53» 
63, 65.67, 77, 95, 96, 98, 119, 

160, 166, 173, 183, 195, 198, 203, 
303, 3 16, 333, 340, 349, 353, 359, 

398, 307, 317» 320, 325» 334, 337- 
Sallezzaty (Pieire), 8. 
Salon {B,'du-R.)t arr, Aix, 303, 

336, 374. 
S aragosse {Espagne), 198, 314. 
Sausse (Jeanne), 389. 
Sauvaiol (Jean), clerc, 30X. 
Sauve (Laurent), maçon, 73. 
Sauzette (Catherine), 396. 



Savoie (duc de), 30, 31, 73. 
Savoie (Louise de), 305, 3p6. 
Saxi (Claude), notaire, 3x3, 335, 396. 
Seau me (Joseph), prêtre, xo3. 
Sideron {Drôme), arr, Nyons, axo. 
Segond (Joseph), notaire, 89. 
Seguin (Joseph), 365*. 
Seguin, notaire, 9a. 
Seguiran (Madeleine), 149 *. 
Segnlran-Âuribeau (Annibal de), 
commandeur, 95, 96, 98. 

— (Henri de), 95*. 

— (Sextius de), commandeur, 

76, 98, 99, 136. 
Seignoret (François), avocat, 395. 
Seignoret (Jacques), prêtre, 395 . 
Seitres ou Seytres (Marguerite de), 

98, 38x. 
Seytres-Caumont (Eugène de), »{<, 

340. 

— (Joseph de), 144. 

— (Joseph-Frayois-Xavier de), 

•î*, 144. 

Selim, sultan, 378. 

Selve fia) (Aveyron), canton Ré- 
quista, ancienne commanderie, 
34% 69, 99, 100, 103, 135, 190, 

«55» 305» 307» 334, 337. 

Sénas (B,-du-R.J, canton d'Orgon, 
35X. 

Séverac (Aveyron\ arr, Millau, 
63,68, 3ax. 

Siaussayes (les) (Drôme), 133, 

Sicard (Jean), prêtre, 334. 

Sicard (Pierre), géomètre, 177, X78. 

Sicile, 41. 

Sigaud de Bresc (Pierre), comman- 
deur, 338. 

Silves (Ursule), 391. 

Simione (Angélique de)« X64*. 

— (Diane de), 98. 

Simon (le curé), X19, X3o, 137, 394, 

307. 
Simon (Jean-An toi ne), prêtre, 70. 
Simon (Jeanne), 147,388. 
Sisteron (Basses-Alpes), 17, 73^ 99, 
Six (Jean d/e), prêtre, 25, 



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-584- 



Soliman (salUn), aa4, 378. 
Soubiran-Arifat ( Jacquet de), 78*. 

— (Jean de), conimandear, 379. 

— (Jeaa-Phillppe de), comiuan- 

dcar, 78, 81, 84, 88, 94, 

Spinola (Jean-Baptiste), bailli, 3$!. 

Strozzi (Léon), prieur, 338. 

Suarès d'Aulan (Benoit on Henri), 
^, ia6. 

Suffren (Marguerite de), 330. 

Sufifren-Saint-Tropez (Pierre - An- 
dré on le bailli de), 336. 

S/racMse (Sicile), 317. 



Taillefer (Michel), curé, 76. 
Tambonnean (le commandeur de), 

117. 
Taraseott {B.^éu-Rj, arr. Arles, 

49» 50» 56, 69, 99% 107*, 137, 147. 

150% 158, 193, 195, 334, 357, 365, 

316, 333. 
Tartais (Nicolas), notaire, 394. 

— (Pons), notaire, 988» 
Tasque (Gabrielle de), 371. 
Tanlemesse (Jeanne), 395. 
Taulignan (Claudine de), x6, 3^4. 

— (François de), 354. 
Taurenc ou Thorenc, ancienne corn- 

manderie, 19% 95, 134, 338. 
Tauriac (Pierre), curé, 107. 
Temple (le), à Agen, 334. 
Tende (Claude- Savoie, comte de), 

3l6. 

Tenque (Bienheureux Gérard), 37, 

38. 

Terras (Auge), prêtre, 7a'. 

Terrin (Claude), 365 *. 

TertuUe (Gabrielle de), 89 * 

Thaon de Revel (Jean-Baptiste de), 
commandeur, xa^, 136, 
138'. 155, 34a, 346. 

— Gaspard de), laj •. 
Thésan (Antoine de), comman- 
deur, 15, 375. 

— (Madeleine de), 30. 



Thésan- Vénasque (Charles de), 4*i 

3«3. 

— (Marie de), 341. 
Thézan (Jean de), prêtre, 34. 
Tkoard [Basses- Alpes), arr» et can» 

ion Digne, 83, 99, 100 • 
Thomas (Charlotte de), 77 *. 
Thomas (Thomas), prêtre, 988. 
Thomas-Gignac (Jean- Baptiste de), 
136-. 

— (Joseph-Gabriel de), com- 

mandeur, 136, 139, 338. 
Thomas-Millaud (Jean-Baptiste de), 

commandeur, 333. 
Thomas-la-Valette (François de), 

54 •. 

— (Marie de), 54* 

^ (Henri de), conomandenr, 
54 % 73» A 77. 84, '53. 
303 •, 333. 
Tkoret ou Tkonret, fief des d^Alhe, 

19, 193, 193. 
ThibaudSaoes (Pierre de), com- 
mandeur, 93. 

— (autre Pierre de), 95 *. 
Tieuloy (Isabeau de), s6o. 
Tinelts (Jean-Louis de), 341. 

— (Marie- Anne de), 941. 
TineUis de Castellet (Charles-Jo- 
seph de), chanoine, 173. 

Tinet (Antoine), prêtre, x77-i79* 

Tinet (Pierre), 177. 

Tonduty (Gilles), 138. 

Tondnty-Malijac (François-Ignace 
de), commandeur, 333, 337. 

Toscane (François, duc de), 3>6. 

Touche (Nicolas la), 336. 

Toulon {Var), 63, 95% 159» "79» 
334, a63, 337, 336. 

Toulouse {Haute -^ Garonne) , 9, 
a9»3o, 35% 6o* 67*, 69* 77% 
95*, 107, 117-119, 131, xa8*, 131* 
149, 163, 163, 169, 190, 319, 358, 
359» 309. 3»>» 3«6, 3«7» 3»8, 333» 
334, 338. 341, 34». 344, 347» 35?» 
355- 



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^85- 



Tour (fimille de la), t4-z6| 14a, 

«45, m8, a74-a78. 
Toorre (Bernardin), serrurier, ^a. 
Trabnstol (Guillaume)^ 949. 

— (Pierre), 6. 
Tressemanes - Chasteuil - Brunet 

(Charles de), 3^7. 

— (Emilien d«), 3^7. 

— (Gaspard de), 140*. 

— (Joseph de), 140*. 

— (antre Joseph de), 357. 

— (Joseph-Charles de), com- 

mandeur, 140, 336, 357. 

— (MarioD de), commandenr, 

M. X96. 347. 

— (Raymond de), 24*. 
Trets (B.-dn-R.), arr. Aix, 339. 
Trevey-Charmail (Jean-Martin de), 

commandeur, 136. 
Trinqueiaille, faubourg d^ Arles ^ 
ancienne commanderiez 3*8, 10, 
12, 13, 17, a6, 50% 57% 63, 67*, 
70, 87', 107', 113, 138-, 143, 160, 
170, 315, 231, 349, 350, 353, 356, 

»57. 319» 334.335» 34'. 

Trinquières (Louise-Marie de), 119. 

Tripoli, 15, 354. 

Tronquière {la) {Lot), arr. hîgeac, 
ancienne commanderie, 71, 96, 
108, 340, 379, 330, 334i336. 

Tropin (Colette), 8. 

Tunis, ^}, 196. 

Tulle (Jacques de', 169*. 

— (Jean de), évéque, 377. 
Tnlle-Villcfranche (Jean Domini- 
que de), 169. 

— (Louis-Gaspard de), Grand- 

Prieur, X46, 164, 166, z68, 

169, 171, 181, 343, 310, 

316, 333, 358. 

Turcs ou Musulmans, 39, 20^, 214, 

216, 317, 331, 334, 315, 8?8, 347, 

354, 363, 363, 278, 345, 346, 348, 

355. 

Tnreone (régiment de), 309. 

Torpatola (Angéline), 15, 379. 



Vbaj^e {Basses -Alpes), canton le 

Laurel, 247, 255- 
Urbain VIII, pape, 344. 
Urre (Guigone d'), 68. 
Urre-Brotin (Laurent d'), 99. 
Urre-Venterol (Claude d'), G^aod- 

Prieur, 39, 40, 65, «4, 

386% 321. 

— (Georges d'), 39. 
Ursi (Jacques), notaire, 254. 
Uzane (Aymar d'), 277. 

— (Honorât d'), 377. 

— (Jean d'), 277. 

— (Martin d*), 876. 

— (Pierre d'), 277. 

— (Valentin d'), •!•, 277. 
U\ès {Gard)y 216, 250, 330. 



Vachon^Belmont (Jacques-Armand 
de), commandeur, X13, 128, 

139, 139, 163*, 331, 334, 341. 

— (Jean-Baptiste de), i38\ 

— (Nicolas de), 163 . 

— (Victor-Nicolas de),comman- 

deur, 163, 343. 

Vacquières fde), 345. 

Valbelle-Meyrargues (le comman- 
deur de), 369. 

Valbonnette {château de)\ près Lam- 
hesc, 53-55, 308, 33 ï. 

Valdrome (Drôme), canton la Motte- 
ChalanfOH, ancienne commanste- 
'''>» 7* 54» M5» a86, 394. 396, 
397*, 320. 338- 

Valançay (Général), 198, 314. 

Valence (DrômeJ, ancienne corn- 
manderie, 7, 33, 34, 44, 5a, 69, 
71, 139, 149, 154, 155, 315,358, 

379. 3»o. 3«3* 3^5. 334-337- 
Valériole (Thérèse de;, 341. 
Valernod (Pierre de), évéque, 37, 

301. 
Vallière (Claude', notaire, 344. 

— (Jean- Baptiste), organiste, 

344. 
Vaour {Tarn), arr. GaillaCf an- 

35 



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— ^86 



cienne commanJtrief 78, 319, 334, 

335. 
Varadier Saint-Andiol (famille de), 
15, 19, 81, 90, 96, 100, 103, 106, 
108, lia, 119, 144, 196, ai4, 341, 
»57. «74» 377 a8x, 305, 507, 308. 
Varagne-Bélesta-Gardouch (Jean- 
Sébastien de), cnmman- 
denr, 331. 

— ( Louis- Hippolyte de), com- 

mandeur, 330, 335. 

Vassadel - Vaqueyras (Jean de)> 

Gran.'-Pricur, 39. 

— (autre Jean de;, 30. 
Vaud {pays de)^ 170. 

Vangier (Jean), notaire, 98a, 998. 
Vauvert yGara), arr, Nimes, 168. 
VeJttux {B,'duR,J, car.toH de Berre, 

349. 
Venais s in (com/ai), 48. 
Vence ( Alpes - Maritimes) , arr. 

Grasse, 338. 
Vendôme (Louis de), ^3. 300. 
V enter ol {Basses'Alpes\, canton de 

Turriers, 350. 
Veoto (Philippe de), commandeur, 

a54. 
Vento des Pennes (de), xo8, ti3. 

— (Henri de), i6o*. 

— (Marquise de), 131. 

— (Toussaint de), commandeur, 

160, 161, 163, x66, 337. 
Venture (Jean- Baptiste), oratorien, 

173. 
Vcran (André}, 398*. 

— (Antoine), notaire, 313. 

— (Charles), notaire, 997. 

— (Charles), commandeur, 91» 

297, 399'. 

— (Charles-Balthazar), 398. 

— Jean-François), 397. 

— (Louis), commandeur, 396, 

397 *• 

— (Nicolas), 396. 

— (Pierre), 15, 155, 176, 181, 

330. 



— (Simon), notaire, 113, 9s6» 

937, 380. 

— (Ursule). 989. 
Verdelin (Antoine de), •{•, 49. 
Verdelin (Jean -François de), com- 
mandeur, 48, 49, 54, 69, 

3IO, 338, 333. 

— (Jean-Jacques de), comman- 

deur, 49, 51, 345. 

— (Michel de), «J», 49, 346. 

— (Paul de), 49- 
Verdier (Catherine de), 338. 
Vernède {ia)^ en Camargue, com- 
mune Sain/es-Maries, ancienne 
commanderiez 80, 105, 164 993, 
«64. 334.338.343. 

VernHes {Salines de ^ 222, 
Vernon (de), 143. 

Vers {D/'âme), canton Sêderon, 9 10. 
Vérune (Bertrand et Adélaïde de 

1«). 4. 

Vervins (Marie de), 336. 

Vésins (Jeanne de), 57. 

Veynes du Prayet (Joseph de) com- 
mandeur, ¥45. 33^- 

Vialar (François), prêtre, 394. 

Viany (Claude), prêtre, 73, 334. 

— (Jean), prêtre, 67. 
Vidal, vitrier, 171. 

Vidauhan ( Var)^ canton Le Luc, 96. 
Vidaud (famille), 303. 
Vieu (le chevalier de), 43. 

— (Françoise de), 77 •. 
Vignancourt (Aloys de), Grand- 

Maitre, 46. 
Vignaod (traiteur), x68. 
Vi^e (la), ferme près d'Albaron, 

160, 196, 933. 
Vignes-la-Bastid e- Parisot (Gabriel- 

Bonaventure des), commandeur, 

33X. 
Vigouroux, 308. 
Viguier (famille de), X03, zo^, 137, 

34 X, 983-381, 305, 339- 
Vilhena (Antoine - Emmanuel) ^ 

Grand-Maitre, 83, 398. 
Villages (César de), 57'. 



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~ J87 -. 



— (Charles de), commandeor, 

— (Gaspard de), 349. 

— (Jean-François de), 346. 

— ( Louis de), rommandear, 58* . 

— (Nicolas de), commandeur, 

58-. 

— (Thomas de), bailli, 57, 348. 
Villages-!a-Chassagne (Antoine de), 

*. 324. 

— (Henri de), 384. 

— (Jacques de), commandeur, 

X06, 108, 113, 380, 385. 

— (Jean de), 385. 

— (Nicolas-Roch de), comman- 

deur. 333. 

— (Paul-Antoine de), ^, 384. 
VilUdieu (la) {Tarn-tt-Garonne), 

arr, Cas/eharrasin, ancienne 
commanderiez 335. 
Villemurs (Catherine de), 19*. 

— (Isnard de), commandeur,so*. 

— (Marguerite de), 17. 
Villeneuve (Catherine de), 193. 

— (Digne de), 70. 

— (Elisabeth de), 87*. 

— (Hélion de), Grand-Maître, 

5, 191. 
Villeneuve-Beauregard (Barthélé- 
my de), 94. 

— (César de), commandeur, 94, 

Villeneuve-la -Napoule (César de), 
commandeur, 71. 

— (Charles de), 7x*. 
Villeneuve-Thorenc (César de), 

Grand-Prieur, 95, 333, 333, 
348, 350. 



— (Claude de), 95. 
Villeneuve-Tonrrette (Claude de), 

*, 3»3- 

Villeneuve-Trans (Thomas de), com- 
mandeur, 331. 

Villers (Catherine de). 345». 

Villion (Joseph -César), 153. 

Villiers de l'Isle Adam (Philippe 
de), Grand-MaStre, 13. 

Vincens-Cauaans (Marguerite de) 
85-. 

Vincens-Savoillan(Françoisde),48. 

— (Guillaume de), Grand - 

Prieur, 4?, 44, 48, 50, 5"» 

331. 
Vinnn ( Var), canton Rians, 38, 89. 
Vintimille (Rose- Charlotte-Félicité 

de), 164*. 
Vintimille-Montpezat (Jean de), 

commandeur, 94, 

— (Roland de), 94. 
Vintimille OUioule (Balthazar de), 

commandeur, sai. 

— (François de), commandeur, 

36*. 

VirivtU* {hère), arr. St-Marceilin, 

153. 
Vitalis (Antoine), menuisier, ^3. 
Vitalis (Claude), prêtre, 57. 
Vitalis (Philippe), prêtre, 37. 
Voland (Anne de), 73. 

— (Magdeleine de), 199. 

Yse de Saléon (Françoise d'), 141*. 

Ximénès de Texada (François de), 
Grand-Maitre, 314, 

Zoare en Barbarie, 338 . 

Zondadar (Marc-Antoine), Grand- 
Maitre, 397. 




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Bergerac. — Imp. Générale du Sud-Ouest (J. Casta>'Et) 

PLACE DES DErX-COSILS 



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